Jeunesse non reconnue, incomprise, mal écoutée… jeunesse de tous les dangers ? [mini débrief]

Quand on y pense, ne pas dormir la nuit, c’est usant, c’est éreintant, ça joue sur patience, moral et attention, on pollue Twitter et Facebook de nos messages de détresse, on en appelle à corps et à cris (mais version silencieuse pour pas les réveiller) à les voir grandir, passer à l’étape suivante, viiiiiiiite, pitié !!!! MAIS purée, ça va être assez coton aussi, la suite (si si, j’vous jure, on me l’a dit).

Et par « coton », j’entends : flippant, stressant, angoissant, désarmant, questionnant… (Bon, y’aura toujours le reste aussi, bien sûr : câlins, mots doux, fous rires, découvertes, ébahissement, fierté, admiration, bisous, tendresse, et tout et tout…).

En effet, les contributions que j’ai le plaisir de vous présenter cette semaine, je les ai trouvées tout à la fois passionnantes et effrayantes. Passionnantes parce que bien écrites et documentées. Effrayantes parce qu’elles concernent ou concerneront TOUS nos enfants sans exception, que ce soit directement ou par le biais de leur famille, de leurs amis, de leurs camarades de classe.

Qui n’a jamais vécu ou assisté à une soirée cuite entre jeunes (parfois bien jeunes, d’ailleurs) ? Moi, je n’ai commencé à toucher à l’alcool qu’à 18 ans, en devenant serveuse l’espace d’un été mais avant ça, j’en avais vu des amis « se mettre minables » comme on disait, et fiers de se raconter ensuite les frasques qui en avaient découlé. Car comme le souligne Mr Pourquoi, en relayant le Rapport préoccupant entre l’alcool et les jeunes, ce qui est grave mais peu mentionné dans cette attitude, ce sont les situations à risque engendrées par ces comportements alcoolisés : comportements violents, engueulades, agressions sexuelles, accidents de la route… Pourquoi ce besoin actuel (ou pas ?) de se rendre malade, questionne une commentatrice ?

Qui, encore, n’a jamais constaté les difficultés d’intégration au système scolaire des enfants un poil en-dehors du rythme officiel, du programme établi pour telle tranche d’âge ? A fortiori quand ils sont atteints d’un trouble reconnu comme l’autisme. Que peut-on faire pour comprendre le quotidien de ces enfants, que penser du dernier plan Autisme proposé par le gouvernement, répond-il vraiment aux besoins des familles, avec les moyens appropriés ? Mère Cruelle nous livre ses éléments de réflexion et ceux, relativement sceptiques et documentés, qu’elle a pu lire ça et là.

Qui, enfin, n’a jamais subi ou été témoin de violences scolaires ? L’article cité par Une Jeune Idiote ainsi que son témoignage m’ont ramenée plusieurs années en arrière, dans une période pas la plus rose de ma vie : le collège ! Notre contributrice évoque bien sûr les violences entre « jeunes » – qui ne s’accroissent pas forcément au fil des ans mais dont le degré de violence semble être soumis à l’escalade – mais surtout, elle nous raconte les violences (verbales et même physiques, même si on pense que cette époque est révolue), plus taboues et difficiles à enrayer, des enseignants à l’égard des élèves. Des adultes qui humilient (à un point terriblement blessant voire destructeur pour un enfant en pleine construction de son estime de soi et prise de conscience de ses capacités), qui molestent parfois, qui raillent, qui laissent faire… Des adultes dont le statut ne permet que peu de marge de manœuvre pour les parents des petites victimes, qui n’ont souvent d’autre alternative que « faire avec » ou quitter l’établissement. Reluisant, n’est-ce pas ?

On peut se dire qu’on a tous vécu ça à des degrés différents et qu’on est toujours là aujourd’hui, qu’on est pas devenus des gens inaptes à vivre en société et qu’on a réussi (ou pas) à poursuivre des études, que l’on a trouvé notre voie (ou pas), construit la vie que nous voulions… Ce qui n’est pas forcément vrai pour tout le monde. Et quand bien même. Combien de séquelles à traiter. Elles ne sont pas toutes directement liées à ça, ce serait mentir mais purée, le jour où nous pourrons confier nos enfants à l’Education Nationale sans craindre pour leur intégrité morale (a fortiori physique !!!), leur confiance en eux, leur apprentissage de la justice… purée… et bien ça voudra dire que le monde aura changé, en fait ! Car tout ceci n’est que le triste reflet de la réalité, du monde « adulte » qui suit – et que je préfère pourtant à l’enfance, personnellement, pour la liberté d’action que j’ai, au moins ! (Bon désolée, j’espère que je ne vous ai pas trop plombés mais c’est vrai que l’article d’Une Jeune Idiote m’a rappelé tellement de souvenirs…)

Pour conclure, je ne dirai qu’une chose : j’espère trouver la force et les ressources les plus appropriées, le moment venu, pour aider mes enfants face à ces diverses « épreuves » (entre autres) qu’ils pourraient rencontrer : gestion de la découverte de l’alcool, accompagnement du handicap, révolte et dénonciation contre les violences scolaires !

Madame Sioux

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Une réflexion sur “Jeunesse non reconnue, incomprise, mal écoutée… jeunesse de tous les dangers ? [mini débrief]

  1. Merci beaucoup de ton débrief!! Je partage entièrement le voeu que tu formules en guise de conclusion. Pourvu que nous arrivions à être des parents « suffisamment bons » dans toutes les épreuves qui les attendent encore…

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