Péridurale et prise en charge de la douleur de l’accouchement, par le Dr Samuel Leroy {Les vacances des VI}

A Londres (et ailleurs!), tout le monde ne parle que du Royal Baby. A l’occasion de cette naissance tant attendue, la presse people a analysé dans tous les sens l’accouchement royal: L’influence de la  Duchesse de Cambridge ne se limite plus à sa garde robe mais semble aussi s’étendre à ses choix en tant que parturiente et que maman!

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Et, alors que la Reine Victoria, pour la naissance de son 8ème enfant, avait mis l’anesthésie à la mode:

Queen Victoria was at the forefront of the campaign to make pain-relief during  labour acceptable.
One hundred and fifty years ago, it was expected that childbirth would and indeed should be agony. After all, the Bible says: ‘To the woman God said: “In pain you will give birth to children.”’
But by baby number eight, Victoria had had enough. For the birth of Prince Leopold she employed a Yorkshire doctor John Snow, who was a pioneer of the use of chloroform as an anaesthetic. ‘Oh, that blessed chloroform,’ she wrote afterwards, ‘soothing and delightful beyond measure.’
Protests against the painkiller were staged on religious and medical grounds, but the procedure gained popularity and became known as ‘Anaesthesia de la Reine’.

Traduction libre: La Reine Victoria fut au premier plan de la lutte pour rendre le soulagement de la douleur de l’enfantement socialement acceptable.
Il y a 150 ans, il était admis que l’accouchement serait, et en fait, devrait être une douleur insoutenable. Après tout, la Bible dit : Dieu dit à la femme « Tu accoucheras dans la douleur ». »
Mais pour son huitième bébé, Victoria en eut assez. Pour la naissance du Prince Léopold, elle fit appel à un Docteur du Yorkshire, John Snow, qui était un pionnier de l’usage du chloroforme comme anesthésiant.  » Béni soit ce chloroforme, écrivit-elle plus tard, apaisant et délicieux au delà de la mesure ».
Des manifestations contre l’antidouleur furent menées pour des raisons religieuses et médicales, mais la procédure gagna en popularité et devint connue comme « L’anesthésie de la Reine ».

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La Duchesse de Cambridge, quant à elle, a annoncé qu’autant que faire se peut, elle souhaitait un accouchement naturel, soit par voie basse et si possible sans avoir recours aux antidouleurs.

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Dans notre monde où la place de la médecine peut parfois apparaitre comme envahissante (et ce, sans que ce soit toujours justifié), c’est un souhait que partagent de plus en plus de femmes. C’est ce qu’avait indiqué miliochka dans son article sur la péridurale:

Depuis quelques années, de plus en plus de femmes expriment leur désir d’accoucher sans péridurale. Parmi les arguments avancés, et ils sont extrêmement divers : la volonté d’être active durant l’accouchement (rester maître de ses mouvements, pouvoir marcher pendant le travail, changer de position, contrôler ses poussées…) la crainte d’une surmédicalisation d’un événement de la vie qui n’est pas une maladie (monitoring, sonde urinaire, cathéter d’intraveineuse, recours plus fréquent aux injections d’ocytocine, aux ventouses ou forceps, à l’épisiotomie…), le désir de vivre un accouchement le plus naturel possible (liberté de choisir sa position, ressentir ce que toutes les femmes ont toujours vécues depuis des millénaires…). [Pour d’autres raisons, on peut aussi aller lire l’article de la Poule Pondeuse sur le sujet].

La récente étude du CIANE: Douleur et accouchement, où en est-on en 2013? commentée ici par leblogdubonheur, semble également aller dans ce sens.

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Il va sans dire que l’ambition des VI est de dépasser le traditionnel clivage pro / anti  qui entache bien souvent les discussions dès que le mot péridurale est lâché. Et dans un climat qui me semble de plus en plus suspicieux à l’égard du corps médical (gynécologues en première ligne!), l’article GUEST que je voulais vous faire redécouvrir aujourd’hui donnait un point de vue à mon sens rafraichissant sur la péridurale.

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C’est en effet le Dr Samuel Leroy anesthésiste-réanimateur au Centre Hospitalier du Belvédère, qui y était interviewé par Mme Déjantée, et nous parlait de sa vision de l’analgésie péridurale.

On découvre chez ce médecin une certaine objectivité: Non, la péridurale n’est pas la panacée, mais un outil, avec ses qualités et ses défauts. Un outil qui n’est pas forcément nécessaire, mais dont le taux d’utilisation élevé ne traduit pas forcément une surmédicalisation dans la maternité.

Un médecin qui considère les sages-femmes comme le premier interlocuteur des parturientes, et qui recommande, lorsqu’on fait le choix d’une maternité, de ne pas choisir en fonction du taux de péridurales mais:

un très bon indice qui n’est que peu publié est le nombre de sages-femmes par patientes car on est dans une situation qui nécessite plus d’humain que de technique.

Enfin, un médecin qui déplore le manque de moyens, le personnel en sous-effectif, et les gardes de 24heures qui peuvent selon lui représenter le principal obstacle à la relation personnel soignant – patiente.

Pour ces vacances des VI et en attendant une rentrée riche en neurones, je vous invite à redécouvrir cet article ici.

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Bonnes vacances!

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