Faut-il une bonne raison pour avoir un enfant (ou ne pas en avoir) ?

Je me suis lancée dans la lecture du livre d’Elisabeth Badinter, le conflit, la femme et la mère. J’y reviendrai probablement dans d’autres articles (j’ai pris ce livre dans le but de réfléchir aux moyens de concilier maternité, vie personnelle et vie professionnelle, donc il y aura sûrement des articles à ce sujet), mais pour aujourd’hui, je voulais parler du choix d’être mère ou non, et des raisons de ce choix.

Elisabeth Badinter considère que ce choix, qui va bouleverser plus qu’aucun autre la vie des parents devrait être issu d’une solide réflexion.

Mais elle constate que ce n’est pas toujours le cas et insiste sur la pression qui pèse sur les femmes (et dans une moindre mesure, les hommes) pour faire des enfants, à la fois de la part de la famille, de l’Etat, de la société…

Faire le choix de ne pas avoir d’enfants (et devoir se justifier sans cesse)

« Quelle drôle d’idée de ne pas faire d’enfant et d’échapper à la norme ! Ceux-là sont constamment sommés de s’expliquer alors qu’il ne viendrait à l’idée de personne de demander à une mère pourquoi elle l’est devenue (et d’exiger d’elle des raisons valables) » (E. Badinter, le conflit, p. 23)

(par contre je pense qu’autant on ne posera pas la question à une femme déjà mère, je pense qu’on exige souvent des « raisons valables » de la part des femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant et qui choisissent de continuer à essayer, parfois avec l’aide de la médecine).

Les « childfree » ont ces dernières années davantage exprimé leur refus d’avoir des enfants et leurs raisons, avec la création d’associations, de blogs consacrés à la question comme celui-ci, la publications de livres comme No Kids de Corinne Maier dont parle Mickaeje44 ici.

tu t'y mets quand
La pression reste très présente, comme en témoigne Véronique Cazot, scénariste de la BD Et toi, quand est-ce que tu t’y mets ? (dont sont extraites les pages ci-dessus) dans un article de rue 89 :

Trouvez-vous qu’il y a une forte pression sociale pour avoir des enfants ?

La pression est énorme ! Surtout entre 30 et 40 ans, l’âge où tout le monde se lance dans la grande aventure familiale et vous encourage à plonger avec eux ! Toute la société est construite sur ce modèle unique. C’est le seul qu’elle reconnaît et qu’elle avantage moralement et socialement. Une femme normale veut FORCEMENT des enfants. Sinon, c’est qu’elle a FORCEMENT un problème.

Un couple équilibré qui s’aime veut FORCEMENT des enfants. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a FORCEMENT quelque chose qui cloche ou que le couple ne s’aime pas assez. Or, des tas de couples déséquilibrés ou qui ne s’aiment plus font des enfants et ont leur place dans la société.

Les filles sont conditionnées dès le plus jeune âge à devenir mère. C’est la fin heureuse de tous les contes de fée. Une promesse de bonheur qui me semble pourtant loin d’être évidente.

J’imagine à quel point les femmes qui voulaient, mais ne peuvent pas avoir d’enfant doivent se sentir inutiles et désespérées, car la société oublie de les rassurer sur le fait qu’on peut s’épanouir sans être mère et qu’un enfant ne garantit pas non plus une vie heureuse.

Et vous, comment vivez-vous cette pression sociale ?

Je l’ai mal vécue les premières années car j’avais du mal à assumer mon choix. Je me sentais harcelée par la société et par mon entourage. Je souffrais de ne pas être comprise et me sentais de plus en plus anormale. Je m’indignais que l’on puisse juger ou imposer un choix aussi intime et important.

Je me sentais vraiment rejetée par la société. Depuis, ce rejet n’est plus du tout subi. Il incarne ma liberté et me protège de ce conformisme qui me semble enfermer tout le monde dans une illusion collective. Je trouve que la norme imposée par la société nous fait tous nous sentir anormaux à un moment ou à un autre et nous pousse à gommer nos différences jusqu’à ce que nous ne soyons plus nous-mêmes et ne réfléchissions plus par nous-mêmes. La norme me semble être la plus dangereuse des illusions.

Comme le souligne Elisabeth Badinter,

« Il faut donc une volonté à toute épreuve et un sacré caractère pour se jouer de toutes ces pressons, voire d’une certaine stigmatisation » (E. Badinter, le conflit, p. 23)

Je pense qu’il y a la matière à réflexion sur la liberté de choix que possèdent vraiment les femmes. Et sur les questions, qu’on pense anodines et qu’on pose parfois sans réfléchir (l’année de notre mariage, j’ai un peu l’impression d’avoir passé mon temps à répéter que non, le bébé n’allait pas suivre juste après, mais les personnes qui me posaient la question ne s’en sont probablement pas rendu compte).

Le choix d’être mère, pour quelles raisons ?

Elisabeth Badinter cite alors un sondage extrait de Philosophie magazine répondant à la question « pourquoi fait-on des enfants ? »

Un enfant rend la vue de tous les jours plus belle et plus joyeuse 60%
Cela permet de faire perdurer sa famille, de transmettre ses valeurs, son histoire 47%
Un enfant donne de l’affection, de l’amour et permet d’être moins seul quand on vieillit 33%
C’est faire cadeau de la vie à quelqu’un 26%
Cela rend plus intense et plus solide la relation de couple 22%
Cela aide à devenir adulte, à prendre des responsabilités 22%
Cela permet de laisser une partie de soi sur Terre après sa mort 20%
On peut permettre à son enfant de réaliser ce qu’on n’a pas pu faire soi-même 15%
Avoir un enfant est une nouvelle expérience, cela induit de la nouveauté 15%
Pour faire plaisir à votre partenaire 9%
C’est un choix religieux ou éthique 3%
Autres réponses 4%
Vous avez eu un enfant sans raison particulière par accident 6%

Mais elle considère que :

En vérité, la raison pèse peu dans la décision d’engendrer. Probablement moins que dans celle du refus d’enfant. Outre que l’inconscient, lui, pèse de tout son poids sur l’une et l’autre, il faut bien avouer que la plupart des parents ne savent pas pourquoi ils font un enfant et que leurs motivations sont infiniment plus obscures et confuses que celles évoquées dans le sondage. (…) En fait, la décision découle plus largement de l’affectif et du normatif que de la prise en compte rationnelle des avantages et des inconvénients. (E. Badinter, le conflit, p. 22)

Alors j’ai eu envie de me poser la question honnêtement : pourquoi je suis devenue mère ?

Je me suis toujours imaginée avec des enfants. En bonne partie, je pense, parce que c’est « comme ça que ça se passe ». Et probablement aussi avec l’idée inconsciente de reproduire le modèle familiale (je voulais des enfants « tôt », comme ma mère qui a eu ses trois enfants avant 28 ans).

A la fin de l’adolescence et au début de ma vie d’adulte, cette envie d’enfant est devenue plus concrète parce que je travaillais (et travaille toujours) avec des enfants, et que je trouvais géniale la relation qu’on pouvait avoir avec eux.

Et puis arrivée au moment à l’âge auquel j’imaginais avoir des enfants je me suis sentie.. pas si pressée que ça d’en avoir. L’envie était là mais elle se heurtait à d’autres envies et ne prenait pas le pas sur les autres. Justement, rationnellement, en mesurant les avantages et les inconvénients, je ne voyais pas de raisons de me décider maintenant.

Et puis un jour, sans l’avoir prévu, un test de grossesse positif. Et une joie très profonde. Pourquoi ? Je n’en sais rien.

Alors on avait la possibilité d’élever un enfant (des revenus stables et suffisants, un couple solide…). Mais ce n’est pas une raison. Tout est effectivement venu de l’affect : le bonheur qu’on éprouvait, l’amour qu’on portait à ce qui était pour nous un futur bébé et non un amas de cellules…

La seule raison que j’identifie, c’est que même si j’étais loin d’être sûre d’être une bonne mère, j’étais sûre que mon amoureux allait être un père génial et qu’on était bien entourés et que cet enfant aurait la chance de rencontrer plein de gens géniaux (famille élargie, amis…) et de découvrir une vie riche (je sais, ça a un côté horriblement prétentieux).

Mais finalement, je me dis que cette arrivée surprise a été une très bonne chose parce que je n’aurais pas pu me fonder sur des raisons rationnelles pour prendre la décision de faire un bébé et que cette certitude de faire le bon choix, basée sur l’affect, je n’aurais pas pu l’avoir si le bébé n’avait pas déjà été là. D’ailleurs, pour le moment en tout cas, les raisons qui iraient dans le sens d’avoir un deuxième enfant ne font pas le poids par rapport aux raisons qui me poussent à m’arrêter là ! Est-ce que ça serait différent face à un test de grossesse positif ? Je n’en sais rien.

Alors je considère qu’Elisabeth Badinter a raison dans mon cas : la raison a peu pesé dans ce choix. Mais contrairement à ce qu’elle semble sous-entendre, je ne considère pas qu’un choix basé sur l’affect soit inférieur à un choix basé sur la raison, sur la rationalité. Je n’ai pas choisi d’avoir un enfant pour des raisons rationnelles. Je ne suis pas tombée amoureuse pour des raisons rationnelles non plus et les choix que j’ai fait concernant ma vie de couple sont aussi guidés essentiellement par l’affect. Je ne les considère pas comme moins légitimes.

Et vous, pourquoi avez-vous fait un enfant ? Est-ce que vous avez une « bonne raison » ? Est-ce que ça vous parait nécessaire d’en avoir ?

PS : j’utilise les expressions « avoir un enfant » et « faire un enfant » pour aller plus vite, mais ces expressions ont un côté « mécanique » qui me gênent un peu ici. On ne possède pas son enfant, et j’ai beaucoup plus le sentiment que mon fils s’est fait seul, avec simplement mon aide… Voir aussi cet article.

PPS : zut, je me rends compte après coup que ces extraits ont déjà été analysés sur les vendredis intellos par madame bavarde ! Je poste quand même mon article, mais je vous renvoie au sien.

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26 réflexions sur “Faut-il une bonne raison pour avoir un enfant (ou ne pas en avoir) ?

  1. Je n’ai pas encore d’enfant mais un désir très fort pour ça, même si ça me fait peur aussi. Comme dit dans l’article, les arguments rationnels me pousseraient plus à ne pas avoir d’enfant mais mon cœur, mes tripes me tirent vers ce projet de famille.
    Le pourquoi vouloir des enfants me parait effectivement être une question intéressante à creuser dans le couple et pour chacun.

    • Je pense qu’effectivement en parler ensemble au sein du couple peut être primordial parce que je pense que de la réponse à cette question dépend certaines conceptions de l’éducation de l’enfant. Par exemple, si mon conjoint estimait que « permettre à son enfant de réaliser ce qu’on n’a pas pu faire soi-même » est une raison de faire un enfant, je pense qu’on aurait de nombreux désaccords éducatifs parce que j’aurais beaucoup trop peur que cela contribue à pousser mon enfant dans une voix choisie par ses parents et non par lui.

  2. Je ne sais pas si j’aurais un enfant un jour, peut être – peut être pas. Pour l’instant, je ne sens pas cet appel et il y a des raisons qui font que c’est mieux comme ça.
    Je me pose souvent la question « Pourquoi personne ne me/nous demande « c’est pour quand? »? »
    Évidement c’est parce qu’il y a quelque chose qui cloche – j’ai un autisme atypique.
    Mais c’est peut être aussi parce que pour nous ce n’est pas un souci et que nous sommes clairs sur le fait que nous n’en savons rien…

    • J’y ai assez peu eu droit, à cette question, mais dans mon cas je pense que c’est parce que nous avons eu notre fils plus tôt que ce que notre entourage pensait. Ils n’ont donc pas eu à « attendre » cet enfant. Par contre, je pense qu’on va avoir beaucoup plus droit à « et le deuxième, c’est pour quand ? » Ca a déjà commencé alors que notre fils n’a qu’un an !

  3. Chouette article, merci Lila !
    Moi aussi c’est un thème qui m’a fait réfléchir, mais étrangement, après avoir eu mes filles !
    J’avais écrit d’ailleurs un post sur les VI à propos d’un article anglais intitulé « Think before you breed » qui m’avait beaucoup interpelée…
    https://lesvendredisintellos.com/2012/07/13/en-avoir-ou-pas/

    Maintenant, je suis passée à autre chose, du genre « pourquoi je ne ferai pas de 3ème » ;-)

    • Merci pour le lien, je l’avais raté ! (je suis arrivée sur les VI un peu après ^^)
      J’aime beaucoup ton article, en particulier, comme un peu ici aussi, la « défense » de celles et ceux qui ne veulent pas d’enfants.
      J’aime bien aussi cette réaction de Mme Déjantée : « Je suis d’accord sur le fait qu’il peut être important de se demander pourquoi on a souhaité avoir des enfants, je veux dire par là: sur le fait d’entamer cette démarche de réflexion… quant à obtenir des réponses, je ne suis pas sûre qu’elles soient entièrement possible, ni souhaitable… Rencontrer un être nouveau et l’accompagner depuis ses tout premiers instants jusqu’à l’âge adulte est une chose époustouflante sans pour autant qu’on ait besoin de s’en référer à un quelconque instinct ou déterminisme biologique, non?? »

      Et sinon, je pense que c’est aussi intéressant de voir, pour les enfants suivants, qu’il y a à la fois des raisons ou des envies communes et des raisons ou des envies différentes… Mais pour moi cette partie là reste théorique (et le restera probablement pour de bon…).

      • Merci pour ta réponse !
        et je suis bien d’accord avec toi, les questions et les réponses évoluent dans le temps et avec les enfants déjà nés… Le truc, c’est qu’à chaque fois, il y a comme une pression sociale à se justifier dès que nos choix ne sont pas dans la « norme »…
        Et même, j’aurai envie de dire, moi qui suis dans cette « norme » justement (deux enfants), j’aimerais bien me défendre d’y être !!

  4. Bonne question… que je ne me suis jamais posée, alors que je commence à penser à N°3, moi aussi !
    « Parce que j’ai envie », ça suffit ? Non ? Bon…

    En fait, je me demande s’il faut vraiment se poser cette question.
    Est-ce que la nature se pose la question de pourquoi la vie ? Les arbres font des graines, les fleurs poussent, les oiseaux construisent leur nid… C’est le sens de la vie, non ?
    Il n’y a pas que la biologie, l’être humain peut dépasser son instinct, certes… Mais je ne saurais dire pourquoi, cette question me chiffonne…

    • Pas de « il faut », non, d’ailleurs mon titre est une question, et ce n’est pas une question purement rhétorique. Personnellement, je trouve ça intéressant de réfléchir à ce sujet, mais comme je l’indique dans l’article, je n’ai pas à proprement parler trouvé de « raison ».

      Par contre, à mes yeux, dans notre société, le choix d’avoir des enfants est culturel, et non naturel. Tout comme le choix de choisir le nombre d’enfants qu’on va avoir ou de ne pas faire d’enfant. Même pour ceux qui ont envie d’en avoir, on se détache largement de la nature, je ne connais personne qui fasse des enfants de la puberté à la ménopause sans se poser de question parce que c’est « le sens de la vie ». Justement, c’est une caractéristique des êtres humains de se poser la question du pourquoi et de réfléchir à ses choix.
      Et je recite Badinter cité par Drenka (ici : https://lesvendredisintellos.com/2012/03/23/elisabeth-badinter-vs-sarah-blaffer-hrdy-instinct-maternel-ou-pas/)
      « je n’ai jamais pensé qu’il n’y avait «aucun fondement naturel et biologique dans la maternité», (…) J’ai dit que le biologique ne pèse pas le même poids que l’inconscient et pèse peu au regard des contraintes sociales…» »

  5. Merci beaucoup de ta contribution!!! et aussi de ta réflexion!!!
    Plusieurs points me font réagir…
    D’abord, je suis consciente que les personnes qui décident de ne pas avoir d’enfant subissent unr forte pression sociale et sont acculés à devoir se justifier… mais je pense que la norme est bien plus restrictive que l’injonction de se reproduire: non seulement il faut faire des enfants, mais il faut en faire le bon nombre et au bon moment… sinon le ballet des questions/justifications reprend inlassablement (je suis bien placée pour en parler! ;) )!!
    Au delà de cela, je suis gênée par la dichotomie que fait Badinter qui qualifie le choix d’avoir un enfant soit de « affectif et normatif », soit de « rationnel ». Pourquoi coupler l’affectif avec le normatif? Ne peut-on pas agir selon son ressenti en suivant autre chose que la norme sociétale? N’y a-t-il que la raison pour nous en extraire? Par ailleurs, accueillir un enfant dans son foyer implique une relation interpersonnelle à forte charge émotionnelle… pourquoi est-il si inenvisageable que l’affectif y joue une place prépondérante ? Ne pourrait-on pas se poser les mêmes questions dans le choix de notre compagnon de vie, souvent choisi de façon aussi irraisonnée (mais où ne songerai pas à invoquer néanmoins la pression sociétale)?

    • Tout à fait d’accord sur ta première partie sur « le bon nombre d’enfants au bon moment ». J’ai parlé de la femme qui continue à essayer d’avoir des enfants malgré ses difficultés, j’aurais pu parler de celle qui a un enfant « trop » tôt, ou « trop » tard, ou qui a « trop » d’enfants, ou « pas assez » (quand je dis que j’envisage d’avoir un seul enfant, j’ai immédiatement droit à une réflexion).

      Comme je le disais, je suis aussi d’accord avec toi (et en désaccord avec Badinter) sur le fait que c’est normal que l’affectif prenne une place prépondérante dans cette décision et que l’affectif n’est pas moins légitime que le rationnel. Cependant, je pense que dans l’imaginaire collectif, le fait de dire que c’est un choix fait « avec son coeur » donne l’idée d’un choix vraiment individuel et complètement détaché de la société, et pourtant la norme joue un rôle fort dans ces choix. Je pense que c’est pour insister là dessus que Badinter insiste autant sur le lien entre affectif et norme. Elle estime que la mise en avant de l’affect dissimule la pression sociale, qui est pourtant bien présente dans ce choix.
      Tu prends l’exemple du compagnon. Bien sur que le choix du compagnon repose légitimement sur l’affect. Néanmoins, d’une part, je pense que la pression à être en couple est tout aussi forte que la pression d’avoir un enfant. Quant au choix de l’individu, l’importance de l’homogamie montre que la pression et la norme sociale sont bien présentes ! Cela ne rend pas les choix moins légitimes. Mais je trouve ça intéressant d’interroger ces choix (et leurs conséquences) au niveau social. Et de prendre conscience qu’on peut avoir intériorisé certaines normes qui jouent un rôle important dans nos décisions « à notre insu » (personnellement, c’est le fait de m’intéresser au féminisme qui m’a fait prendre conscience de à quel point j’avais intériorisé certaines normes). Hors, le modèle de la famille (un père, une mère, deux enfants) est particulièrement fort dans notre société et est, je pense, une norme intériorisée dès l’enfance (j’en ai parlé ici : https://lesvendredisintellos.com/2013/04/12/contre-les-jouets-sexistes-deuxieme-partie-la-norme-heterosexuelle/).

      • Oui, je suis plutôt d’accord avec toi sur le fait que l’affectif (ou l’instinct??) ne devrait pas nous conduire à oublier qu’une partie repose sur une forme de conditionnement social… c’était juste la dichotomie qui m’interpellait un peu (d’ailleurs en y songeant, on oppose dans la terminologie mariage d’amour et mariage de raison, en considérant implicitement dans ce cas que la norme sociale est du côté du rationnel…)

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  9. Bonjour, J’ai eu des enfants et je le regrette mais ça on ne peut le dire qu’en anonyme sur internet car c’est un gros TABOU. Un enfant, ça ne rend pas heureux comme je le croyais. J’aurais pu m’épanouir si je n’avais pas eu d’enfant, je suis dans la norme et pas heureuse d’être dans la norme. Je crois qu’on fait aussi des enfants par égoisme car nos enfants ne seront pas forcément heureux et épanouis dans tous les domaines alors reprocher aux gens qui n’ont pas d’enfant d’être égoiste (comme le font la plupart des gens), c’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité !!!

    • Merci de votre témoignage. Il doit vraiment être difficile de vivre avec le regret que vous exprimez. Peut être souffrez-vous de surmenage/épuisement parental ou auriez-vous besoin d’un soutien, avez-vous autour de vous des personnes avec qui en parler?

      • Il est intéressant de noter que dans votre réponse, votre conditionnement social vous pousse à penser que regretter d’avoir eu des enfants est anormal, sans pourtant connaitre l’histoire de la personne qui exprime ses regrets.

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  12. On est toujours influencé par notre environnement, familles,cercle plus large, société qu’on l’admette ou non, qu’on choisisse de faire ou ne pas faire un enfant. Ado, mon rêve n’était pas d’avoir une famille. Mes parents, pourtant très traditionnels, m’ont inculqué le désir de connaître, dans le sens, d’acquérir des connaissances et la réflexion pour pouvoir choisir. Je voulais être une femme indépendante, avec un métier qui me passionnerait, avec des enfants (ou pas) et pas forcément en couple, engagée au niveau sociétal mais j’adorais les enfants. Je n’avais pas envie d’être amoureuse, je n’attendais pas spécialement le prince charmant, j’étais horrifiée par mes camarades qui attendaient une petite vie bien rangée. Et puis, je suis « tombée » amoureuse, à 17 ans, au départ sans faire de projet. Ça m’est réellement tombé dessus. Et puis on est resté ensemble, on a vécu des trucs forts. Et comme toi, lilaetlemagicien, un test positif, des tergiversations et la certitude que idéologiquement l’avortement n’était pas pour moi : j’avais les moyens financiers et humains d’avoir ce bébé. Je n’ai jamais regretté ce choix dès lors que mon fils a été là. Et comme toi, je suis contente que mon fils soit arrivé comme ça car j’aurais probablement aussi trop rationnalisé sa venue sinon. Mon 2ème qui est arrivé 22 mois plus tard s’est imposé comme une évidence. Je voulais un autre bébé car je voulais revivre cette expérience incroyable, je voulais leur offrir la joie de connaître la fratrie… J’aurais eu un 3ème si mon mari avait été d’accord. Je ne sais pas si c’était une bonne idée. Le 3ème je le voulais car encore une fois, je voulais vivre tout ça malgré les difficultés, j’avais beaucoup d’amour à donner encore, je voulais encore un enfant de l’amour, je voulais que mes enfants connaissent la joie d’avoir une grande famille. Cela ne se fera pas mais je ne le regrette pas. Aujourd’hui je parle de leur avenir à mes garçons de 11 et 13 ans. Je leur parle de leurs éventuels enfants, de leur futur métier qui leur plaira (je l’espère), de leur éventuelle future compagne ( ou compagnon). J’essaie de leur faire comprendre que la pression pour être normée ne viendra pas de moi. Je n’ai pas d’attente. Quand je leur parle de leurs éventuels enfants, c’est surtout dans le but qu’ils ne deviennent pas macho lorsqu’il faudra s’en occuper mais c’est une autre histoire.

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  15. Pingback: Vouloir un deuxième enfant ? | La Licorne et ses bouquins

  16. Sommes-nous trompés dans nos intentions d’avoir des enfants ? Désirons-nous des enfants pour combler un état malheureux, une relation de couple vide de sens ? Faisons-nous des enfants par habitude afin de bien paraître en société ? Avons-nous des enfants par la peur de la religion ? Est-ce une décision altruiste ou tout simplement une décision profondément égoïste, inconsciente ? Est-ce que vous vous posez ces questions ? Et si vous avez déjà des enfants, avez-vous oublié quelque chose d’important concernant le véritable sens de la relation entre parents et enfants ?

    Pour la plupart des êtres humain, ils croient que la raison d’être de la relation est d’obtenir quelque chose, d’avoir besoin de quelque chose de l’autre, mais en vérité, est-ce que la raison d’être de la relation est de choisir des états d’être et de l’apporter aux autres et ainsi sentir en nous, le bien-être de nos expériences choisies en toute liberté ?

    Je comprends aussi qu’il peut être dérangeant de voir des infographies ou des liens sur votre site, mais ce guide est vraiment pertinent dans votre domaine.

    http://www.relationplus.org/Parents-enfants/intention-avoir-enfants.html

  17. Bonjour, je trouve ça très bien de ne pas vouloir d’enfant et de s’y tenir… la terre souffre d’une trop grande population d’être humains et de toute l’agriculture intensive dont elle a besoin pour survivre et ce n’est pas suffissant.. car des millions d’enfant naissent pour souffrir par manque de moyen cotraceptifs.. car dans certain pays des femmes seraient ravi d’être stérile.. par chez nous il y des femmes qui s’obstinent a tout faire pour concevoir un enfant qui n’a aucune raison d’exister! Oui si la nature dit non pourquoi ne pas respecté ça. Un enfant se n’est pas une organisation ou un but dans la vie. C’est un être humain avec des sentiments et vivre avec des parents qui font ça pour se sentir plus heureux et ben c’est pas une vie…. Je pense qu’on trouve plus d’argument a ne pas en faire que l’inverse..

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