Il y a longtemps que je n’ai plus écrit pour les VI, c’est donc avec vive émotion que je reprend le clavier.

Dans la catégorie des métiers à risques concernant le surmenage et la dépression, nous pourrions ajouter le doux métier de maman (au foyer ou pas.)

Disons que je pense que les mamans au foyer sont les plus touchées par ce phénomène étant avec leur(s) enfant(s) H24. (Mais peut-être me trompe-je.)

Si j’ai choisis ce sujet pour les vacances des VI, c’est qu’il me touche particulièrement, car j’ai eu le « privilège » de le côtoyer.

Mon billet prends sa source chez Carpediem qui a écrit un article il y a quelque mois concernant sa lecture de la très talentueuse Filliozat : « Il n’y a pas de parents parfaits. »

(Encore un livre sur ma liste de lecture. )

Billet que vous pouvez retrouver ici : Il n’y a pas de parents parfaits, burn-out maternel.

Pour reprendre une partie de la citation qu’a écrit Carpediem :

Le burn-out n’est pas dû à une quelconque fragilité de la femme. Il n’est pas dû au fait qu’elle aurait un passé plus douloureux qu’une autre, mais résulte de l’interaction avec son entourage. Inutile de lui donner des médicaments : ce n’est pas elle qui est à soigner, mais son environnement qui est à repenser. 

Je retiens principalement « Interaction avec son entourage et repenser son environnement ». Je retiens car oui il est vrai que je me sentais principalement perdue lorsque je me retrouvais seule face aux tâches quotidiennes. Un peu de bordel pouvait me sembler ressembler à reconstruire Bagdad certains jours…

Surmenage vous dites ? Fatigue. Vouloir tout gérer seule comme une grande et s’apercevoir qu’on est pas wonderwoman keumême.

Burn-out maternel, oui ça existe, pour les gens du fond là qui penseraient qu’être maman au foyer (par exemple, je prends mon cas) est de tout repos et se résume à glander et jouer à la plasticine avec sa môme. NON mais non. Stop.

Etre maman, qui plus est au foyer, c’est bosser 24 h sur 24, 7jours sur 7, sans possibilité d’arrêt maladie ou de congés sans soldes. Si on fait le compte, on bosse dur pour pas un kopeck.

Oh, certaines mamans me diront : mais siiiiiiiiiii, le plus beau salaire c’est l’amouuuuur de tes enfants !!!

Oui. Peut-être.

Mais à y réfléchir je ne cracherais pas pour une semaine SEULE dans les Ardennes a siroter un jus de fraises en compagnie d’une keupine.

Et pour les autres qui diraient : oh ça va hin, te plains pas trop, tu l’as voulu ta gosse tu l’assumes.

Je leur dirais, mais oui, tu as raison. Tu veux qu’on change les rôles ? (pour ma semaine dans les Ardennes.)

Tu l’assumes,  ça c’est tout de même une des phrases tue-amitié je trouve. Le genre de personne que tu as envie de boxer un peu (ça te détendrait du coup, toi qui a choisit de passer par l’Education Bienveillante et t’interdis toute sorte de violence sur ton enfant.)

Donc, selon ton entourage, comme tu as choisis de faire un môme et qu’en plus, tu as choisis de rester au foyer, tu dois éviter de te plaindre. Ben oui, toi tu te lèves a 8h, mais eux c’est 6h30 pour aller bosser dans un VRAI travail.

Seulement ces gens-là, ils oublient le poids de ta nuit passée. Si tu as de la chance, a deux ans ton môme fait ses nuits (et les tiennes surtout). Si pas (un peu comme moi), a deux ans, la môme elle tête encore 7 fois sur sa nuit parce qu’il fait chaud / froid / elle a peur / est emmerdée par une mouche / papa ronfle trop fort. (biffer la mention inadéquate pour la nuit en cours.) Et du coup ta journée à déjà démarrer avant même que tu aies eu la chance de poser tes deux oreilles sur ton oreiller moelleux et fermer les paupières 2h d’affilées.

Non, être maman au foyer n’est pas glandage et doigts de pieds en éventail sur le pouf du salon, non.

C’est un travail charmant oui, que j’ai choisis (un peu par la force des choses je dois l’avouer ), et qui me râvit tout de même car j’ai la chance de voir évoluer en direct ma Perlette.

Mais c’est un travail où nous n’avons aucune reconnaissance. Ni de l’enfant, ni du compagnon. Ou si nous en avons, elles se font rares.

Clairement, être maman/ femme au foyer ne demande pas en fait qu’on nous dise merci, ce qu’on fait, on le fait par amour . Mais parfois, un petit « merci pour mon slip propre chérie » serait le bienvenu.

Oser demander de l’aide, c’est un grand pas, car comme on porte aussi le poids des réflexions vénimeuses de notre entourage (ou pas, c’est selon le caractère de chacune), on n’ose pas exprimer ses besoins.

J’ai besoin que tu m’aides, je ne me sens pas la force d’assumer la vaisselle aujourd’hui, j’aimerais que tu lui changes son lange, je suis occupée, je n’ai pas 36 bras……….

J’ai qu’une hâte parfois, c’est que les gens sans enfants qui sont dans mon entourage en aie enfin un. Qu’ils s’aperçoivent que ce travail est éreintant quand on est pas sur-vitaminés. Que SI on a droit de souffler un peu, de demander l’aide d’une femme de ménage, ou de belle-maman pour le repassage sans avoir honte de le faire.

Je termine sur la citation qui clôt aussi le billet de Carpediem, et qui m’a bien fait sourire :

Un jour, un homme rentre du travail pour trouver le chaos qui règne à la maison. Ses enfants, encore en pyjama, jouent dans la boue du jardin. Sur le gazon, tout autour de la maison, il y a des cartons de repas congelés et des boîtes de jus par terre.
Quand il entre dans la maison, c’est encore pire : la vaisselle sale est éparpillée dans toute la cuisine, le repas uu chien est renversé sur le sol, la vitre est brisée et traîne par terre sur une grande surface et il y a du sable par terre, sur la table de la cuisine et les meubles. Dans la salle de séjour, il trouve des jouets, des vêtements et une lampe renversée.
A ce moment, l’homme a très peur qu’un malheur ait touché sa femme. Il se précipite au second étage et là, stupéfait, il trouve sa femme encore en pyjama assise dans le lit en train de lire un livre.
Elle se retourne en souriant et lui demande : Comment était ta journée?
Il lui dit : Que s’est-t-il passé ici aujourd’hui ?
Souriante, elle lui répond : Tu sais, chaque jour en rentrant, tu me demandes ce que j’ai fait durant la journée et quand je
réponds que je me suis occupée de la maison et des enfants… Tu me dis : « C’est tout ? »
He bien, aujourd’hui, je n’ai rien fait !

Bonne journée à toutes les mamans !

Dame Praline