Pour ma première contribution aux vendredis intellos que je suis ravie d’intégrer (et meme que je suis un petit peu intimidée ), je souhaite traiter de ce sujet car j’ai été consternée à la lecture de commentaires sur les réseaux sociaux concernant l’émission de france 5 , « les maternelles  » de ce mardi 3 septembre concernant la loi anti-fessée en france (vous pourrez la voir ici : http://www.france5.fr/emissions/les-maternelles )   , oui consternée des mentalités qui justifient , pronent les coups et la violence sur les enfants , consternée du manque de connaissances concernant le développement psychique, physique et émotionnel de l’enfant , ainsi que sur les réalités des chiffres de la maltraitance dans notre pays, et sur le manque de vision globale de l’impact de cette loi sur la société toute entière .

En juin dernier déjà ,une campagne contre la gifle lancée par la fondation pour l’enfance (« il n’y a pas de petites claques » http://www.fondation-enfance.org/actus/campagnes-violences-educatives-2013.html )  avait secoué la blogosphère et réouvert le débat sur l’instauration d’une loi contre la fessée en france (rappellons qu’edwige Antier à déposé le 22 janvier 2010 une proposition de loi visant à abolir les chatiments corporels infligés aux enfants(  http://www.edwigeantier.org/femme_engagee/ )

et depuis la france fait la sourde oreille . Notre pays refuse de considérer que les enfants ont droit au respect de leur corps et de leur psychisme , il refuse de se rallier aux 22 autres pays européens qui ont déjà légiféré sur le sujet , si bien qu’une plainte déposée contre la france à été déclarée recevable par le comité européen des droits sociaux le 2 juillet 2013 (   http://www.oveo.org/index.php?option=com_content&view=featured&Itemid=123 )

Dans un précédent article j’avais expliqué pour quelles raisons j’étais favorable à cette loi : http://bienveillante.canalblog.com/archives/2013/08/28/27909996.html

Après la lecture de cet article intitulé  » LA PEUR ET LA VIOLENCE DANS LES FAMILLES MALTRAITANTES ET CHEZ LES INTERVENANTS  » par l’association de thérapie familiale systhémique : http://www.atfs.fr/pages/1_LA_PEUR_ET_LA_VIOLENCE_DANS_LES_FAMILLES_MALTRAITANTES_ET_CHEZ_LES_INTERVENANTS-2810084.html

j’aimerais développer d’autres arguments qui me font envisager cette loi comme une avancée , et un passage obligatoire pour la dignité de nos enfants :

-Souvenons nous que 2 enfants meurent sous les coups de leurs parents en france chaque jour , soit entre 300 et 600 enfants chaque année(  http://fr.wikipedia.org/wiki/Maltraitance_sur_mineur  ) ) quand en Suède qui a aboli les chatiments corporels il y a 34 ans, le nombre de décès d’enfants maltraités est à 4 par an !(    http://www.oveo.org/index.php?view=article&catid=7%3Apaysabolitionistes&id=40%3Alinterdiction-des-chatiments-corporels-naccroit-pas-la-maltraitance&option=com_content&Itemid=16 )

. une société qui tolère les coups sur ses enfants ne peut jouer son role préventif en matière de maltraitance infantile .

comme il est dit dans l’article :

C’est seulement quand la situation n’est plus tolérable à l’intérieur du groupe familial, quand les messages sont par trop distordus, par trop « mal-entendus », par trop violents, dans    le huis-clos familial, que l’un des membres de la famille – enfant ou adulte – va porter l’appel à l’extérieur, dans l’environnement social, et que des intervenants sociaux vont pouvoir être    autorisés à pénétrer et à essayer de comprendre ce qui se passe. Le symptôme violence est alors devenu  message pour l’extérieur.

Toute intervention préalable est impossible et ne serait qu’une atteinte aux libertés fondamentales de notre société démocratique. Seules des actions de prévention sont envisageables à l’adresse    d’un large public. La possibilité d’appeler un numéro de téléphone pour un parent « exaspéré » par le comportement difficile ou tyrannique de son enfant est tout à fait intéressante.    Les expériences réalisées depuis 1983 le prouvent. De même, toutes les actions éducatives de prévention primaires, visant à aider les couples à mieux accueillir leurs enfants dès la naissance    peuvent faire espérer une meilleure communication intra familiale et une diminution des actes de violence. Mais la portée de ces actions reste nécessairement limitée dans la mesure où la famille    maltraitante est le plus souvent fermée aux informations de l’extérieur. »

Ainsi plus le curseur sociétal est déplacé vers l’acceptation de la violence , moins l’on peut agir en amont et en prévention . notre société accepte les coups sur les enfants , pretextant leur [faux] « pouvoir éducatif » , ne sachant placer la limite entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas , pour les uns une gifle sera de la violence, pour les autres une tape sur la main le sera déjà , pour d’autres la maltraitance commence quand l’on roue de coups un enfant . les limites sont donc floues et non définies, laissant chacun interpreter les choses à sa manière , et donc etre dans l’impossibilité de protéger un enfant victime de violences car la société n’a pas réellement statué là-dessus . le citoyen ne sait donc comment se positionner .

-pour le parent , l’effet  » flou  » est le meme , basculant dans la violence il ne peut se référer à une notion de bien ou de mal sure ,appuyée par la loi , souvent son propre barème intérieur est faussé , le parent maltraitant étant en difficultés fortes

           »

Mais on constate qu’avant même l’intervention de la Loi, le parent maltraitant se vit comme inférieur à l’enfant et comme impuissant devant lui. C’est bien l’incapacité du parent à obtenir    « naturellement » de son enfant le comportement attendu qui l’amène à perdre le contrôle de ses émotions et à frapper. Le jeu de provocation – violence illustre bien ce pouvoir de    l’enfant et on voit qu’il passe aussi par la peur ressentie par le parent devant le pouvoir qu’il a lui-même accordé à son enfant.

Le plus souvent, c’est l’un des parents qui est l’auteur des violences. Et c’est précisément celui des adultes qui se montre le plus faible, le plus en difficulté sur le plan psychologique, celui    qui a le plus peur du pouvoir de l’enfant, qui agit et frappe (et qui frappe l’enfant parce qu’il est trop faible pour s’en prendre à un autre adulte).

La violence du parent maltraitant est certainement d’autant plus intense et incontrôlée qu’est grande sa peur, sa faiblesse, son impuissance et son incapacité à verbaliser ses sentiments et ses    attentes face à ses enfants et à son entourage. « 

La necessité de  légifération en matière de chatiments corporels est impérative à tous les niveaux , non seulement dans l’inconscient collectif pour ne plus nier les 2 enfants qui meurent chaque jour de maltraitance en france , mais aussi pour la mise en place d’une prévention forte dans le domaine de l’aide à la parentalité , ainsi que d’une action renforcée au niveau des services sociaux et de l’aide à l’enfance .

Une société qui reconnait à ses enfants les droits les plus fondamentaux et qui les applique est une société qui avance .

une pétition est en route afin que chacun donne sa voix pour nos générations futures :

http://www.petitionpublique.fr/?pi=omlg2607

si mon article vous a plu retrouvez moi sur

Bienveillante

mon blog :  http://bienveillante.canalblog.com/ ou ma page facebook : https://www.facebook.com/encheminversleducationbienveillante?ref=hl#!/encheminversleducationbienveillante et faite un bout de route avec moi !