Il n’y a pas de petite claque

On a tous entendu parler de cette campagne de publicité sur les violences éducatives : « Il n’y a pas de petites claques ».

Des articles ont pullulé un peu partout sur la blogosphère. Les uns proclamant « qu’une claque n’a jamais tué personne », les autres proclamant « que la moindre fessée est de la maltraitance » en passant par les habituels « il faut bien imposer des limites aux enfants » et autres « à quand la prison pour les punitions corporelles ? ».

Difficile d’aborder le sujet sans tomber dans le débat stérile qui ne fait avancer personne puisque chacun campe sur ses positions.

Et pourtant. Cette campagne a bien réussi son coup, non ? Les punitions corporelles ont fait parlé d’elles. Et même si chacun se braque dans les discussions, les arguments des uns et des autres finissent par être sinon compris du moins entendus.

Pour ma part, je suis opposée aux punitions corporelles. Certes, une claque n’a jamais tué personne. Mais, une claque laisse toujours une marque. La plupart des défenseurs des claques se rappellent d’ailleurs souvent des claques qu’ils ont reçus.

Mais, je suis bien consciente qu’une claque n’est pas l’autre et qu’un parent ne mérite pas la prison parce qu’il a donné une fessée.

Cela dit, dans un monde idéal, toute violence devrait être condamnée. Pourquoi tolérer la violence à l’égard des enfants alors qu’elle est condamnée envers tous les autres ?

Dans un registre similaire, il y a quelques mois, une campagne de pub belge de la Fédération Wallonie-Bruxelles ouvrait le débat de la violence verbale par le spot suivant :

Une bonne campagne, je trouve. Du même gabarit que celle de France.

J’aime quand les autorités dépensent les deniers publics pour sensibiliser les gens à leurs actes. Cela ne révolutionnera pas les comportements. Mais, peut-être que certaines claques et fessées ne seront pas distribuées. Peut-être que certains adultes réfléchiront à deux fois avant de prononcer les mots de trop devant leur enfant.

Et si c’était le cas, ces campagnes valaient vraiment la peine !

Et vous, qu’en pensez-vous ? Pour alimenter le débat, RDV sur mon blog ! ;-)

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18 réflexions sur “Il n’y a pas de petite claque

  1. Pingback: Il n’y a pas de petite claque – V.I. | Ronde au féminin

  2. bonjour
    pour moi si la claque marque beaucoup, la violence psychologique est plus importante que la violence physique.
    Je trouve dommage que la violence verbale à l’encontre de l’enfant directement ne soit pas abordée, du genre ‘on ne fera jamais rien de toi’, ‘tu ne seras jamais bon à rien », « tu m’as fait honte »…. et autres douceurs dont les parents ont parfois le secret.

    A mon sens il reste primordial parfois d’arrêter les enfants dans leurs actions, et si les claques et les mots durs ne sont pas la solution, la société n’est pas aidante en ce moment pour éduquer des enfants posément. Quand vous agissez autrement on vous regarde parfois comme si vous étiez laxiste, et nombreux sont les adultes qui agissent par crainte de ce que les autres adultes pourront dire d’eux.

    Je trouve également que les publicités dont vous parlez sont intéressantes, mettent le doigt sur un problème et ont le mérite d’en parler, ceci étant, elles ne proposent pas d’exemples de solution et c’est un peu dommage.

    Je me souviens de certaines claques, et j’ai conscience que j’avais besoin d’être arrêtée dans ce que je faisais à ce moment là – mes parents étaient surement maladroits dans leurs réactions. Je ne sais si je « méritais » cette claque quand je l’ai reçue, et je veux bien croire que pour X raisons mes parents étaient à bout. Je me souviens bien mieux des propos humiliants et dévalorisants dont ont pu faire preuve mes parents, parce que des mots….. ca ne laisse pas de bleus ni d’empreinte de main, mais ca laisse un gout amer en bouche et ca pour là vie…
    Si je peux excuser, moi adulte, des gestes un peu brutaux à l’égard des enfants parfois, je n’arrive pas à accepter les mots humiliants et dévalorisants.

    Il ne faut pour autant pas négliger l’action de l’enfant: doit on accepter de leur part tout harcèlement? à mon sens non parce que si c’est le cas c’est lui qui exerce un violence sur ses parents. On présente souvent comme magnifique l’éducation « sans violence » mais pour moi c’est un double échange: pas de violence de l’adulte sur l’enfant, mais pas non plus de violence de la part de l’enfant sur l’adulte. Parce que permettre tout à l’enfant, c’est ne pas lui imposer de repères et donc lui infliger aussi une violence: celle de le mettre en marge de la société parce qu’il n’aura pas un comportement acceptable en groupe.
    bonne soirée
    Caroline

    • tout à fait d’accord varin. et si on parlait aussi de la violence des enfants à l’égard des adultes?drôle d’idée n’est-ce pas? cette violence-là est rarement physique, c’est sûr mais…psychologique, verbale sûrement! j’imagine bien le même type de campagne anti-violence, mettant en scènede la même manière le comportement ordinaire et les propos banals de certains enfants… ça pourrait en choquer plus d’un, en tout cas moi certainement! mais il faudrait pour cela 2 choses: que soit reconnues commes violentes certaines de nos pratiques ordinaires (physiques ou non physiques), et que nos enfants ne soient pas seulement associés au statut de victime et qu’ils soient considérés comme des acteurs à part entière de la société. tout un programme…
      louise

  3. Bonjour,

    merci de refaire parler de cette campagne :-)
    Moi j’étais très contente de ce spot (je ne sais pas s’il passe encore?) parce que ça a fait parler les gens et nous a donné l’occasion de parler d’ENV. Ca nous a d’ailleurs donné l’occasion avec notre association de passer à la radio sur France Bleu :-)

    Je trouve qu’il est essentiel que l’opinion publique change de regard pour pouvoir sortir de la VEO, et ce genre de spot peut y contribuer. Parce que beaucoup d’enfant prennent des claques et des fessées en public simplement parce que les parents pensent que c’est ce qu’attend la société face à des enfants parfois simplement « vivants ». Personnellement quand je suis dans un groupe de parents bienveillant bizarrement ça se passe souvent beaucoup mieux avec mon fils que au milieu de gens que je suspecte d’être pro-VEO… parce que simplement je me sens moins regardée et jugée (alors qu’au fond le regard des gens n’est peut être pas tellement différent, c’est ma perception à moi qui change).
    C’est vrai qu’il manque le « comment faire », en même temps, de nombreuses ressources (livres, videos, forums, associations…) existent et les parents peuvent les trouver s’ils le souhaitent.

    Pour répondre à Varin/ Caroline : l’ENV n’est pas accepter tout comportement de l’enfant. C’est (entre autres) poser ses propres limites d’une façon différente. Il s’agit d’être dans une relation gagnant-gagnant : les besoins de l’enfant ET du parent son respectés. C’est tout un chemin et une démarche qui ne peut pas se réduire à « ne pas donner de fessée ni de claque ». D’ailleurs dans nos ateliers Faber & Mazlish un atelier s’appelle « remplacer la punition » (précédé de « susciter la coopération). Il ne s’agit pas seulement de supprimer certaines façons de faire mais de les remplacer par d’autres.

    Pour ce qui est des paroles des enfants, il y a quand même une différence majeure : un enfant, surtout jeune, n’a pas un cerveau suffisamment mature pour comprendre la portée de ses mots bien souvent, et bien souvent il le fait seulement par mimétisme, pour expérimenter ce que cela produit. L’adulte est capable de poser sa limite mais aussi peut entendre le besoin derrière les mots / le message qu’ils cachent. Je ne crois pas que des enfants éduqués façon ENV soient impolis ou irrespectueux avec leurs parents. En tout cas chez moi à 4 ans ça n’est pas le cas (au contraire mon fils dit spontanément pardon par exemple) et j’ai vu bien d’autres familles avec des plus grands où ça n’est pas le cas non plus. A l’occasion un enfant peut dire quelquechose d’impoli mais la réponse apportée (écoute, reformulation, expression du vécu en face) l’aide le plus souvent à ne pas rester dans ce comportement et à exprimer ses besoins d’une façon plus efficace et respectueuse à l’avenir.

  4. J’ai eu un cours, l’an dernier, sur la violence éducative, justement, ou plutôt sur la maltraitance. J’avoue qu’il m’a fait peur. Je n’étais même pas encore enceinte, et je commençais à me rendre compte que j’avais pas forcément un point de vue très sain sur la question.
    Bien sûr et bien évidemment, je suis contre la maltraitance, faire du mal aux enfants c’est mal, et tout ce qu’on voudra.
    Le problème ne se situait (situe ???) pas là, mais sur où commence-t-elle, cette maltraitance ?

    À chaque cas évoqué, d’abord je ne voyais pas toujours le mal, et ensuite, j’imaginais une alternative qui était évoquée dans le chapitre d’après. J’ai fini complètement perdue, me jurant que j’irais faire une analyse avant d’être mère (que finalement je n’ai pas pris le temps de faire, mais je pense que ces simples questionnements m’ont déjà permis de remarquer mon petit décalage, ce qui déjà est un grand pas en avant).

    Petite, je n’ai jamais eu le sentiment d’être une « enfant battue ». Ni d’avoir été victime de maltraitance (puisque celle-ci n’est pas que physique). Mais force est de constater après ce cours que j’ai reçu des baffes, des coups de pied au cul, que mon père me passait les joues à l’eau froide après me les avoir passées à la main chaude histoire que maman ne le voie pas, que si je m’en plaignais, ou si maman le remarquait, ça finissait en dispute entre mes parents et qu’on me faisait bien sentir que c’était ma faute, que j’ai longtemps (et encore maintenant) eu peur de mon père, que donc je lui ai toujours tout passé par cette peur, même si je l’adore, que ma mère maitrisait le mépris à la perfection et que si je faisais ou disais une bêtise, elle ne me parlait plus, et qu’on ne m’a jamais fait confiance (une bêtise était probablement de mon fait, quoi que j’en dise, j’étais forcément une menteuse, et quand la bêtise était réellement de mon fait mais que je ne l’avais pas fait exprès, je l’avais forcément fait exprès, mon père était persuadé que j’étais une grande manipulatrice).
    Étonnant, mon père et ses fesses ont connus le martinet, le fouet et la ceinture, étant gosse…
    Et avec un mari qui a connu également la ceinture, et moi-même, j’ai peur pour mon mômes (sauf qu’on est tous les deux conscients de nos enfances et que je pense que ça, c’est un bon garde-fou).

    Où commence la maltraitance ? Une claque ? (c’est physique, facile de voir le problème)
    Montrer sa déception ? (c’est un peu de la maltraitance psychologique, l’enfant va manquer de confiance en lui)
    Mettre au coin ? (j’ai lu hier ou avant-hier dans parents que c’était l’habituer à ce que le mal-être se traduise par l’isolement. Pas bon non plus)
    J’ai pas d’autre idée pour le moment…

    Et l’éducation non-violente, elle a quoi pour gérer des enfants ingérables ? Oui, ça existe des enfants qui mentent (et on fait comment pour leur faire dire la vérité sans leur dire qu’on les soupçonne de mentir ? Si ils disaient la vérité c’est cassant pour leur confiance en eux), qui tapent (pas de coin, pas de « je garde tes mains dans les miennes, je les emprisonnent parce qu’elles ne sont pas là pour faire mal », parce que s’ils se débattent ça fait mal, pas de « va dans ta chambre » ou encore pire « je ne te parle plus » parce que c’est un isolement très difficile à vivre).
    Oui, je pense en effet qu’on peut éduquer sans violence. Mon enfant est encore trop petit (4 mois) pour que j’aie eu des difficultés ou des « envies de violence ». Et j’espère sincèrement qu’il grandira et qu’on l’y aidera, sans violence.
    Mais j’en ai vu des gosses ingérables, de qui, sans crier, sans menacer, tu ne peut rien obtenir… Et j’ai un peu peur.

    On fait quoi dans ce cas-là ?

    • Je pense qu’il n’y a pas de méthode miracle, il y a votre limite et celle de votre enfant. Il y a l’écoute de ses besoins, mais il y a aussi l’écoute des siens.
      J’ai trouvé des pistes dans « parents épanouis, enfants épanouis », et dans « parler pour que les enfants écoutent, écouter pour les enfants parlent ».
      Les enfants ne feront que ce que vous leur permettez, ils viendront tester auprès de vous, ce que la société leur enseigne. Nul n’est parfait je pense que même une effusion de violence (ce devant quoi votre enfant vous placera ne pourra pas toujours être pris en restant de marbre, nos émotions sont violentes aussi) avec un dialogue derrière pour dire « je ne voulais pas réagir comme ca, ce que tu as dis me touche trop, ou me rappelle ce que j’ai vécu…. permet à l’enfant de se rendre compte, que nous aussi adulte avont des faiblesses.
      Pour qu’ils disent la vérité, j’ai pris le parti de ne jamais mentir à mes enfants – je ne dis pas tout en bloc avec des mots d’adultes, je nuance avec des mts à leur portée.
      Je fais toujours ce que j’ai promis et si je n’y arrive pas je n’oublie pas de mexcuser en précisant que je le ferai demain ou que je peux le remplacer par quelque chose de moins energivore pour moi à cet instant.
      Je leur parle correctement avec un ‘s’il te plait’ et une ‘merci’.
      J’accepte qu’ils soient faillibles et qu’ils puissent sortir de leurs gonds (moi aussi ca m’arrive), en revanche je ne tolère pas les insultes et la vengeance sur les autres qu’on ait des mots en criant oui, mais qu’on fasse mal uax autres non.
      Quand on n’est pas capable de se gérer on s’isole –> nous on ne met pas trop au coin, mais on met « hors jeu » –> autrement dit temps calme dans un endroit défini, qui permet de hurler de casser de jeter de se défouler…. peu importe à vous de définir la limite.
      Puis quand la crise est passée on en rediscute en disant que la prochaine fois on voudrait voir tel ou tel comportement s’améliorer (j’essaye d’entendre aussi ce que lui attend de moi, quand c’est raisonnable).
      Si l’amélioration a lieu, on le félicite et on dit que pour le reste on travaillera la prochaine fois le point suivant.
      Mais parfois pour les petits ce n’est pas possible de se gérer. Alors oui je les ai tenus pour ne pas qu’ils se blessent ou qu’ils blessent un camarade, oui je les ai mis au coin, et oui je continuerai à le faire, si besoin bien sur, parce que lorsque la crise est là ils ne sont pas capables de prendre conscience de leurs actes parfois.
      Ceci étant la parole accompagne toujours ce que je fais pour que sur le long terme ces actes restent de plus en plus rares et qu’ils trouvent des solutions par eux mêmes à la gestion de leurs émotions.
      Bon l’autre jour mon fils était frustré, il ne voulait pas discuter, n’a pas compris que j’essayer de le faire sourire pour qu’on discute de l’évènement calmement et m’a craché au visage, je ne vous cache pas que je n’ai pas réfléchi, je l’ai giflé. Je n’étais pas fière de moi, je suis partie.
      J’ai décoléré et je suis retourné le voir pour qu’on en discute. Il s’est excusé de son comportement en disant que ce n’était vraiment pas bien et je me suis excusée du mien parce que je n’aurais pas du sortir de mes gonds comme ca.
      Personne n’est infaillible, mais il me semble important que tout le monde prenne en compte l’autre.
      Vous vouliez des idées, je vous ai donné ce que j’avais trouvé comme solutions à la maison, elles ne sont que mes solutions et humblement partagées n’ont pas pour but d’être dogmes à appliquer. A mon sens il n’y a que ce que vous etes prete à accepter de lui et ce qu’il est pret à entendre de vous, le compromis à chaque moment.
      belle journée
      Caroline

    • les enfants « ingérables », oui, ca existe. mais ils ne sont pas nés comme ça. ils sont devenus ingérables parce qu’ils n’ont pas reçu d’éducation appropriée. mal-aimés, victimes d’abus, de maltraitance (physique ou psychologique), produits d’une éducation laxiste et lacunaire. pour eux effectivement,(je ne suis pas spécialiste) je ne sais pas quel comportement il s’agit d’adopter. en revanche, il est peu probable, vu les questions que tu te poses, que cela concerne tes propres enfants. une éducation « non-violente » ne produit pas de petits monstres, au contraire! mais jusquà quel point cette règle de « non-violence » doit-elle s’appliquer? quelle est la limite entre laxisme et non-violence?y a-t-il une frontière entre violence et autorité? une éducation « non-violente » réussie est à mon sens une éducation où l’adulte est capable de jouer plusieurs rôles: celui de parent bienveillant, celui de parent guide, et celui de parent « opposant ». ce dernier rôle peut effectivement poser problème car opposer sa volonté à celle de son enfant ne va pas sans exercer une certaine « violence » à son égard. alors oui, parfois, lorsque je n’ ai pas trouvé de solution plus adéquate, ou si je ne supporte pas les cris de mon enfant ce jour-là, je dis « va dans ta chambre » en attendant de trouver mieux… et s’il se comporte « mal’ au jardin pour une raison quelconque, et qu’il se moque de mes remarques, il finira pas rester assis sur le banc. oui, je sais, ce ne sont pas des solutions idéales, mais je pense que ce sont néamoins des formes de solution… en attendant. notre enfant apprend alors qu’il a affaire à un être humain, pourvu de faiblesses et de « vraies » émotions. il apprend que l »autre » existe, que sa volonté ne peut s’étendre à l’infini sans se heurter à celle d’autrui. il apprend qu’il y a des limites qu’il ne peut pas dépasser, qu’il ne peut pas faire ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut. bien sûr, en théorie, il faudrait trouver mieux et c’est notre devoir de parent guide, de parent bienveillant de le faire. mais en pratique, nous sommes confrontés à nos propres limites et je pense qu’il est capital pour nos enfants que nous les assumions. souvent, je vois des parents qui n’osent/ne veulent clairement pas jouer ce rôle d’opposition auprès de leurs enfants. et malgré toute leur bonne volonté, leur respect absolu de toute forme de contrainte, je les vois bien souvent désemparés, emplis de lassitude face à l’énergie indomptable de leurs bambins…

    • Comment faire sans violence ? Changer complètement de paradigme, en se positionnant dans toute relation, a fortiori avec les enfants, en dehors d’un jeu de pouvoir.
      Plus facile à dire qu’à faire…
      C’est plus simple à comprendre quand on a voyagé un peu dans des pays du Nord de l’Europe (j’ai été au-paire tous les étés de 14 à 18 ans). C’est très compliqué à imaginer quand on baigne dans la culture française, qui a d’autres atouts, mais nous sommes à l’âge de pierre de l’accompagnement des enfants !
      Toutes nos relations (adulte/enfant, patron/employé, client/commerçant, prof/ado, propriétaire/locataire) sont pourries par ce jeu de pouvoir. Je reprends souvent cet exemple explicite, même si je caricature évidemment : le résultat d’un type d’éducation se voit à l’échelle du comportement d’un peuple. Les enfants « éduqués à la française » (au bâton et à la carotte, avec la notions de « limite » prédominante) deviennent des adultes qui obéissent aux limitations de vitesse quand il y a un radar (le bâton) ou une récompense (la carotte de l’économie d’essence). Les enfants « respectés à l’allemande » devienne des conducteurs qui respectent les limitations… parce qu’elles sont respectables.
      Un lien remplacer les limites :
      http://www.les-supers-parents.com/faut-il-poser-des-limites-ou-pas-les-precisions-d-isabelle-filliozat/

      Concrètement, pour apprendre à faire autrement :
      – on lit (et relit) tous les articles sur ce thème ici-même et on découvre Faber et Mazlish, Filliozat, Miller, Montessori…
      – voir on fait un stage ! (si seulement je pouvais…)
      – ou on regarde quelques vidéos :
      http://www.education-authentique.org/index.php?page=videos
      http://www.education-authentique.org/index.php?page=videos

      Tous ces auteurs pointerait probablement du doigt quelques points dans ta réflexion (sans aucun jugement ni critique de ma part, j’ai découvert ces notions récemment !) :

      > un enfant de ment pas… pas avant au moins 7 ou 8 ans, en fonction de la sa maturité. Avant, ce n’est pas ce qu’un adulte appelle un mensonge (lire Filiozat notamment pour en savoir plus sur la physiologie neuronale et la construction du psychisme). Et ceux qui mentent plus tard le font… pour se protéger de la violence des adultes et/ou pour faire comme eux !
      Les adultes mentent comme ils respirent, surtout quand ils s’adressent aux enfants (« mange ta soupe où tu ne vas pas grandir »).
      Sans compter tout ce qu’ils voient / entendent dans les médias, dans les conversations entre adultes (« zut, Mme Relour vient vers nous, la plaie… Bonjour Mme Relou, quelle plaisir de vous voir ! »).
      Les enfants ne sont absolument pas dupent. Alors non, on ne les disputent pas quand ils ne font que copier leur environnement… Idéalement, il faudrait commencer par le changer cet environnement ! Et donc faire un énorme travail sur les parents / famille élargie / assmat / instit / encadrement des centres de loisirs…

      Partant de là, les enfants « ingérables » sont d’abord des enfants en souffrance. Qui peut être normale et passagère (vive le Terrible Two) ou plus complexe. Donc, évidement, les outils autoritaristes sont peut-être efficaces à très court terme… mais comme ils ajoutent encore une dose de souffrance, c’est tout à fait contre-productif à long terme.

      Connaître les étapes du développement de l’enfant aide aussi : les colères sous forme de hurlement et de roulade au sol, c’est juste… normales ; désagréables pour l’enfant et les parent, mais normales, pas de quoi en faire une affaire d’état.

      • sortir du jeu de pouvoir, de la notion de limites…et les remplacer par l’écoute, la connaissance des étapes du développement de l’enfant, la notion de règle, le principe « gagnant-gagnant », le dialogue, la créativité…ok je comprends…et j’essaie d’appliquer le plus souvent possible.
        mais comment faire quand on est pas d’humeur, qu’on a pas le temps, qu’on est fatigué, bref quand on a pas réussi à se connecter à son enfant.. parce que oui, il faut admettre qu’en dépit de notre bon vouloir et de tous nos efforts, ca arrive! comment faire quand notre enfant transgresse ouvertement une « règle »: il saute sur le canapé, il tape d’autres enfants, etc…
        -souffler un bon coup avant de réagir? oui, c’est sûr, mais parfois c’est un fait, j’en suis incapable!
        -vaut-il mieux ne rien dire, le laisser faire?
        -répéter inlassablement notre demande (même si c’est visiblement sans effet)?
        -crier après lui et le terroriser (ou bien l’indifférer totalement) ?
        -le frapper (hors de question à priori)?
        -mon choix consisterait à le contraindre physiquement à descendre du canapé (en le portant dans mes bras,en le tirant par la main), à se tenir à distance des autres enfants (en l’obligeant à rester près de moi). cette contrainte physique constitue-t-elle également une violence? j’aurais tendance à le penser, mais aussi qu’elle est préférable à une non-intervention de ma part… bref que l’erreur est préférable au vide…

  5. 100% d’accord !
    Il y a l’objectif (pas de violence) et la réalité perfectible.
    L’avantage d’avoir cet objectif, c’est que ça permet, en cas de boulette :

    – d’y repenser afin de trouver des astuces pour éviter l’incident quand c’est possible (typiquement : pour partir à l’heure, prévoir 1/2h pour le saint trio pipi de précaution + chaussures + sac > si ça prend 5 min, youpi, on aura de l’avance !)

    – en reparler avec l’enfant et lui demander s’il aurait une meilleure solution (avec les plus grands, car à 2 ans au sujet des tapes ou morsures, ça ne fonctionne pas). Par exemple : « je ne veux pas que mon canapé soit abîmé, comment faire pour que tu en prennes soin ? » Il proposera peut-être de sauter sur le lit à la place, ou demandera un trampoline pour le jardin ou de récupérer un vieux fauteuil « comme chez mon copain » réservé aux cabrioles des enfants…

    – accepter qu’il y ait des consignes que l’enfant ne PEUT pas suivre maintenant (taper/mordre est instinctif, un mouvement de défense, un réflexe), mais qu’il y arrivera petit à petit car ses parents lui montrent tous les jours une autre façon de faire… et qu’il grandira, tout simplement.

    Au sujet des cris : éducation non-violente ne veut pas dire ne pas exprimer sa colère ! A partir du moment où les phrases sont des message-je (j’en ai marre de répéter, je veux qu’on respecte mes affaires, j’ai besoin de 5 min de calme, etc) et non des « tu qui tuent » (tu es vilain/méchant/stupide), c’est au contraire plutôt sain !
    Surtout si, en plus, on arrive à écouter les saines colères des enfants.
    Tout le monde à le droit d’être en colère et de le dire ! Il faut bien se défendre, se protéger, et faire savoir qu’on ne se laissera pas marcher sur les pieds !
    Mais on n’a pas le droit de taper / casser la vaisselle, etc.

    Pleins d’articles intéressants sur ce thème par là :
    http://blog.scommc.fr/je-menerve-trop-sur-mon-enfant-je-lui-crie-souvent-dessus/

      • merci pour tes reactions oops06…elles vont m’aider progresser encore… je suis d’accord avec toi, si nous voulons progresser, nous devons utiliser chacune de nos « erreurs » pour réflechir, apprendre, et nous améliorer…
        ce qui nous distingue peut-être vraiment des partisans de la méthode traditionnelle, ce sont nos doutes, notre perpétuel état d’alerte (ai-je bien réagi? comment faire pour que mon enfant se sente respecté?etc..). mais c’est aussi épuisant et parfois cela même, cela peut être très déconcertant:

        si je ne peux pas, en réalité, toujours être un « bon » parent, alors, c’est que je ne suis un « mauvais » parent, logique n’est-ce pas?
        le concept de parent « suffisamment bon » pourrait être considéré comme un tour de passe-passe, une astuce destinée à nous anesthésier, à supprimer artificiellement nos contradictions.

        car comment accepter nos « echecs » si ce que l’on cherche, c’est à erradiquer l’erreur, la violence, l’innadéquation dans notre comportement éducatif? peut-on se contenter de vivre notre quête, sans espoir de connaître un jour l’harmonie entre nos actes et nos principes? il y a quelque chose de paradoxal là-dedans… qui est à mon sens difficile à dépasser… et qui nourrit cette « schysophrénie » dont nous souffrons toutes ici plus ou moins consciemment…

        ou alors, il faut se dire que nous travaillons aujourd’hui pour les générations futures, qu’un jour viendra sur cette planète (et dans tout l’univers ;-)…) où la paix, l’harmonie règneront enfin… bon, je blague…mais peut-être pas tant que ça après tout…
        à ce propos, bonne nouvelle: les violences physiques sont en régression en europe http://www.uniondesfamilles.org/enquete-fessees.htm, et, à ce qu’il ressort de l’étude, nous serions moins nombreux à les pratiquer/les légitimer aujourd’hui, qu’au temps de nos parents!!!

        • Super bonne nouvelle ! :)

          Si la « quête » du Saint Graal de la Bienveillance, créé une trop grande souffrance, il y a sans doute un mal-être quelque part, quelque chose à creuser.
          Car un challenge peut aussi se vivre de manière très positive (avec des hauts et des bas, bien sûr).
          Fatigant, oui, mais aussi tellement intéressant. Franchement, je finirais par me lasser de changer les couches/jouer/nourrir si je n’avais pas d’objectif d’éducation. Pas tous le temps, il ne faut pas que ça vire à l’obsession et nous couper d’une saine spontanéité dans nos réactions.
          Mais observer avec le regard de celui qui connait les étapes de développement, répondre aux questions en réfléchissant à ce qu’on souhaite transmettre, proposer la bonne activité au bon moment… c’est passionnant !
          Et discuter de sa journée avec son mari/sa mère/la copine ingénieur à plein temps, en expliquant les objectifs, les références, les échecs et les réussites, c’est beaucoup plus valorisant personnellement. Quand on me demande si je suis une professionnelle de l’enfance… je réponds que j’y travaille tous les jours ! :)

          Si on remplace les enfants par des employés, ça parait tout de suite tout à fait rationnel, comme questionnement : c’est le boulot d’un manager !

          « L’échec ce n’est pas de tomber, c’est de rester là où on est tombé » (de je ne sais plus qui…)

          D’autant plus que c’est important pour nos enfants de se rendre compte que nous sommes perfectibles, que nous nous trompons, que nous en souffrons parfois, mais que nous nous remettons ensuite en selle. C’est leur vie de tous les jours (apprendre à marcher, à parler… combien d’échecs avant d’y arriver ?).
          On peut leur dire quand on flanche : ça ne les insécurise pas s’ils sentent bien que ce n’est pas de leur faute mais de notre défaillance ponctuelle, et que c’est normal, et que nous trouvons les ressources pour avancer.

          Le travail de A. Miller et M. Montessori, entre autres, est vraiment fondé sur cette volonté de créer un monde meilleur (suite à la 2nde Guerre Mondiale). Je n’ai aucun doute que le lit de l’avenir se fait dans l’enfance de la génération future. Et qu’il suffise que quelques personnes adoptent un nouveau comportement pour renverser des codes ; c’est même toujours comme ça que la société évolue, quelque soit le domaine.

          Bon courage… et plein de réussites et de bonheurs dans cette mission parentale !

          • je partage ton enthousiasme, bien sûr! mon propos était d’ordre purement intellectuel (Neu-Neu quoi :)! ). plus sincèrement, je pense qu’à travers nos erreurs assumées et nos tentatives de réparation, nous transmettons à nos enfants notre humanité et les contradictions qui l’animent: accepter le présent et rêver d’avenir, s’aimer tel que l’on est tout en cherchant à s’améliorer, user d’autorité et semer les graines de la liberté…

            à bientôt!

  6. Merci beaucoup pour cette contribution!!! Et ravie de te retrouver pour la reprise des VI!!
    Je partage assez les questions que tu soulèves (la violence est inacceptable et ne doit pas être considérée comme un moyen éducatif, mais comment faire changer les idées là dessus/ les comportements sans passer par une répression judiciaire et probablement stérile?), c’est la raison pour laquelle on est allées dégoter un Guest avec Miliochka! Je n’en dis pas plus, rendez vous en septembre!! ;)

  7. Pingback: La semaine 97 des VI [EN BREF] | Les Vendredis Intellos

  8. Pingback: L’art d’accommoder nos enfants {mini-débrief} | Les Vendredis Intellos

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