Signes de poussées dentaires : mythes ou réalités

Suite de notre lecture intensive de la thèse de médecine soutenue en novembre 2010 par Benoîte DENIS, qui s’est penchée sur toutes les questions liées aux poussées dentaires (disponible ICI).

Dans le premier épisode, nous avions évoqué le sujet comme support somatique d’une « Communication de la triade enfant/mère/médecin » autour des inquiétudes des mamans.

La doctorante nous rappelle les liens entre les poussées dentaires et les symptômes perçus par les patients…Bien sûr, l’auteur s’est imposé d’aller vérifier scientifiquement ces données…mythes ou réalités ? Voilà qui est intéressant, n’est-ce pas ? Enfin, nous reviendrons ce qu’en disent les médecins.

Les symptômes perçus par les parents :
Un chiffre est évoqué : plus de 80 % des parents voient des symptômes qu’ils attribuent aux poussées dentaires, soit des anomalies physiques, soit une modification comportementale.

Citons parmi les problèmes physiques :

  • –        Une hypersalivation
  • –        De la fièvre
  • –        Des problèmes de sommeil
  • –        Inflammation de la gencive et érythème jugal (les bonnes petites joues rouges !)
  • –        Des diarrhées
  • –        Érythème fessier
  • –        Des problèmes de la sphère ORL

Parmi les modifications comportementales :

  • – Pleurs fréquents,
  • – Irritabilité.

Qu’en disent les études ?
L’auteur constate « Les études menées sur le sujet sont peu nombreuses et les méthodologies parfois contestables (petits échantillons, biais dans le recueil de données) » ce qui fait que les résultats sont parfois contradictoires et entachés de beaucoup d’incertitude.

Source ICI

Source ICI


Hypersalivation :
Ce thème est profondément ancré dans les croyances populaires ! « Ah, il bave beaucoup, il fait ses dents ! » Selon l’étude [1] portant sur la perception des parents, ce symptôme est cité par 77% des familles.
Plusieurs études [2] rendent compte d’un lien de causalité, d’autres l’infirment [3]. Selon certains auteurs,  il faut néanmoins rester prudent. En effet, plusieurs faits physiologiques dans ces périodes de la vie de nos tous petits viennent perturber les analyses et conclusions :
– vers 6 mois, on assiste chez l’enfant, à une hypersécrétion salivaire,
– d’autre part, la fonction  de déglutition n’est pas encore mature.
Donc salive en excès n’est pas forcément synonyme de poussée dentaire.

Mordillement :
Là aussi, le mordillement est largement cité par les parents comme un signe avant coureur de la percée dentaire (cité par 78 % des parents de l’étude [1]). Effectivement, l’enfant gêné par une inflammation de la gencive, cherche à se soulager. Seules quelques études le confirment [2] car il est difficile de faire la part des choses. L’enfant est en plein dans le stade oral, et ressent le besoin de tout tester et porter « à la bouche ».

Préparation et inflammation* de la gencive
Il est reconnu scientifiquement que les gencives, lors d’une poussée dentaire sont l’objet d’inflammation avec douleur, œdème, rougeur et fièvre. Voilà enfin de quoi accorder les idées populaires et les études scientifiques !
Et bien, figurez-vous que là aussi, on assiste à un profond décalage. Parce que si les études révèlent effectivement inflammation, douleur et fièvre…cela ne se produit que quelques jours autour du moment de l’éruption dentaire (3 à 4 jours avant et après). Alors que les parents et les croyances populaires, voient des symptômes bien plus en amont ! « Elles sont susceptibles de débuter plusieurs mois avant la sortie de la première dent »

 Pourquoi ce décalage ? En partie parce que l’observation des parents est subjective. Ceux-ci sont emportés par leur imaginaire et la forte empathie qui en résulte face à la douleur liée à la dent qui doit faire un long cheminement à travers la gencive, « une pénible épreuve » !  Des chiffres sont cités pour donner un peu de poids à cet argument[1]. « Le diagnostic parental de poussée dentaire …repose  plus sur l’observation de symptômes supposés en lien (65%) que sur la palpation (43%) ou encore la visualisation directe de la dent (36%). »

*  (si vous voulez des explications sur le processus d’inflammation, un petit article sur mon blog)

MA petite Charlotte aux joues rouges... poussées dentaires ?

MA petite Charlotte aux joues rouges… poussées dentaires ?

Diarrhée
C’est là aussi une croyance très populaire (mais variable selon la culture) avec une justification empirique. Les parents y voient la preuve d’une déglutition importance de glaires et de la salive secrétée en grande quantité.

Les résultats des différentes études sont diffus. La plupart des éléments de la littérature citée dans la thèse réfutent la causalité [3] [4], une seule étude la confirme [2].

 Fièvre

« La fièvre est l’un des symptômes le plus fréquemment cité par les parents dans le cadre des poussées dentaires ».
Les études trouvent effectivement en général, une évolution de la température en lien avec une éruption dentaire. Mais cette élévation est modérée (38°C) et ne débute qu’environ 3 jours avant la sortie de la dent.

Une seule étude [3] ne voit aucun lien.

L’auteur en appelle encore une fois à la prudence. L’âge où bébé voit ses dents sortir correspond en général à la vie en collectivité, et l’arrêt de l’allaitement maternel donc une plus grande fragilité immunologique.v

L’érythème fessier

Cette irritation dermatologique est souvent citée par les parents comme signe de poussée dentaire : notamment lorsqu’elle accompagne une diarrhée de « selles acides ». Aucune des études scientifiques utilisées dans le cadre de la thèse ne conforte cette association.

Elle est assez fréquente chez l’enfant et « plurifactorielle ». Elle apparaît là où la couche « humide » est en contact avec la peau, plus fréquente lorsque l’enfant prend des antibiotiques.

Les troubles ORL

De nombreux parents considèrent les poussées dentaires à l’origine de complications infectieuses. Certains parlent même de « bronchite dentaire ».
« Là encore les études n’établissent pas de lien entre infections ORL et la sortie  des dents »

Les troubles du comportement
Certains parents associent les mauvaises nuits aux poussées dentaires. Mais sur ce chapitre, il est extrêmement difficile de dénouer les liens entre la multitude de facteurs influant sur la qualité du sommeil.

Une remarque très pertinente de la doctorante « Favorisent-elles (ndlr « les poussées dentaires ») des troubles du sommeil ou constituent-elles un alibi de choix pour les parents qui ne peuvent envisager d’autres explications. »

Une grande majorité de parents trouvent leur enfant grognon, agité en période de poussée dentaire.
De nombreux scientifiques confortent cette idée [2] et [4]. [3] la réfute.

L’attitude des médecins

LE médecin qui a évolué dans sa propre culture, s’est lui aussi forgé une opinion reposant sur des croyances populaires. Parce que même s’il n’y a pas trouvé écho lors de son parcours étudiant, ces croyances peuvent être chargées de bon sens. Donc certains médecins reconnaîtront que certains symptômes (les petits maux ou bien les troubles du comportement) sont bien liés à une émergence de la dentition. Une façon également, comme nous l’avons évoqué la dernière fois, de mieux communiquer, de rassurer la mère en proie à des inquiétudes.

D’autres par contre, et ils représentent une grande majorité surtout lorsqu’il s’agit de signes moins anodins (diarrhées par exemple), hésitent à évoquer la dent comme véritable cause du problème, de peur de passer à côté d’une pathologie plus grave.

Finalement, quel est le risque de ces associations, de ces croyances populaires ?

Le risque est de ne pas consulter assez tôt ou de ne pas consulter du tout…comme l’auteur le souligne en évoquant une étude: « Cette analyse révéla que le recours à la consultation médicale diminuait de 80 % lorsque les mères pensaient que la diarrhée de leurs enfants était secondaire à une éruption dentaire »…d’où  un retard à la mise en place d’un traitement adéquat et des complications (qui ont été observées).

Conclusion :

Déroutant, n’est-ce pas ? Une multitude de symptômes perçus par les parents et les scientifiques qui peinent à accorder leurs violons. Il y a controverse c’est le moins qu’on puisse dire ! La doctorante aime à rappeler que tout cela n’est pas observé pour la sortie des dents définitives ! (Euh oui, effectivement, c’est vrai, tiens, maintenant qu’on le dit !)

Pour ma part, je reste tout à fait sceptique (pour ce qui est de problèmes ORL, diarrhées, fesses rouges…).  Je crois que l’observation des parents est subjective et profondément liée à leur culture. Et il n’y aucun mal à cela, c’est logique ! Par contre, personnellement j’ai eu affaire aux joues rouges, aux gencives boursouflées et endolories (peut-être tout de même + que 4 jours, mais pas des mois non plus !)

Le risque de ces idées populaires est de passer à côté d’une pathologie sérieuse en cas de persévérance dans la croyance (cas des symptômes de diarrhée en particulier). Mais, la plupart du temps, elles offrent un moyen de rassurer, de relativiser, une sorte « de rempart défensif à l’impuissance ressentie par l’adulte devant la détresse du tout petit »

 A suivre… Prochain épisode : les remèdes populaires

Références des études citées (très court extrait des références utilisées pour la thèse)

[1] Wake. M. et al., « Parents beliefs about infant teething. A survey of Australian parents.” Journal of Pediatrics and child health, 1999; vol.35, pp446-449

[2] Macknin MI. et al., « Symptoms associated with infant teething. A prospective study” Pediatrics, 2000; vol.105, N°4, pp747-752

[3] Wake. M. et al., « Teething and tooth eruption in infants : a cohort study” Journal of Pediatrics, 2000; vol. 106, N°6, pp1374-1379

[4] Lloyd S., « Teething in babies : separating fact from fiction” Professional Care of Mother and Child, 1996; vol. 6, pp155-156

Publicités

36 réflexions sur “Signes de poussées dentaires : mythes ou réalités

  1. Voilà qui pourrait me réconcilier avec mon beau-père (pédiatre) sur la question des dents et des symptômes associés. Lui est partisan des résultats d’une étude (dont je n’ai pas les références) ayant comparé les comportements de nouveaux-nés chaque jour pendant plusieurs mois avec les moments précis où leurs dents perçaient … pour en arriver a la conclusion que rien ne permettait vraiment de relier avec certitude le comportement grognon/la fièvre/l’hypersalivation etc des enfants avec l’arrivée réelle des dents.
    En même temps, il me parait surprenant d’affirmer que le fait que les dents percent la gencive ne soit jamais douloureux…
    La question des dents définitive est intéressante et j’aurais tendance à répondre – sans aucune base scientifique c’est sur ! – que peut-être, l’absence de symptômes peut s’expliquer par le fait par le fait que « le chemin est tout tracé » et surtout, la gencive déjà percée, non ??

  2. Merci pour cette réaction. Mais, sauf erreur de ma part, ce n’est pas écrit cela « En même temps, il me parait surprenant d’affirmer que le fait que les dents percent la gencive ne soit jamais douloureux… » Au contraire, c’est bien quelque chose sur laquelle tout le monde est d’accord… Je re-cite la phrase de mon post « Il est reconnu scientifiquement que les gencives, lors d’une poussée dentaire sont l’objet d’inflammation avec douleur, œdème, rougeur et fièvre. Voilà enfin de quoi accorder les idées populaires et les études scientifiques ! »
    Le décalage est que cela ne semble pas durer des mois comme le voient les parents…

    Sinon, pour les dents définitives, oui c’est une hypothèse intéressante… et les dents de sagesse, pas de trace toute tracée pourtant… et pas de douleur (en général, évidemment)…

  3. Merci beaucoup de ta contribution!!! Comme je te disais lors de ton précédent billet, j’avoue que les poussées dentaires ne m’ont jamais beaucoup inquiétée ni intéressée…sûrement parce que j’ai encore un souvenir très net de la poussée de mes molaires de 6 ans (donc qui percent la gencive) que j’avais trouvé absolument indolore même si un peu gore (mon bout de gencive sur la dent avait sauté un jour où j’avais mangé de la tarte à la framboise à l’école et je l’avais pris pour un bout de ce fruit.. miam hein?!)

  4. Merci pour cet article. Une question me taraude : qu’en est-il des fameuses « joues rouges »? Je pensais ce signe aussi fiable que l’inflation des gencives. Probablement à cause de leur proximité.
    Après lecture je suppose que ce n’est pas obligatoirement signe de poussées puisque ce phénomène a lieu parfois longtemps avant l’irruption de la première dent.

    Dans la thèse est évoquée une explication à ce phénomène d’érythème mais je n’y comprends pas un mot : « Rappelons qu’une théorie neurologique
    réflexe lui attribuerait une origine parasympathique, en raison de connections avec le nerf
    trijumeau au niveau du tronc cérébral. » (p.35). Pourriez-vous m’éclairer?

    • Je ne suis pas spécialiste en neurologie…mais j’avais repéré aussi cette phrase d’explication. Effectivement ça titille. JE vais mener mon enquête pour trouver quelque chose de vulgarisé sur la question ! A bientôt

      • Le système nerveux parasympathique contribue avec le système nerveux sympathique à faire fonctionner tout notre corps de façon inconsciente (respiration, battements du coeur, maintient de la posture…). Voir ici des schémas assez compréhensibles : http://www.docteurclic.com/encyclopedie/systeme-parasympathique.aspx.
        Le nerf trijumeau en particulier donne naissance aux « nerfs maxillaires inférieurs et supérieurs qui s’occupent de la mastication, qui contrôlent la fabrication de salive et assurent la sensibilité de la bouche, d’une partie de la langue, des dents, du cuir chevelu, etc. » En fonctionnant, il pourrait ainsi provoquer les erythèmes des joues ? (Et je suppose que ce système de rougissement se régulerait en grandissant alors ?).

        En ce qui concerne les diarrhées, l’acidité des selles et l’érythème fessier, un généraliste m’a dit que lorsque les dents perçaient, la composition de la salive se modifiait pour aider la gencive à laisser passer la dent, et que cela pouvait provoquer tout les symptômes que je viens de citer. Cela m’a convenu comme explication à l’époque…

  5. D’un mythe à l’autre …
    J’ai entendu plusieurs fois que la poussée dentaire n’était pas aussi douloureuse chez des nourrissons qu’elle le serait chez des adultes, car la partie du cerveau qui gère la douleur chez les touts-petits n’est pas encore « terminée ». Ce qui expliquerait aussi par exemple qu’ils ne trouvent pas douloureux de dormir sur le dos avec des « épines » dans le dos (les boutons-pressions des pyjamas, quel adulte supporterait ça ?!!) et autres inconforts.

    Je suis plus que sceptique, vu les hurlements de douleurs des bébés en cas de piqûre, choc, etc, mais rien de bien scientifique à opposer. L’étude en parle-t-elle ?

    • Effectivement c’est une explication qui sur le principe a l’air de se tenir : je veux dire pour la partie du cerveau pas encore mature côté les nocicepteurs (je suis en train lire des choses justement sur le développement du système nerveux chez l’enfant), mais à fouiller…je n’ai encore rien lu de tel.
      Je suis d’accord avec toi, les picouzes de certains vaccins sont assez douloureuses, et les bébés ne se privent pas de le faire savoir.
      En ce qui concerne la thèse de Benoite : il y a juste un petit paragraphe sur la douleur (p38) car dans sa bilbio, peu d’études en parlent…je crois simplement que c’est assez difficile « à mesurer », c’est subjectif, donc mis à part le retour des parents, on n’a pas grand chose.

  6. Pour ma part, si je suis bien sceptique sur le fait que les dents soient liées aux diarrhées, affection ORL, augmentation de la température, etc. Il y a qqch qui ne fait aucun doute pour moi : les dents c’est douloureux, et ca dure longtemps. Plusieurs semaines de mon expérience personnelle (des semaines de doliprane chaque nuit avant la sortie de chaque dent pour mon ainé, il a fait des nuits complètes du jour au lendemain après la sortie de la dernière dent). Je suis allée voir la thèse en question, et mon interprétation n’est pas que la thèse dise que ca ne dure que 4 jour autour de la percée de la dent, mais que les médecins n’ont étudié que cette période là. J’ai plutot eu l’impression en lisant cette thèse, que finalement aucun lien n’a pu être démontré avec beaucoup de symptomes qu’on attricue a la poussée dentaire (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas), en partie peut être aussi parce qu’il n’y a pas des tonnes d’études sur le sujet, parce que ca intéresse plus les parents que les médecins.

  7. Bonjour…
    MErci d’avoir pris la peine de replonger dans la thèse pour mettre en doute mon interprétation… On peut ainsi mieux se creuser les méninges.
    Nous sommes d’accord sur plusieurs points :
    1) diarrhée, pb ORL, (sceptique pour ma part aussi), peu voire pas d »écho dans les études scientifiques
    2) Aucun lien n’a pu être démontré.. effectivement, merci de le souligner une fois encore…ceci sur la base des études citées : je l’ai précisé en introduction « L’auteur constate « Les études menées sur le sujet sont peu nombreuses et les méthodologies parfois contestables (petits échantillons, biais dans le recueil de données) » ce qui fait que les résultats sont parfois contradictoires et entachés de beaucoup d’incertitude. »

    PAr contre, la thèse est claire sur l’histoire des 3 à 4 jours…par rapport à l’inflammation… JE cite p37 « A l’inverse, les modifications gingivales directement liées à l’éruption dentaire sont
    /…/ souvent décrites par les professionnels de santé et confirmées par des études scientifiques. Parmi ces manifestations, la réaction inflammatoire gingivale entraîne œdème et rougeur gingivale satellites de la dent.  »
    Interprétation de ma part, ==> qui dit « Inflammation  » dit « douleur » …
    POur la durée, il est dit, je recite p37 « En effet, les études reconnaissant un
    lien de causalité entre poussée dentaire et symptômes, s’accordent à dire que ceux-ci se
    produisent dans un laps de temps de quelques jours autour du moment précis de l’éruption:/…/ 4 jours avant et 3 jours après, pour les symptômes observés par Macknin. Aucune étude n’envisage la possibilité de symptômes liés à la poussée dentaire en dehors de cette période de quelques jours entourant l’éruption. »
    OR Macknins avait bien étudié pendant 8 mois je cite
     » l’étude prospective américaine dirigée par Macknin dont les données reposent sur le
    recueil quotidien de paramètres par les parents de 125 enfants, sur une période de 8 mois »

    Bref, c’est peu être difficile à accepter, mais ces études là n’ont pas montré des douleurs qui duraient des mois… L’auteur Macknin qui est si souvent cité, est l’une des seules études qui ait trouvé un lien entre poussée dentaire et hypersalivation mordillement et inflammation en suivant une centaine d’enfants pendant 8 mois…
    Maintenant, la thèse date de 2010 : pendant ces 3 ans, il y a peut être de nouvelles synthèses qui ont vu le jour… alors, hop, une petite biblio ?

  8. Pingback: Ecoutez-vous la grand-mère, le toubib ou la voisine ? [Mini-Débriefing] | Les Vendredis Intellos

  9. Merci pour l’article et pour le lien vers la thèse (que j’ai lue en entier, même si c’était un peu vite). Qu’un jeune médecin fasse une thèse sur ce sujet m’épate :)

    Pour ma part, j’avoue que je suis assez sceptique sur les études citées, bien que profondément ravie qu’un médecin se penche sur la question.

    J’ai pu aussi bien voir des bébés très sensibles à la poussée dentaire (ma fille…) et d’autres pour lesquels une nouvelle dent était une découverte inopinée par le parent, sans aucun « symptôme » (les chanceux … ). J’ai du mal avec les conclusions comme « salive en excès n’est pas forcément synonyme de poussée dentaire ». Et si, pour certains enfants, c’était un signe, et pour d’autres, pas ?

    Ma pédiatre m’a dit que les signes avant-coureurs de poussées dentaires étaient systématiquement les mêmes pour chaque dent. Autrement dit, vous avez observé une hypersalivation et une diarrhée juste avant la 1ère dent? Ca sera de même pour toutes.

    Pour ma fille, je confirme. Je peux quasiment prédire chaque dent (elle en a sorti 16, reste 4) grâce à la forme caractéristique de son érythème fessier « dentaire » (mais bien sûr que l’érythème c’est multifactoriel).
    Je me rappelle encore avoir dit à mon groupe de potes, l’été dernier : « elle a les fesses en feu, elle bave comme un crapaud, il y a une dent qui sort ». Le lendemain matin, sa 6ème dent avait percé.

  10. L’arrêt de l’allaitement maternel suite à l’apparition des dents de bébé a particulièrement retenu mon attention. A mon avis, cette affirmation n’est pas exacte car le bébé peut et doit être toujours allaiter jusqu’à ses deux ans.

    • Oui bien sûr on est bien d’accord…justement le but de cette thèse est de dénouer le vrai des croyances populaires…L’auteur nous dit bien « D’autre part, l’apparition de la dent a longtemps été un signe de sevrage : c’est moins vrai à l’heure actuelle, … ». C’est malgré tout encore présent dans l’esprit des gens, surtout ceux qui ne connaissent pas bien l’allaitement maternel…
      J’avais fait une petite synthèse biblio justement sur le sujet du sevrage naturel, qui allait bien au delà de la date des sorties des dents…Ouf !
      http://allaiterbonheuretraison.wordpress.com/2012/03/01/sevrage-naturel-quand-et-comment/

  11. Pingback: Remèdes populaires aux poussées dentaires | Les Vendredis Intellos

  12. Bonjour,
    Perso, je dois reconnaître que quand notre fils avait environ 3 mois, on a cru qu’il faisait ses dents. On nous avait dit « oh, il salive beaucoup, c’est les dents ! », et ça coïncidait pile poil avec deux nuits pendant lesquelles il s’est réveillé en pleur, inconsolable, alors qu’il faisait ses nuits depuis plus de deux semaines (20h-8h). Et en plus, bien évidemment, il mettait tout à sa bouche.
    Finalement, au bout de quelques semaines, il a bien fallu se rendre à l’évidence, ce n’était pas les dents…
    La salivation a continué a être abondante (apparemment, vers 2 mois, les glandes salivaires se mettent à fonctionner à fond), et à tout mettre à sa bouche (ben oui, les bébés, dès que c’est capable de prendre quelque chose, ça n’a qu’un seul objectif, le mettre à la bouche). On a continué à nous dire « oh, mais c’est les dents ! », mais on ne se fait pas avoir deux fois…
    Bébé a maintenant 7 mois, et là, je pense qu’il fait VRAIMENT ses dents :
    -Il y a un peu moins d’une semaine, il s’est réveillé deux nuits de suite en pleurs, inconsolable, alors que ça n’était pas arrivé depuis ses 3 mois.
    -Depuis quelques jours, il a les joues rouges.
    -Depuis samedi (on est jeudi), ses fesses sont irritées, alors que ça ne lui est JAMAIS arrivé, et qu’elles étaient nickels la veille. On le change toujours dès que sa couche est sale, et on lui met du liniment à chaque change, donc ses fesses ont toujours été impeccables. Du coup, depuis samedi, on lui met une crème adaptée, et ça va mieux.
    -Je ne sais pas vraiment si c’est lié, mais depuis à peu près une semaine, ce n’est pas systématique, mais il lui arrive de ne plus finir ses purées et compotes, alors que d’habitude il finit tout, surtout la compote dont il raffole. Et parfois même, il ne finit pas, voire refuse son biberon ! Hier soir, il n’a rien voulu boire, alors que le soir, il ne boit que du lait pour le moment. J’ai lu qu’une pression sur la gencive pouvait soulager la douleur, mais qu’au contraire, la succion pouvait l’accentuer car cela provoque un afflux de sang au niveau des gencives… Info ou intox ?
    -Aujourd’hui, la nounou a dit à mon mari qu’elle avait touché la gencive, et qu’elle avait senti que la gencive était percée, mais que la dent n’est pas encore sortie. Donc je suis pressée de rentrer à la maison afin de constater ça par moi-même !
    Donc perso, je ne suis pas du tout convaincue que l’hypersalivation et le fait de tout porter à la bouche soit un symptôme de poussée dentaire, en tout cas, pas chez mon fils.
    Par contre, les joues rouges, l’érythème fessier chez un bébé qui n’en a jamais, les réveils nocturnes en pleurs, chez un bébé qui fait ses nuits depuis des mois, j’ai bien l’impression que ça peut être le signe d’une poussée dentaire. Chez le mien en tout cas. Ou alors, c’est vraiment une sacrée coïncidence…
    Après, je pense qu’il n’est pas impossible que cela se manifeste différemment en fonction des bébés.

    • J’ai oublié un élément important ! Notre fils bavant beaucoup depuis longtemps, on nous disait souvent que c’était les dents, et certains ajoutaient « est-ce que ses selles sont vertes ? ». Franchement, moi, je ne connaissais pas le truc des selles vertes… Mais effectivement, depuis une semaine (depuis mardi donc), ses selles sont vert épinard alors qu’il n’a rien mangé de vert depuis le vendredi précédent ! Et la première dent a percé jeudi, la deuxième, samedi.
      Je trouve quand même que la coïncidence est grande ! Vous connaissiez vous le truc des selles vertes ?

      • Merci pour ces informations complémentaires. Je vais regarder ces éléments d’un peu plus près. POur les selles vertes, certains évoquent aussi « les selles acides »… je crois qu’on en parle dans la thèse. JE vais m’y replonger. A très bientôt

  13. Pingback: Intolérance/allergie aux protéines de lait de vache (PLV)… entre autres | Maman Ours

  14. J’affirme haut et fort qu’il existe un lien entre tous ces symptômes et la poussée dentaire, et ce des mois à l’avance.
    Mon fils ne s’alimente que très peu 2-3 mois avant l’éruption de la dent (à partir du moment où elle travaille), jusqu’à l’éruption. Il remange comme un ogre dès le lendemain de la percée.

    il a une otite chaque semaine durant tout le travail de la dent (donc durant 2-3 mois). Dès qu’elle sort, fini !

    • ah, j’aime bien en général quand les gens sont tellement sûrs d’eux qu’ils ne peuvent s’empêcher de clamer « haut et fort » ! Malheureusement sur la base de leur expérience personnelle… qui n’a que très peu de poids face aux études scientifiques correctement menées.. et c’était bien là le propos de l’article : voir que nos sens nous trompent. La méthode scientifique permet justement de laisser de côté tous les biais de notre cerveau qui nous empêchent de conclure de manière fiable.

  15. Pascale72 vous dites vous même « Par contre, personnellement j’ai eu affaire aux joues rouges, aux gencives boursouflées et endolories (peut-être tout de même + que 4 jours, mais pas des mois non plus !) », vous semblez donc convaincue que malgré ce qu’en disent les études, pour ces symptômes là au moins ils sont du aux dents parce que vous l’avez vu sur vos enfants. Je trouve ça dommage que les gens qui n’ont pas expérimenté une chose aient du mal à croire l’expérience d’autres.
    Je veux bien m’intéresser aux études mais franchement étude scientifique ou pas on ne me fera pas croire, pour ma fille, que beaucoup de choses que je remarque ne sont pas dues aux dents. Je commencerais par dire que toutes les dents n’ont pas eu exactement les mêmes effets, ou alors qu’à l’époque nous n’avions pas pu en noter certains (pas encore diversifiée, justement parce qu’elle ne voulait pas la cuillère, peut-être à cause des premières dents !), donc j’imagine aisément que l’étude même sur 8 mois n’ait pas pu permettre d’observer certaines choses.
    Pour notre fille les choses sûres sont : ses difficultés à manger les purées à la cuillère, son sommeil plus ou moins perturbé, les selles molles : je ne dis pas diarrhée parce qu’au final je ne suis pas sûre que ce soit vraiment de la diarrhée, par contre ce ne sont pas ses selles « normales » (moulées). Elle a également fait de la fièvre 2/3 jours avant que sa dernière incisive ne perce mais ça n’était pas arrivé pour toutes les dents précédentes, il lui est arrivé occasionnellement d’avoir les fesses et les joues rouge mais ça reste rare et pas forcément juste avant une percée mais plutôt pendant la préparation des dents. Notre puce est allaitée depuis la naissance, elle a bientôt 16 mois et cela fait 2 mois que « nous sommes dans les dents » : les dents se sont préparées incisives et prémolaires, l’incisive a percé, une première prémolaire est visible mais toujours pas vraiment percée, les 3 autres sont en partie prête (gencive plus épaisse) mais loin de percer à mon avis… la galère n’est donc pas finie. Je pense que le comportement de notre puce en est également altéré mais là plus difficile effectivement d’évaluer ce qui vient de l’enfant qui grandi ou des dents.
    Quand les dents se calment notre puce dort et mange nettement mieux et ses selles redeviennent normales. Après chez certains enfants les parents ne voyent aucun symptômes, franchement je les envie mais ce n’est pas le cas de notre puce !

    • Je suis désolée si les résultats des études vous déplaisent…La réaction classique est bien trop souvent « mon expérience me dit cela » donc ‘j’ai raison » mais c’est bien plus compliqué !
      LEs expériences perso. sont une chose importante et nécessaire pour alerter…mais elles sont forcément toujours entachées de raccourcis de pensées et de mauvaises interprétations… (la terre est ronde, pourtant j’ai beau observer, je la vois tout à fait plate)
      Bref, les expériences perso sont de loin, bien inférieures aux études grande échelle.
      Ceci dit, c’est vrai que pour les petits dont de nombreuses dents sortent de façon assez rapprochées, les inflammations sont forcément là et assez longtemps s’il y a chevauchement (ce que ne contredisent pas les études) mais de là à dire que les infections ORL à répétition sont liées aux dents et qu’elles s’arrêtent pile poil le lendemain de la sortie…j’ai un peu de mal.
      Oui j’ai observé personnellement quelques symptômes mais pas pendant des mois.

      • Même mon ORL m’a dit que son expérience de professionnel lui permettait d’affirmer que de nombreuses otites se déclaraient durant le travail des dents ; une fois celles-ci sorties, ses petits patients n’avaient plus besoin de lui….

  16. Il est évident que chaque bébé est différent et on ne peut pas dire que c’est à cause des dents ou pas.
    Je vais vous donner l’exemple de mon fils de 9 mois qui en 2 jours a déclaré: conjonctivite, selles molles et acides; rhino, otite, angine et début de bronchite avec en prime plus de 40 de fievre …. verdict 3 jours après monsieur a sorti 2 dents donc que l’on m’explique rapport ou pas avec une poussée dentaire…..

    Je pense que le monde médical est un peu dépassé par des évènements que l’on ne peut contrôler!!!

    • Le travail présenté ici, par cette thèse, est une démarche scientifique…Rien à voir avec des expériences personnelles et des « on m’a dit que » qui, quels que soient les personnes dont ces propos émanent n’ont aucun poids face une démarche plus globale.
      Nos cerveaux sont « faibles » (c’est ainsi !) et nos propres expériences ne nous permettent pas de faire la part des choses.
      Seule une démarche scientifique (pas faite par les médecins « praticiens » mais par des chercheurs ou mieux des organismes compétents comme l’OMS ou les revues Cochrane) permet de trancher.
      Pour l’instant, dans l’état actuel des connaissances, le lien n’est pas démontré.
      Maintenant, si on étudie plus longtemps avec plus de cas, on n’y verra peut etre quelque chose.
      Mais ce n’est ni vous, ni moi, ni l’avis d’un médecin (aussi compétent soit-il) qui permettra de faire avancer la chose.

      • Une maman connaît mieux son bébé qu’un scientifique (souvent homme – ce domaine étant plus prisé par eux) qui ne s’est jamais occupé de ses enfants ayant été très pris par son travail (pour être d’une certaine renommée, on a pas le temps d’essuyer les fesses des bébés).

        • Désolée si le résultat ne vous plait pas. Je n’y peux rien.
          La terre est plate, je le constate tous les jours…et pourtant.
          Je suis maman, scientifique, et vos propos me choquent.
          Bien cordialement

        • Ne peut-on simplement pas envisager que le scientifique et le parent aient deux connaissances différentes et complémentaires de l’enfant? Il est utile de prendre en compte le point de vue de l’un parce qu’il a une connaissance statistique, randomisée, et basée sur la recherche de causalité, mais il peut être utile aussi d’adapter le propos de l’un à l’expérience sensible de l’autre ne serait-ce que parce que les croyances peuvent induire des « vérités »: si un parent est très angoissé vis à vis des poussées dentaires, ce n’est pas une hypothèse très forte d’imaginer que ça puisse avoir des répercussions sur le vécu de l’enfant et donc en retour sur la perception du parent.

          • Oui tu as parfaitement raison. Je n’ai jamais dit que ce n’était pas important d’écouter les mamans… je suis bien placée pour le savoir. Ce qui me choque c’est de dire et d’affirmer haut et fort que les mamans savent mieux que les scientifiques hommes (vu que les femmes ne font pas de recherche visiblement)
            Et c’est exactement ce qu’ils font les chercheurs, partir d’un fait expérimental observé et voir si c’est un biais ou pas. Les ref. biblio utilisées dans cette thèse montrent bien que pour trancher ils ont pris en compte le ressenti des mères (via des questionnaires…) mais en regardant plus de paramètres et plus de cas.
            Bien sûr qu’il est important de prendre en compte le ressenti des mères et le mal être de l’enfant, de d’établir un bon dialogue (j’ai d’ailleurs mis en évidence cela dans un autre post. Pas le temps de chercher) ! ;-)

  17. Bonjour, petit témoignage qui me semble très objectif. Ma fille a maintenant 22 mois. Elle a eu ses premières dents à 12 mois, 8 d’un coup! Les 4 incisives du haut et celles du bas. Et bien elle a eu des réveils en pleure plusieurs fois par nuit qui ont duré une semaine. On pensait à des cauchemars ou simplement l’envie d’être encore plus collé à maman. Pas de fièvre, pas de joues rouges,un léger érythème fessier, on ne comprenait pas, on l’a même grondé! Et au bout d’une semaine 8 dents! Et son sommeil est revenu. Calme, d’une traite, avec un coucher serein comme il l’avait toujours été. On s’en est beaucoup voulu de l’avoir grondé et d’avoir perdu patience. Vers 18 mois, rebelote, les 4 canines et les 4 prémolaires, de nouveau des nuits perturbées mais aussi les siestes, là cela à durer 2 semaines car les canines sont arrivés quelques jours avant les prémolaires. En ce moment le sommeil est catastrophique, des réveils en hurlant toutes les deux heures! Cela fait une semaine que ça dure, et là elle a une légère fièvre le soir, 37.7 c’est peu mais quand même. Elle a ses gencives d’un blanc impressionnant, et se mord les doigts, ce qu’elle n’avait jamais fait avant. Elle a une otite associée. C’est sa troisième période de poussée dentaire, j’en suis sûr, dans quelques jours on verra les deuxièmes prémolaires du bas… Je pense qu’il y a réellement des symptômes liés aux poussées dentaires, je m’en suis assez voulu de les avoir à chaque fois pris pour des formes d’opposition (pas de dodo sans les bras de maman, voir le lit de papa et maman, pas de sieste etc)? Voilà voilà, mais après, chacun pense comme il veut, tant qu’on est là pour nos petits qui ont besoin d’être rassurés quand ils ont mal, c’est le principal ;-)

    • Merci pour votre partage d’expérience. J’ai déjà exprimé mon point de vue, basé sur les recherches en cours (donc ce n’est pas qu’une opinion) mais je me dis qu’il serait peut etre temps qu’on refouille un peu pour voir si les résultats ont évolué dans un sens ou dans un autre.
      Maintenant, oui, je suis bien d’accord, l’essentiel est que les parents soient à l’écoute, quelle que soit la cause.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s