Tu seras un Homme, mon fils* {mini-débrief}

 * Citation tirée du célèbre poème « Si »  de Rudyard Kipling

 

On ne nait pas femme, on le devient, disait Simone de Beauvoir. Et de la même façon, un petit garçon devient un homme à travers l’éducation qui lui est donnée. Ne soit pas un bébé! Ne pleure pas! Soit le plus fort! Ce que la société semble tendre à leur apprendre, c’est  la compétition, la nécessité de dominer pour exister. Pour Louis-Georges Tin,

… pour les garçons, cette force, ou plutôt cette volonté de puissance, se mesure notamment à l’aune de la supériorité par rapport aux filles et aux homosexuels. En cela apparaissent du reste les liens étroits entre sexisme et homophobie.

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C’est de ces deux sujets brûlants d’actualité, sexisme et homophobie, que traitent les deux contributions que je présente cette semaine.

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Que transmettons-nous, consciemment ou inconsciemment, à nos enfants? Comment faire pour éviter d’être les vecteurs involontaires d’une éducation « genrée »? Car au-delà de brider leur personnalité propre, cela pourrait-il avoir des conséquences sur leur apprentissage du respect pour la différence, sur leur vie toute entière?

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  • Maman Débordée nous fait une nécessaire piqûre de rappel sur les réflexions qui peuvent nous sembler anodines, mais qui en fait relèvent de comportements genrés, c’est-à-dire, différents en fonction du sexe des enfants, et ce, dès la première échographie!

Monstrinette, 21 mois aujourd’hui, est une petite fille pleine de vie qui … court partout, ne tient pas en place, adore jouer dehors et surtout revenir la plus sale possible. Elle aime autant les voitures que les poupées, m’imite en train de cuisiner autant qu’elle imite son papa bricoler. Et juste entre nous, est du genre à aimer la baston.

On m’aurait donc menti? Ma fille serait-elle en fait un garçon?

Bien sûr, s’affranchir de toute influence extérieure est difficile (peut-être même illusoire?), et comme le dit Maman débordée, cela reviendrait à mettre l’enfant dans une « bulle », ce qui n’est sans doute pas souhaitable. Mais la vigilance et l’esprit critique restent de mise!

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Là-dessus, il est difficile de ne pas être passionné, et d’expliquer posément les arguments du camp dont on ne partage pas l’opinion. Pourtant, aussi forte que soit ma conviction, il me semble aussi important de transmettre à mon fils que la violence, dans les gestes ou dans les paroles, n’est jamais la solution. Et qu’aussi incompréhensible que nous paraisse une opinion, les enfants sont en droit d’avoir le plus d’information possible entre les mains pour se forger la leur, et pouvoir la défendre.

Une jeune Idiote nous a dégoté un précieux support sur le sujet:

C’est « L’info de la Une » du magazine « Le Petit Quotidien », et si rien n’a changé depuis ma primaire, certaines écoles primaires sont abonnées à ce quotidien, et il est possible aussi d’y abonner son enfant afin qu’il le reçoive chez lui et le lise dans son lit, youpi ! Je me souviens que j’aimais bien cette parution, qui était claire et intéressante, et me permettait de me connecter à l’actualité sans voir les horreurs des JT du soir que de toute façon on ne regardait pas chez moi.

5 questions sur l’homosexualité, donc, qui tombent bien pour parler aux enfants de l’homosexualité, avec une jolie neutralité je trouve.

Je vous laisse le découvrir par vous-même ou le faire découvrir à vos enfants.

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Bonne lecture!

 

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5 réflexions sur “Tu seras un Homme, mon fils* {mini-débrief}

  1. Merci beaucoup de ton débrief Drenka!!
    Au lycée, j’étais une grande fan de ce poème de Kipling (que j’avais évidemment interprété comme homme = humain)…

    • Moi aussi j’aime beaucoup ce poême qui me fait toujours pleurer (pour moi c’est une déclaration d’amour d’un père à son fils).
      J’ai lu récemment des interprétations qui remettaient en question la signification du poême, qui disaient par exemple que Kipling aurait poussé son fils à aller à la guerre (pour prouver sa valeur guerrière donc sa valeur en tant qu’Homme?) où il est mort très jeune… Je suis pas tellement d’accord avec ça.

      Mais là je le cite juste pour le titre qui utilise le futur: tu n’es pas un Homme, et c’est à certaines conditions que tu le seras. Sorti du contexte, ça sonne un peu dur, je trouve!

      • C’est sûr qu’il met la barre assez haut…! En même temps j’aimais assez l’idéal véhiculé (pas de souvenir qu’il soit particulièrement guerrier) et alors en pleine adolescence, il ne me paraissait pas aberrant que la route soit encore longue vers l’âge adulte (qui ne se résumait pas à avoir 18 ans).

        • Oui, toute la question est de savoir si l’emploi du « si » implique qu’il est possible d’échouer et de ne pas mériter son titre d’Homme…

          Le poème en lui même ne m’évoque pas non plus la guerre, mais dans les faits Kipling a effectivement envoyé son fils à la guerre (il avait été réformé pour myopie 2 fois il me semble, mais son père a trouvé moyen de l’y envoyer quand même). Il en aurait conçu beaucoup de culpabilité quand son fils est mort (à 18 ans) et a été controversé et considéré comme impérialiste. D’où cette interprétation.

          Ceci dit Hergé aussi a été taxé de raciste et de colonialiste, c’est un peu oublier le contexte sociopolitique de l’époque, à mon avis.

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