Parents, enfants « c’est que du bonheuuuuurr !!!! » [mini-debrief]

Oui, ok, c’est de l’ironie pour ceux qui comprennent pas le 1e degré 1/2.

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Cette semaine, trois contributrices ont apporté leurs lectures sous différents angles, autour de ce qu’on pourrait nommer la face cachée de la parentalité. Au delà de cette belle injonction du bonheur et de l’épanouissement permanent que DOIVENT vivre TOUTES les femmes lorsqu’elles deviennent maman (ne pas penser à Lynette Scavo et ses adorables terreurs !), que se passe t’il lorsque la porte de la maison se ferme sur cette jolie famille modèle ?

Remises en question de la décision initiale (ais je bien fait de faire des enfants ?), remise en question de ses principes (j’en ai marre de ceci, de cela, alors qu’avant c’était une situation que j’idéalisais et dont je rêvais), remise en question de ses projection du parent qu’on pensait être (je ne suis pas aussi patiente/heureuse/épanouie/présente/joueuse/à l’écoute/autoritaire/etc… que je pensais), remise en question de ses propres limites en tant qu’être humain indépendamment de la notion de parentalité (avant j’avais tout le temps besoin de dormir 9h par nuit, et là je me rend compte que ça va si je dors 5h … en coupé !), remise en question de l’enfant idéal (mon enfant n’est pas comme je l’imaginais, il est trop ceci, pas assez cela) et donc au fond de tout ça… c’est la question de l’amour que l’on se porte à soi même et celui qu’on est capable à la fois de donner mais aussi de recevoir de la part de notre enfant.

 

Ainsi,Mickaeje44 partage avec nous sa lecture de No Kid, de Corinne Maier. Le titre se suffit à lui même : l’auteur propose un réquisitoire féroce contre l’enfant, manifestant clairement son opposition à l’apologie actuelle du bonheur obligatoire d’avoir des enfants !Mickaeje44 nous parle de cette notion de bonheur qui se trouverait bien entendu dans la parentalité, alors que la notion même de « bonheur » est très récente, cette exigence (et injonction !) du bonheur fait partie de nos sociétés modernes qui n’ont plus à gérer la notion de survie.

J’ai regardé et donc écouté la vidéo mise en lien avec l’interview de Corinne Maier, auteur de No Kid, et même si j’ai du mal avec le discours « l’enfant est une plaie » car même si je comprend, conçois et vit certains mal êtres de la maternité, mais je n’aime pas le discours unilatéral qu’on trouve là. J’aurais préféré un discours qui parle des deux côtés, des biens et des moins biens, mais évidemment ça n’était pas le propos initial donc je n’avais pas cette attente. Cependant j’ai vraiment BEAUCOUP apprécié le propos de l’auteur manifestant son désarrois face au fait que d’un côté un surinvestit énormément l’enfant à venir (la grossesse), le bébé nouveau né, le petit … Et dés qu’il grandit un peu (après 1 mois quoi !), on veut le faire rentrer dans le moule, on veut qu’il nous laisse tranquille, la société lui donne peu la parole, qu’il soit petit ou grand (ou même ado ou jeune adulte), on veut qu’il écoute, qu’il ne moufte pas et qu’il obeisse au doigt et à l’oeil, l’école lui impose des semaines de dingues que même les adultes n’accepteraient pas … bref, elle se questionne sur le fossé entre les deux situations… et ça me parle fort ça, car c’est un gros questionnement que j’ai, moi qui tente justement de laisser la parole à mes enfants, de ne pas exiger d’eux, simplement, ce que moi je n’accepterais pas. Mais ceci est un autre débat donc je m’arrêterai là ;-) ). et connaissant des personnes n’ayant (et ne voulant) pas d’enfant, c’est clair que dans notre société, si on ne veut pas d’enfant (encore plus en tant que femme), on est regardé de travers… somme toute, dés que l’on sort du moule, en fait.

 

De son côté, Carpe Diem partage avec nous sa lecture de Il n’y a pas de parents parfait, d’Isabelle Filizat, et de la pression que nous, parents, nous nous mettons en permanence. Alors qu’au delà du cercle restreint « mère, père, enfant(s) », il y a la famille, les amis, les voisins, le village, le quartier…. Jusqu’il y a pas si longtemps que ça, un enfant était de ses parents mais recevait l’éducation (et l’attention) de la vie de la part de bien plus de personnes ! La situation que trop de jeunes mamans vivent actuelles (et Dieu sait si je l’ai mal vécu !) d’être seule chez elle face à son bébé toute la journée et de se sentir perdue, c’est une situation très récente… et finalement très difficile dans pas mal de cas. Mais l’injonction du parent parfait fait que cette même jeune maman va se mettre une pression énorme à se dire qu’elle DOIT savoir gérer seule son quotidien avec son petit, vu que c’est comme ça que notre société fonctionne. Qu’importe qu’elle rêve de prendre une douche sans courir, qu’elle rêve de manger un vrai repas ou de faire une sieste pour récupérer, elle DOIT gérer sans demander d’aide… alors que ça serait chouette en fait que la société fonctionne de manière à ce que d’aide il n’y ait pas à demander… que cette aide vienne naturellement lorsqu’un couple accueille un enfant dans sa vie (et je me rappelle avec émotion mon adorable voisine … pas française tiens … qui m’a offert pleins de petits plats chauds et bons à chaque naissance chez nous ! que ça faisait du bien !) .

Enfin, Drenka partage à la fois sa lecture de Ma vie avec les chimpanzés, de Jane Goodall (précision : livre écrit à l’attention des enfants) et son vécu sur cette question des limites, de comment les poser, de comment fait on lorsqu’elles ne sont pas écoutées ou entendues. Ceci alors que l’on souhaite être dans l’écoute de l’enfant et ne pas tomber dans de l’autoritarisme sec et dur. C’est clair que c’est très difficile de parvenir à ne pas trop mal vivre certaines situations lorsqu’on a l’impression qu’elles nous échappent. Alors personnellement j’ai souvent constaté que nos enfants sont très souvent là pour nous pousser aussi dans nos retranchements, nous faire poser nos bonnes questions sur nos limites, sur nos manières de les exprimer, si nous sommes clairs dans nos demandes. à chaque fois que j’ai voulu en finir avec certaines situations qui devenaient vraiment toxiques pour moi (et que mes enfants étaient à un âge cohérent avec l’expression de mon besoin hein) genre comme récemment où les enfants se réveillaient 10 fois dans la nuit, que le sommeil devenait une question de survie, alors si j’exprimais une chose (ce matin je ne me lève pas avant telle heure !) il fallait que dans ma tête je sois vraiment totalement convaincue de la chose, et que ça soit clair que AUCUNE situation (sauf santé évidemment) ne ne fera changer de cette position. Et les 9/10e du temps ça fonctionnait. Mes enfants m’ont sentie claire avec eux mais surtout avec moi sur l’expression de cette limite et ça allait. Le 1/10e c’est les coups de blues, les bobos, les cauchemards, les angoisses… Evidemment je ne propose pas de méthode toute faite, mais que vraiment quand on est clairs avec nous même, qu’on parvient à exprimer et verbaliser notre besoin dans une situation donnée, souvent l’enfant obtient sa réponse. Les enfants ne sont pas des manipulateurs, ce sont des personnes qui ont besoin de situations claires essentiellement. S’ils sentent que malgré un discours X, dans notre tête on pense que oui ça sera X, mais que s’ils insistent ben on fera quand même Y (se relever la nuit par exemple) alors ils vont nous pousser jusqu’au bout de notre décision pour nous pousser à être clairs… En soit, nos enfants nous obligent souvent à être honnêtes vis à vis de nous… Si ma fille de 4 ans vient encore parfois dormir dans mon lit malgré mes discours répétés que non je ne veux pas, c’est qu’elle ressent qu’au fond ça ne me dérange pas tant que ça, ou que le fait de me relever pour l’emmener dans son lit est plus contraignant que de l’avoir à côté de moi. Je sais que quand je suis claire là dessus alors elle n’entre même pas dans ma chambre. Mais c’est très très dur d’être clair avec nous même déjà ! (précision : je n’affirme absolument pas que si vous n’obtenez pas ce que vous vouliez (sevrage, etc…) c’est que vous n’étiez pas claire  hein, jamais de la vie je n’irais penser un truc pareil, c’est que je partage juste un ressentit très fort lié à une expérience faite très très souvent, donc conclusion  sur MON vécu ;-) )

 

Maman Dragon

 

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