Eviter les rapports de force : c’est possible ! (à ce qu’il paraît)

Je suis désolée de vous le dire, vraiment. Je regrette de vous annoncer cette triste nouvelle.
Mettez les cordes hors de portée et asseyez-vous : après le Terribeul Two, il y a une espèce de crise pré-pubère chez les 3-4 ans. Je n’ai pas trouvé de livre qui en parlait (ni cherché, pour tout vous dire), mais à la maison, on se souvient avec tendresse de la phase du « non ». Elle était si mignonne ma Zouzou quand elle voulait juste s’affirmer.

Parce que maintenant, c’est PIRE. D’aucuns diront différent.

Et vas-y que « JE VEUX », ou « J’AI DÉCIDÉ » ou que l’on se retrouve à ne pas avoir le droit, nous, parents, de faire quelque chose « NON TOI TU FAIS PAS ÇA PAPA !! » (Non je n’ai pas bloqué mon cap lock. Ma Zouzou passe son temps à crier… comme moi, hum…). Et même qu’elle ferme la porte de sa chambre tout en criant qu’elle n’est pas d’accord.
Si on a le malheur de lui dire non ou de lui répondre que ce n’est pas possible, alors là, c’est le drame apocalyptique interplanétaire. Les cours Florent, c’est à la maison que ça se passe. Ma Zouzou y donne des cours privés de pleurs – au choix – avec larmes, cris, sirène hurlante, jeté de tête en arrière, regard de chien battu. Les bons jours, elle fait tout en même temps.

Bref : j’ai l’impression d’avoir une ado à la maison.

Et ma fatigue altère le peu de patience qu’il me reste – si j’en ai déjà eu – et le moindre cri me fait oublier tous mes préceptes de parentalité positive…

Donc, comme à mon habitude, quand je suis perdue, j’achète bien évidemment des livres.

Pour me sortir de la panade et éviter ce rapport de force qui s’installe insidieusement entre elle et nous, j’ai trouvé un livre : C’est moi qui décide ! ou comment sortir des rapports de force avec les enfants de 2 à 10 ans de Jan Faull, un livre de la collection Parent + dirigée par, je vous le donne en mille, Isabelle Filliozat (autant dire que je l’ai acheté les yeux fermé). c'est moi qui décide
Pour résumer la situation, voici un extrait du livre sur le conflit d’autorité :

« Il existe une tension naturelle entre parents et enfants, dont il est nécessaire de prendre conscience. Notre tâche est d’instruire, former, influencer nos enfants pour mieux les protéger, les garder en bonne santé, leur enseigner certaines valeurs et les guider jusqu’à ce qu’ils soient eux-mêmes en âge de se prendre en main. Quant aux enfants, ils ont un fort désir d’indépendance ; ils aspirent à devenir leur propre guide. La tension naturelle entre ces deux positions peut conduire à l’affrontement de deux volontés : le conflit de pouvoir. »

Le fort désir d’indépendance, je le sens bien. Mais alors bien bien.

Et pourquoi ça se passe comme ça ? Pourquoi ça accroche ? Ils le savent les enfants que ça les dessert certains de leurs comportements alors « pourquoi cet enfant n’obéit-il pas tout simplement ? »
Voici ce que cet ouvrage (qui va être ma bible je sens au même titre que J’ai tout essayé ou Au cœur des émotions de l’enfant) nous livre comme explication :
– Le fort besoin d’indépendance de l’enfant (nous on veut contrôler son comportement alors que lui aspire à être son propre maître).
– Le besoin de contrôle des parents.
– Le choc de personnalités.
– Des attentes irréalistes (attentes par exemple non conformes à l’âge de l’enfant).
– Un souci de sécurité (inquiétude du parent face à une situation alors que l’enfant exprime un besoin d’indépendance).
– Désir de garder le contrôle (par le parent).
– Des conflits de valeurs.
– Inexpérience des parents.

Déjà, comprendre pourquoi ces conflits émergent, cela permet, je trouve, de résoudre une partie du problème, non ?
En attendant que je vous fasse un petit résumé des différentes solutions du livre (dans plus ou moins longtemps étant donné mon emploi de jeune maman chargé… avec un enfant très intense, mais c’est un autre sujet), je vous invite à vous aussi partager des solutions pour résoudre ces situations de tensions vraiment pas drôles au quotidien.

Pour ma part, quand la crise explose (quand on lui dit non par exemple), je la laisse « criser » seule lorsque cela ne me semble pas vraiment justifié. Je lui dis que je suis là, à côté dans une autre pièce si elle a besoin d’un câlin ou si elle a besoin de quelque chose. Rester ne ferait que m’énerver et accentuer le conflit et les pleurs. Et cela marche (même si je ne sais pas si c’est une méthode très « parentalité positive »). Clairement, reformuler son besoin ne fonctionne plus. Détourner son attention non plus. Et si on cède, c’est l’escalade des « je veux »…

Sinon, ça s’arrête quand pour de vrai ? Et dire que j’ai resigné avec un deuxième enfant…

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20 réflexions sur “Eviter les rapports de force : c’est possible ! (à ce qu’il paraît)

  1. Nous vivons la même chose avec GirlyMowgli et donc je me retrouve moi aussi avec ce livre comme soutien. De lire ce genre de livre a une première vertue, c’est de nous faire lever le nez du guidon.
    Il semblerait que nous ayons toutes les deux, deux filles avides d’autonomie.

  2. Et de Troiz avec ma fille! Mia, le surnom de GirlyMowgli lui irait à ravir aussi.
    Je me suis totalement reconnue dans cet article, m’en vais de suite commander le livre.

    Je savais que le portage en écharpe aide l’enfant à avoir confiance en lui … je ne suis pas déçue du résultat … O_o

  3. Juste pour rapidement te répondre, j’ai connu ça avec ma fille, elle a 6 ans aujourd’hui et la situation est pire, elle négocie tout, tout le temps ! On s’est fait une raison ! Elle boude souvent, est souvent de mauvaise humeur mais par moment elle est adorablement surprenante ! Elle a une très forte personnalité et je l’ai déjà vu à plusieurs reprises envoyer balader d’autres enfants si ce qu’ils lui proposaient ne lui convenait pas. Au fond n’est-ce pas positif de voir son enfant ne pas être « mouton » ? même si pour le coup, l’apprentissage de la contrainte et de la frustration est plus compliqué ?

    • Tout à fait, comme dans le terribeul two, la phase du non est constructive pour l’enfant qui apprend à exister. (pour l’enfant oui, pour le parent c’est plus compliqué ^^)

  4. Moi aussi j’ai vecu ca intensement pendant un moment avec mon ainé. Il a 7 ans et honnetement ca s’estompe pas mal. nous avons tout de même le même genre de crises qu’avec des ados … mais c’est plus feutré.
    Il a été crier tout seul dans sa chambre et chaque fois que j’ai dit « non » j’ai justifié mon non en disant parfois que c’était aussi que moi j’avais peur, pas de son comportement, mais de celui que pourrait avoir les autres envers lui.
    Je lui répète souvent que si sa demande se fait calmement elle pourra etre étudiée avec beaucoup plus de serenité et que nous la considérerons ensemble (ce qu’il arrive enfin à faire, ouf!).
    Quand il me demande certaines choses (son truc c’est qu’il voudrait une DS pour avoir un exemple concret. Nous ne sommes pas d’accord avec mon mari pour ca parce que c un accro des écrans. Alors nous lui avons dit que ce serait son cadeau d’anniversaire pour ses 12 ans, ce qui aide à patienter).
    Nous avons donc essayer d’expliquer qu’il y a des demandes qui sont de son age et des restrictions qui sont du notre.
    Quand nous pouvons nous accedons à ses desirs d’indépendance, parce que ca engendre ensuite une période de respect des regles de vie en société et des consignes à la maison, mais ce n’est pas toujours possible.
    Pour travailler avec des ados moi même et avoir eu leurs témoignages (après une année d’affrontement intense ;-) ), certains m’ont dit qu’ils venaient se heurter parce que j’étais la seule personne de leur entourage qui le faisait, qu’ils avaient peur d’eux mêmes de leurs envies, de leurs émotions, et surtout de leur violence. Qu’ils étaient rassurés parce qu’ils savaient que s’ils dérapaient j’aurais été les chercher par la peau des fesses en leur mettant une bonne remontée de bretelles….
    Pour avoir aussi affronté mon fils dans des rapports de forces TRES violents, je pense que pour certains enfants ces rapports de forces sont essentiels. Ce n’est pas le cas pour tous les enfants, mais savoir que l’autre est capable de vous tenir tete même dans les pires moments de furies, ou vous perdez pied vous même en face de ce que vous ressentez, reste à mon sens primordial.
    J’ai croisé des parents qui étaient en permanence dans cette écoute (à mon sens c’est primordial d’y être, hein , ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit…), mais qui n’affrontaient jamais l’enfant en posant des limites claires sur ce qui était tolérable ou pas, et l’enfant ne faisait que bétises sur bétises (et pas des petites à mon sens).
    Je tiens aussi à parler d’un point que je note de plus en plus: n’oubliez pas de placer papa dans le coup! Quand ce n’est que maman qui prend position dans l’éducation, elle peut suer sang et eau pour obtenir ce qu’elle veut…. alors que quand papa prend la juste place qui lui incombe « dis donc, qu’est ce qu’elle vient de dire ta mère????? », eh bien bizarement, chez moi comme chez de nombreux autres familles, tres injustement les enfants obéissent en 10 minutes là ou la demande de maman se faisait depuis deux heures…
    voilà pour mon « expérience ».
    Je pense que l’éducation à la liberté et au respect demande beaucoup d’énergie aux parents…
    bonne journée
    Caroline

    • Je n’aime pas le terme « obéir ». Mais je suis d’accord dans le sens où, s’il est important d’écouter l’enfant, il est aussi très important de lui donner un cadre sécurisant. Aimer se n’est pas tout permettre.
      Et effectivement, j’ai l’impression qu’il y a des enfants qui ont besoin de se cogner fort à ces limites en clashant… Mais je me dis aussi que c’est parce que le dialogue avec le parent n’est pas possible pour diverses raisons. Non ?

  5. Les enfants se construisent dans l’opposition, c’est clair; ils ont besoin de limites qu’ils ne cessent de vouloir repousser… et c’est épuisant; et on n’a l’impression de passer son temps à dire non; et on a l’impression de ne jamais leur ficher la paix… mais je pense qu’au fond d’eux ils comprennent, et font la différence entre un comportement juste et injuste.
    A la maison, c’est le bonheur: N°3 est en plein dans les Terrible Two, N°2 essaie de crier plus fort pour se faire entendre, et je suis en conflit quasi permanent avec N°1 (8 ans)… mais l’autre jour, elle m’a décrit un de ces rêves: on devait, pour échapper à une grande vague, escalader une montagne; Papa et moi étions occupés avec les plus petites et elle, la grande, se retrouvait à lutter toute seule dans la montée… (A ces mots, Gloups de Maman), mais une fois les deux choupettes hors de danger, je redescendais l’aider à son tour… ouf…
    Interprétation basique mais rassurante: elle sait que je ne la laisserai pas tomber, même si je suis dure avec elle.

  6. Quel plaisir de trouver d’autres ados de 4 ans ! (et demi, s’il vous plaît !). J’oscille entre me dire que si elle fait sa crise maintenant ça sera ça de moins plus tard, ou de si c’est ça maintenant, qu’est-ce que ce sera dans 10 ans…et attendre 10 ans pour avoir la réponse me semble insurmontable.
    Ici elle alterne les « tu m’as coupé la parole » « j’ai quelque chose à t’expliquer » « j’ai aucune liberté de toutes façons », et j’en passe. Même si j’ai plus ou moins conscience de ce qui provoque ces oppositions, je n’arrive pas à les détourner. C’est chronophage, c’est énergivore, et déprimant parce qu’il y a des jours où j’ai vraiment l’impression que je n’y arriverai pas.
    Merci donc kiki pour la piste de ce bouquin dans lequel j’irai très certainement fouiner prochainement.
    Caroline, il est vrai que le papa a sa place à prendre dans l’histoire, mais ce n’est pas vraiment rassurant de n’arriver à se faire obéir que lorsqu’il est là…sachant qu’il n’est pas là pour le « quotidien de la semaine »…(départ 7h retour 19h…).
    J’ai resigné pour une deuz qui ne dit que « Papa!! » et « Nan » en tournant vigoureusement la tête (ah et Meuneumeneum que j’ai pris un temps pour Maman mais qui est définitivement Miamiam), et pour un troiz à venir qui j’espère sera bien luné(e)…

    Courage les filles !

    • Je pense que l’adulte référent est un peu à la place du mort : on fait tellement partie des meubles que seul on ne peut parfois pas grand-chose pour gérer les crises. On parle dans le vent quoi. Le parent qui est le moins en contact avec l’enfant a plus d’impact, pourquoi ??

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  8. Merci beaucoup de ta contribution!!! Je compatis, évidemment, tu te doutes!
    Dis, tu sais pourquoi la dame elle a mis de « De 2 à 10 ans »??? Parce qu’après c’est PIRE!! BIEN PIRE!!!!

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