La gestation pour autrui d’un point de vue éthique

Au-delà du débat sur le mariage entre personnes de même sexe, la presse a abordé le sujet de l’adoption certes, mais beaucoup aussi le sujet de la procréation médicalement assistée (PMA) et de la gestation pour autrui (GPA).

Sur Rue 89, un article récent se frotte à l’épineuse question de l’éthique.

Sur ces premiers sujets, rappelons que (sondage exclusif Pèlerin/Ifop), les Français expriment une opinion qui paraît désormais tranchée : 60 % disent « oui  au « mariage pour tous ». En revanche, ils disent « non » à 54 % à l’adoption et à 53 % au recours à la procréation médicalement assistée.

Concernant la GPA, selon le Figaro, 31% des personnes interrogées sont « très opposées », et 28% « plutôt opposées » à la GPA, définie dans la question posée comme le « fait qu’une femme porte l’enfant d’un couple qui a fourni ses embryons ». Ce total fait 59%.

Remarque en passant, je trouve étonnant que si 53% soient contre la PMA, 59% soient contre la GPA…  la PMA recouvrant le don de sperme, don d’ovule, don d’embryon et GPA.

L’article de Rue 89 se fonde sur une émission d’Alain Finkielkraut sur France Culture.

« Ainsi, une gestation pour autrui pourrait être encadrée de la manière suivante (Finkielkraut cite E. Badinter). La femme qui se proposerait de porter l’enfant devrait remplir un certain nombre de conditions :

  • avoir moins de 35 ans ;
  • avoir déjà eu des enfants ;
  • être en bonne santé ;
  • ne porter qu’une fois un enfant pour quelqu’un d’autre ;
  • avoir un niveau de vie convenable afin de ne pas être contrainte financièrement de le faire ;
  • que tout le processus soit bénévole ;
  • que les frais de santé soient pris en charge par les parents d’intention, et que la femme porteuse ne tire aucun bénéfice financier de l’opération. »

La GPA éthique, c’est une bonne action, en somme, pour des parents qui ne peuvent concevoir.

Je me suis posée alors deux questions de manière concrète, acceptant d’oublier mes préjugés théoriques sur la gestation pour autrui.

1) Si je ne pouvais pas concevoir « naturellement », voudrais-je demander à une femme de porter mon enfant ?

2) Si je connaissais 2 personnes qui ne pouvaient concevoir « naturellement », accepterais-je de porter leur enfant ?

Je simplifie volontairement la question de la filiation, car répondre à ces questions est déjà bien compliqué et je n’ose pas imaginer le cas où une femme porteuse porterait un enfant dont la mère biologique n’est pas moi.

Vous trouverez ma réponse à ces questions sur mon blog : Mon éthique de la gestation pour autrui

L’élément central de toute opinion, de tout débat, selon moi, ne devrait pas être l’infertilité d’un couple ni le désir d’enfant, encore moins l’orientation sexuelle d’un couple. Il devrait être l’enfant lui-même.

Dans le cas de l’adoption, l’enfant est déjà né, il a une histoire et un destin. L’adoption sera ce pari de lui offrir mieux.

Dans le cas de la PMA que je définirais par PMA simple (à l’exclusion de la GPA donc), l’enfant est littéralement créé par le désir de ses parents, comme dans le cas d’une conception naturelle. On offre à l’enfant à naître la même histoire que s’il avait été conçu naturellement, MAIS il portera peut-être des gênes étrangers à ses parents.

Dans le cas de la GPA, l’enfant est conçu du désir de ses parents, mais porté par une autre mère (Le droit français fait la mère à l’accouchement, je fais la mère dès la conception). On offre à l’enfant à naître un destin en 2 parties, in utero et ex utero. Et il portera peut-être des gênes étrangers à ses parents.

Que transmet la mère porteuse à l’enfant ?

en résumé : anticorps, nutriments, tabac, médicaments, voix, langue, plaisirs et peurs…

Alors ? Vous demanderiez une GPA ? Vous porteriez l’enfant des autres ?

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30 réflexions sur “La gestation pour autrui d’un point de vue éthique

  1. J’aime bien ce post qui a le bon sens de rappeler qui SI c’était légalisé ça le serait forcément avec des lois limitant la marchandisation.
    Pour le don d’organes certains pensaient que la marchandisation serait obligatoire, ça n’est pas le cas en France à ma connaissance.
    Finalement légaliser le truc, aurait l’avantage de limiter la marchandisation du corps de femmes pauvres étrangères déjà exploitées.
    Ce serait donc pour celle quiporte l’enfant forcément un acte « désintéressé », une sorte de don.
    Bon là c’est compliqué, je trouve l’état de grossesse assez long et pénible et sans la récompense d’avoir un enfant à élever à la fin je ne crois pas que je le ferais …
    Mais peut-être pour des personnes trés trés proches ….
    Difficile de trancher.
    Est-ce que ça pourrait remplacer l’accouchement sous X également ? Permettant à une femme souhaitant « abandonner son enfant » de pouvoir connaître et choisir les futurs parents comme je crois que ça se fait aux USA.

  2. moi je trouve qu’une autre question se pose qu’une maman de mon entourage a évoquée une fois, que je n’avais pas envisagée et qui finalement m’a donné la nausée…: et si finalement les « parents » adoptifs ne trouvent plus l’enfant à leur gout au moment de la naissance (handicap, malformation, ou autre…) que devient la mère porteuse et surtout que fera l’enfant?
    belle soirée

    • L’article de rue 89 en parle : « le droit à l’abandon de l’enfant ». En voici un extrait, mais allez le lire en entier ! http://www.rue89.com/2013/06/27/gpa-ethique-est-possible-france-243723

      « Toutefois, s’agissant de la naissance d’un enfant handicapé, Muriel Fabre-Magnan s’est indignée à l’idée que les parents d’intention puissent avoir le droit d’abandonner l’enfant (notamment handicapé). Il est probable que les lecteurs qui ne sont pas juristes soient choqués par cette affirmation, mais il faut comprendre qu’un enfant aujourd’hui né d’une procréation naturelle peut aussi être abandonné à la naissance si ses parents ne souhaitent pas le garder.

      Dans ce cas, il est confié aux services sociaux. Il en va de même pour les enfants nés dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation, où des couples après un parcours d’une dizaine d’années voient arriver à la naissance un enfant handicapé, qu’ils confient aux services sociaux. »

  3. Et si la mère « porteuse » s’attache à l’enfant qu’elle a porté.. et refuse de le « donner » à la naissance ?

    Et puis, la biologie moderne à montré que la mère n’est pas un simple incubateur, il y a de nombreux échanges entre la mère et l’embryon, ce que mange la mère, les sons qu’elle entend … etc.

    Pas simple !

  4. Que transmets la mère bio d’un enfant adopté? anticorps, nutriments, tabac, médicaments, voix, langue, plaisirs et peurs

    Je suis d’accord complètement avec le cadre éthique proposé pour une possible GPA. Cela pourrait être une solution. Mais super bien encadrée par une loi. L’absence de loi ouvre la porte à n’importe quoi, me semble-t-il!

    • Moi, viscéralement, je suis contre, même super bien encadré, parce que je ne ne supporte pas l’idée de concevoir un enfant volontairement destiné à être « abandonné », car je pense que perdre sa mère porteuse est un deuil…

  5. Merci beaucoup de ta contribution!!! Et merci d’avoir accepté de mettre sur le tapis ce sujet difficile et pourtant bien d’actualité…
    Comme le souligne Phypa au travers du lien, la question de l’abandon semble reposer sur une vision culturelle du don d’enfant plus que sur un universel…
    Personnellement, j’avoue que c’est surtout la question de la marchandisation du corps de la femme qui me soucie dans cette question de GPA (donc moins difficile à envisager dans un contexte encadré sur une modalité de type de celles qui légifèrent le don d’organe sur personne vivante).
    Reste les deux questions que tu as évoquées: je n’ai pas la réponse à la première (parce que je n’ai pas été confrontée à cette situation et que je peine à me la représenter…) et je sais que je répondrais non à la seconde (mais je n’ai pas d’autre argument que ce que je ressens dans mes tripes!).

    • J’ai trouvé étonnamment difficile de répondre à ces questions de manière personnelle ! Alors que j’ai un point de vue assez arrêté en théorie…

  6. Pingback: La semaine 95 des VI [EN BREF] | Les Vendredis Intellos

  7. A la première question : est-ce que je ferai appel à la GPA ?
    > a priori non, je ne me l’explique pas, mais si j’adore les enfants et je suis viscéralement attachée à mes filles, j’aurai pu vivre sans si la vie en avait été ainsi. En tout cas, j’en avais fait le deuil sachant que mon compagnon et père de mes 2 filles avait tenté sans succès pendant plusieurs années d’en avoir avec son ex…

    A la deuxième question, sans hésiter : oui, je serai capable avec grand plaisir de porter l’enfant d’un autre couple… dans certaines conditions ! L’haptonomie fait des merveilles, je ne m’imagine pas « abandonner » un enfant qui ne (re)connaîtrait pas ses futurs parents. Je ne vois absolument pas l’intérêt de l’anonymat, et je pense même qu’il est totalement contraire aux droits de l’enfant, qui devrait quand même primer sur le droit à l’enfant.

    Il me semble absolument indispensable que chaque enfant connaisse ses antécédents, au moins pour des raisons médicales ! Ainsi, l’accouchement sous X me parait un progrès pour la femme… mais bien trop cher à payer pour l’enfant. De même que le don de gamètes (sperme ou ovule) : la levée de l’anonymat ferait baisser le nombre de donneurs, c’est certains. Mais les enfants ont le droit, ont besoin de savoir s’ils ont des facteurs de risques accru de certaines maladies, de retrouver leurs géniteurs en cas de greffe de rein, par exemple, etc. Sans compter évidemment tous les aspects psychologiques.

    Donc oui, j’aurai pu porter l’enfant de ma sœur, de ma meilleure amie, etc. Et évidemment sans rémunération aucune. J’aurai ainsi sans aucun problème pu répondre à ses questions, une fois bébé devenu grand. Il n’aurait pas été « abandonné », car il aurait pu avoir tous les jours un contact avec ses parents, en pratiquant assidument l’haptonomie.

    NB 1: j’aime être enceinte et j’adore accoucher ! :) Je ne connais aucun désagrément habituel de la grossesse (nausées, douleurs), à par quelques remontées acides… Je suis chanceuse, je sais !

    NB 2: l’adoption, ce n’est pas si simple ! Il y a en réalité très peu d’enfants adoptables de par le monde, voir les commentaires de cet article :
    https://lesvendredisintellos.com/2012/06/29/ladoption-par-un-couple-fertile-pourquoi-pourquoi-pas/

  8. Pingback: Mythes et réalités… Débrief | Les Vendredis Intellos

  9. bonjour, je tombe par hasard sur votre blog, et ce billet m’interpelle.
    Je suis pour la gpa mais bien sur sous conditions d’infertilité amenant une femme à ne pas pouvoir porter l’enfant dans son ventre. Il faudrait que tout ce ci soit encadré,avec des lois.
    Alors je suis pour, certainement parce que mon mari et moi avons besoin de la médecine pour concevoir un enfant. Je vis ça d’un point de vu de quelqu’un qui vit l’infertilité au quotidien.
    Je vois ça, (quand les choses sont claires dès le début bien sur) comme un cadeau, un geste, pour offrir aux futurs parents la possibilité d’avoir un ou plusieurs enfant(s) ce qui aurai été impossible autrement. Certes, il y a l’adoption, mais c’est un tout autre parcours.

    Pour ce qui est de l’anonymat que je vois cité dans certains commentaires, je pense qu’il faut arrêter de stigmatiser à tout prix ceci. Le fait de ne pas connaitre ses origines, ses antécédents médicaux, etc … n’influent pas obligatoirement sur l’enfant, psychologiquement parlant.
    Il y a trop peu de dons de gamètes en France, personne n’informe, ça fait peur, etc … la levée de l’anonymat serai catastrophique. Les futurs parents attendent en moyenne 1 an et demi pour avoir un don de sperme, et en moyenne entre 3 et 5 ans pour un don d’ovules. Le parcours en pma est déjà bien assez difficile, physiquement et psychologiquement, alors imposer des délais d’attente encore plus longs, si levée de l’anonymat, n’est pas une bonne solution.
    Je regrette juste que la pma, gp et adoption soient des sujets que l’on amalgame avec les couples homosexuels. Malheureusement personne ne demande aux couples hétéros infertiles ce qu’ils en pensent. Mais votre article est intéressant.

    • Je comprends tout à fait ton point de vue, et je compatis : je suis entourée de familles faisant appel à la PMA, je sais combien ce parcours est douloureux et courageux. Je ne reviens pas du tout sur le droit à l’enfant : le mode de vie de la société a pour conséquence une infertilité croissante (couches, pesticides et autres produits chimiques…), il est normal que la société propose des solutions.

      Je suis tout a fait consciente qu’il y a un très grand déficit de dons en France, quel qu’ils soient : dons de temps même pour les membres de sa propre famille, dons d’argent ou de soutien aux associations, dons d’organes du vivant et lors de mort encéphalique, et dons de gamètes. Mais donner des gamètes, c’est autre chose que donner du sang ou faire un chèque ! Il y a création d’une vie, d’un futur adulte (arrêtons de parler de bébé : changer des couches est une toute petite partie de la vie de parent !).

      Mais je pense que les droits de l’enfant doivent toujours primer sur le droit à l’enfant et dans tous les autres domaines, concernant leur conception mais aussi leur éducation, etc.
      La levée de l’anonymat dans d’autres pays a vu certes les dons baisser dans un premier temps… puis revenir au même niveau quelques mois plus tard. Le profil des donneurs, par contre, est bien différent, plus âgés notamment.

      Or les enfants sentent, savent, imaginent… Le minimum serait d’assurer un suivi psychologique aux parents qui ont reçu un don de gamète, pour limiter le secret, le tabou de l’infertilité.
      Certains adultes auront besoin d’avoir des informations sur leur géniteur, d’autre non. Pour des raisons psychologiques, ou pour des raisons médicales parfois vitale (besoin d’une greffe, par exemple !). Qu’ils aient cette possibilité de connaître leur conception me semble essentiel.

      Ceci dit, dans mon esprit (dans le monde des bisounours…), il y aurait beaucoup moins besoin de banque de gamètes, car si l’insémination se ferait bien sûr par milieux médical interposé, ce serait entre personnes se connaissant : je donnerais avec plaisir mes gamètes, et je porterai avec plaisir l’enfant de ma sœur ou de ma meilleure amie par exemple, alors que je n’ai pas du tout de projet de don de gamète anonymement.
      Il ne resterait que les couples infertiles qui ne trouvent pas dans leur entourage des donneurs / porteurs qui auraient besoin de passer par une banque de gamète, donc il y aurait moins besoin de donneurs.

      Un peu comme dans cette île (laquelle, je ne sais plus) ou les familles fertiles donnent tout naturellement un de leurs enfants à leur frère/sœur/cousine qui ne peuvent en concevoir.

      • La réalité en ai toute autre …
        Bien sur que les enfants, sentent, le savent. Les parents d’enfants conçus avec l’aide de la pma en parlent à leurs enfants, expliquent les choses ils n’en font pas un secret, contrairement aux enfants adoptés dont c’est souvent un secret ….
        Je peux comprendre que le fait de donner ses gamètes à un proche peut être « plus simple » qu’a un inconnu et cela faciliterai bien les choses. Mais la réalité en ai tout autre, on fait avec ce qu’on nous donne … Chacun a ses convictions …

        • C’est curieux, j’ai tendance à penser qu’il y a moins de secret avec les enfants adoptés qu’avec la PMA. Je n’ai pas d’information à ce sujet, mais le simple fait qu’il n’y ait pas de photo de grossesse et qu’on ne peut mentir à l’entourage (famille, amis, voisins sur ce point) me parait compliquer singulièrement les choses.
          Dans le cadre d’une PMA, même les proches (grands-parents) ne sont pas toujours au courant !

          • en ce qui concerne l’adoption, les parents peuvent mentir à l’enfant. Bien sur pour l’entourage cela me parait plus que difficile. Pour ce qui est de la pma, si les couples n’en parlent pas ou peu à leur entourage c’est que bien souvent, l’entourage n’est pas compréhensif, il y a des phrases malheureuses, blessantes, etc … On préfère s’éviter ça. Puis seules la longue attente et la conception changent, la grossesse, la naissance, la suite sont les mêmes qu’une grossesse sans pma, pas besoin d’expliquer à l’entourage comment on fait notre enfant. Sans pma, les couples n’expliquent pas à leur entourage dans quelle position, l’endroit où à été conçu l’enfant, alors pourquoi devrions nous le faire?! Je pense que c’est important aussi de souligner, qu’il y a des choses que l’on veut garder pour le couple, certaines choses sont intimes

            • Les rares enfants que je connaissent issus de l’adoption viennent de pays lointain… autant dire que pour le secret, c’est foutu, leur physique parle de leurs origines. Tant mieux !
              PMA ou adoption, déposséder l’enfant de l’histoire de sa conception me semble préjudiciable à l’enfant.

              PMA ou adoption, sans aucun doute, les parents sont les mêmes, l’amour et l’éducation sont les même que lors d’une conception / naissance « simple ».

              PMA, adoption ou pas… de toute façon, à partir du moment où l’on a le projet de faire un bébé, les remarques pleuvent !

              Dans mon entourage amical, la grande majorité des couples (2/3 des naissances des 5 dernières années…) sont issus de la PMA. Autant dire que c’est un sujet très abordé, et très loin d’être tabou. C’est un des premiers sujets qu’on aborde quand on se retrouve et qu’on prend des nouvelles, histoire de prendre la température (au sens figuré !) et savoir si on va passer une soirée « espoir » ou une soirée « remontage de moral » !
              Ce fût le déclencheur pour passer aux couches lavables, d’ailleurs : trop de problèmes de fertilité autour de moi.

              • à vous lire, on voit que vous n’êtes concerné ni de l’un ni de l’autre … et c’est tant mieux car je ne souhaite à personne de vivre l’infertilité.

                • Pas personnellement, ouf ! Mais l’infertilité de la grande majorité des couples de mon entourage m’a fait réfléchir… et beaucoup modifier mon comportement.
                  En priorité, j’ai choisi les couches lavables pour mes filles ! Et jeté tous mes produits cosmétiques d’avant (quand je ne lisais pas la liste des ingrédients… ça fait peur !)
                  Produits ménagers bio ou faits-maison (et très peu de produits au final, je préfère la machine à vapeur, au moins ce n’est pas toxique !), et j’aimerais (mais c’est un vœux pieu encore pour l’instant) troquer tous mes meubles en mélaminés par du bois plein !
                  J’ai réussi à pratiquement éliminer les jouets en plastique : elles n’ont que du bois (naturel si possible, les couleurs sont souvent toxiques aussi !) ou du tissu, le message est bien passé pour les cadeaux qu’elles reçoivent, et je fais de toute façon un tri avant de leur donner.
                  Et bien sûr j’achète autant que possible des aliments bio, les pesticides étant un facteur très important (les agriculteurs sont les plus touchés par l’infertilité et les malformations des bébés entrainant des handicaps parfois très lourds).

                  Bref, j’en retiens que le mal qu’on fait à la nature nous reviens en pleine figure !

                  • à votre façon d’expliquer votre mode de vie, cela donne l’impression que c’est notre faute, si l’on ne mange pas bio, ou que le bio n’est pas notre mode de vie, cela influe sur la fertilité ou autre. Mais si ça doit arrivé, bio ou pas, on n’y échappe pas.

                    • Comme tout dans la vie, c’est une conjonction de facteurs ! Certains sur lesquels on peut travailler (alimentation, environnement de la maison…), d’autre pas (génétique, environnement de travail…).
                      C’est comme les accidents de la route : il y a moins de risque de rencontrer un platane avec une voiture bien entretenue et en ayant bu de l’eau qu’avec une poubelle sur roue et 3g d’alcool dans le sang. Ce qui n’empêchera pas de croiser une flaque d’huile ou une plaque de verglas, mais même en cas de poisse, selon la vitesse et le port ou pas de la ceinture, il n’y aura pas les mêmes conséquences.

                      Pas de quoi culpabiliser, mais une bonne motivation pour agir, pour le bien de la génération future à défaut de pour soit : « on n’hérite pas la terre de nos parents, on l’emprunte à nos enfants ».

                      Selon les couples qui m’entourent et qui passent / sont passés par la PMA, certains en ont profité pour changer leur mode de vie, d’autres non… Ceux qui ont « rapidement » (c’est toujours trop long !) réussi leur projet de grossesse sont vite passés à autre chose ; les autres ont suivi un cheminement plus global (jusqu’à la remise en question professionnelle, la découverte du mode de vie vegan…), ce qui m’a ouvert des portes.
                      D’autres encore, après des années de traitement de la mère pour accueillir enfin une magnifique petite fille… continue les traitements, pour une leucémie chez le père, cette fois-ci…
                      Il y a de quoi se poser des questions… et tenter d’y répondre, à défaut d’avoir des solutions.

                      Bon courage, en tout cas !

  10. Je m’étais posée la question ici il y a quelques mois…
    Pour répondre aux deux questions :
    – Non, je ne pense pas que je ferais appel à la PMA. Je sais, j’ai bien compris, que l’adoption est une démarche compliquée, totalement différente, mais je pense que je me tournerais plutôt vers l’adoption. Je parle au conditionnel, mais si je n’arrive pas à concevoir un bébé 2, c’est la démarche qui me semblerait la plus naturelle (pas de jugement, je parle pour moi).
    – Non, Je ne serais pas capable de porter un enfant pour une autre, encore moins d’accoucher pour une autre. Je n’ai été capable de mener jusqu’au bout mon accouchement que parce que je savais que j’aurais mon bébé ensuite. Je dois manquer de force. Je trouve ça beau, touchant, mais je n’en serais pas capable.

    Et d’ailleurs, cela me fait me poser une autre question. Je suis médecin, mes conditions de travail m’ont menée à une menace d’accouchement prématuré. Malgré un arrêt de travail, je continuais d’avoir des contractions, mon col continuait de se modifier. J’ai fini par mener ma grossesse à terme, même après terme. Par rapport à ça, si j’avais été porteuse, dans quelle mesure aurais-je été « coupable » de mettre en danger l’enfant d’une autre ? Si j’avais accouché prématurément, si l’enfant avait été handicapé, s’il était mort, même ? Même si j’avais eu toutes les précautions, on aurait pu m’accuser de négligence. Si j’avais attrapé une grippe, aurais-je été accusée de ne pas m’être fait vacciner ? Et si je m’étais fait vacciner et que j’avais fait une réaction au vaccin ? Quelles conséquences pénales ?
    Quant au projet de naissance, qui écoute-t-on ? Qui doit le faire ? Césarienne ou non, déclenchement pour retard ou non, épisiotomie ou non, soins au bébé ou non, péridurale ou non ? Toutes ces décisions sont prises habituellement par la mère et l’équipe médicale en regardant la balance bénéfice-risque pour l’enfant comme la mère. Mais là, en rajoutant la tierce personne (et la quarte, le futur papa), qui prend la décision ? Et qui « paye les pots cassés » ?

    J’ai été particulièrement choquée de lire plus haut le droit à l’abandon du bébé demandé. Horrible. Jouer les Dr Frankenstein et abandonner la créature créée et décevante. Quelle horreur.

    Voilà pour mes impressions, et merci de cet article.

    • Une anecdote d’une de mes gynécos : une femme en PMA, qui se retrouve enceinte de jumeaux, qui a gardé le premier né, puis demandé le drap pour accoucher sous X du deuxième… Et cette autre, enfin enceinte après traitement et qui a demandé une FIV parce que la date d’accouchement tombait au milieu des vacances… et qui a redemandé un traitement quelques mois plus tard ! Brrrr !
      L’accouchement sous X, c’est aussi le droit à l’abandon des bébés « non-conformes », qui éxiste depuis longtemps en France.

      Est-ce qu’on pourrait imaginer d’encadrer des « contrats » au sujet du déroulement le la naissance, en laissant une marge de manœuvre aux personnes concernées ? Comme le mariage et ses différents accords… et le divorce et ses différentes versions.
      Complexe !

      • Ce n’est pas parce que ça existe que ça ne me choque pas… Le mariage n’implique que les personnes concernées. L’abandon implique la « fabrication » d’un enfant qui grandira en sachant qu’on n’a pas voulu de lui. Très différent d’un accouchement sous X pour cause maternelle (trop jeune, trop d’enfants, trop pauvre… bref, situation dans laquelle l’enfant, même si c’est pas l’idéal, peut toujours se raccrocher à l’idée qu’il a été abandonné « pour son bien »), là l’enfant sait qu’on n’a pas voulu de lui, de LUI, pas « d’un enfant ». C’est lui qui ne convenait pas. Grandir avec ça, youpi…
        C’est complexe, oui.

        • Bof… un abandon reste un abandon… la façon de le positiver, ou d’en faire quelque chose de renforçant (comme tu décris dans l’idée que cela puisse être « pour le bien ») restera de toute façon à la charge de l’enfant…

        • Sur le fond, l’abandon me choque aussi… mais moins que les enfants qui ne sont pas aimés par leur famille qu’ils « subissent » toute leur enfance.

          Sachant qu’il en faut peu pour se sentir exclu lorsqu’on est petit : l’arrivée d’une petite sœur, une différence physique minime… Ma sœur est un peu plus blonde que le reste de la famille (elle tient d’un de mes grand-pères… qui était déjà chauve quand elle est née), elle a fait des cauchemars toute son enfance car elle croyait être adoptée ! Et pourtant, qu’est-ce que ma mère pouvait lui montrer les photos d’elle enceinte, à la maternité, etc…

          Je ne vois pas beaucoup de possibilité :
          – soit on interdit complètement l’abandon (y compris l’accouchement sous X)
          – soit on l’autorise pour tout le monde, et donc aussi dans le cas de la GPA / PMA, même si moralement c’est dur à avaler.

          Mon histoire de négociation type « contrat de mariage », c’était au sujet de l’accouchement dans le cas d’une GPA, pas pour la conception.

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