L’article en forme de questionnement , de remise en cause de notre role de parent , je ne prétend rien savoir ou enseigner , je sors juste de la lecture de « libres enfants de Summerhill » de A.S.Neill ( http://www.amazon.fr/Libres-enfants-Summerhill-Alexandre-S-Neill/dp/2707142166#reader_2707142166 ) ainsi que de « pour une éducation consciente  » de lee Lozowick ( http://www.priceminister.com/offer/buy/59317509/Lozowick-Lee-Pour-Une-Education-Consciente-Livre.html )

et ces deux ouvrages ont chamboulé mes repères sur la question de la place de l’enfant , sur celle que se donne le parent dans notre société , et dont le résultat est souvent à milles lieux de ce qu’il aurait souhaité au préalable .Nous voulons tous le meilleur pour notre projéniture , mais qu’est ce que ce meilleur que nous imposons à coups de règles , limites , projections de nos peurs , idées ,pensées personnelles elles memes transmisent par nos propres parents…?

ainsi Neill écrit

« Je crois intimement que l’enfant est naturellement sagace et réaliste et que , laissé en liberté , loin de toute suggestion adulte , il peut se développer aussi complètement que ses capacités naturelles le lui permettent . »

Il n’est pas question de laxisme ou de démission parentale ,mais plutot d’absence d’autoritarisme ou meme d’autorité tout court ;Neill encore :

« Je crois qu’imposer quoi que ce soit avec autorité est injuste .L’enfant ne devrait jamais etre forcé à faire quelque chose avant d’etre arrivé de lui-meme à l’idée -son idée-qu’il doit la faire .La malédiction qui pèse sur l’humanité , c’est la contrainte extérieure , qu’elle vienne du pape , de l’Etat ou du professeur . C’est du fascisme( ….) La politique du pays en matière d’éducation est un refus de la liberté .Nous persuadons par la crainte .Mais il y a une grande différence entre obliger un enfant à s’arreter de jeter des pierres et l’obliger à étudier le latin . Jeter des pierres affecte les autres ,mais étudier le latin ne regarde que l’individu. »

En ces temps de rappel aux parents au retour à l’autorité , à ce bon vieux paternalisme par ceux qui ont peur (de qui , de quoi de qu’est -ce ? je vous le demande ???) , dire cela c’est jeter un pavé dans la mare .Mais pourquoi donc les parents d’aujourd’hui reviendraient-ils en arrière ? quand l’enfant n’avait pas droit de parole , de vie , de chapitre ! aujourd’hui nous n’avons jamais été si près de comprendre l’enfance ,nous avançons , tatonnons , refusons d’oublier que « l’enfant est une personne » et ce faisant , nous progressons chaque jour! Et la route est longue …

Car, meme conscients ,nous sommes empetrés dans nos carcans de principes , préceptes, idées préconçues sur tout ce qui nous entoure, nous sommes également coincés dans des paradigmes concernant la parentalité qui font que nous formatons nos enfants à devenir de non etres ,des etre qui seront comme nous en quetes de mieux au lieu d’etre ce mieux …

nous envisageons bien souvent notre role de parent comme éducateur , enseignant, moralisateur ,nous nous plaçons comme connaisseur et notre petit comme ignorant .Nous sermonons, admonestons , pensons à leur place , décidons pour eux , nous parlons , parlons , parlons ….Nous détruisons progressivement le bien le plus précieux de nos enfants : l’innocence .

Lee Lozowick décrit l’innocence d’une telle manière qu’on ne peut par la suite que vouloir se battre pour la préserver ou la retrouver , voici un extrait de ce qu’il écrit :

« Il n’y a certainement rien de plus pénible que d’assister à la destruction de l’innocence d’un enfant .Ce n’est pas l’oeuvre de la Sagesse qui , loin de détruire l’innocence , la tempère grace à l’expérience de la réalité , à l’approfondissement de la compassion et à l’élargissement de l’expérience en général (ce qui va de pair avec l’accroissement des capacités à faire face à la vie ) . Ce qui détruit l’innocence de l’enfant , c’est sa désillusion par rapport à ses attentes naturelles envers les adultes (…)Son innocence (à l’enfant ndlr)est confrontée aux stratégies de survie ,aux blocages psychologiques , à l’égoisme ,aux motifs névrotiques inconscients des adultes qui manquent d’assurance ou sont simplement plein de confusion . De telles attitudes génèrent la désillusion et un refoulement naturel : l’enfant enterre son innocence afin d’éviter la souffrance , le blame et le doute « .

et pourtant ,ce sont eux qui savent , ils ont en eux ce que nous cherchons , c’est à dire la capacité à vivre l’instant, et en nous mettant à leur hauteur nous pouvons toucher du doigt ce don .

le parent devrait etre un accompagnant , il devrait je crois garder à l’esprit qu’il va grandir encore plus que son enfant au contact de ce dernier .que son enfant dans toute sa finesse et sa justesse de ressentis , ira ouvrir chez lui toutes les brèches mal guéries , mal cicatrisées , jusqu’à ce que le parent s’y interesse .

lee lozowick développe cette notion d’accompagnement conscient :

« Nous laisserons peut- etre nos enfants dire ou faire des choses que nous n’aurions jamais pu nous permettre étant enfants :des choses pour lesquelles nous n’aurions meme été punis. Comme ces habitudes et ces vieilles règles sont toujours en nous ,la tendance à vouloir traiter nos enfants de la meme manière demeure « 

Il m’est impossible de résumer en un article ce que ces lectures ont ouvert comme possibles en moi , je vous conseille fortement de vous y plonger si vous voulez découvrir ce que sont la véritable nature de l’enfant,  l’amour inconditionnel et son pendant, l’amour conditionnel , ces deux lectures sont des ouragans , presque des manifestes pour l’enfant heureux .

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vous serez les bienvenus pour chercher à comprendre avec moi !

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