Les 200 astuces de Maman Travaille – conciliation vie privée/vie pro

Jusque là, je n’avais jamais rien lu directement des ouvrages écrits par Marlène Schiappa – je connaissais simplement son réseau Maman Travaille et ses écrits sur le blog dédié. Mais j’avais suivi de loin les polémiques autour de ses livres Osez l’amour des rondes et Eloge de l’enfant-roi (commenté sur les VI par La Farfa ici et ).

J’étais donc doublement curieuse de découvrir son nouveau guide Les 200 astuces de Maman Travaille, offert à la bibli volante des VI :

  • d’abord pour me faire une idée personnelle de ses écrits ;
  • ensuite parce que comme beaucoup de mère « actives », cette question de la conciliation vie privée/vie professionnelle des mères me passionne et me questionne (questionnement que l’on pourrait résumer ainsi : « Pourquoi la question de concilier la vie familiale avec le boulot reste essentiellement une problématique féminine, sérieux ?!« ).

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Comme m’a fait remarquer Mr Sioux lorsque j’ai commencé ma lecture lors d’un trajet en voiture : « Et à quand « Papa Travaille » ?« . Ce à quoi j’ai répondu qu’il ne tenait qu’à lui de lancer un tel réseau, il y aurait sûrement matière à discuter et c’est certainement en passant par des initiatives de ce type que les mentalités pourraient évoluer de façon parallèle. Peut-être qu’alors on ne regarderait plus un homme de travers lorsqu’il demanderait une « journée enfant malade » ou un 4/5e et qu’on n’oserait plus lui répondre « T’es malade ! Et ta femme, elle ne peut pas en prendre un ? » (propos rapporté par un père, voir p. 64, à l’astuce « Messieurs, osez demander un long congé paternité ! »).

Pour entrer dans le vif du sujet, dans un paragraphe intitulé « Un jour sans fin ? » (p.15), Marlène donne un bon début de réponse à une question que nous avons presque toutes dû nous poser sous une forme ou une autre (voire nous entendre reprocher par des personnes toxiques ou maladroites), croulant de fatigue à la fin de notre pas si mythique « double journée »  : Comment faisaient nos aïeules, pourquoi nous sentons-nous sans cesse débordées, alors que nous avons tellement d’outils performants pour nous assister dans le quotidien (électroménager, femme de ménage pour celles qui peuvent, babysitters, aides diverses plus ou moins ponctuelles…) ? ».

Et bien tout simplement parce que les tâches dont nous nous sommes libérées (grâce à la technologie ou grâce à la fameuse « répartition des tâches », ce beau rêve qui est plus ou moins réalité selon les couples) nous ont simplement fourni du temps pour s’en rajouter d’autres !!

Si les femmes ne vont plus au lavoir pour le linge de la maisonnée – ce qu’on faisait il y a encore moins d’un siècle -, de nouvelles obligations tacites et pas toujours partagées équitablement dans le couple ou entre les parents (par ici, la tarte aux pommes de la kermesse, l’heure des mamans, le rendez-vous chez le pédiatre), de nouvelles exigences professionnelles (le « personal branding », la vie numérique, le temps consacré aux réseaux ou à l’administratif) et familiales (organisation des familles recomposées, quête du mode de garde, le tout souvent sans aide des ascendants) viennent grappiller le peu de temps libre qui subsistait. (p.16)

Elle met ensuite un mot sur ce dont je parle souvent à mon conjoint, en lui disant que même si l’on partage à peu près les tâches ménagères et les soins aux enfants, MOI, je gère toute la maison et la logistique seule, surtout « psychologiquement » : j’ai toujours des milliers de choses en tête, je fais des listes, les rappels vont et viennent dans mon esprit et sur le bloc-notes de mon téléphone…

[…] même dans le fait de déléguer (ce sont elles, en majorité, qui recrutent une nounou ou une femme de ménage). La fameuse « charge mentale » des mères et des femmes, qui gardent à l’esprit ces fameuses « to do list » longues comme le bras, s’interdisant parfois de les partager avec leur conjoint, ou se retrouvant dans une situation où, de fait, elles n’ont d’autres choix que de les gérer quasi seules – mamans solos ou divorcées, en congé parental, avec des conjoints en déplacement, etc.

Alors moi, je ne m’interdis pas du tout de partager cette liste de malade avec mon conjoint, c’est juste qu’on manque un peu de temps pour ça le soir – et qu’on aimerait bien aussi faire ou se dire autre chose que des trucs comme « non mais est-ce que tu te rends compte de TOUT ce que je gère dans cette maison ???!! » (ce qui arrive quand même, don’t worry) et qu’on préfèrerait discuter de « on se met quoi comme DVD ce soir ? » (la bonne blague), « on fait la déclaration d’impôts en amoureux ?« , « alors, quand est-ce qu’on se marie ? tu aimerais quoi comme thème toi ? on l’invite la cousine Machin ? » (non là, je rêve aussi).

Bref. En vrai, ce passage m’a donné envie de faire une petite expérience chez moi. J’ai demandé à Mr Sioux de noter, l’autre jour, TOUT ce qui lui passait par la tête dans une journée, essentiellement comme « choses à faire », que ce soit pour la maison, pour le boulot, pour les sorties, pour tout ce qu’il veut quoi. Et moi je devais faire pareil de mon côté. Pas histoire de savoir à la fin qui-qui-cogite-le-plus (quoique) mais pour voir si vraiment, je m’occupe de plus de choses ou si on s’occupe juste de choses différentes que je ne vois pas… Le résultat dans un prochain article !

Donc, pour en revenir à ce chouette petit ouvrage, je voulais aussi vous dire que ça n’est pas juste une suite sans fin de 200 conseils mais qu’ils sont classés par thématiques, ce qui rend la lecture plus agréable et permet de reprendre son souffle.

Marlène a ainsi sollicité de nombreuses mères actives de son réseau (mais aussi quelques pères !), pour ajouter leurs astuces du quotidien aux siennes. Elle leur a proposé sa liste de thématiques et apparemment, celle qui a reçu le plus de témoignages a été celle portant sur la déculpabilisation ! Ah bon, nous en aurions besoin ?!

D’autres chapitres abordent « grossesse et travail », « allaitement et travail », « partager la conciliation vie privée/vie pro avec les papas », « trouver le bon mode de garde », « s’expatrier », et même entreprendre, faire carrière, le temps partiel, les déplacements pro, etc.

Ce qui m’a plu, c’est qu’on trouve des astuces pour (presque) (j’y reviendrai) tous les styles de vie, de composition familiale, de priorités personnelles. Sur ce dernier point, l’astuce 220 m’a paru fondamentale (oui, en vrai, y’a plus de 200 astuces, il y en a en bonus !). J’avais envie de vous la livrer parce qu’à mon avis, c’est l’une des premières choses à prendre en compte pour définir comment concilier vie privée et vie pro, à savoir : Je suis claire sur mes objectifs (pas ceux de ma voisine).

En matière de conciliation vie professionnelle/vie familiale, on a toutes une bonne copine, une voisine, une belle-sœur, une boss… qui pense avoir trouvé LE mode de vie idéal, et essaie de nous persuader de faire comme elle. « Tu devrais monter ta boîte… »; « Tu devrais prendre un congé parental… » ; « Tu devrais trouver une nounou à plein-temps… ». Écoutez-les mais faîtes le tri et soyez claire sur vos objectifs, à vous : dans quoi vous reconnaissez-vous, ou dans qui voulez-vous vous projeter ? Vers quoi voulez-vous tendre ? Qu’est-ce qui est important dans votre vie, en ce moment ? Êtes-vous dans une période de repli sur votre famille, ou au contraire vous sentez-vous prête à conquérir le monde ? Et à long terme : tel poste vous permettra de devenir chef de service, mais voulez-vous vraiment partir à 21h tous les soirs ? Inversement, tel autre poste vous laisser beaucoup de temps libre, mais avez-vous envie de rester chez vous tous les mercredis ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, que vos réponses, celles qui vous viennent spontanément quand vous vous posez ces questions… Faîtes le point pour ne pas perdre vos objectifs de vue, et ne pas être en contradiction avec ce que vous voulez vraiment.

Je trouve que si on est dans une période d’épuisement, qu’on ne voit plus trop comme optimiser son temps ou classifier ses priorités, ce livre aide à faire le point. Il pose des questions pertinentes et offre des astuces qui aident à voir sa propre situation d’un oeil neuf, pour faire les choix qui nous ressemblent – dans la mesure où on peut.

Je dis « dans la mesure où on peut » parce que j’ai l’impression qu’il faut quand même disposer d’une certaine marge de manœuvre soit dans l’organisation de son travail (en étant cadre ou assimilé, ou indépendant), soit financièrement (qu’un seul revenu puisse suffire à faire vivre la famille dans le cas où l’un des parents décide de prendre un congé parental) pour prétendre concilier vie familiale et vie pro suivant nos desiderata. Je veux dire qu’il y a des femmes, des mères, qui n’ont guère le choix financièrement de rester ou non avec leur enfant et d’autres dont les journées de travail à l’usine par exemple, laissent peu de places pour se dégager du temps pour accompagner une sortie scolaire ou partir plus tôt une fois par mois et aller chercher leurs enfants à l’école elles-mêmes.

Après, en toute honnêteté, ayant cette marge de manœuvre, j’ai apprécié la lecture de ce livre, tombée qui plus est à une période de redéfinition de mes priorités et de ma vie professionnelle en fonction de celles-ci.

Pour finir, je vous livre 2 astuces que j’ai aimées (mais j’ai eu du mal à choisir car il y en a beaucoup qui m’ont parlé) :

  • « Je ferme les portes du temps » => parce que je ne sais absolument pas faire ça aujourd’hui et que ça va bientôt être mon plus gros défi !

Quand je suis dans ma journée de boulot, je suis à 100% concentrée sur ce que je fais ! Je ne passe pas mes journées au téléphone avec le crèche ou à préparer mes vacances. Inversement, le soir, je suis pleinement disponible pour la vie de famille avec mes enfants, hors de question de boucler un dossier chez moi pour prendre de l’avance sur le lendemain. C’est comme ça que j’arrive à tout concilier sans me faire déborder… (Le secret de Camille Ravier, journaliste pour le site paroledemamans.com, 2 enfants)

  • « Mollo sur les images de perfection ! »

Ne pas lire les magazines féminins. […] Si vous faites la combinaison fatale : magazine de mode, puis magazine de déco, vous vous dites au final que vous êtes mal sapée, mal coiffée, que vous devriez vous mettre au sport et que votre maison est mal rangée, trop petite, et mal décorée… Donc moral à zéro. Je sais bien que ces magazines sont là pour nous inspirer, mais quand on est déjà en « flux tendu », il faut prendre du recul et oublier ces images de perfection inatteignable. Mieux vaut se faire un thé chaud et appeler une copine. (Le secret de Ségolène Finet, CEO de mamanana.com, vêtements d’allaitement, 3 enfants)

Je lis très peu de magazines féminins mais je trouve qu’on peut faire un parallèle entre ceux-ci et ce qui les remplace : magazines en ligne et tout ce que les autres donnent à voir en diverses occasions (blogs, récits et articles divers, …). Ca rejoint un peu l’astuce sur la définition de SES priorités propres.

Et puis quand même, une dernière pour la route…

  • « Je choisis bien mon mari (si, si) » => évidemment, si on a déjà choisi un modèle pas top avant de lire le livre, c’est ballot !

Ca vous semble étrange ? C’est pourtant LE conseil majeur donné par les expertes lors de la conférence Maman travaille. Si Brigitte Grésy, à l’époque IGAS (Inspectrice générale des affaires sociales) et experte de l’égalité, à l’origine notamment du congé paternité, a rappelé que les hommes investis dans leur foyer étaient plus heureux, Emmanuelle Gagliardi, fondatrice du mensuel L/ONTOP et du Forum de la mixité, a souligné que la plupart des femmes interviewées dans son magazine remerciaient leur mari. Elles considèrent réussir en partie grâce à celui qui non seulement prend sa part dans l’éducation des enfants, mais aussi et surtout les encourage, les soutient, agit en véritable partenaire de carrière. Aude de Thuin, fondatrice du Women’s forum, a même ajouté avec humour en conclusion de son intervention à la Journée Maman Travaille de l’an dernier : « Si vous mari ne contribue pas, changez-le… ou changez de mari ! ».

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39 réflexions sur “Les 200 astuces de Maman Travaille – conciliation vie privée/vie pro

  1. Ca donne vraiment envie de le lire, même si je ne travaille pas. Je pense que les astuces sur la gestion du temps peuvent être utiles à tout le monde.

    • En effet, sur la gestion du temps et surtout, pour définir ses priorités au quotidien, savoir déléguer quand on en a besoin, choisir sur quoi on souhaite concentrer son énergie :-)

    • Merci :-) Et si tu veux le lire, il est dispo dans la bibli volante !
      Pour les listes, il va falloir qu’on prenne le temps de se poser et moi de débriefer mais ça devrait être marrant…

  2. merci pour cette belle présentation… effectivement, toujours bon à prendre toutes ces astuces !! Moi celle que j’aime bien, est de prendre du recul par rapport aux images de perfection… Depuis que je me suis persuadée que je n’y arriverais pas, cela va un peu mieux… je le dis aussi autour de moi quand on attend trop de moi… « désolée de vous décevoir, mais je ne suis pas parfaite ! » çà calme un peu…

    • Oui, le formuler fait redescendre la pression, surtout pour nous. Et puis je ne pense pas qu’on puisse être parfait sur tous les fronts (et parfait pour qui ?) : mieux vaut choisir où l’on souhaite investir son énergie :-)

  3. Je pense que je vais l’acheter surtout en prévision de mon congé parental pour éviter de me métrer la pression avec les filles et la maison
    Aucun rapport mais J’aime beaucoup toutes tes allusions au mariage, j’espère que Mr Sioux va se décider à te demander …..!… Bonnes vacances

    • Bonne idée, d’autant qu’il y a des astuces qui concernent le congé parental (je ne sais plus si je l’ai dit) et donc toutes les situations autour du travail ou de sa suspension provisoire.
      En fait, je m’escrime en vain car Mr Sioux ne prend guère le temps de lire toutes mes publications ! lol Mais bon, je crois qu’on a surtout du mal à caser cet évènement dans notre planning des années à venir… et quand je pense à l’énergie qu’il faudrait pour l’organiser, je suis enterrée d’avance (rapport aux non-nuits, toussa)…
      Bises à toi !

  4. Moi non plus je n’ai jamais rien lu de Marlène et les polémiques sur ses livres m’en ont bien découragée… Et je dois dire que le titre de celui-ci un peu aussi… Justement si on arrête de constamment vouloir concillier, ptet que les mecs s’y mettront un peu? Enfin ça me rappelle l’article de La Peste ici: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/557106-concilier-vie-professionnelle-et-maternite-l-eternelle-alienation-de-la-femme.html, et le mien (minute auto promo) là: https://lesvendredisintellos.com/2012/05/25/la-femme-gelee-dannie-ernaux/ – Parfois les chaines les plus lourdes, ce sont celles qu’on s’impose soi-même?

    • Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis et justement, je n’ai pas eu l’impression que le propos du livre était de nous aider à en gérer encore plus, toute seule, de façon plus efficace (il y est souvent question de lâcher prise, de choix, de délégation, etc). Elle cite très souvent le fait que le conjoint est aussi concerné que nous mais comme elle dit, il ne suffit pas de décréter que tout devrait être partagé à 50/50 pour que ça soit le cas du jour au lendemain. Donc il y a notamment un chapitre consacré à ce partage dans le couple et au fait que les conjoints devraient se soutenir pour, par exemple, faire avancer la carrière de chacun à tour de rôle ou se rendre disponible pour la famille en fonction de leurs contraintes respectives (comme l’évoquait justement Prune dans son comm : https://lesvendredisintellos.com/2012/05/25/la-femme-gelee-dannie-ernaux/#comment-5351)…
      Je me souviens de ton article mais c’est une piqûre de rappel intéressante, ça fait plus d’1 an que je l’ai lu maintenant. C’est vrai que malgré tout, comme je le dis avec la charge mentale des mères qui me parle énormément, la grande majorité d’entre nous cherche à concilier, y réfléchit, LIT même à ce sujet (sic) tandis que peu d’hommes doivent se poser la même question. Mais si, dans ces ouvrages, on trouve aussi des pistes qui nous disent comment faire pour inverser la tendance ? (bon ok, demander à son mec de faire des tâches domestiques et garder les enfants malades, on y aurait pensé mais il y a d’autres pistes ;-)) Je crois que le titre de ce livre est un peu trompeur finalement…

  5. Merci beaucoup de ta contribution!! Et merci d’avoir accepté de présenter ce livre de la bibli!!
    La conciliation vie perso/vie pro est une grosse grosse grosse question pour moi qui arrive à plus de 3 ans de congé parental et voudrait reprendre un boulot sans tomber dans les travers des années qui ont précédé mon congé. Je ne veux plus pleurer chaque matin derrière de la porte de l’ass mat parce que j’entends ma gamine hurler et qu’après les 2H00 de marathon pour habiller et accompagner tout le monde il me reste encore 45 min d’embouteillages avant de retrouver un chef qui va me pourrir toute la journée…

    • Ah oui, raconté comme ça, c’est pas encourageant… J’avoue qu’une fois que tu as trouvé la perle rare à qui confier tes enfants, ça simplifie tout le reste.
      Par contre,on va devoir passer par la case « pleurs à l’école » maintenant et la prise en charge (affective) derrière sera différente d’avec la nounou… gloups :-/

      • Une question, concernant l’école, puisqu’on en est au même point (première rentrée pour nos aînés respectifs), tu as prévu un plan B ?
        Je ne la mettrais que le matin pour commencer, et elle ne rentrera que le trimestre voir l’année prochaine si c’est trop dur cette année… C’est pas obligatoire, alors je ne me vois pas l’obliger, en fait…
        Et j’ai mis un système de joker en place (or maladie) : elle a droit à 3 jokers par mois dans un premier temps (3 jours off, sans école du tout), et je réduirai le nombre de jours au fur et à mesure (si tout va bien). Elle ne les utilisera peut-être pas, mais ça la rassure de savoir qu’elle n’est pas obligée d’aller à l’école tous les jours.
        Et je « compense » en faisant garder ma cadette une après-midi, afin d’avoir quelques heures juste pour elle, en tête à tête (j’en ai au moins autant envie qu’elle !!!).

        • Moi, c’est plus « facile » si je puis dire : il a toujours sa place à la MAM, avec la nounou. Il n’ira à l’école que le matin (et ce toute l’année a priori, sauf s’il demande à y aller la journée) et la nounou le récupère à 11h30. Il mange là-bas puis sieste et jeux jusqu’à 18h, comme actuellement. Ca fait un changement tout en douceur, avec pas mal de repères pour lui et un cadre privilégié pour l’après-midi. Evidemment, ça coûte un peu de sous… mais bon, tant qu’on peut assurer, c’est une formule qui nous convient bien.
          Après, c’est vrai que je me vois bien lui proposer de temps en temps de passer l’aprèm avec moi plutôt que chez la nounou. Mais je ne lui ai pas parlé de ça parce que la question ne s’est pas posée. Et je crains d’avoir du mal à lui expliquer pourquoi ça n’est pas faisable tous les jours, déjà qu’il a un peu de mal à comprendre le concept de « travail à la maison »…
          Je crois qu’on va voir au fur et à mesure quoi !

        • Je complète ma réponse parce qu’en relisant ton comm, je réalise que j’avais pas compris la question : non, j’ai pas de plan B pour le matin en tous cas. Je pars du principe que ça va finir par aller. Je suis vraiment persuadée que passée la phase d’adaptation (toujours difficile pour lui quel que soit le type de changement), le fonctionnement de l’école devrait lui plaire et coller à son tempérament. Et puis, si je travaillais à l’extérieur, je me serais pas posé la question donc on va faire comme ça… surtout qu’il y a aussi le fait que là-dedans, c’est encore moi et ma vie pro qui sont impactés par tout ça et pas celle de Mr Sioux. Or j’en ai marre d’être celle qui se met le plus à disposition (et encore, j’ai un homme qui pose des RTT pour garder ses enfants quand ils sont malades mais bon, ça reste moi qui le fait le + souvent)…

          • Super, ton organisation !

            C’est là que je réalise que j’ai de la chance, finalement, de ne pas faire un métier-passion…
            Je me poserai moins de question au quotidien, peut-être, mais je suis finalement ravie d’avoir cette liberté personnelle de ne pas être suffisamment intéressée par mon boulot pour me sentir prise entre deux options culpabilisantes (laisser ma mission passionnante vs laisser mes enfants).
            Ceci dit, j’ai tellement de boulot à faire pour mon compagnon et vraiment besoin d’un peu de beurre dans les épinards que je ferai garder mes 2 miss le matin dès la semaine prochaine… Enfin, c’est ce qui était prévu, mais au vue de l’adaptation chez la nounou en cours pour mon petit pot de colle, c’est pas gagné !!!

            • A vrai dire, jusqu’ici, je n’allais nullement bosser par passion ! C’était plutôt par besoin de beurre comme tu dis, histoire de coller avec le niveau de vie qu’on s’était choisis (crédit maison quoi). Mais en même temps, je suis incapable de rester chez moi à ne faire que m’occuper de la maison et des enfants, je me fânerais bien vite et mes enfants ne gagneraient pas au change (surtout avec les super méga nounous qu’ils ont !). Par contre, là, j’espère bien me lancer dans un métier passion, on va voir ce que ça donne… tout en étant pas sûre d’encore arriver à mettre suffisamment de beurre dans les épinards par contre :-/
              Côté adaptation, ma fille a mis bien 2 mois à l’accepter (bcp plus long que pour le grand alors qu’il est bcp + sensible qu’elle… mais il avait 2 mois et demi aussi :-/ ), sans parler du biberon… Laissez-vous le temps, ça veut pas dire que c’est impossible mais je pense que plus longtemps ils ont été avec nous, plus c’est dur. Surtout s’ils sentent que nous aussi, on préfèrerait être avec eux (ce qui a été le cas avec ma fille, dont j’ai bcp mieux vécu le congé mat + petit congé parental que pour son frère).

              • J’avoue, m’occuper de la maison à plein temps, c’est pas mon truc non plus, du tout, du tout…

                En revanche, m’occuper des enfants avec le même état d’esprit qu’un non-enseignant (un guide de l’enfant vers lui-même, et pas une transmission verticale), c’est juste passionnant, et très épanouissant intellectuellement et psychologiquement.
                Fabriquer le matériel Montessori ou les jeux ad hoc, pour les présenter pile au bon moment, observer avec le regard « éduqué » ses loupiots, ça change tout !!!

                Pour te donner une idée :
                http://bebeliv.blogspot.fr/
                http://mercimontessori.blogspot.fr/

  6. Contente de lire que Marlène Schiappa a évolué sur le sujet des choix de chacune. À une époque seules les femmes qui travaillaient avaient grâce à ses yeux. Je prônais le choix de chacune en fonction de mille et un paramètres plus personnels les uns que les autres. Contente de lire ces lignes moins culpabilisantes!

    • Je reste aussi sur une certaine vision enfermante de Maman Travaille, qui correspond à une personne/un milieu qui a la chance d’avoir un métier épanouissant et suffisamment rémunérateur pour préférer le travail « pour le capital » au travail « personnel ».
      Le vocable en lui-même me gêne aux entournures : quand on est à la maison, qui plus est avec des enfants, on ne travaille pas, on n’est pas active ? Pourquoi payer les nounous et femmes de ménage, dans ce cas ? Ces métiers sont-ils considérés comme un « travail », d’ailleurs ?
      Bref, le contexte me met mal à l’aise.
      Ça + ça : http://www.mamzelle-deybow.com/2011/01/jai-lu-osez-lamour-des-rondes-de.html
      Bref, je devrais passer outre suite à cet article alléchant, mais j’ai du mal !

      • On a tout à fait le droit de ne pas aimer ce qu’elle fait et je comprends tes réticences, j’avais lu les mêmes critiques.
        Je suis d’accord aussi sur le fait que grosso modo, ses astuces s’adressent à des mères qui ont un travail de bureau et des horaires relativement aménageables… mais quand même pas que, elles abordent d’autres situations par moments.
        Sur le côté « je kiffe mon travail et m’y épanouis », c’est certainement vrai mais je l’ai vraiment trouvé bienveillante vis-à-vis des choix différents : elle évoque comment gérer son congé parental au regard de sa carrière pro, etc. Evidemment, si on a fait le choix de rester à la maison, on s’y retrouvera moins, la problématique de « conciliation » étant alors bien différente.
        Quant au vocable, je ne sais que dire. Je crois que quelque soit la terminologie, il y a toujours des gens qui se sentiront visés/exclus. Je ne suis pas payée pour prendre sa défense, je ne sais que dire mais on parle bien des « actifs » dans les stats (ce qui inclut même les chômeurs comme moi ;-), qui me sent pourtant pas « inactive » et les parents en congé parental). ;-)

      • juste une question: le ménage c’est l’appanage des femmes au foyer seulement? nan, parce que je me fais largement avoir moi alors! je bosse mais le ménage ne se fait pas tout seul pour autant!
        ok, je reconnais que de rester à la maison auprès de ses enfants, c’est du boulot, du vrai! mais sachez que les femmes qui bossent à l’extérieur (j’ai pas dit « qui bossent » tout court… notez!), elles doivent aussi passer le balai, la serpillère, s’occuper du linge et tout et tout hein! tout ça après le boulot!
        désolée pour ce presque « hors sujet », mais à force de lire ce genre de choses, j’avoue que ça bouillonne un peu…

        • Je ne vois pas où il a été dit que les femmes qui travaillent ne font pas le ménage? Ni dans les commentaires, ni dans l’article qui est justement fait pour ces femmes qui doivent tout concilier (mais là, j’ai envie de dire « où sont les hommes? »)

          • ce n’est pas qu’ici, mais souvent quand les femmes au foyer se plaignent des remarques habituelles (et regrettables!), elles soulignent TOUJOURS qu’elles font le ménage! mais à dire vrai, les femmes bossant à l’extérieur aussi (sauf si femme de ménage… mais c’est loin d’être le cas pour la grande majorité!)
            donc, je reconnais le boulot et j’admire les femmes qui font le choix de rester auprès de leurs enfants, mais cependant, les tâches ménagères qu’elles mettent souvent en avant existent aussi pour les autres (et oui, on peut faire intervenir le mari! c’est même recommandé ^^)

            • Si tu l’entends si souvent, c’est que c’est le problème n°1 des MAF !

              Un petit regard sur les stats nous apprennent que la participations des messieurs aux tâches ménagères en dit long ; imagine quand madame est à la maison : c’est encore plus difficile de faire admettre qu’un partage équitable est nécessaire.

              C’est une contrainte bien plus insupportable quand on passe 20 fois par heure devant le bac à linge qui déborde / la pile de courriers administratifs / les chaussettes qui traînent que lorsqu’on fait abstraction en étant dans un autre univers.

              Et si tes enfants (comme tous !) réussissent à mettre le souk en quelques heures… imagine les dégâts sur la journée entière, quand il faut en plus réussir à caser des activités au milieu du chaos !

              D’autant plus que lorsqu’ils ont eu leur dose d’animation, de stimulation intellectuelle, de défouloir physique à la crèche ou chez la nounou, les enfants ont un énorme besoin de contact avec leurs parents.
              Quand ils sont à la maison, le parent est la seule ressource pour tout : stimulation psychomotrice, affection, etc. Il y a donc beaucoup plus à fournir auprès d’eux, ce n’est pas du tout la même chose d’avoir ses enfants à plein temps ou à mi-temps.

              Pour avoir fait les deux (bosser à l’extérieur et être MAF – et j’ai aussi testé travailler à la maison avant d’avoir des enfants, emmener un bébé au taf, et travailler la nuit quand ils sont couchés), ça na juste rien à voir.
              La question de la répartition des tâches ménagères et l’organisation générale du foyer est importante quand on travaille à l’extérieur, elle est centrale quand on travaille à la maison, que ce soit en s’occupant de ses propres enfants, de ceux des autres, ou en faisant une toute autre activité.

        • Il y a 2 différences principale :

          > personne ne se retourne quand on travaille à l’extérieur et qu’on fait appel à une aide ménagère, alors que c’est un tollé quand il s’agit d’une MAF (moins pour un PAF, d’ailleurs, cherchez l’erreur…). Donc répéter, marteler que s’occuper des enfants EST un travail à temps plein, et pas une activité, c’est très important !!!

          > quand on est à la maison avec des enfants, il y a beaucoup plus à faire, par définition, que lorsque toute la famille est au bureau/crèche/école ! Personne ne salit/dérange en étant à l’autre bout de la ville.
          Si vous avez déjà enchaîné, comme je le fais tous les matins, une activité « éducative » (type montessori pour ma part) puis une activité artistique (pâte à modeler, ou mieux peinture à doigts, avec 2 bébés, donc lessivage de table, chaises, sol, matériel… et des enfants) puis une activité motrice (à l’extérieur, moins de travail, mais à l’intérieur : parcours avec différentes surfaces à monter, descendre, explorer, etc), ça n’a juste rien à voir avec 3 grains de poussière déposés pendant l’absence.
          D’autant plus que lorsqu’on rentre pour manger et dormir, le bazar n’a pas le temps de gêner beaucoup. Alors que lorsqu’on marche sur une petite voiture toutes les 2 minutes, ça finit par faire mal aux pieds !

          Bref, j’appréciais prendre soin de mon intérieur et de mes belles tenues quand je bossais, et j’adorais cuisiner quand je n’avais pas d’enfant dans les pattes que je risquais d’ébouillanter. Ces tâches sont devenues des corvées avec 2 mini-miss très actives !

          J’en vois une 3e de différence : les hommes (dans mon entourage, puis-je émettre l’hypothèse de généraliser ?) participent plus à l’entretien de la maison quand leur femme travail à l’extérieur. C’est aussi vrai lorsqu’il n’y pas d’enfant mais que la femme travaille à domicile (traduction, graphisme, etc).

          J’en mettrais volontiers une 4e concernant le linge : au bureau on peut rester propre une journée entière, voir remettre plusieurs fois la même tenue… Impensable en restant avec des bébés ! Entre les vomitos sur le col, les doigts crados sur le pantalon, et la pâte à modeler qu’on avait pas vu sur la chaise… Je comprends pourquoi nos grands-mères portaient des blouses à l’intérieur !!!

          Ça gêne moins aux entournures, une fois les explications posées ? :)

          • oui et non… je sais pas comment je me débrouille (certainement très mal, ok) mais je me salis aussi en allant au bureau, en prenant les transports en commun! quant aux enfants, je récupère aussi le linge qu’ils ont salit pendant la journée!
            alors ok, je ne dois pas tout nettoyer après l’activité pate à modeler du matin, mais les petits vont tellement vite à tout déranger que même en n’étant à la maison que quelques heures par jour, ils réussisent parfaitement à le faire! ^^ et rentrer dans une maison dérangée, meme si c’est un peu mon quotidien, ce n’est pas super agréable! m’enfin bon… je finirai en citant ce vieux sage Rocky (non, pas le boxeur, mais le coq de Chicken Run): l’herbe est toujours plus verte ailleurs! ;)

            • oops, j’ai répondu plus haut !
              Si tu as l’occasion d’effectuer un peu de télétravail (donc d’être à la maison sans t’occuper d’enfant), ça te donnera une (petite) idée du problème des MAF au sujet des tâches ménagères…
              La présence d’enfants amplifie le problème, mais ils n’en sont pas la source (unique).

              • Perso, mon problème en étant actuellement à la maison (chômage et reconversion pro) après avoir toujours travaillé à l’extérieur depuis la naissance de mes enfants (et avant), c’est que non seulement je me sens obligée de faire un minimum de tâches ménagères parce que je suis sur place mais surtout qu’elles me parasitent. Enfin, je me laisse parasiter par elles parce que je les ai sous les yeux dès que je veux d’un point A à un point B. Donc je passe ma journée à me dire que quand j’aurai étendu telle machine, vidé le lave-vaisselle, essuyé la table ou que sais-je encore, je me mettrai vraiment au boulot… et au final, je suis loin d’arriver à y passer 8h d’affilée comme quand j’étais au boulot (à l’extérieur donc).
                Mais le vrai problème, c’est qu’au fond, je faisais à peu près les mêmes tâches quand je bossais et en étant à la maison. Le vrai problème, c’est que je me sens obligée d’en faire un certain nombre, c’est que je n’arrive pas à compartimenter : BOULOT A LA MAISON = JE BOSSE et non je range. Et ça, je suis sûre qu’un homme y arriverait beaucoup mieux (enfin le mien en est la preuve). Pourtant, j’ai un homme moderne (aucun doute là dessus) mais le temps de présence à la maison joue clairement en ma défaveur.
                Ca + ce que je considère comme le vrai problème (enfin le mien en tous cas) = notre conditionnement.
                Et ça, si je puis me permettre : Marlene Schiappa en parle assez justement dans le livre, d’ailleurs.

    • Effectivement, je l’ai moins connue à ses débuts mais dans ce livre, elle a un discours que j’ai trouvé ouvert et respectueux des choix de chacune (en même temps, je suis pas faite pour rester à la maison donc je suis peut-être pas totalement objective…). :-)

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