Pédagogie Steiner – Les jardins d’enfants

Nous nous posons actuellement beaucoup de questions au sujet de la scolarisation. Nous ne sommes pas forcément fervents de l’école classique (j’expliquerai les raisons dans un prochain billet) et nous réfléchissons donc aux solutions alternatives. Récemment, nous avons visité en famille une école à pédagogie Steiner. Je vais donc vous présenter cette pédagogie de la façon dont nous l’avons perçu (je parlerai également de Montessori, Freinet et de l’IEF prochainement).

Rudolpf Steiner est un philosophe autrichien, fondateur d’un courant de pensée et de spiritualité : l’anthroposophie. Selon Steiner, il s’agit d’une science de l’esprit, d’un chemin de connaissance.

Les écoles Steiner s’appuient sur le principe que l’enseignant doit respecter l’individualité et l’originalité de chaque élève. Le cursus pédagogique se divise en trois grandes cycles appelés « septaines » pour les deux premiers. Le premier cycle, jusqu’à 7 ans est le jardin d’enfant. Vient ensuite les petites et moyennes classes de 7 à 14 ans et enfin les grandes classes jusqu’à 18 ans. Pour ce billet je vais me limiter au jardin d’enfant qui nous concerne actuellement.

Les jardins d’enfants Steiner : un endroit où il fait bon vivre

Un jardin d’enfants Steiner possède une ambiance familiale. La classe comporte une cuisine équipée et une grand table commune pour tous les enfants. Les repas sont pris sur place, après que les « élèves » aient mis la table, avec leur « jardinière » (c’est ainsi que l’on nomme la maitresse et je dois dire que je trouve ce terme parfaitement adapté). Cette dernière fait ensuite la vaisselle dans la classe. Cette pédagogie se fonde énormément sur l’imitation pour ce qui concerne la première septaine. C’est ainsi que les goûters sont préparés avec l’aide des enfants qui cuisinent également les produits issus du jardin potager qu’ils ont créé ensemble.

Un coin « sieste » est également présent avec des matelas, coussins pans, de tissus, paravents, etc pour que chaque enfant puisse se faire son propre espace à sa manière et qu’il se sente ainsi parfaitement à l’aise. Il existe de nombreux autres petits coins dans la salle de classe (vestiaire avec un petit bac pour chaque enfant pour qu’il puisse y ranger ses petites affaire : doudous, tututte…, un coin lecture dont je parlerai plus bas) et surtout de très nombreuses étagères regroupant les jeux et accessoires nécessaires pour les activités manuelles et artistiques, le tout à porter des petits mains des enfants.

Jeux libres, activités artistiques, manuelles et chants

Parlons maintenant plus en détail de la « pédagogie ». Les jardins d’enfants Steiner se basent sur le jeu libre et créatif. Pour Rudolf Steiner en effet, l’enfant doit au cours des sept premières années de sa vie, s’ancrer sur terre, s’incarner complètement dans son corps. Pour habiter pleinement celui-ci, il doit notamment former ses organes et ses sens.

 » Chaque jour, au moins deux heures sont consacrées aux jeux libres. Les jouets proposés sont constitués de matériaux naturels, de façon à stimuler le sens du toucher, et presque toujours réalisés à la main par les parents ou les enseignants : poupées de tissu et de laine, maison et animaux de la ferme en bois et en tissu, cheval à bascule en bois, dînette en métal… « 

On note en effet que l’ensemble des jouets sont très simples ce qui laisse le champ libre à l’imagination des enfants. Les poupées n’ont aucune expression faciale, de façon à ce que l’enfant puisse imaginer ce qu’il souhaite, il y a de nombreux objets trouvés dans la nature au cours des promenades hebdomadaires (morceaux de bois, pommes de pins, coquillages…) qui leur permettent de créer leur propre monde.

Une grande part du temps est également consacré aux activités manuelles et artistiques. Encore une fois, les matériaux naturels ont la part belle : bloc de cire pour le dessin, aquarelle fabriquée à partir de pigments naturels pour la peinture. La cire sert également aux enfants à modeler des objets ou créer leurs propres bougies. Ils apprennent également à travailler la laine en tricotant par exemple.

 » Le reste du temps est consacré à des chants, à des jeux chantés à des rondes et des contes. « 

Le côté musical est très développé dans cette pédagogie et permet une stimulation du langage ainsi que le développement de liens sociaux. Les élèves issus des jardins d’enfants Steiner présentent une très grande confiance en eux et s’intègrent très bien dans les classes dites classiques si ils sont amenés à quitter ce cursus. En ce qui concerne les contes, ils sont racontés par la jardinière et ce sans support papier. Pour les pédagogues Steiner, le fait de montrer une « image » de l’histoire aux enfants entravent leur imagination alors que le récit seul permet à chaque enfant de se représenter sa propre vision de l’histoire dans sa tête.

Une grande importance est apportée aux saisons, c’est ainsi que la décoration de la salle de classe, les chansons, les histoires ainsi que les travaux manuels sont guidés par les saisons.

 » Nous accordons beaucoup d’importance aux fêtes et aux cérémonies : elles servent à relier l’humanité aux rythmes de la nature et du cosmos. Les fêtes trouvent leurs origines dans les anciennes cultures, même si elles ont évolué avec le temps. Marquer par des célébrations festives les ambiances des différentes saisons de l’année enrichit la vie de l’âme. La célébration est un art. Il y a de la joie dans l’attente, la préparation, la célébration en elle-même et dans le souvenir qu’on en garde. « 

Les fêtes aident à les enfants à se connecter aux rythmes de la nature. Steiner estime qu’il est important de cultiver chez l’enfant un sentiment d’émerveillement, de gratitude et  de révérence. Le fait de célébrer les fêtes qui marquent l’année en créant une ambiance propre à chacun est enrichissant pour tous et nourrit l’âme des enfants. La préparation qui les entoure (bricolage, cuisine) est aussi importante pour l’enfant que la fête elle-même.

Qu’en est-il des apprentissages préscolaires ?

Après cet exposé on pourrait se demander, ce qu’il en est des apprentissages dits « classiques ». Dans les jardins d’enfants Steiner, il n’y a pas de contenu scolaire à proprement parler. Les enfants ne réalisent aucune activité de préparation à la lecture, l’écriture ou aux mathématiques. Ils apprennent uniquement à écrire leur prénom pour personnaliser leurs dessins et compter pour mettre la table.

Selon Steiner, le fait de laisser à l’enfant le temps de vivre pleinement son enfance, de jouer, de se construire, va permettre à l’humain en lui d’accéder à son plus haut potentiel. La motricité, la créativité et la vision très bien développées permettront un apprentissage facilité de la lecture et de l’écriture à partir de 7 ans.

Ainsi aucun livre n’est à la disposition des enfants dans les jardins d’enfants. L’école a pour but de leur offrir autre chose de ce qu’ils ont à la maison en favorisant l’imaginaire.

École Steiner : une secte ?

En 1999, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les sectes (MILS) assimile les écoles Steiner à des sectes. Simultanément, plusieurs écoles sont inspectées. Suite à cela, les écoles Steiner portent plainte contre le député Jacques Guyard, auteur du rapport. Il sera condamné pour diffamation. En juillet 2001, Jack Lang, ministre de l’Éducation déclare que les contrôles n’ont pas révélé de dérives sectaires. Cependant les préjugés ont la dent dure. En raison du fait que la pédagogie se base sur l’anthroposophie (sans toutefois qu’il y ait enseignement de cette « doctrine ») et l’importance donnée au spirituel, de nombreux parents sont rebutés par ces écoles.

Coût de la scolarité

Je voudrais également parler de cet aspect qui peut freiner certains parents. En effet, les écoles Steiner en France sont  financées par les frais de scolarité. Ces derniers sont relativement élevés : 280€ par mois (cantine et fournitures comprises) et toutes les familles n’ont pas les moyens nécessaires pour pouvoir financer une telle scolarité.

« Un autre chemin pour l’école »

A la fin de notre visite, nous avons visionné un DVD présentant un documentaire intitulé « Un autre chemin pour l’école » écrit et réalisé par Guy Beauché. Ce film présente l’ensemble de la pédagogie du jardin d’enfants jusqu’au baccalauréat avec des témoignages d’élèves, de parents, de professeurs, d’un généticien (Albert Jacquard) et d’une psychopédagogue et formatrice en IUFM (Martine Lacour). Nous l’avons trouvé particulièrement représentatif de l’esprit Steiner avec « le bonjour en chanson », les chants avant le repas, les apprentissages de nombreuses techniques manuelles (couture, tricot, modelage, sculpture sur bois, forge…), les jeux à base d’objets récupérés dans la nature… Ce reportage montre également une connexion entre les enseignements classiques « au collège »  et les techniques manuelles : modelage d’un crâne humain en cours de biologie, utilisation des mathématiques en menuiserie… Ce qui m’a le plus marqué dans ce film est la présentation du « chef d’œuvre » des enfants en fin de dernier cycle : cette création artistique est tout simplement exceptionnelle que ce soit un tableau, un ballet de danse ou  une sculpture sur bois (un dauphin en taille réelle hyper réaliste). Le talent artistique de ces enfants est tout simplement époustouflant.

En revanche ce film présente un défaut selon moi : il fait totalement abstraction du côté spirituel de cette pédagogie. Il présente l’apprentissage du « Roman de Renart » mais pas du tout des « Saints » qui sont pourtant étudiés la même année. Je trouve cela dommage (que l’on adhère ou pas à cet aspect de la pédagogie) de ne pas du tout parler de ce point pourtant présent de manière importante dans cette pédagogie.

Ce documentaire reste toutefois une très bonne synthèse rapide (52 min) de cette pédagogie et peut être une bonne approche avant de se lancer dans la lecture d’un livre en parlant de manière plus approfondie.

Petit bilan

En ce qui nous concerne, nous avons réellement apprécié l’ambiance du jardin d’enfants, les matériaux bruts, la simplicité des jeux et le fait qu’il n’y ait pas d’enseignement à la « maternelle ». Toutefois ce type de pédagogie ne me semble pas adapté à tous les types d’enfants ni à toutes les familles (comme toutes pédagogies ?).

Les enfants des écoles Steiner sont particulièrement épanouis, bien dans leur peau, sûr d’eux (ce que l’on retrouve dans beaucoup de pédagogies alternative et difficilement dans le système classique) et surtout très créatifs et imaginatifs.

Je vous présenterait prochainement quelques autres pédagogies alternatives puis je ferai un petit bilan des points positifs et négatifs de chacune.

Vous pouvez me retrouvez sur mon blog ICI ou sur ma page Facebook

Références :

Les citations de cet article sont issus du livre : « Montessori, Freinet, Steiner… une école différente pour mon enfant ? » Marie-Laure Viaud, Nathan, ISBN : 978-2-09-278234-7

Pour aller plus loin vous pouvez également lire le magazine Grandir Autrement n°23

Pour connaître les écoles Steiner près de chez vous : http://www.steiner-waldorf.org/index.html

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17 réflexions sur “Pédagogie Steiner – Les jardins d’enfants

  1. « Les enfants des écoles Steiner sont particulièrement épanouis, bien dans leur peau, sûr d’eux (ce que l’on retrouve dans beaucoup de pédagogies alternative et difficilement dans le système classique) et surtout très créatifs et imaginatifs. »

    Mon mari a fait l’école Steiner du jardin d’enfants jusqu’à la douzième classe, on côtoie donc beaucoup de personnes ayant fait Steiner, je n’ai jamais trouvé qu’ils étaient particulièrement épanouis et bien dans leur peau… au contraire beaucoup sont complètement perdus dans la « société » car ils n’ont pas forcément les codes pour la comprendre ayant été pendant tout ce temps dans un milieu extra-protégé.

    Pour moi, même si la théorie est très intéressante, la pratique est appliquée différemment selon les écoles et les personnes qui les dirigent, certaines sont sans doute très bien, d’autres pas forcément.

  2. Merci DB pour ton retour d’expérience très intéressant.

    Effectivement j’ai axé mon article sur les Jardins d’enfants et dans ce contexte le côté très familial de cette école Steiner fait que nombreux élèves paraissent épanouis. Cependant cela ne reflète qu’une tranche d’âge précise et dans un lieu précis. Vous soulevez un point intéressant : « beaucoup sont complètement perdus dans la « société » car ils n’ont pas forcément les codes pour la comprendre ayant été pendant tout ce temps dans un milieu extra-protégé. » cela n’est-il pas un problème de choix d’instruction hors des normes définies par cette société (Montessori, Steiner, IEF, ect…) ? Cela ferez en tout cas un très bon sujet à explorer. Et comme dans toute école (malheureusement ou heureusement ?) l’enseignement diffère. J’incite donc les parents à visiter les écoles, plusieurs fois si besoin, à parler avec les professeurs, la direction. Mais surtout ne pas perdre vue que l’endroit parfait n’existe pas…

    J’aurai tout de même une petite remarque, le problème ne serait-il pas plutôt les normes imposées par notre société actuelle (compétition, jugement, aucun échec possible) ? Ne vaut-il pas mieux que nos enfants soient heureux aussi longtemps que possible plutôt que de les formater pour qu’ils s’adaptent dans la société actuelle. Je citerai encore une fois Margaret Mead en disant « Ne doutez jamais du fait qu’un petit nombre de gens réfléchis et engagés peuvent changer le monde. »

    Je ferai d’autres billets sur le thème de l’éducation prochainement.

    • Je suis tout à fait d’accord sur les normes imposées de notre société qui ne correspondent pas à mon sens au propre de l’homme, l’individualité, compétition… mais nous vivons quand même malheureusement dans un monde où nous devons travailler et trouver notre place les uns à coté des autres.

      Ce sujet est assez compliqué à aborder en quelques phrases, mais je note qu’avec l’expérience de mon mari, de ses amis d’enfances et de ses sœurs, il existe un formatage tout aussi important dans ces écoles. Il est peut-être plus acceptable pour certains mais cela reste malgré tout un formatage et dans le cas de mon mari on y prône la supériorité et la voie unique de réussir dans la vie car à Steiner on a apparemment tout compris…

      « Ne vaut-il pas mieux que nos enfants soient heureux aussi longtemps que possible plutôt que de les formater pour qu’ils s’adaptent dans la société actuelle. »
      Je ne sais pas trop comment définir ce bonheur… évidemment en tant que parents nous souhaitons tous protéger nos enfants au maximum, mais l’éduquer c’est aussi pour moi, lui permettre de s’en sortir plus tard, de faire ses propres choix et d’être ainsi heureux en tant qu’adulte. Je me dis qu’il est peut-être préférable de pousser un peu quand on est enfant plutôt que de devoir trainer toute sa vie des casseroles dont on ne se séparera jamais.
      Ce n’est pas parce qu’on donne à nos enfants les clés pour comprendre ce monde (un peu tordu) qu’on les formate. Au contraire, c’est lorsqu’on maitrise un sujet qu’on peut sortir du cadre en connaissance de cause.

      Mon fils aura 3 ans en juillet, il devrait normalement rentrer à l’école maternelle à la rentrée de septembre… nous nous posons des questions quotidiennement, moi pure produite de l’éducation nationale, créative et imaginative, bien dans mes pompes, mon mari pur produit Steiner, perdu entre ce qu’on lui a dit pendant 15 ans et ce qu’il est vraiment, la peur au ventre de ne pas rentrer dans le moule Steiner…

      Peut-etre sommes-nous des cas particuliers, en tout cas aujourd’hui je reste persuadée, peu importe l’école, je crois que l’ouverture d’esprit, la créativité, le bien-etre… viennent des parents et de l’éducation que nous donnons à nos enfants.
      c’est à nous de décider ce qu’on attend de l’école, nous, parents, avons aussi des responsabilités et on ne peut pas tout demander à l’école.

      • Vous dites : « Je me dis qu’il est peut-être préférable de pousser un peu quand on est enfant plutôt que de devoir trainer toute sa vie des casseroles dont on ne se séparera jamais. » Pour le coup je ne suis vraiment pas d’accord, je pense qu’à la maternelle nos enfants ne devraient pas être pousser pour apprendre telle ou telle chose. Laissons les être des enfants et profiter. Je trouve cela horrible qu’à la maternelle on soit déjà en train de juger les enfants en leur mettant des smiley.
        Je trouve toutefois votre expérience très intéressante sur le formatage dans ces écoles Steiner (je n’ai eu l’occasion que de visiter un jardin d’enfants) et je suis entièrement d’accord avec vous sur le rôle des parents. De nos jours, beaucoup de parents se servent de l’école pour tout déléguer aux enseignants. Je ferai prochainement un article sur la pédagogie Steiner pour les enfants plus grands et je suis ouvert pour de plus amples discussions (via mon mail par exemple ou ma page FB).
        Bien cordialement

        • « Pour le coup je ne suis vraiment pas d’accord, je pense qu’à la maternelle nos enfants ne devraient pas être pousser pour apprendre telle ou telle chose »

          Je vous rejoins sur ce point mais mon commentaire était plutôt pour des enfants plus grands.
          Et justement au vu de la réponse de « simplement moi », je pensais à mon mari et ses sœurs qui ont appris à lire vers 10-12 ans ce qui pour moi représente vraiment un frein à l’autonomie et à l’apprentissage.

          • Bonjour DB,

            vous voulez dire qu’il y a « aussi » des gens paumés à l’école Steiner ? Alors, c’est un peu comme ailleurs, non ? ;P
            Votre exemple me semble certainement davantage représentatif de rapports/problèmes familiaux que d’un type d’enseignement.

            Pour ma part, j’ai été surpris de constater la vitalité et la confiance en eux -et en l’autre- d’anciens de Steiner rencontrés, en soirée et ailleurs.
            Ils avaient visiblement les mêmes soucis que nous, du public (ah, cette satanée condition humaine ! ;), mais une façon de le vivre différente, qui laissait le champ ouvert à l’échange avec beaucoup de liberté.

            Bien cordialement

  3. Je me rends compte en lisant ce billet que les enfants que je gardais quand j’étais jeune-fille au paire était le matin (pour les plus grands) dans un jardin d’enfant très proche d’une école Steiner (on parle plus de Waldorf, là-bas, en tout cas c’est le nom que j’avais retenu). Le paradis !

    Les parents en étaient issus, aussi, de même que beaucoup d’autres de leurs amis. Avocats, ingénieurs, entrepreneurs… aucun artiste de profession. Et pas plus de dépressifs que parmi les amis de mes parents, j’ai plutôt souvenir au contraire d’une grande décontraction.

    En tout cas, les journées et soirées passées avec eux étaient très agréables, et ce qui me plaisait avant tout c’est que les adultes et les enfants n’étaient pas séparés. Je n’avais pas à faire garderie pour laisser les parents manger tranquillement, bien au contraire : tout le monde jouait ensemble (ce qui n’exclue pas des disputes, des chutes, de pleurs et des bagarres, comme partout !). Il y avait toujours des activités « artistiques » à disposition, beaucoup de jeux coopératifs (et pas que du foot, youhou !), et on chantait toute la journée ! :)

    Il y a une étude (je ne sais pas ce qu’elle vaut) sur les anciens élèves :
    http://www.steiner-waldorf.org/index.html

  4. Merci beaucoup de cette très instructive contribution! et merci aussi de nous faire partager tes questionnements à propos de l’école qui sont le lot de beaucoup (moi la première) même si les réponses ne sont pas toujours facile à trouver!!
    Je connais assez peu la pédagogie Steiner (quand on s’est posé la question de la scolarisation des enfants l’école Steiner était de toute façon bien trop loin de chez nous pour que cela soit une option envisageable…) mais certains aspects me semblent très intéressants. Comme toi, je pense que les enfants entrent trop rapidement dans les apprentissages systématiques au détriment du développement des capacités qu’ils ont naturellement: imitation, imagination, expérimentation, etc…

  5. Bonjour,
    @ OOps, je vous propose de venir à la maison quand on fait des fêtes entre potes, les enfants vont simplement où ils ont envie d’aller, dans la chambre, ou être avec nous dans le salon. On ne leur impose rien, ni de rester ni d’aller jouer ailleurs, et je suis issue de l’école publique si souvent décriée. Je ne pense donc pas que de laisser le libre choix de se déplacer dans une maison à un ou des enfants soit la particularité de parents issus de Steiner !

    Hormis ce point, je viens justement de faire la connaissance d’une petite fille qui me paraissait très à l’aise, qui avait visiblement confiance en elle, mais ne savais pas lire à 7 ans, et j’avoue que ça, ça m’a refroidit. Peut être deviendra -t elle ingénieure, mais sur le moment je perçois cela comme un déficit (qui sera sûrement comblé très vite, là je ne juge pas, je donne ma première impression).

    En ce qui concerne les jeux mis à disposition, il me semble que tous les jouets et tous les jeux apportent quelque chose de différent aux enfants, et justement chaque enfant étant différent (ce que semble prôner Steiner) chacun a besoin de jeux ou jouets différents.
    Amener les enfants en ludothèque, les faire se promener en famille dans des boix, près de lacs, à la plage ou à la montagne est l’éducation que chaque parent en fonction de ses moyens doit pouvoir donner, en dehors l’école qui sert à apprendre autre chose aux enfants.
    L’apprentissage et l’éducation sont des sujets vastes mais les parents ne doivent pas se reporter sur les enseinants ou sur l’école d’une manière ou d’autre !

    Bref, bon nombre de préceptes décrits dans cet article sont déjà en vigueur chez moi (mon plus grand a 2 ans et demi) sans même que je me sois posée la question de savoir si c’était une pédagogie particulière. Et il ira, comme moi (qui m’en suis très bien sortie dans la vie malgré des hauts et des bas comme tout le monde) en école publique !

    • Chez nous aussi ils peuvent aller où ils veulent ! Je ne parlais pas liberté de mouvements mais de jeux collectifs.
      Je n’ai jamais retrouvé chez d’autres personnes cette façon de chercher, chez les adultes, la compagnie des enfants. Et d’organiser (ce n’est pas le bon mot, car tout était très spontané) des activités pour tous, au milieu du repas. Un peu comme à un mariage, chez nous, où il y a parfois des animations entre deux plats.
      Il y avait bien sûr des moments de liberté où les enfants jouaient ensemble de leur côté; et les adultes papotaient de l’autre ; mais ce n’était pas l’objectif premier de profiter que les enfants soient entre eux pour discuter entre adultes.
      J’ai découvert là-bas les jeux collaboratifs (par opposition à compétitifs, comme le parachute : http://www.educatout.com/activites/complementaires/variees/le-parachute-un-jeu-complet.htm) et les activités « artistiques » étaient partagées : au lieu de « tiens, voilà des feuilles et des crayons », c’était « on fait une fresque ensemble ? ».
      J’ai adoré (et j’adore toujours autant), donc je reproduis à la maison. Du coup, c’est souvent chez nous qu’on se réunit… à la demande des enfants des amis, qui ne peuvent pas faire la même chose ailleurs (ni chez eux pour certaines activités).

      Concernant les jeux, je ne suis pas d’accord, tous ne se valent pas. Il y a ceux qui ouvrent l’imaginaire, ceux qui le fige. Ceux qui induisent un comportement et des stéréotypes, d’autres qui ouvre la perception. Offrir un déguisement de pompier à une fille, ou un poupon à un garçon, ce n’est pas neutre.

      J’ai eu plutôt de la chance dans l’école publique de mon enfance, mais ça n’avait quand même rien à voir. Le simple fait qu’il y ait un programme défini par tranche d’âge, ça change tout. Quoi de plus ridicule que de définir l’entrée en classe par année de naissance ? Il n’y a que quelques heures entre un enfant du 31 déc et un autre du 1er janvier, mais ils se retrouveront dans des classes d’un niveau de différence. Énorme, à cet âge-là !

      Concernant la lecture, l’école publique peut être aussi un frein : ma sœur savait lire avant d’entrer au CP, ce fût très difficile pour elle. Heureusement, arrivée au CE1, elle a eu un super instit qui lui à fait faire le programme de années en une seule, afin qu’elle apprenne à son rythme. C’était quand même ridicule de la forcer à apprendre le B-A-BA alors qu’elle lisait couramment. Je ne savais que reconnaître les lettres au même âge, et j’avais déjà trouvé l’année du CP d’un ennui…

      Quel importance de savoir lire à 5 ou 7 ans, pourvu que ce soit au moment où l’enfant est prêt et qu’il en a envie !

      Je suis bien d’accord de ne pas tout attendre de l’école. Mais dès qu’un enfant en sait un peu plus, un peu moins, ou différemment de la norme en vigueur, les parents et les enfants sentent bien qu’ils dérangent. Le simple fait que notre aînée soient bilingue pose déjà un problème au moment de la pré-inscription ; j’avoue que j’appréhende énormément sa première rentrée en septembre prochain !

      J’aurai le choix, je l’aurai clairement inscrite dans une école Montessori.

      • @ Oops : en fait je baigne dans l’univers des jeux, donc forcément ma vision est peut être un peu différente. (je suis en cours de création d’une ludothèque et je propose déjà des animations via mon auto entreprise). Les jeux collaboratifs je connais bien, donc, et les activités entre adultes et enfants, j’ai toujours connu ça depuis que j’ai des enfants. Et mes parents jouaient souvent, d’après mes souvenirs, avec nous. Quand aux stéréotypes, j’ai justement publié un article à ce sujet : http://www.simplementmoi.net/article-a-quoi-jouent-ils-2-a-la-dinette-a-la-marchande-a-la-cuisine-111107340.html

        Après, je te comprends, mettre des enfants dans une classe selon leur âge n’est pas forcément une bonne chose. J’ai moi aussi su lire avant l’entrée au CP, et pour tout te dire, je suis entrée un poil avant mes 3 ans car née fin décembre, j’avais justement un écart important avec d’autres nés plus tôt. J’avais quasi un an d’avance sur certains. Ce qui ne m’a empêchée, vu mon « niveau » de sauter deux classes, justement parce que j’ai appris certaines choses plus vite, celles qu’on apprend dans les petites classes. Bon, je suis sûrement tombée dans une école à l’écoute, je suis sûre qu’on fait pas ça dans toutes les écoles.
        Pour les langues justement j’avais envie que mon fils apprenne au moins l’anglais dès son plus jeune âge. Mais il n’y aucune structure de ce genre vers chez moi. ALors je lui fait regarder de temps en temps un dessin animé en anglais, je me dis qu’il y aura toujours quelques trucs qui rentreront !

        Quand à Montessori, j’attends ton article avec impatience du coup car je ne connais pas du tout.

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