Comment aider parents et enfants à échapper à la fessée ?

Lire l’article de Bienveillante la semaine dernière m’a relancée dans ce thème ou plutôt problématique de la violence éducative et de la manière dont nous, parents y sommes confrontés plusieurs fois par jour et comment nous pourrions y mettre fin.

Merci donc Bienveillante d’avoir fait redémarrer mes neurones, pas tout à fait en veille tout de même, mais préoccupés par d’autres sujets ces derniers temps.

Tout en lisant cet article, j’étais pleine de préjugés quant à l’évolution des punitions corporelles que les enfants se voient administrer afin qu’ils obéissent. Pourtant, un bon plongeon au milieu d’un magasin de vêtements pour enfants aura suffit à me démontrer que je me trompais. Non, les parents d’aujourd’hui ne ressentent pas vraiment de honte, de gêne à fesser leurs enfants en public.

J’en suis choquée et profondément blessée.

J’ai été spectatrice d’une incompréhension totale entre une maman et sa fille, les menant tout droit à la fessée une fois arrivées en caisse du magasin. J’ai aussi vu ce grand frère (de huit ans peut-être) tentant de faire obéir sa petite sœur quatre ans ?)par une claque puis un gros pincement de pied afin qu’elle capitule et enfile ses chaussures.

J’ai donc ressorti mon livre d’Olivier Maurel, la fessée où j’y ai lu clairement ceci :

« Il faut savoir aussi qu’une claque peut perforer le tympan d’un petit enfant ou provoquer des traumatismes oculaires. Des bras de bébés peuvent être luxés si on les tire sans ménagement. Le fessée, considérée par certains comme totalement inoffensive, cette partie du corps ayant été faite, d’après eux, pour cet usage, est en réalité dangereuse. Le nerfs sciatique, le coccyx, les organes sexuels peuvent être atteints par des coups violents, surtout s’ils sont donnés, comme dans beaucoup de pays du monde, avec un bâton ou une pagaie. (…) Frapper un enfant sur les mains peut aussi avoir des conséquences graves : « Les mains des enfants sont particulièrement vulnérables parce que les ligaments, les nerfs, les tendons et les vaisseaux sanguins sont juste sous la peau qui ne comporte aucun tissu protecteur sous-jacent. (…) Frapper les mains des enfants peut aussi causer des fractures, des dislocations et, postérieurement, entraîner le développement prématuré d’ostéoporose-arthrite. » p 34

« Un stress permanent, comme celui provoqué par la crainte des coups dans l’enfance peut dérégler durablement le système immunitaire et donc fragiliser l’organisme. » p 35

« Plusieurs enquêtes américaines ont montré un rapport certain entre la violence des coups reçus dans l’enfance et la tendance à la dépression et à ses suites : suicide, alcoolisme, toxicomanie. » p 35-36

« De nombreuses études (…) montrent que « Lorsqu’un jeune manifeste une grande violence, il faut rechercher des antécédents de violence subie (…) on a constaté une forte liaison entre les formes de violence (sur soi, sur autrui et subie) ». (Rapport de Marie Choquet). Le délinquant le plus agressif est celui qui a été le plus battu. (…) Frapper un enfant, c’est lui ouvrir, large comme une autoroute, la voie de la violence et lui rendre difficile la voie du respect des autres. » p 36-37

Comment ces résultats d’études peuvent-elles encore être inconnues du grand public, empêchant ainsi les parents de prendre toute la mesure de leurs actes, pourtant convaincus de bien faire ?

Je vous propose d’y réfléchir ensemble en découvrant la suite de mon article sur mon blog.
J’y pose une question, sollicitant les neurones de ceux qui seront motivés pour approfondir cette problématique et tenter d’avancer en échangeant sur nos idées.

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6 réflexions sur “Comment aider parents et enfants à échapper à la fessée ?

  1. je suis ravie de t’avoir inspiré cet article bien documenté et humble , je trouve interessant , que ,partant d’une situation choquante dont tu as été témoin , au lieu de faire les remarques habituelles que l’on peut souvent lire( soit une critique des mauvais parents ou à l’opposé dire que l’enfant l’avait surement cherché (!) ) ,tu ais au contraire vu un peu plus loin que le simple fait de violence ordinaire et ait recherché le contexte mais aussi que tu t’interroges comme moi sur les pistes à proposer pour aider et soutenir es parents

  2. Merci :) j’espère qu’on arrivera à avancer sur cette question des violences éducatives et qu’on arrivera enfin à faire en sorte d’aider (et s’aider soi-même) à faire autrement, sans. Mais seulement, à mon avis, quand on aura enfin osé dire stop et que les parents n’auront plus le choix. Je sais que de tels propos peuvent choquer mais j’aimerai tellement qu’on passe enfin cette étape pour pouvoir se concentrer concrètement sur la question du comment et qu’on retrousse nos manches dans ce chantier qui en vaut tant la peine et dont l’avenir de notre société dépend, il me semble.

  3. Cet article sur les violences physiques soulève de bonnes questions. Il me semble qu’il serait aussi intéressant de considérer les violences psychologiques, souvent plus pernicieuses, plus difficiles à identifier (on pourrait faire un parallèle avec le harcèlement moral plus insidieux que le harcèlement sexuel mais tout aussi destructeur). Des dénigrements constants, du chantage affectif, des exigences inaccessibles, etc. peuvent briser durablement un enfant et l’adulte qu’il deviendra.

  4. Merci beaucoup de ta contribution! Il est vrai que ces scènes publiques de supermarché me sont également assez pénibles… je me sens souvent l’envie de dire quelque chose, mais je ne sais jamais ce qui pourrait être utile/efficace.
    Malgré tout, je suis une optimiste dans l’âme et j’aime privilégier l’espoir à la peur… peut être ces parents ont-ils tout simplement besoin de réaliser qu’une autre voie est possible? Et qu’on n’est pas un parent « laxiste » ou « démissionnaire » si on ne recourt pas aux violences éducatives!

  5. J’ai déjà répondu sur le blog, une piste peut-être : pourrait-on partir de la raison qui a fait que nous, qui avons été éduqués « à l’ancienne », on soit partie sur une autre voie ?

    Comme jemedisperse, j’ai tout autant peur des violences autres que physiques… dont j’ai peur de l’explosion si une loi contre la fessée était votée sans accompagnement des parents… et il n’y aura pas, c’est évident, compte tenu du marasme économique actuel… et de l’état d’esprit générale.

    J’ai appris hier, qu’une copine de mon aînée, 4 ans, a reçu une fessée le jour de la rentrée, par un instit qui est connu pour ça (!!!), sous les yeux des autres enfants (qui confirment) de l’Atsem (qui nie avoir vu) et avec le soutien de la directrice… et de l’inspection : parole de l’instit contre parole de l’enfant (qui avait des marques sur la cuisse), donc on ne la change pas de classe…
    Autant dire qu’elle a quitté l’école ! Heureusement, elle déménage bientôt. Mais je reste scandalisée… et très pessimiste, contrairement à Mme Déjantée, et à mon grand regret !

  6. Pingback: La semaine 102 des VI [EN BREF] (avec la gagnante du petit jeu de la 100ème semaine!) | Les Vendredis Intellos

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