De la difficulté de prendre de la distance et de la conserver

Pour avancer dans la vie et dans mes projets professionnels et personnels je tiens une résolution depuis plusieurs mois. C’est épatant d’ailleurs car c’est rare que je tienne si longtemps et c’est bien parti pour durer. Il s’agit d’une diète médiatique. Le principe (très avantageux) est simplissime : je choisis les informations dont je veux prendre connaissance. C’est un immense soulagement, franchement je revis !

Certaines atrocités arrivent à mes oreilles, on ne peut arrêter les conversations des gens autour de soi. J’évite de me focaliser sur ce que j’entends. Tout esquiver c’est autre chose, notamment sur les réseaux sociaux,. Mais ça filtre pas mal et j’en suis vraiment satisfaite. C’est un choix.

 

Professionnellement, je ne me sens pas incomplète. Je me concentre sur ce qui est constructif et positif. On entend de nombreux peuples réclamer le changement mais il ne tombera pas tout cuit dans nos assiettes. Pour ceux qui ne connaissent pas voici une parole de Gandhi à méditer :

“Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.”

 Et il était bien placé pour le dire et le proposer car il en a fait l’expérience.

 

Personnellement, je ne m’encombre plus d’événements auxquels je ne peux rien, j’ai suffisamment à faire avec mon entourage et moi-même ! La misère du monde existe, je ne la nie pas, elle ne m’indiffère pas et je travaille en partie contre elle, à ma petite échelle. En savoir trop, ne fera pas de moi une meilleure personne, ni une meilleure éducatrice de jeunes enfants.

 

Si j’écris ce billet, c’est parce que j’ai fini par prendre connaissance d’une énième tragédie infanticide, via un réseau social et d’un gadget inutile à propos des couches pour bébés. J’ai voulu lire les commentaires, suite à un lien posté sur une page. Souvent ce qui m’intéresse c’est d’abord ce que les gens en pensent, même si c’est souvent le même refrain. Mal m’en a pris, j’ai réagi. L’horreur des commentaires concernant l’infanticide est à la hauteur du fait divers. Ce n’est pas surprenant. Depuis toujours, les médias nourrissent les lecteurs, les téléspectateurs, les internautes de sensationnel que ce soit monstrueux ou hallucinant.

Je prends, en général, le parti de ne pas remuer tout ce tas de fumier nouvelles et encore moins de les diffuser. Donc, exceptionnellement, il n’y a pas d’extrait pour cet article. Je n’infligerai pas aux lecteurs les détails du fait divers en question. C’est accessible en long, en large et en travers sur le net.

 

J’ai bien conscience qu’on n’est pas tous à égalité devant les écrans, les magazines, les journaux quand on apprend des abominations. Alors, j’ai choisi de m’en protéger car dans le social, on est surexposé et ce que l’on voit et entend suffit largement, c’est souvent trop. L’idéal c’est de pouvoir évacuer sainement pour rester opérationnel.  Chacun a le droit de  réagir en fonction de son vécu, sa sensibilité et sa tolérance. Sauf que, à mon sens, le faire en public (hors de lieux prévus à cet effet : en analyse de pratique pour les professionnels, voire chez des spécialistes, chez soi entre adultes.) c’est réellement improductif et puis ça véhicule le mépris, la haine et la violence, tout ce contre quoi on ferait mieux de se battre. Cherchez l’erreur…

Pourtant, depuis les origines de l’Humanité, on a constaté que les émotions négatives comme la colère incontrôlée et incontrôlable entraîne son lot de conséquences, à moins d’être sacrément zen.

 

C’était un billet un peu éloigné du thème de ce blog me direz-vous ? Pas tant que ça, même pas du tout. L’infanticide pour en revenir à ce qui a déclenché mon « inspiration » est une profonde préoccupation en lien avec la petite enfance. La difficulté maternelle, paternelle est depuis récemment mise à découvert et pourtant c’est loin de générer de l’empathie.

 

Voici un lien pour aller plus loin dans la réflexion :  L’irrésistible attraction du fait divers par Daniel Salles

 
image trouvée ici
 
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3 réflexions sur “De la difficulté de prendre de la distance et de la conserver

  1. Merci beaucoup de ta réflexion! Je dois dire que la citation que tu proposes de Gandhi me parle énormément. Comme toi, je fais très attention à ce que je m’inflige ou non comme actualités et comme contenu d’une façon générale. Autrefois, je pensais que se protéger de tout cela était une forme de complaisance, une façon d’ignorer les vrais soucis du monde… à présent je suis persuadée qu’il faut apprendre à se protéger et que la connaissance de tous les faits divers les plus sordides n’aide fondamentalement pas à être quelqu’un de meilleur ni même de plus averti.

    • J’observe plusieurs catégories de personnes : celles qui subissent, celles qui veulent absolument être au courant de tout, celles qui filtrent et celles qui ne savent rien (souvent par choix) et au final celles qui avancent sont vraiment celles qui s’allègent. C’est comme tout : on choisit ce que l’on veut regarder en fiction alors pourquoi pas en réalité ?

  2. Pingback: Que faire de nos émotions ? [mini--debrief] | Les Vendredis Intellos

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