La lecture et l’enfant

C’est une fois de plus sur le thème de l’apprentissage lecture que se penchent mes lectures ces temps-ci, et c’est grâce à la bibliothèque volante des Vendredis Intellos que j’ai pu avoir entre les mains l’ouvrage La lecture et l’enfant de Bruno Bettelheim.

L’étude date un peu et s’est faite sur le continent américain, mais les idées restent valables aujourd’hui.

J’ai été tout d’abord marquée par la critique des manuels scolaires, qui sous pretexte de faciliter la tâche de l’enfant, se sont appauvris d’année en année.
Et ça je l’ai constaté sur un livre de lecture niveau CP que j’ai dans un de mes placards : des mots très simples, des phrases très courtes, beaucoup d’illustrations. Au final, rien qui ne donne vraiment envie de lire, parce qu’il n’y a rien d’intéressant à découvrir.

L’enfant est fier de pouvoir lire quelques mots, et il en tire une grande satisfaction. Mais son plaisir s’efface rapidement si les textes qui lui sont imposés insistent inlassablement sur les mêmes mots. Au lieu de découvrir une histoire intéressante, il répète comme un perroquet des mots vides de sens.

C’est ensuite le contenu même de l’histoire qui est remis en cause : des incohérences flagrantes pour l’enfant (parfois dans l’histoire elle même, parfois à cause des images erronées qui l’accompagne), irréalistes (personne ne s’y met jamais en colère par exemple), inintéressantes (pas d’épopée fantastique, d’aventures rigolote), etc.

[Les enfants] se plaignirent unanimement de la stupidité des histoires de leurs premiers manuels qui mettaient en scène de « gentils petits enfants » et ils étaient furieux qu’on ait pu les croire assez niais pour penser que les enfants étaient comme cela.

J’ai donc rangé le livre d’apprentissage et c’est dans les livres de sa bibliothèque (ou la nôtre, il a un penchant pour Calvin&Hobbes et Gaston Lagaffe ces temps-ci)  que l’Ainé s’amuse parfois à déchiffrer quelques mots : au moins le contenu l’intéresse.

L’autre point très interessant touche aux fautes de lecture. L’ainé n’en est pas encore là, cela concerne les enfants qui lisent des petites paragraphes entiers.

Nous pensons que la capacité de lire est gravement compromise lorsque la faute de lecture est séparée de sa signification profonde et attribuée à l’ignorance, à un manque de technique ou à un trouble neurologique, surtout lorsque rien de tout cela n’est justifié.
Nous pensons ensuite que les méthodes d’enseignement fondées sur de telles hypothèses détruisent la joie de lire. Nous pensons enfin que l’apprentissage de la lecture peut être facilité et le plaisir de lire considérablement accru si tous les aspects de ce que l’enfant implique dans la lecture (y compris ses fautes) sont considérés comme des faits interessant et si les fautes, au lieu d’être négligées, sont traitées d’une manière constructive. Cette attitude positive encourage la lecture parce qu’elle est fondée sur une acceptation réciproque qui renforce le respect de soi de l’enfant. Nous commençons par accepter provisoirement sa façon de lire et cette attitude lui permet d’accepter ce que nous attendons de lui : qu’il lise correctement ce qu’il a sous les yeux.

Concrètement, lorsqu’un enfant butte sur un mot, ou le remplace par un autre, c’est généralement ou une raison autre qu’un problème de déchiffrage : le sens de la phrase avec le bon mot le perturbe, lui fait peur, le rend triste ou confus…

Il convient dans ce cas de faire un commentaire positif qui explique le nouveau sens formulé par l’enfant (plus facile à dire qu’à faire j’imagine) et généralement l’enfant est capable tout de seul de se rendre compte de sa faute et de la corriger.

Pour le moment cela est très abstrait pour moi, j’espère juste être en mesure de m’en rappeler et de l’appliquer le moment venu.
Et que je saurai remettre intelligemment en question les méthodes de son enseignant s’il ne prend pas plaisir à apprendre à lire à l’école…

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5 réflexions sur “La lecture et l’enfant

  1. je suis toujours étonné qu’on parle de « faute » alors qu’il s’agit d’erreurs. Faute sous entend une transgression d’une règle morale. Je ne pense pas qu’on puisse être positif tant qu’on continue à parler de « faute d’orthographe ».

  2. Merci beaucoup de ta contribution!!!
    Je ne sais pas trop quoi penser de cette histoire de « faute » de lecture… autant je trouve ça hyper important de veiller à ce que l’enfant ne se sente pas en échec (parce que c’est décourageant, d’autant plus face à une activité qui requière une grande concentration comme la lecture…) mais de là à tout psychologiser…

  3. Pingback: Quelle école pour demain ? (MiniDebrief) | Les Vendredis Intellos

  4. Très intéressant ce rapprochement entre l’intérêt du ‘sujet’ et l’attention de l’enfant …

    Tout comme un adulte à qui on souhaiterait apprendre quelque chose de nouveau, si cela ne l’intéresse pas, il va s’en désintéresser !

    merci :)

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