Quelques nouveautés dans la bibliothèque volante!

La bibliothèque volante des Vendredis intellos, vous connaissez??

L‘idée de départ était de permettre à chacun de lire sur l’éducation et la parentalité, sans que l’argent soit un obstacle (car oui, même en 2013, acheter des livres, ce n’est pas à la portée de tous!), et sans non plus que l’éloignement des grandes villes (et donc des bibliothèques bien achalandées!) en soit un non plus.

Le principe est simple:

1- Des éditeurs partenaires nous envoient leurs nouveautés (afin que nos Marraines les présentent, uniquement si les ouvrages les ont intéressées), des particuliers nous font des dons (par exemple: vous déménagez et vous ne savez plus quoi faire de livres traitant de l’élevage des petits d’hommes) et tout ceci constitue petit à petit notre fond documentaire pour le prêt.

2- Ensuite, toute personne adhérente à l’association des Vendredis Intellos (15 euros tarif plein, 5 euros tarif réduit) peut faire une demande de prêt auprès de Clem, notre neurone bibliothécaire. L’ouvrage lui sera alors gratuitement envoyé pour une durée de 1 mois contre l’engagement de le renvoyer à ses frais à la prochaine personne qui en fera la demande (compter de 1 à 3 euros d’expédition au tarif lettre).

Bon mais pourquoi je vous parle de tout ça moi??

Pour vous donner envie de solliciter Clem bien sûr!

Mais aussi parce qu’une virée aux Emmaüs pour meubler le nouvel appart d’étudiante de ma plus jeune soeur m’a donné l’occasion pour moins de 10 euros d’allonger notablement la liste des ouvrages disponibles sur la bibliothèque volante et que j’avais bien envie de vous les présenter succinctement (charge à celles et ceux qui les emprunterons de venir compléter mon propos!)…

Déjà, il faut vous dire que je vous ai pris quasiment que des « classiques ».

Perdu, ce n’est pas Laurence Pernoud!! (en plus on l’a déjà celui-là à la bibli…)

Parce qu’en fait de classiques, ce sont moins des best sellers de la littérature pour parents et futurs parents (quoique… pour au moins l’un d’entre eux…) que des ouvrages de références des grands penseurs de l’éducation qui constituent souvent le socle (conscient ou non) de notre pensée ainsi que de celle de ceux qui se (s’auto?) proclament les penseurs d’aujourd’hui.

Bon alors, on y va! Par ordre chronologique!

Tout d’abord:

DurkheimDurkheim, son nom vous dit peut être quelque chose?! Grand sociologue de l’éducation devant l’Eternel… Le livre que je vous ai dégoté n’est pourtant pas SON best seller universitaire (qui n’est autre que Education et sociologie intégralement disponible en ligne ICI).

Il est, comme le stipule l’introduction, la reproduction du cours sur l’Histoire de l’enseignement en France que Durkheim a fait en 1904-1905 (pour mémoire: la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat date de 1905, nous nous situons donc à un moment fondateur de l’école de la IIIème république dont a hérité le système scolaire actuel) à l’Université de Paris auprès des candidats à l’agrégation (une mauvaise langue dirait qu’il ne date donc pas d’hier que la formation des futurs enseignants soit trop théorique et pas assez pratique…).

L’introduction nous situe également la perspective du contenu de ce cours:

Quand il avait accepté de faire ce cours, il [Durkheim, ndlr] avait bien spécifié qu’il ne traiterait pas des problèmes pédagogiques de façon doctrinale, en psychologue ou en moraliste. Il montrerait plutôt comment ils se sont posés dans les faits, sous la pression des circonstances et du milieu social, quelles solutions ont prévalu, quelles en ont été les conséquences, et quels enseignements nous devons en tirer. Il a cherché dans le passé les leçons dont devait profiter le présent.  (p.3)

Passons aux suivants:

PIAGET

Hé oui, je vous ai mis du Piaget!!

Il n’est pas exclu que les instits et profs de mon auditoire ressentent en ce moment précis un haut-le-corps assez prononcé… il faut dire que Piaget est un peu l’incontournable de la pédagogie, le Laurence Pernoud de l’Education Nationale et ce, en dépit du fait que les limites de son approche ont souvent été dénoncées depuis (notamment le fait que l’essentiel de ses certitudes lui vient d’expériences menées sur l’échantillon très restreint de ses propres enfants et enfants de ses collègues de fac).

Bref, si vous voulez savoir parler (pédagogie) avec qui que ce soit ayant un lien aussi infime soit-il avec la grande maison Education Nationale, il FAUT avoir lu Piaget (en diagonale suffit généralement pour surpasser votre interlocuteur). Ce faisant, vous pourrez alors avantageusement faire un clin d’oeil complice à la maîtresse de votre enfant en lui causant pré-causalité, stade sensori-moteur, pensée symbolique et pensée formelle…

Poursuivons avec l’ouvrage suivant…

OURYBon là, j’abuse un peu en vous parlant de classique, car je doute fort que la pédagogie institutionnelle soit mondialement connue. Pour ma part, j’en ai entendu parler pour la première fois quand l’Anté-pré-ado est entré en maternelle (un peu bobo-alternative) où ladite pédagogie était (entre autres) pratiquée.

Peut être avez-vous déjà connu le système des « ceintures » (comme au judo!) ? Souvent utilisées pour la gestion de la discipline (ceinture de comportement), elles peuvent aussi matérialiser l’acquisition de certaines compétences scolaires. En général, l’acquisition de ces ceintures ouvre droit à des privilèges qui vont de pairs avec la compétence validée. Et bien, ce système vient à l’origine de la pédagogie institutionnelle!

Bref, je crois que j’ai aussi craqué pour cet ouvrage pour ma curiosité personnelle, que j’espère vous communiquer un tant soit peu… voici donc un extrait de la préface rédigée par Dolto:

Pourquoi donc cette école « digestive » a-t-elle eu et a-t-elle encore tant de succès? Au petit: « avale des sons et leurs signes et refais-les ». Aux grands: « avale des leçons, récite-les, fais tes devoir sur un cahier tenu de telle façon, écris ce que tous pareillement doivent y écrire… et gare à qui copie sur son voisin! à qui regarde son livre, à qui communique! »

Ces mots de passe manducatoires et défécatoires, c’est l’école traditionnelle primaire. La vivre rapporte de bonnes notes et celles-ci aux examents, désignent les élites. Pourquoi?

La répétition a valeur sécurisante. Ce qui est créatif est incomparable, fait courir des risques. Ce qui n’est pas répétitif est injugeable, incodifiable. p.15

Et en parlant de Dolto…..tadaaaaaaam!!!!

DOLTO

Alors quoi?! Ne riez pas!

A force de la critiquer sans jamais la lire, n’aurions nous pas tôt fait de dire des sottises?

Ne risquerions nous pas de nous laisser abuser par ceux qui formulent les critiques que nous répétons sans les faire nôtres?

Car, en dépit de celles-ci (et de leur pertinence), il faut admettre que le projet de l’ouvrage (et de l’oeuvre?) de Dolto force le respect, voyez plutôt l’introduction:

La cause des enfants est bien mal défendue dans le monde pour ces trois raisons:

  • Le discours scientifique, de plus en plus abondant en la matière, dispute au discours littéraire le monopole de la connaissance du premier âge de la vie. Il occulte la réalité symbolique, la puissance spécifique, l’énergie potentielle contenue dans chaque enfant. Objet de désir pour le romancier, l’enfant devient objet d’études pour le chercheur en médecine et sciences humaines.
  • La société se préoccupe avant tout de rentabiliser le coût des enfants
  • Les adultes ont peur de libérer certaines forces, certaines énergies dont sont porteurs les petits et qui remettent en question leur autorité, leur acquis, leurs positions sociales. Ils projettent sur les enfants leurs désirs contrariés et leur mal être et leur imposent leurs modèles.

Analyser la « leçon de l’histoire » en étudiant les origines des échecs et les sources des erreurs qui aliènent les relations entre adultes et enfants, depuis des siècles, et proposer une nouvelle approche pour une meilleur prévention, tel est l’axe du présent ouvrage. 

Passons au dernier titre de ma récolte:DURU BELLAT

Encore un grand classique de la sociologie de l’éducation… et même si les données datent franchement (vu que cette édition date de 1992), les réflexions sont toujours d’actualité.

Vous y apprendrez par exemple qu’en 1989 le taux moyen de redoublement d’une fille de milieu favorisé issue d’une famille de 1 ou 2 enfants et née entre janvier et avril était de 1,1% là où le taux de redoublement d’un garçon de milieu défavorisé issu d’une famille de plus de 2 enfants et né entre septembre et décembre était de 34,9%.

Vous constaterez qu’on s’interrogeait déjà dans les années 90 sur la capacité (ou incapacité) du système éducatif français à être un « facteur d’ascension sociale » ainsi qu’à la crainte de la « dévaluation » des diplômes.

Vous constaterez aussi que l’expression « offre de formation » était déjà en question avec derrière tous les enjeux d’égalité des chances, de prise en compte de la mixité sociale dans un contexte de marchandisation du système éducatif.

Enfin, vous pourrez y lire un intéressant portrait de la profession enseignante dans les années 90 ainsi qu’une description des pratiques éducatives familiales (transmission de valeurs, soutien) avant de conclure sur le « métier d’élève ».

Et voilà pour cette fois!!!

Bonnes lectures à tout-e-s!!!

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4 réflexions sur “Quelques nouveautés dans la bibliothèque volante!

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