Alexandre Jollien et le lâcher-prise parental

Depuis peu, je suis abonnée à PEPS (magazine que je recommande chaudement, si vous cherchez des infos sur la « parentalité positive »). Dans le numéro 3, dédié à la non violence, il y a une interview d’A. Jollien. J’ai déjà entendu parler de lui par Snana, La Louve et Carpediem (il me semble.)
C’est donc pleine de curiosité que j’ai entamé ma lecture.

Il y est question de bienveillance et d’amour inconditionnel. Le tout fort bien résumé par une phrase, que je vais prendre comme mantra tellement elle me plait, autant pour moi en tant que maman, que pour moi en tant que fille de mes parents :

Tu peux faire n’importe quoi. Tu ne peux pas faire que je ne t’aime pas.

Certain(e)s se hérisseront peut être en lisant la première phrase, mais c’est l’ensemble qui me semble superbe. Je ne le comprends pas dans le sens, « vas y mon gamin, fais n’importe quoi, je m’en tape, ça sera toujours les autres qui auront tord » mais plutôt dans le sens « je t’aimerai toujours, quoique tu fasses » (ce qui rappelle un livre pour enfant « je t’aimerai toujours quoi qu’il arrive »)

A. Jollien précise d’ailleurs :

L’amour inconditionnel n’est pas la tolérance absolue, bien sûr. […] Parfois, j’ai l’impression d’être strict sur un fond d’infinie bienveillance. Je dis à mes enfants ce qui ne va pas et 3 minutes après, la vie suit son cours. Je ne m’arrête pas sur l’erreur. L’amour inconditionnel c’est peut être ça : dire ce qui ne va pas et passer à autre chose.

Cette partie m’enthousiasme particulièrement. Ça résume parfaitement ce à quoi j’aspire. Même si bien sûr, au quotidien, le passage à la pratique n’est pas toujours des plus faciles. Ré-expliquer 10 fois la même chose, quand on est malade/stressée/à la bourre/crevée (rayez les mentions inutiles… si il y en a. ;) ) tient parfois du chemin du combattant. XD

Il faut d’ailleurs garder à l’esprit (et en ce qui me concerne, c’est souvent ça le plus dur) qu’on a aussi le droit (voire le devoir) d’être bienveillant… envers soi même! Nous sommes humains, nous faisons des erreurs et ce même dans l’éducation de nos enfants. L’important étant d’apprendre de ces erreurs et de s’améliorer petit à petit. Être parents, c’est tout un apprentissage aussi. Et l’autobienveillance, c’est quelque chose que je trouve, dans mon cas perso, très compliqué. (mais je m’améliore, ouf! Et mes deux hommes y gagnent aussi. ^^)

A. Jollien parle aussi d’un soutrâ boudhiste qu’il a un peu remanié pour l’occasion :

Le Bouddha n’est pas le Bouddha. C’est pour ça que je l’appelle le Bouddha.

Là comme ça, moi, j’ai un peu fais « gnééé??? » Mais remanié ça donne :

Mon enfant n’est pas mon enfant. C’est pour ça que je l’appelle mon enfant.

C’est ça pour moi, l’abandon du parent. C’est, ne pas s’approprier son enfant. De quel droit puis-je dire « c’est mon enfant ». […] Pour moi, s’abandonner, c’est réaliser que la voie de mon enfant n’est pas la mienne. Je peux lui donner la main et nous marchons ensemble. Je n’ai pas à le conduire vers une direction mais juste à l’accompagner là où sa vie le mène.

Quand je lis des choses pareilles, je respire, je souris, je retrouve ce que je souhaite pouvoir donner à mon fils. Je le garde dans un coin de ma tête pour les moments de découragements, de doute, de fatigue. Parce que oui, c’est pas toujours facile, mais tellement beau de le voir grandir et devenir lui, jour après jour.

Et toi, tu en penses quoi?

Pour venir faire un tour dans ma tanière, c’est par là.

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12 réflexions sur “Alexandre Jollien et le lâcher-prise parental

  1. On a beau l’avoir déjà lu et être convaincu, ça fait toujours du bien de relire ce type d’article…
    Pas facile, la mise en pratique, mais très motivante !

    • tout à fait. D’ailleurs, dans le peps 1 (je crois) ils parlent de tableaux perso avec des choses qui parlent, plaisent, font rêver. Je m’en ferais bien un.

  2. Merci beaucoup de ta contribution!!! et merci pour cette bouffée d’enthousiasme et de bienveillance!
    Je crois qu’en lisant ça, on espère pour ses enfants mais on guérit aussi un peu son enfant intérieur…
    Mes parents étaient très fiers de m’avoir « portée sur les fonds baptismaux » avec Khalil Gibran en fond littéraire (et le fameux « vos enfants ne sont pas vos enfants » que j’aime beaucoup d’ailleurs…) mais ont toujours souligné à quel point ces paroles leur semblaient « dures ». J’ai donc le sentiment qu’ils n’ont peut être jamais accepté pleinement que leurs enfants ne soient pas LEURS enfants… et espère seulement y arriver un tout petit peu plus.

    • et oui, pas facile. Je vis ça à l’heure actuelle en tant que fille avec mes parents qui ne comprennent pas trop ma motivation pour mon changement de vie pro, et qui ont du mal avec ma décision.
      J’espère qu’au moins, je me rappelerai de ça quand Surprise sera grand. ;)

      • Et comment on fait comprendre à papi que ses petites-filles NE SONT PAS SES petites-filles ? Groopfffgniurrrk…. (je ne saurai pas mieux dire, après un WE en famille…)

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