Douleur et accouchement

Le sujet colle tout à fait avec les départs en vacances n’est ce pas ? Vous aviez grave envie de parler sueur, grimaces, ventre qui pend, hein ?

Ben, tant pis, il m’inspirait aujourd’hui. Mais je vous rassure, je vais rester classe.

Voilà le visuel qui m’a inspirée :

Douleur et accouchement: où en est-on en 2013?

Pardon pour la longueur, mais j’ai trouvé l’infographie très bien faite et utile.

Maintenant, j’avoue que je suis très surprise, car en cliquant sur « douleur et accouchement », je pensais trouver des questions et des statistiques sur :

– la gestion de la douleur par autre chose que la péridurale !! La préparation à l’accouchement, sophro, haptonomie, une doula, la préparation en piscine (gestion du souffle et de la concentration), le masque à gaz, la morphine, les médicaments, le yoga, l’hypnose… et j’en oublie !

– les niveaux de douleurs ressentis, et particulièrement reliés à la prise en charge (position, accompagnement, stress, durée d’accouchement, médicalisation, etc)

Et puis quelques commentaires globaux :

– Il est intéressant de constater que les multipares ont moins l’intention de demander la péridurale. Diaboliserait-on cette fameuse douleur de l’accouchement? Où l’accouchement est-il tellement facilité lors du 2ème (au moins) que les femmes savent d’avance qu’elles on auront moins besoin ?

– Je trouve épatant que les femmes ayant accouché sans péridurale alors qu’elles en souhaitaient une soient aussi satisfaites que les femmes ayant accouché avec quand elles la souhaitaient. Que se passe-t-il ?? Oublie-t-on tout de la douleur ?

– 80% des femmes qui voulaient d’abord voir comment ça se passait ont eu la péridurale. Dans les 20% restant, 96% sont satisfaites de ne pas l’avoir eue. Elles ne sont que 68% satisfaites de l’avoir eue. Raisons des insatisfaites : ne pas avoir été soutenue ou avoir du prendre la décision trop tôt. Cela rejoint, à mon sens, la peur de la douleur plutôt que la douleur en elle-même. Il est minuit, vous êtes en travail depuis 4h, on vous prévient que l’anesthésiste va partir, et que si vous voulez la péridurale, c’est maintenant, ou il faudra attendre 6h du matin. Que faites-vous ?

Avant mon accouchement, j’étais tokophobe. C’est un gros mot, peu adapté, car il ne s’agissait pas de phobie, mais d’une angoisse parfaitement compréhensible et d’une grosse peur d’être submergée par la douleur. Mon accouchement, pas sympa du tout et qui a fini en césarienne, a eu le mérite de me débarrasser magistralement de cette peur (en la remplaçant par une autre). Maintenant je serais RAVIE de faire passer une petite tête par voie basse et la douleur ne me fait plus si peur. Puis, de toute façon, nous avons cette fameuse péridurale…

Alors, et si on arrêtait d’avoir peur ? Mais comment ?

Vous retrouverez des pistes sur mon blog : La peur de la douleur de l’accouchement !

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11 réflexions sur “Douleur et accouchement

  1. J’avais déjà vu cette infographie, que je trouve intéressante dans le sens où elle montre bien que globalement les femmes sont satisfaites de leur accouchement quand leurs choix sont respectés (ça tombe un peu sous le sens… mais bon, parfois ça ne fait pas de mal de le rappeler).

    Après je trouve aussi que le titre est finalement mal choisi : ça parle de choix de prendre ou non la péridurale, et de satisfaction par rapport au choix initial, et ça n’aborde pas vraiment la question de la douleur.

    Pour te répondre sur la satisfaction des femmes qui ont eu un accouchement sans péridurale, voilà qq éléments qui me paraissent pouvoir influer, sans prétention d’exhaustivité :

    – on peut supposer que les femmes qui souhaitent accoucher sans péri et qui ont mené leur projet à bien étaient dans des scénarios d’accouchement globalement plus favorables que celles qui ne voulaient pas de péri et qui finalement l’ont eue quand même : plus c’est long, plus c’est douloureux, plus il y a de « chances » que finalement on change d’avis et qu’on la demande. Si les femmes qui accouchent sans péri sont satisfaites, c’est peut-être que, généralement, elles ont des accouchements faciles.
    Mais comme l’absence de péri permet aussi de limiter les complications, les ralentissements dans le travail, d’avoir une mobilité qui permet de mieux supporter la douleur, on peut aussi faire l’hypothèse que ça agit comme un cercle vertueux : l’accouchement n’est pas trop difficile à la base, en l’absence de péridurale il le reste, donc la femme ressent moins besoin de la demander, etc.

    (ce sont évidemment des généralités, il y a des femmes qui ont des accouchements sans péri très longs et douloureux aussi…).

    – on a une représentation de l’accouchement sans analgésie qui tend peut-être à être plus négative que la réalité. Je ne sais pas s’il existe des études sur la perception de la douleur lors d’un accouchement sans analgésie, et des différents paramètres qui peuvent agir dessus.
    Ce que je sais de ma propre expérience, c’est qu’un accouchement sans péridurale n’est pas forcément très douloureux. J’ai eu plus mal lors de mon premier accouchement avec péri (pendant la période où je n’avais pas encore la péri, puis qd elle n’a plus fait effet) , tant en durée qu’en intensité de la douleur, que pendant la totalité mon 2ème accouchement sans péri. Il y a surement plein de facteurs qui font que ces 2 accouchements ne sont pas comparables : mon accouchement sans péridurale a été beaucoup plus court, avec un scénario plus « favorable » (par ex la poche est restée intacte jusqu’au bout, ce qui atténue la douleur des contractions), j’étais mieux préparée, c’était un 2ème enfant, etc.

    Mais bon, de mon point de vue, on ne dit pas assez qu’un accouchement sans péri PEUT (sans en faire une généralité non plus) être tout à fait supportable du point de vue de la douleur.
    Et en propageant l’idée qu’un accouchement sans péri est forcément très douloureux, on crée de la peur, et la peur ça peut amplifier la douleur…

    Il y a d’autres explications à ça dont on parle généralement peu dans l’accompagnement « classique » de la femme enceinte : lorsque le processus physiologique de l’accouchement est respecté, et que l’environnement de la femme qui accouche est favorable, le corps dispose d' »outils » permettant de gérer la douleur (la sécrétion d’endorphines par ex, l’adoption spontanée de postures qui facilitent l’accouchement et diminuent la douleur) dont on sous-estime peut-être l’efficacité.

    – l’accompagnement de l’accouchement fait beaucoup, notamment pour apporter des alternatives à la péridurale pour soulager la douleur : bain, massages, acupuncture, mobilité, sons graves, hypnose etc. Il y a vraiment beaucoup de pistes à explorer, et qui peuvent fonctionner différemment selon les femmes. Quand on ne se donne pas les moyens (pas assez de sage-femmes, manque de formation des soignants, pas assez de discussions autour du projet du couple, etc.), on se prive d’outils qui permettraient peut-être de diminuer le recours à la péridurale tout en préservant la satisfaction des femmes qui accouchent (pas éviter la péri de façon imposée, par principe, mais l’éviter parce que ça contribue à faire que la femme vit mieux son accouchement).

    – de mon point de vue (pas du tout étayé…), c’est très humain de se dire satisfait de qq chose qu’on voulait, même si on a souffert un max pour l’obtenir ;-) je pense qu’il ne faut pas non plus négliger cet aspect…

  2. Super intéressant !! En ce qui me concerne : 3 accouchements avec 3 péri…dans l’optique avant d’arriver « je vais voir comment çà se passe avant de la demander… » et je l’ai finalement réclamée… je me souviens m’être fait la même reflexion à mon 2e et 3e accouchement : » purée, comment ai je pu oublier cette douleur atroce ? » …je n’en pouvais plu et j’ai eu des propos horribles, du genre « laissez moi mourir, je n’en peux plus !! »
    Bref, quand j’y repense (à ce que j’ai dit…) j’ai dû déguster… mais par contre, j’ai beau essayé de me concentrer, je ne me souviens pas trop de la douleur en elle même…bref, je crois qu’on l’oublie vraiment… c’est peu être un avantage évolutif, par ce que si on était marqué au fer rouge par la douleur, on ne voudrait peut etre pas recommencer à enfanter, non ??
    A creuser…

  3. je trouve aussi ce titr mal choisi car je pensais qu’on allait parler des femmes comme moi: aucune douleur. Je n’i jamais ressenti aucune contraction, je me souviens de ma stupéfaction quand je les ai vu au monitoring alors que je ne ressentais rien…
    Étrange phénomène…

  4. « Je trouve épatant que les femmes ayant accouché sans péridurale alors qu’elles en souhaitaient une soient aussi satisfaites que les femmes ayant accouché avec quand elles la souhaitaient. Que se passe-t-il ?? Oublie-t-on tout de la douleur ? »
    J’avais envie de réagir là dessus puisque j’ai été dans ce cas : péridurale souhaitée au départ, accouchement sans péridurale (ils n’ont pas eu le temps de la poser) et j’en ai été tout à fait satisfaite. Même si bien sur ce n’est qu’un témoignage individuel et pas une vérité générale.
    J’y vois trois raisons :
    – l’accouchement a été très différent de ce que j’imaginais et donc une des raisons principales pour lesquelles je souhaitais la péridurale, ne pas avoir mal longtemps, a disparu
    – j’ai été accompagnée le jour de l’accouchement par une sage femme qui avait l’habitude d’accompagner des femmes accouchant sans péridurale et qui a su me rassurer quand j’ai commencé à paniquer, me proposer différentes solutions, et pendant la grossesse par une autre sage femme qui m’a donné des conseils pour gérer la douleur « en attendant la péridurale » et « au cas où » auxquels j’ai pu me raccrocher pendant l’accouchement. Et c’est ce que je trouve important : apprendre quand même différentes techniques de gestion de la douleur et ne pas se dire « de toute façon il y aura la péri ».
    – j’ai oublié tout souvenir physique de la douleur, comme Pascale72. Je me souviens avoir pensé « là j’ai trop mal, il me faut une péridurale, je pourrai pas tenir comme ça plus longtemps » mais je n’ai aucun souvenir « physique » de la douleur.

  5. Je fais parti des primipares qui souhait « essayer sans » et qui au bout de 24h de travail treeees lent a abandonné pour la péri ! J’ai été très mal accompagné, j’ai du passer la nuit en travail, seule, les « visites n’étant pas autorisées… euh le futur papa n’était pas là pour « visiter » que je sache ! Pour mon second, je choisirai mieux ma maternité et je ne la demanderai pas… j’essaierai ;)

  6. C’est curieux, moi je me souviens bien de la douleur des contractions, ou plutôt de l’ouverture du col.
    Parce que j’ai des règles très douloureuses ? Et pourtant, je ne supporte pas cette douleur pendant 3 jours, je ne la comprends pas, je l’exècre et le mot est faible… alors que je me suis laissée emporter par les vagues des contractions presque (j’ose ?) avec plaisir… Oui-oui, et pourtant je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout maso ! (j’ai toujours détesté le sport : se faire mal, sentir les muscles et les poumons qui brûlent, avoir des courbatures, pourquoi faire ?!!)

    Être en lien direct avec son corps, n’être plus qu’un corps, (re)devenir un être vivant, un être de sensations (et pas un être psychique)… La « douleur » est un élément utile qui permet de prendre les bonnes positions, de faire les bons mouvements (qui soulage la parturiente… et donc facilite le cheminement du bébé), c’est un partage avec le nouveau-né, un accompagnement du plus extraordinaire voyage qui soit. Décidément, le terme « douleur » ne me semble pas adapté, même si ce n’est pas (seulement) une partie de plaisir.

    Pour filer la comparaison avec le sport : pourquoi parle-t-on d’effort, de surmonter, de dépassement de soit, alors que pour un accouchement on parle de douleur, de gestion de la douleur, d’anesthésie ? D’accord, les mouvements de l’utérus ne sont pas contrôlés, ceci explique sûrement cela.
    Pourtant, à voir la tête des grimpeurs du Tour de France, ça ne doit pas être très agréable !

    Si on changeait de vocabulaire, on ne changerait pas d’état d’esprit, et de façon de vivre les choses ?

  7. Merci beaucoup de ta contribution!!! Si je me souviens bien il s’agit de l’infographie qui a fait suite à l’enquête du CIANE sur le déroulement des accouchements des femmes et leur vécu… Il s’agissait donc de rendre compte du vécu à l’heure actuelle (où les modes de gestion de la douleur alternatif ne sont encore pas franchement très répandus…) et sur la base de questionnaires où il n’est donc pas vraiment possible d’entrer dans l’introspection…
    Pour répondre à ta question, je pense que les femmes qui n’ont finalement pas bénéficié de péridurale malgré leur projet d’en avoir une sont celles qui (comme souligné dans l’infographie) ont majoritairement eu un accouchement trop rapide, donc a priori pas trop difficile… il n’est donc pas étonnant qu’elles ne s’en plaignent que peu (je suppose que si tu n’as pas de péri alors parce que tu as chopé une mauvaise grippe et qu’en plus ça dure des plombes, tu n’es pas aussi enthousiaste!).
    Après, la douleur, ça reste un facteur très personnel… je t’étonnerai peut être mais j’ai eu personnellement le sentiment que la douleur de mes accouchements (3 sans péri) ne faisait pas du tout partie des pires douleurs de ma vie (sans aucun doute devant: la douleur d’une fracture du péroné et celle d’une mémorable gastro où j’ai passé la nuit tordue de spasmes…). Ca ne veut pas dire qu’il ne faille pas prendre la péri, mais il peut être utile de savoir que pour la majorité des femmes ça peut rester une douleur supportable (25% néanmoins ressentirait une douleur comparable à une opération chirurgicale à vif).

    • C’est pour les tranchées que tu as du t’amuser : il me semble qu’elles sont de pire en pire à chaque accouchement, non ?
      J’ai trouvé à chaque fois cette douleur-là bien plus pénible que celle de l’accouchement ! Je n’ai eu aucun accompagnement à ce sujet, à part des cachets posés sur le plateau avec le repas.

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