Le meilleur pain est celui de la maison* {Mini-débrief}

*Proverbe Catalan, et hommage au Briochin de Mme Déjantée!

Je crois que pour concevoir et mettre au monde mon fils, j’aurais difficilement pu faire plus médicalisé. Fécondation in vitro, risques de pré-éclampsie donc grossesse ultra surveillée, infection donc interdiction d’accoucher dans une maison de naissance (elles existent en Angleterre n’en déplaise à Odile Buisson), douleur soudaine, violente, continue et insupportable (avec une rupture accidentelle de la poche des eaux et un accouchement « par les reins »), morphine, puis péridurale, puis perfusion d’ocytocine, forceps… Et je ne parle  même pas de la semaine de cauchemar qui a suivi pour mon bébé, avec une escalade continue dans les soins où chaque intervention médicale semblait entrainer un nouveau problème…

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Ce genre d’expérience m’a un peu fâchée avec l’hôpital… Pourtant, si en Angleterre, l’accouchement à domicile (AAD) est conjointement  encouragé par le Royal College of Midwives (RCM)  et le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (RCOG),  la norme de l’accouchement à l’hôpital pèse encore largement sur les couples en France.

Sur les Vendredis Intellos, on tend à combattre cette norme et l’image terrible de l’accouchement à domicile qui est véhiculée par les médias, le confondant un peu trop souvant avec l’accouchement non assisté ou l’accouchement à domicile non planifié. Vous pourrez trouver sur  la base de donnée PearlTree les contributions sur ce thème.

Comparons donc l’accouchement à l’ascension de l’Everest…

La sage femme y serait alors guide de haute montagne… sa mission est d’accompagner à bon port le randonneur (c’est à dire la femme en travail et le bébé)… Les risques (les crevasses, les avalanches, etc…) existent ; mais son rôle est de les anticiper (ne pas partir quand la météo n’est pas favorable) et de les minimiser par quelques techniques simples (s’encorder, utiliser des chaussures à crampons, emporter du matériel de survie…). En aucun cas, elle ne peut faire l’effort à la place du randonneur, qui va devoir marcher, lutter contre le froid, la brûlure du soleil, le manque d’oxygène, et repousser encore et encore ses limites… En aucun cas non plus, elle ne pourra s’approprier l’extrême humilité et l’immense fierté de son randonneur parvenu, faible et endolori, au sommet…

Mais lorsque ça tourne mal, elle peut appeler l’hélico. Celui-ci ne demandera rien au randonneur, il le saucissonnera dans son brancard, le treuillera peut être sans mot dire et l’emmènera d’un coup d’hélice au sommet… Le randonneur ne pourra probablement pas ressentir dans son corps les mêmes sensations que celui qui y sera monté à pied, mais l’essentiel sera là:

Il sera vivant et prêt à se remplir les yeux du fantastique spectacle du soleil couchant sur la mer de nuages (je rassure les curieux: je n’ai jamais fait d’alpinisme ailleurs que dans mon imagination)…

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  • Pour de très émouvants témoignages d’accouchements à domicile, je vous invite également à lire les contributions de Vert Citrouille  et de Maybegreen.

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  • Pour d’autres contributions sur ce thème pas (encore) répertoriées dans la base de données, on peut aussi cliquer ici, ou encore ici.

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  • C’est d’accouchement à domicile que traite la contribution que je présente aujourd’hui. Supamam, après avoir lu un article consacré à un reportage sur l’AAD.  nous expose sa réflexion sur l’accouchement à domicile:

Avoir le CHOIX, pouvoir « disposer de son corps », trop de femmes ont oublié qu’elles pouvaient choisir leur accouchement, et que non, nous ne sommes pas obligées de s’inscrire dès les premiers mois en maternité pour définir un projet de naissance qui ne sera pas respecté. Je reviens juste sur le choix de la position, je me souviens, que lors de mon accouchement, j’ai demandé d’une petite voix [comme si je dérangeais] si je pouvais essayer de pousser en étant sur le côté ! être obligée de demander juste pour que le personnel soignant soit à son aise o_O quand j’y repense je me foutrais des baffes !!! ^^

En définitive, Supamam constate que l’accouchement à domicile est synonyme de peur, et s’interroge sur les raisons de son choix (de ne pas y recourir): Serait-ce seulement par manque d’information?

Manifestement, le sujet n’a pas fini de faire couler l’encre –  ou plutôt, en ce qui concerne les Vendredis Intellos,  de faire cliqueter les claviers!

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Bonne lecture!

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2 réflexions sur “Le meilleur pain est celui de la maison* {Mini-débrief}

  1. Pingback: Le seul mauvais choix est l’absence de choix* {mini-débrief} | Les Vendredis Intellos

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