Aimer sa féminité, un acte féministe !

Pour une fois je vais parler d’un livre qui est plus destiné aux jeunes adolescentes.

J’ai lu récemment avec grand plaisir Stella et le cercle des femmes de Maitie Trelaun

Ce petit roman parle de la féminité naissante chez une jeune ado de 13 ans, Stella. Stella vient de découvrir qu’elle vient d’avoir ses règles.
Sa maman lui propose d’aller rejoindre pour une nuit un cercle de femmes pour suivre un rituel de passage de sa vie d’enfant vers sa vie de femme. Comme on s’en doute, Stella vit une nuit vraiment particulière et en sort grandie, femme, après avoir passé une nuit à écouter, parler avec d’autres femmes, chacune à une étape différente de sa vie.

« Je suis la doyenne de ce cercle…. Je suis comme le fruit mûr qui se détache de l’arbre pour se laisser accueillir par la Terre, pour se concentrer sur l’essentiel: son noyau et l’arbre qu’il contient. Toi, tu es comme la fleur, dont le vent, par ses caresses, a détaché un a un les pétales d’innocence, dévoilant son pistil prometteur du fruit qu’il peut porter. « 

Les fameuses règles, celles qui nous font peur, mais que l’on est aussi impatiente de voir venir, qui nous inquiètent de ne pas venir alors que les copines sont toutes à les avoir déjà.Ces règles où l’ont sait plus ou moins pourquoi elles sont là, pourquoi et comment ça fonctionne…

Et au fond de ça, c’est une première approche vers la vie de femme, la vie sexuelle, la vie de maman, la vie d’amoureuse (ou pas forcement…) , puis la vie de femme vieillissante lorsque ces règles s’envolent un jour avec la ménopause.

Ces règles qui parfois nous font râler lorsqu’elles arrivent au mauvais moment, celui des vacances ou d’un calin prévu. Mais ces règles qui nous font râler quand elles ne sont pas régulières, pas comme il faut, que leur caprice nous empêche de pouvoir concevoir un enfant, ou que leur absence signifie qu’un bébé va grandir en nous. La donne est pourtant changé actuellement avec les différents moyens de contraception d’ailleurs ! Des femmes sont maintenant heureuses de ne plus avoir leur règles avec le cocktail des fois détonnant de symptomes pré  menstruels (spm pour les intimes)… d’autres femmes comme moi apprécient ce cycle mensuel qui va qui vient en elles.

« Comme toi, il y a 46 ans, je me suis réveillée un matin, comme tous les matins du monde. Je suis allée aux toilettes et, une tache rouge ornait le papier rose qui venait de m’essuyer. Mon cœur s’est arrêté de battre le temps d’un instant. Ce matin-là n’était plus comme tous les matins du monde. Il était différent car j’étais différente : cette tache m’affirmait que mon corps n’était plus celui d’une petite fille. Je venais de faire un pas en avant, je me sentais appartenir à une multitude : c’était la multitude des femmes, le cercle immense des Femmes Lune.  »

Bref, ces règles c’est toute l’ambivalence de la féminité, une joie mais le rythme d’une vie car elle signifie notre possibilité à concevoir ou pas, que l’on soit d’accord ou pas. Mais pourtant malgré toutes les choses qu’elles portent elles sont souvent synonymes de choses bien négatives : les anglais ont débarqué, les reds, les vilaines, les lunes… une femme était longtemps considérée comme « impure » et l’est encore dans certaines cultures. Une femme qui a ses règles ne devrait pas faire de pain, ni de mayonnaise, ni ceci ou cela, selon les croyances populaires. Une femme est vue comme hystérique « t’as tes règles ou quoi ??? »

Pourtant dans d’autres cultures elles sont vues comme un phénomène magique, spirituel, heureux, comme synonyme du flux de la vie qui passe à travers le corps de la femme, est comme une rivière qui coule à travers la terre, continuellement.

Dans Stella et le cercle des femmes, les règles sont représentées comme justement ce flux positif de la vie qui traverse le corps de la femme. qui vont, qui viennent, qui nous implantent dans notre corps, qui nous rappellent notre capacité à concevoir mais aussi juste le fait que nous sommes une femme.

Les femmes, chacune à un moment de leur vie partagent leurs expériences et leurs ressentis de leur corps, Au lieu de voir les règles comme une contrariété, une souillure ou une saleté mensuelle à subir. En proposant une autre manière d’aborder les choses, les femmes proposent aussi à Stella de vivre ses cycles mensuels en étant active et positive au lieu de subir ce passage de vie.

J’ai trouvé intéressant cette manière de voir les choses. Comme toute adolescente ou du moins comme beaucoup, j’ai été génée, j’ai eu honte de ce sang coulant de mon corps, j’ai eu peur qu’on le voit, je me suis battue (bon j’exagère un peu là ;) ) avec les serviettes hygiéniques, les tampons. Et pourtant ça n’était pas un sujet tabou dans ma famille, mes parents n’étaient pas mal à l’aise … puis j’ai découvert la coupe menstruelle il y a 6 ou 7 ans et ça a changé les choses. Au lieu de voir mes règles comme un déchet qui partait à la poubelle, j’ai vu ce que c’était en vidant cette coupe, j’ai vu que ça n’était pas ce que je croyais non plus (bon je vais pas aller dans les détails mais les femmes qui ont utilisé une coupe menstruelle diront sans doute pareil)… Bref, étrangement ça n’est plus devenu une contrainte. Et même que j’ai souvent oublié que j’avais mes règles (alors qu’avec une serviette jetable ou lavable ou un tampon c’est même pas envisageable ! )…  Je ne sais pas trop pourquoi ça fait ça, j’ai beaucoup de  femmes autour de moi qui ont ce ressentit. Sans doute parce que c’est hyper confortable, sans doute aussi parce que vu la manière dont ça se met et s’enlève, et qu’il faut la vider, les règles ne sont plus une sorte d’inconnue… on sait tout… Bref, j’ai ressentit une prise de contact avec mon corps. une réconciliation en fait :) .

J’ai aimé ce côté rituel proposé dans le livre, sans doute parce que j’aime ce principe de rituel déjà à la base, mais marquer les choses clairement ça change la considération de cet instant… Au lieu de cacher une chose honteuse on la rend importante !

Tout ceci pour dire que Stella et le cercle des femmes est un roman vraiment bien à lire pour les parents (pour les mamans et même les papas)  mais aussi pour les ado, ça dédramatise les choses, ça rend ce passage obligé dans la vie d’une jeune femme comme quelque chose de positif, et c’est vraiment super ! Et on revient de vraiment loin là dessus ! Ma fille n’a que 4 ans, mais j’ai des amies avec des grandes filles, des nièces aussi (j’ai prêté d’ailleurs mon exemplaire du livre à une amie, d’où le fait que je n’ai pas beaucoup d’extraits du livre à vous proposer) et j’aimerais vraiment qu’elles puissent voir les choses comme quelque chose de positif, et surtout pas comme quelque chose de honteux.

EDIT : je viens de repenser à une dernière chose ce matin en cogitant à cet article : Pour moi aussi, une chose est essentielle dans le fait de percevoir positivement le fait d’avoir ses règles et tout ce qui va avec la féminité en général : vivre positivement sa féminité c’est un acte féministe à part entière selon moi, car être heureuse d’être une femme, aimer notre  corps de femme, même dans ce qu’on n’y maîtrise pas, c’est ne pas chercher à être une autre, à envier un autre état ou quoique ce soit d’autre ! Ainsi, c’est pour moi essentiel d’aimer être une femme ! Encore trop de gens ou pays considèrent que la femme n’est pas un être à part entière ou doit forcement rêver d’être un mec ! Et bien non, je suis heureuse d’être une femme et j’espère bien communiquer celà à mes enfants ! (garçon compris ;) )

MamanDragon

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17 réflexions sur “Aimer sa féminité, un acte féministe !

  1. J’ai adoré d’autre livres de cette auteur (j’accouche et j’ai peur de la douleur), je retiens ce titre pour les ados de mes copines (les miennes sont franchement trop jeunes).
    Merci !

    Sinon, je souscris complètement concernant la coupe menstruelle. J’ai même tenté de convaincre mon pharmacien d’en proposer quelques uns, sans succès encore pour l’instant, dommage…

  2. Wooow <3 merci pour cet article, il est vraiment génial.
    Ce serait pas une "tente rouge", ce cercle des femmes ? J'en ai entendu parler il y a quelques semaines (http://ententefeminine.wordpress.com/2011/03/28/quest-ce-que-cest-une-tente-rouge/) et ça y ressemble beaucoup, en tout cas c'est intéressant et je retiens le titre, ça pourrait me servir.
    Quant à ta conclusion : mille fois oui ! vivre sa féminité à fond et l'aimer c'est un acte de féminisme quotidien et super important ! comme toi la cup menstruelle m'a fait changer mon regard sur mes règles et sur mon corps, et franchement c'est libérateur… (d'ailleurs l'arrivée de la cup dans ma vie coïncide avec mon féminisme assumé – avant je me cachais haha)
    MERCI !

  3. Super article, et je pense que je lirais ce livre. J’ai besoin de « redémarrer’ pour réussir a refaire le chemin de manière plus sereine! Avoir ces régles, sans pouvoir en parler ou seulement dans des discussion de tampon, ce n’est pas d’une grand ouverture… J’ai eu divers soucis, dont les symptôme qui m’ont rendu les choses difficiles, très difficiles!!! Et ensuite, après trois enfant et une moonCup ma vie à changer!!! C’est incroyable…La moon cup, au départ, j’étais ultra sceptique!!! Et ensuite je suis devenue une fidèle! « gérer  » son corps dans ce moment là, plutôt que de le subir m’a rendu sereine. Merci pour cet article!

  4. les coupes menstruelles, je ne connaissais pas. grâce à vous et un petit tour sur http://www.easycup.fr/ (que je recommande aux néophytes comme moi pour ses infos claires et détaillées) je pense m’y mettre très prochainement, par curiosité. mais en quoi est-ce si libérateur? qu’y gagne-t-pon pour sa féminité par rapport aux tampons par exemple? quant au livre « le cercle des femmes », je vais certainement l’offrir à ma fille adolescente…quelle bonne idée que cet article! merci à toutes.

    • Par rapport aux tampons ben déjà, la contenance est plus importante donc les coupes peuvent rester en place plus longtemps. Ensuite, il n’y a pas de fibres qui effilochent donc il est possible de l’utiliser même en début ou fin de règles. Il n’y a pas non plus de variation de volume durant la période où elle se remplit (perso, j’ai toujours détesté enlever un tampon trop gonflé de sang). Aucun syndrome d’infection n’a non plus jamais été recensé avec les coupes. Enfin, cela représente une économie financière notable puisqu’une coupe coûte entre 15 et 30 euros et dure plusieurs années…

  5. Merci beaucoup de ta contribution!! Pour ma part, j’ai plutôt mal vécu l’arrivée de mes règles qui m’ont semblé synonyme de contraintes, de restriction de ma liberté, etc… Ma mère se réjouissait tellement que je rejoigne par là la communauté des femmes et moi qui lui ai dit clairement le dégoût que cela m’inspirait… Ahem.
    Bref, j’ai lu le bouquin que tu présentes au moment où j’ai commencé à assister à des Tentes rouges, dans l’idée de trouver quoi dire/faire pour que ma fille le moment venu se sente plus à l’aise que moi lorsque ses premières règles arriveront.
    Le côté « rituel » m’a plutôt plu, parce qu’effectivement j’ai parfois l’impression que nous vivons dans une société en mal de spiritualité (au sens large du terme). Là où j’ai moins accroché, c’est dans l’idée que la féminité doit rester associée à la beauté (dans le livre, les femmes qui accueillent Stella la baigne, et la pare de façon à ce qu’elle se trouve « belle » en femme). Je ne dis pas qu’il n’est pas nécessaire de se plaire à soi-même, mais un rituel célébrant la féminité centré plus ou moins sur la beauté (je sais que c’est un peu réducteur au regard du propos du livre) m’interpelle pour ne pas dire me choque… Bref, je continue de méditer tout ça quoi…!

    • pour ma part, se sentir belle est le signe d’une féminité « positive », une féminité réellement assumée. par belle, je n’entends pas: grande, mince, à forte poitrine, et…blonde bien entendu! il ne s’agit pas de correspondre à des critères que je trouve réducteurs et néfastes pour l’amour-propre de la plupart des femmes qui ne sont ni grandes, ni minces, ni…etc. par belle, j’entends sûre de ses atouts de femme, capable d’apprécier son corps tel qu’il est, et non pas tel qu’on nous dit qu’il doit être… ce n’est pas parce qu’une femme se trouve belle qu’elle est une femme objet…parfois même aucontraire!
      c’est ce que je pense, mais en fait… j’y travaille encore! ;)

      • Je ne dis pas du tout qu’il n’est pas important pour une femme (ou un homme d’ailleurs) de se sentir beau et de se plaire, surtout comme tu le dis dans la société dans laquelle on vit où les canons de beauté laissent si peu de place à la normalité. Je me dis juste qu’on pourrait aussi contribuer à construire la féminité sur d’autres critères (intelligence, indépendance, créativité, etc…) qui ne sont pas moins l’apanage des femmes…

        • évidemment! je n’ai pas lu le livre…est-ce que ce qu’il aborde exclusivement la féminité sous l’angle de la beauté?

  6. je n’ai pas lu le livre. Je te rejoins sur le fait que la coupe permet de comprendre vraiment que les règles ne sont pas une salissure sur une serviette ou un tampon. Et c’est effectivement plus confortable que tout le reste! Je ne rate jamais une occasion d’en parler.
    Pour ce qui est « d’avoir ses règles », je suis de celles qui bénissent les pilules ou implants qui évitent de les avoir : j’ai toujours eu des symptômes pré-menstruels voir menstruels tous courts, et depuis mes 10 ans, alors que j’étais encore à l’école primaire, pas préparée, surprise et effarée de ce qu’il m’arrivait. bref, moins je les ai mieux je me porte! Mon histoire fait que jamais je n’ai ressenti les règles comme l’expression de ma féminité. cependant, je pense qu’être prête à les accueillir comme un événement, une étape peut aider à s’accepter et à s’aimer dans son corps. Je suis d’accord sur ta conclusion, s’aimer et se connaître aide à s’émanciper des préjugés.

    • je ne peux pas garantir la véracité de ce que je vais te dire… je ne connais pas ton histoire mais mais les douleurs pré-menstruelles et menstruelles peuvent être le signe d’une difficulté à assumer sa féminité (le corps souffre si l’âme souffre) et, pourquoi pas, constituent à leur tour un obstacle pour accueillir la femme qui est en soi (l’âme souffre si le corps souffre). c’est l’histoire du serpent qui se mort la queue.mais il est toujours possible de briser un cercle vicieux…

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  8. Merci pour cet article !
    Je n’ai pas de fille, mais j’espère en avoir une un jour (pour le moment je profite de mon fils), et j’avais lu des idées de rituel autour des premières règles. J’aimais l’idée, mais je me projetais déjà et ne voyais pas comment amener cette idée à ma fille : certaines préfèrent peut-être la discrétion, je ne sais pas. Offrir ce livre avant, c’est lui laisser le choix de me dire « maman je voudrais bien ça » ou pas. Voire en parler de son initiative. C’est surtout ce que j’aime dans ce bouquin (après je l’ai pas lu, hein)…

    La cup, je pense m’y mettre quand j’aurai mon retour de couches. On verra ça.

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  11. J’ai aimé beaucoup de choses dans ce livre – la manière de parler du cycle féminin, du sang menstruel, les différentes facettes de la féminité, etc. Par contre, j’ai un peu coincé sur quelques moments de l’histoire.
    – Comme Mmedéjantée, j’ai trouvé problématique l’entrée dans la féminité par la belle robe, les bijoux, le maquillage. Cette association féminité-belles parures m’a vraiment dérangée (comme si une femme n’était pas belle ou « pas femme » sans maquillage, bijoux, etc.). ça m’a paru étrange car au début du livre, les femmes du cercle sont décrites comme très diversifiées. Cette diversité est vite oubliée je trouve, elle aurait pu être davantage mise en valeur, les différentes femmes auraient pu exprimer les différentes manières d’être féminine.
    – Le rapport à la nudité m’a également dérangé. Autant, je trouve qu’il faut éviter tout tabou vis-à-vis de sa propre intimité, oser fréquenter son propre corps, le regarder, le toucher, autant je trouve que l’intimité est néanmoins… intime. Je sais qu’il y a une part non négligeable de culture dans mon appréhension des choses. Mais voilà, ça m’a paru assez intrusif en fait.
    – Enfin, la féminité c’est être cyclique… certes… mais alors c’est quoi être une femme ménopausée ? Cet épisode est effleuré mais la féminité de la femme ménopausée n’est pas abordée, ni explicitée. Même si l’adolescente qui lit en est loin (et normalement, moi aussi ;-)), j’aurais aimé que la féminité ne soit pas abordée uniquement sous l’angle du cycle.

    Du coup, globalement, j’ai super bien démarré dans ma lecture, puis ai été peu à peu déçue. Comme si le terrain de départ n’avait pas été suffisamment exploré, et qu’on avait un peu dévié en route.

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