A croire que, décidemment les grands esprits se rencontrent car la semaine dernière ont été publiées sur le blog deux contributions sur l’ouvrage « comment fonctionne le cerveau des bébés » de  l’américain John Médina.

Madame Déjantée nous offre une présentation générale de l’ouvrage, sorte de vade-mecum à l’usage des parents préoccupés par le développement cognitif et l’épanouissement de leur progéniture.  Si j’ai bien compris, le projet n’est pas de faire de notre progéniture de petits génies, mais de les aider à devenir heureux et socialement intégrés, en promouvant au passage une éducation bienveillante.  Même si j’ai personnellement quelques réticences sur les publications qui promettent  aux parents angoissés des résultats miracles, l’auteur a le mérite de tordre le coup à quelques idées reçues. D’une part, par exemple, l’auteur nous apprend que DVD dits éducatifs peuvent au contraire nuire aux performances cognitives de nos bambins. D’autre part, marteler sans cesse aux enfants qu’ils sont intelligents, pour booster leur confiance en soi peut être dangereux pour leur réussite scolaire.

C’est d’ailleurs ce dernier aspect que développe Pascale72 : selon John Médina, il est normal que nous souhaitions tous avoir des enfants intelligents puisque « Chaque parent, a en lui, le désir de voir ses gènes survivre le plus longtemps possible ce qui se traduit par la volonté de voir sa descendance s’épanouir en assurant « aux petits » un cerveau bien fait, bien câblé ». Le problème c’est que le concert de louanges (« mon fils, tu es un génie ») adressé à junior dès lors qu’il réussit à empiler deux cubes, ne va pas l’aider à surmonter les difficultés intellectuelles auxquelles il sera confronté tôt ou tard. L’enfant persuadé que l’intelligence est un don magique, se sentira dévalorisé devant un échec. Pire, persuadé que l’erreur, pourtant inévitable dans l’apprentissage, est le signe de son incapacité personnelle, il ne cherchera pas à modifier sa stratégie pour atteindre la réussite. Inversement, celui qui voit l’intelligence comme une qualité susceptible d’amélioration sera encouragé à faire des efforts et apprendra de ses derniers. C’est d’ailleurs le drame des enfants « précoces » dont les résultats s’effondrent au collège, faute d’avoir su apprendre les stratégies qui permettent d’apprendre de ses erreurs… Comme le souligne Pascale, le problème est aussi culturel : notamment en France, nous opposons trop souvent le « doué » au besogneux (qui lui, forcément, n’est pas vu comme très malin). Trop de parents et d’enseignants accordent encore trop de place à l’intelligence « innée » alors que les apports des neurosciences et de la psychologie cognitive relativisent la part de ce type d’intelligence dans le fonctionnement intellectuel.  Vaste sujet, lequel implique aussi de considérer la place de l’erreur dans l’apprentissage. Parents et enseignants ont donc du pain sur la planche pour donner aux enfants le goût de l’effort…

Stimuler l’intelligence de nos enfants, c’est aussi leur proposer une ouverture sur le monde, par le biais notamment de la littérature jeunesse : Miaperegrine nous présente « l’art des bébés », pour faire découvrir l’art contemporain dès le berceau ! En effet, dès lors que bébé montre des signes d’intérêts, pourquoi ne pas l’initier tout de suite, en douceur, aux belles choses, il ne peut en retirer que du positif !