Obésité, alimentation et désinformation

Voilà un article de Sciences Humaines qui m’a interpellée. Je suis en ce moment-même en pleine interrogation sur mon alimentation, je redécouvre des choses que je ne savais plus sur mes goûts, mon système digestif, ma sensation de faim… C’est donc tout naturellement que je me propose aujourd’hui de vous parler de cette question épineuse de l’obésité, et plus globalement d’alimentation.

L’article part avec le constat que

Les Français mangent plus gras, ont un peu plus de cholestérol et boivent beaucoup plus de vin que les Américains, et pourtant ils sont plus maigres – 7 % d’obèses contre 22 % – et moins souvent cardiaques.

J’étais loin de m’imaginer que les Français mangeaient plus gras que les Américains ! Comme quoi on peut se découvrir victime tous les jours d’un cliché, ça m’apprendra. Enfin bref, ceci ayant été dressé, les chercheurs américains ont décidé de se pencher sur ce qu’ils appellent « le paradoxe français » (hihi), et voilà ce qu’il en résulte :

Les restaurants français servent des parts plus petites que les restaurants américains. […] Les proportions données pour les mêmes recettes dans les livres de cuisine des deux pays correspondent à des parts de viande et de soupe nettement plus petites, et à des parts de légumes nettement plus copieuses, en France qu’aux Etats-Unis. Enfin, nous mangeons plus lentement : déjeunant chez McDonald’s, les Français y passent en moyenne 22,2 minutes contre 14,4 pour les Américains.

Ceci expliquerait donc cela.

En lisant l’article, j’ai été un peu partagée sur le ton utilisé : j’ai eu l’impression que l’auteur faisait une apologie de la culture alimentaire française, et ça ne m’a pas vraiment plu. Pour tout dire, je suis en total désaccord avec cette culture, qui, comme le dit l’article, n’est pas trop préoccupée des effets de tel ou tel aliment sur la santé. On a l’air d’oublier que ne pas être obèse ne signifie pas non plus être en excellente santé…

Evidemment, la culture française, c’est la gastronomie : patrimoine mondial de l’UNESCO ! Mais qu’est-ce qu’on veut préserver dans cette gastronomie ? Je remarque beaucoup de viande, de sauces, de gras. Les plats culturels de la France ? Selon un sondage Ipsos en 2011, le foie gras, le pot-au-feu et la blanquette de veau. Avec mes lectures récentes sur le végétarisme, j’ai voulu jeter un regard plus approfondi sur cette question de nutrition en France, qui à mon sens est un problème assez important. Outre l’obésité, qui ne fait qu’augmenter malgré le ton rayonnant de cet article de Sciences Humaines, les cas d’ostéoporose, de cancers… sont aussi alarmants, et liés à l’hygiène de vie, donc en partie à l’alimentation.

Voyons un peu ce que nous dit le site mangerbouger.fr à propos des produits laitiers et de la viande.

  • 3 produits laitiers par jour  (le fameux « les produits laitiers sont vos amis pour la vie »)

Pourquoi : parce que « Parce qu’ils nous apportent notamment du calcium et souvent de la vitamine D, tous deux essentiels à la construction du tissu osseux et à son entretien ! »

La vérité : les produits laitiers sont gras et acidifiants. Dans l’intestin lors de la digestion, le calcium du lait n’est pas entièrement exploité et est éliminé en assez grande partie dans les selles. En revanche, le calcium végétal, qui d’ailleurs se trouve en plus grandes quantités dans les épinards que dans le lait (400 mg de calcium pour 100 calories d’épinards contre seulement 250 mg pour 100 calories de lait), ce calcium  est immédiatement exploitable par le corps.

  • 1 à 2 portions de viande, poisson ou œuf par jour (pour les protéines m’voyez)

Pourquoi : « parce qu’ils nous apportent des protéines d’excellente qualité », ainsi que du fer, et des matières grasses essentielles comme l’oméga 3.

La vérité : la surconsommation de ces protéines animales « d’excellente qualité » favorise les maladies cardiovasculaires, le cancer du côlon, la goutte, les calculs rénaux, bref, que des trucs sympa. Alors qu’encore une fois, les protéines végétales sont plus facilement absorbées par le corps, et se trouvent en plus grande quantité. (35 g de protéines dans 100 g de soja, jusqu’à 25 g de protéines pour 100 g de légumes secs, contre seulement 22 g de protéines dans 100 g de viande et 13 g dans 100 g d’œuf)

Sachez que dans cette section, on vous dit aussi qu’être végétarien, c’est pourri (il vaut mieux associer aliments d’origine animale et végétale) et qu’être végétalien, à long terme, c’est dangereux pour la santé. Je cherche encore des études qui le prouvent.

Pour ce qui est de l’ostéoporose, on apprend que la consommation de produits laitiers apporte certes du calcium et de la vitamine D nécessaire à la consolidation des os, mais que ces produits laitiers, gras et acides, provoquent l’excrétion de ce calcium apporté et rendent l’opération quasiment nulle, voire même inquiétante, voici ce que je lis dans le Huffington Post :

Une étude, réalisée par des chercheurs travaillant pour l’industrie laitière américaine, (National Dairy Council) fut de donner à un groupe de femmes ménopausées 8 verres de 25cl de lait écrémé par jour pendant 2 années. Tandis qu’un autre groupe de femmes ménopausées ne devaient prendre aucun verre de lait pendant la même période. Le groupe « avec lait » consomma 1.400mg de calcium par jour et, au terme de l’étude, perdit 2 fois plus de masse osseuse que le groupe « sans lait ».

L’important n’est donc pas apparemment d’absorber énormément de calcium, mais de veiller à ce qu’il reste dans l’organisme et soit bien assimilé ! et comme je l’ai expliqué précédemment, le calcium végétal remplit bien mieux ce rôle que le calcium animal. Et ça, bizarrement, on n’en parle pas sur mangerbouger.fr…

Je pense que ce n’est pas très clair, mais voilà où je veux en venir : loin de moi l’idée de faire du prosélytisme végétarien, mais je suis plutôt dans l’optique : qu’est-ce qu’on nous dit, pourquoi nous le dit-on ? et est-ce que c’est vraiment bon pour nous, et pour nos enfants ? Simple exemple pour la viande : le site mangerbouger.fr nous conseille 2 portions par jour (viande ou poisson pour moi-même combat), et une portion est égale à 100 g. Or, je lis sur l’European Food Council qu’une à deux portions de viande par semaine sont suffisantes pour assurer les besoins protéiniques. Pour revenir au sujet de départ, l’obésité est due à plusieurs de facteurs, dont l’absorption de protéines, de graisses et de nutriments d’origine animale en trop grande quantité. Et je lis aussi ici :

Obésité, diabète, problèmes cardio-vasculaires, cancers, ostéoporose… La liste des maladies prévenues ou traitées par une alimentation végétarienne est longue et significative. La raison est simple: ne mangeant pas de chair animale, les végétariens absorbent des quantités infiniment plus faibles de substances nocives que les personnes consommant de la viande. En voici une liste non exhaustive: graisses saturées, choléstérol, toxines en tout genre, métaux lourds, pesticides et autres produits chimiques.

(on peut noter dans cette citation les pesticides, mais n’oublions pas aussi les hormones et les antibiotiques injectés au bétail pour qu’il soit plus performant, résistant, et qui se retrouve évidemment dans sa viande)

Pourquoi alors nous mentir ? Pourquoi vouloir absolument que chaque petit (et grand) Français absorbe 200 g de viande par jour ? Je me souviens, petite, qu’un repas facile à faire, c’était steak haché, coquillettes à la crème fraîche et en dessert, un yaourt aux fruits. Le matin, un grand bol de lait. Et moi qui n’aimais pas trop ça, j’étais effrayée par la menace des publicités qui me disaient que j’allais avoir les os brisés si je ne mangeais pas tous ces petits suisses… alors qu’en fait il n’en est rien.

Dans une société où on prône le libre-arbitre et l’esprit critique, je suis un peu atterrée de voir que même si on essaye de comprendre pourquoi « 5 fruits et légumes par jour » et « les produits laitiers sont nos amis pour la vie » en allant sur mangerbouger.fr, on se retrouve face à un mur de désinformation, un mur soigneusement édifié par les lobby du lait et de la viande. Est-ce cela que je veux transmettre à mes enfants plus tard ? Qu’il est absolument nécessaire de manger énormément de viande, de boire un demi-litre de lait par jour pour être en bonne santé ? Absolument pas.

J’ai envie que mon enfant se sente libre de manger ce dont il a besoin, car il sentira qu’il en a besoin. Et si, comme moi petite fille, il n’aime pas la viande, je lui trouverai d’autres sources de nutriments. Et si, comme moi petite fille, son lait de vache du matin ne lui sert qu’à tremper son pain, je lui trouverai du lait végétal qu’il boira, ou alors lui introduirait des boissons type infusions.

Voilà en fait où est mon réel « message » s’il en est, avec cet article : je trouve dommage qu’on n’ait pas accès à de vraies informations concernant l’alimentation (surtout pour les parents, qui sont si inquiets de voir leurs enfants bien grandir), à moins de farfouiller des heures comme je l’ai fait pour trouver des références à cet article. Je trouve aussi dommage qu’on ne fasse pas plus confiance aux enfants, qui, si on le leur permet, ressentent les besoins de leurs corps et mangent en conséquence. Qui, adulte, se forcerait à finir son assiette s’il sent qu’il en a trop pris et qu’il n’a plus faim ? Pas moi en tout cas. Et pourtant, on voit encore trop souvent des enfants forcés à finir leur assiette, alors qu’ils le disent, « j’ai plus faim ». Et « j’ai plus faim » pour un enfant peut aussi vouloir dire « j’ai plus besoin de manger cette viande ou cette purée, j’ai assez de ces nutriments. Par contre, j’ai peut-être quand même besoin de manger un fruit, pour les vitamines qu’elles vont m’apporter ».

Pour en savoir plus sur ce sujet qui me tient à cœur, je conseille la lecture du livre « Mon enfant ne mange pas », du Dr Carlos Gonzalez.

Pour plus d’informations sur la différence entre les nutriments d’origine animale et ceux d’origine végétale, rendez-vous sur cette fiche du site végétarisme.fr

Une Jeune Idiote

Vous pouvez retrouver cet article et bien d’autres sur mon blog : Elucubrations d’une jeune idiote.

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31 réflexions sur “Obésité, alimentation et désinformation

  1. et en complément : « maigrir sans régime » de JP Zermati et « maigrir c’est dans la tête » d’Apfeldorfer.
    Les règles diététiques changent tous les 20 ans, parfois plus souvent :-D.

  2. Le marché des produits laitiers en France appartient à 2 multinationales et le Cerin: Centre de Recherche et d’Etudes Nutritionnelles est leur agence de pub, c’est lui qu essaye de nous persuader que  » Les produits laitiers sont nos amis pour la vie  » avec la pub  » Paf, paf le loup » en direction des enfants .
    Quant à la viande, j’imagine que c’est pareil, le lobby des éleveurs doit être très puissant et puis, ça représente un tel marché, comment peut-on lutter ?
    Bon dimanche, je vais faire cuire mes légumes !

    • En faisant comme toi et en mangeant des légumes ? ;)
      En diminuant la demande, l’offre devrait suivre aussi.
      Quoique quand on sait qu’au Canada il y a surproduction, qu’ils jettent des tonnes de viande découpée et que ce sont les contribuables qui payent le manque à gagner, il y a de quoi se poser des questions sur la puissance de ces lobbies en effet…
      Merci de ta lecture ! Bonne journée.

  3. Super article, je me pose beaucoup de questions sur l’alimentation que je choisis pour ma famille, mon mari est fou de voir les pub sur les produits laitiers! Néanmoins il est difficile de changer les habitudes! J’y vais petit a petit! On s’est inscrit a une amap, et surtout j’aimerais trouver un bon guide alimentaire, une sorte de tableau aussi pour mieux me rendre compte des équivalences, des besoins et pouvoir équilibrer les choses avec les repas du soir…

    Merci pour cet article ;)

    • Coucou ! Merci de ta lecture !
      Il est vrai que c’est un peu compliqué. Moi qui me dirige vers un régime ovo-végétarien, je ne trouve pas beaucoup d’informations sur la manière de procéder à ce changement sans été carencée, et je n’ai aucune notion de diététique, alors je suis perdue… Et je pensais naïvement pouvoir trouver au moins des pistes sur les sites gouvernementaux mais quelle désillusion.
      Je sais que dans le guide alimentaire du Canada ils ont enfin ajouté le lait de soja en tant que produit de valeur nutritionnelle mais je n’ai pas eu le temps de le lire pour voir ce qu’il vaut, tiens : http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/food-guide-aliment/index-fra.php
      Bonne journée !

      • Il y a des guides sur le végétarisme que tu peux te procurer, généralement auprès d’associations de végétariens, par exemple celui-ci qui est pas mal : http://www.vegetarisme.fr/_pdfs/kitvegesdebutants.pdf

        Et aussi sur le blog Végébon (que j’aime bien, même si parfois ses recettes sont carrément « space », mais elle documente bcp) : http://vegebon.wordpress.com/2009/11/22/comment-devenir-vegetarien-recette-4/

        J’arrête avec les liens parce que sinon mon com’ ne passera pas.

        J’ajouterais juste que l’important, c’est de ne pas se précipiter. Je suis devenue ovo-végétarienne à 15 ans, sans transition, et les premières années ma santé a un peu pati d’un régime déséquilibré (sans que ce soit dramatique non plus… mais j’étais souvent anémiée à l’époque alors que maintenant je ne le suis plus du tout par exemple, et pourtant je ne prend pas de supplémentation en fer).
        D’abord c’était moins simple de me faire des menus différents en famille, ou à la cantine, alors que pour équilibrer un régime végétarien il faut pouvoir jouer sur tous les repas. Et puis ça nécessite de revoir en profondeur sa façon de se nourrir et de cuisiner.

        Aujourd’hui (j’ai 32 ans… ça ne me rajeunit pas tout ça) je suis « principalement végétarienne », càd que je ne me prend pas le chou pour un bout de lardon qui traine dans une tartiflette, mais je cuisine principalement végétarien chez moi, voire pas mal végétalien parce qu’on consomme peu de produits laitiers. J’ai appris avec le temps, les recherches, les expérimentations (parfois foireuses), l’habitude, … à cuisiner des alternatives à la viande et au poisson, comme le soja, les associations céréales/légumineuses, etc Le fait que je fasse moi-même mes courses et que les magasins d’alimentation biologique se soient développées aide beaucoup. Je me rappelle que qd j’étais lycéenne, je mangeais quasi uniquement des lentilles et des faux-steaks de soja comme source de protéines végétales, au point d’en avoir ras le bol…
        Aujourd’hui on mange des légumineuses au moins 4-5 fois dans la semaine à la maison, mais jamais les mêmes, c’est un peu plus motivant…

        • Si tu veux mettre plus de liens pas de soucis, c’est juste qu’il passe par la modération (moi en l’occurrence) et qu’il faut donc attendre que je repasse devant mon ordi pour le valider. ;-))

      • En tout cas, je crois avoir lu quelque pars, que les laits végétaux pour les tout petits, c’est pas bon du tout!!! En tout cas pour l’instant, mon but, cuisiner les légumes comme personne, objectif de fou!!!!! Du coup je cherche de bon bouquin de recette!!! Les site gouvernementaux? Hummm je ne pense pas que l’on puisse trop faire confiance, les LOBBY, je commence a détester ce mot! Je file découvrir ton blog!

        • L’article de l’ANSES dit que les laits végétaux ne sont pas adaptés à l’alimentation des bébés jusqu’à l’âge d’un an sauf les laits spécialement adaptés tels qu’on en trouve facilement maintenant pour les bébés allergiques ou intolérants, à base de protéines de soja ou de riz par exemple.
          Bref, pour moi c’est de la logique : on ne donne pas n’importe quel aliment à un bébé, surtout si c’est pour en faire la base de son alimentation…

          • Oui en effet, il existe des laits végétaux premier et deuxième âge pour les bébés, ce sont les boissons végétales « communes » qui ne sont pas adaptées, tout comme le lait de vache commun n’est pas adapté non plus, avant 1 an l’organisme du bébé ne peut pas prendre en charge ces boissons.

  4. Le scandale du cheval roumain a réveillé les consciences, les Français se méfient plus de la viande,pourvu que ça dure !!!

  5. j’ai un peu les poils qui se dressent en lisant cet article, je ne sais pas vraiment par où commencer…
    juste pour info et on le sait depuis longtemps, pas de Ca dans les épinards c’est une erreur de frappe lors de la première édition de la table des aliments…
    puis pour chacun des points cités il faut bien vérifier ses sources on peut facilement trouver tout on n’importe quoi dans certains bouquins
    préférez les études publiées sur des revue scientifiques sérieuses

    • Bonjour, merci de m’avoir lue même si apparemment le contenu de mon article ne vous a pas satisfait. J’en suis désolée. J’ai fait de mon mieux pour vérifier mes sources, qui sont aussi sérieuses qu’il est possible quand elles sont gouvernementales et sur internet. Bonne journée.

    • Après vérification, il semble que cette histoire de faute de frappe soit liée à la présence (du fait quasiment nulle) de fer dans les épinards. Qui sont par ailleurs réellement très riche en calcium ;)

      • Je tiens vraiment à m’excuser pour mon message précédent. En fait j’allais dire « mais »… mais il n’y a pas de « mais » ( sauf si le « mais » des hormones de grossesse qui me font partir au quart de tour compte;))et en plus oups tellement énervée que je me suis plantée de chez plantée sur le Ca des épinards (par contre l’absorption du Ca végétal suis pas trop d’accord car beaucoup de facteurs défavorisant) . Mais on lit beaucoup trop de désinformations en nutrition et je rencontre régulièrement des parents qui mettent leurs enfants en danger ne sachant plus où donner de la tête. Par contre tu as parlé d’un point qui est essentiel, à savoir l’importance d’écouter ses sensations de faim / satiété.
        En tous cas, ton article a été cité sur un forum de spécialistes en nutrition, et beaucoup commenté. En gros, trop contente que les VI prennent une telle ampleur… et bravo de mettre un coup de pieds dans notre fourmilière.

        • Rebonsoir ;)

          Loin de moi l’idée de vouloir donner des avis et des conseils à qui que ce soit, je ne suis spécialiste de rien du tout, je voulais juste attirer l’attention sur certains comportements dangereux en matière d’alimentation… évidemment mon discours est un peu biaisé par mes convictions, et je pense qu’il est important pour tout le monde (parents, enfants, étudiants fauchés comme moi :P) d’avoir d’autres sources d’information que les sites gouvernementaux qui malheureusement sont soutenus par l’industrie agro-alimentaire et qui, malheureusement encore, fait passer le profit avant la santé du consommateur. Je ne dis évidemment pas qu’il faut boycotter les produits laitiers et la viande, mais qu’il faut se poser des questions !

          Et surtout, comme tu le soulignes, s’écouter… Cet article a été rédigé avec le coeur en fait, car je redécouvre à peine mon corps, et ses sensations de faim, de satiété, mes vrais goûts (qui pour le coup n’incluent pas la viande :P) etc… (je pourrais être intarissable sur le sujet !)

          Pourrais-tu me donner le lien vers ce forum dont tu parles ? j’aimerais bien aller voir ce qui s’y dit…

          Très belle soirée !!

          • Ah bah ça me parle ça. Je me suis mise à la méthode Zermati/Apfeldopfer y a aps très longtemps et du coup, ça me fait bien réfléchir sur le rapport à l’alimentation et sur la façon de l’aborder avec mon fils.
            Contrairement à toi, je pense que beaucoup de gens ne connaissent plus leurs sensations et finissent leur assiette parce que « faut pas gâcher » (le fameux « Nan mais vous allez pas me laisser ça dans le plat quand même?!? Qui se dévoue pour finir? »)
            Ça passe aussi par le dogme « le petit déjeuner DOIT être le repas le plus conséquent de la journée. » Des dogmes que l’on intègre petit et qu’on remet peu en cause. J’ai redécouvert récemment qu’en fait, le matin, je mangeais par habitude plus que par faim réelle.

            • Je suis d’accord avec toi, le « il reste une cuillère à soupe, allez, on finit » je l’ai entendu très souvent… mais je n’y ai jamais cédé, c’est ce que je dis dans l’article, au risque de détruire les conventions sociales et de passer pour une vilaine pas belle ! Donc sachant que *moi* je ne me force pas à finir mon assiette, je ne me vois pas dire à mon enfant de le faire.
              Du coup je comprends que certains le fassent avec leurs enfants, et je trouve ça dommage, enfin je trouve ça désolant qu’on en soit à un point où on préfère s’empiffrer plutôt que de sortir un Tupperware pour conserver…
              Idem pour le matin, je me suis rendu compte que je n’avais vraiment faim qu’à partie de 10h, et pour l’instant j’ai la chance de pouvoir vivre à mon rythme biologique que je redécouvre petit à petit !
              Merci de ta lecture !

              • je trouve aussi que c’est très important de ne pas forcer un enfant et de bien faire la distinction quand un enfant est rassasié, quand il ne connaît pas un aliment et le repousse, quand il n’aime pas et quand il préfèrerait la compote qu’il a repéré au bord de la table.
                j’insiste beaucoup sur l’importance de laisser un enfant se servir seul (si si c’est possible assez rapidement vers l’âge de deux ans) les quantités qu’il souhaite car dès cet instant il va réguler ses besoins et en général finir toute son assiette

          • et bien en fait c’est un forum pro réservé uniquement aux diététiciens nutritionnistes

  6. Merci beaucoup de ta contribution!!! Je pense effectivement que beaucoup se posent des questions actuellement (et plus encore à cause des différents scandales alimentaires qui ont agité l’actualité) sur la façon dont nous nous nourrissons.
    Pour revenir à l’article du magazine Sciences Humaines, je ne sais pas s’ils veulent faire l’apologie du régime français mais je pense surtout que tout le monde s’attendait – vu la richesse calorique bien connue de la gastronomie française- à ce que les statistiques soient bien moins bonnes que prévu.
    Pour le reste, je suis comme toi, en questionnement…. j’ai tendance à penser que nous consommons vraiment trop de viande par rapport à nos besoins mais n’ayant pas été élevée dans une famille végétarienne je préfère m’en tenir à un régime 90% végétarien au cas où mes modes de consommation ne nous permettent pas de faire le plein d’acides aminés essentiels (par ex).
    Enfin, je ne sais pas réellement s’il existe un régime « idéal » approuvé scientifiquement: le métabolisme humain semble d’une complexité hallucinante … mais au final, ce me semble plutôt une bonne nouvelle!

    • Pour l’article de Sciences Humaines, je ne l’ai pas du tout compris comme toi, puisque, comme je l’ai expliqué au début de mon article, je ne m’attendais pas DU TOUT à ce qu’on mange plus gras que les Américains par exemple… j’étais persuadé de l’inverse !
      Personnellement, j’ai fait le choix de me diriger vers une alimentation ovo-lacto-végétarienne, mais comme je suis encore en transition je veille à bien me renseigner là-dessus… je pense surtout qu’on devrait s’écouter plus en fait, je pense que si on le faisait, on saurait se réguler nous-même et ne pas tomber dans les excès « culturels » de la nourriture… (pas très clair tout ça)
      Enfin bref merci de m’avoir lue ;) l’important reste toujours de manger pour être en bonne santé tout en se régalant…

      • Ben surtout que je ne suis même pas si sûre que cela soit une « culture » datant de plus de 40 ou 50 ans: oui certes, les plats de la « gastronomie française » sont plus anciens mais ils n’étaient pas consommés matin, midi et soir… plutôt une fois par semaine ou pour les fêtes…ça joue aussi forcément.

        • Oui, ça c’est sûr. Tout comme consommer de la viande avant était loin d’être systématique, puisque ça coûtait super cher, c’était une fois par semaine tout au plus. Et au final c’était meilleur pour la santé…

    • Au sujet du métabolisme humain, il est fascinant, mais surtout très personnel : tellement différent d’une personne à l’autre, même nourrisson !
      Entre mes deux filles, allaitées toutes les deux et sans grand changement alimentaire de ma part, il y a une énorme différence dans le remplissage de couches. Une selle explosive tous les 3 jours pour l’une (passage rapidos aux couches lavables, ras le bol de laver la tenue entière + la miss à chaque fois !), versus 3 ou 4 couches plus ou moins remplies pour l’autre.
      Comment on fait, pour trouver le bon régime pour chaque personne de la famille ?!!

      Et on fait comment quand on a une miss de 30 mois qui refuse tout net le moindre légume ? A la maison comme ailleurs (crèche notamment). Elle pourrait ne se nourrir que de viande (cuite mais froide-du-frigo), même les féculents ne passent pas toujours…
      Les fruits passent en pom*pote, mais crus c’est rare (ou alors en salade avec beaucoup de sucre/sirop pour noyer le tout). Et pourtant : allaitement long, diversification à son rythme, je ne force jamais à manger quoi que ce soit, j’insiste juste sur le « goûte avant de dire non » mais sans plus.
      Avant l’arrivée de sa sœur, on cuisinait toutes les deux, c’est beaucoup moins le cas maintenant mais elle ne mangeait pas mieux après avoir lavé/découpé/préparé les légumes.

      Bref, entre la théorie (à laquelle j’adhère) et la pratique (où je foire lamentablement)…

      Sinon, pour la recherche d’informations, je suis tout à fait scandalisée que sur ce point comme tant d’autres, on ne puisse pas avoir une véritable information. Surtout sur les sites gouvernementaux !

  7. Pour ce qui est de la comparaison avec les américains, je pense que nous diversifions déjà plus notre alimentation, et c’est ce qui fait la richesse de la gastronomie française.
    Végétarien ou omnivore, tant que notre régime est parfaitement diversifié, il sera toujours meilleur (à mon sens personnel, ce n’est en aucun cas un avis scientifique) qu’un régime à base d’aliments sains mais toujours les mêmes.
    Pour ce qui est de la viande et du poisson, je les aime bien trop pour m’en passer, mais je suis certaine que le plaisir à manger est aussi un des critères de bonne santé, ne serait-ce que par le temps mis à le manger : un repas de plus de 20 minutes permet la production de l’hormone de satiété, donc la réduction du besoin de grignotage, qui lui est malsain, qu’on y cède ou non (je ne veux pas croire que la frustration est bonne).

    Merci pour cet article, finalement assez rassurant sur notre alimentation, tant qu’on reste raisonnable.

    Je tiens juste à apporter 2 précisions :
    – d’une part cet article de l’ANSES sur les risques liés à l’utilisation de laits végétaux chez le nourrisson. Il y est bien spécifié qu’avant l’âge d’un an, le bébé a besoin de protéines animales, et que des cas graves de carences ont été rapportées. Végétarisme, végétalisme, chacun son choix, oui, mais après un an (sauf si le bébé est allaité par sa maman, auquel cas il reçoit les protéines animales dont il a besoin, puisque nous sommes, mesdames, aussi des animaux).
    http://www.anses.fr/fr/content/l’anses-pointe-les-risques-liés-à-l’alimentation-des-nourrissons-avec-des-boissons-autres-0

    – d’autre part, j’ai cherché un article sérieux qui en parle de manière compréhensible et simple, mais je n’ai pas trouvé mon bonheur. Je pourrais vous ressortir mes cours de physiologie, mais pareil, il faut lire 3 chapitres entiers pour parvenir à cette petite conclusion. je vous laisse donc taper « formation adipocytes » dans google, vous avez le choix des articles, et je ne vous donne que la conclusion intéressante :
    Il y a deux manières de grossir : en multipliant les adipocytes (cellules graisseuses) ou en les remplissant. Sachant en gros que le tissu graisseux se forme en grande majorité pendant les 15 premières années, surtout la première, c’est la période où à chaque fois qu’on grossit, on multiplie. par la suite, on remplit. Sachant aussi que les adipocytes ne se détruisent pas (ou alors s’éliminent pas liposuccion) une fois formés, le conseil majeur est de faire extrêmement attention à l’éducation alimentaire pour deux raisons : les mauvaises habitudes, et surtout éviter la formation d’adipocytes en excès.
    Un enfant obèse aura beaucoup plus de mal à maigrir, et beaucoup plus de facilité à grossir, pour toute sa vie. Il devra lutter toute sa vie pour son poids et sa santé, parce qu’il aura un plus grand nombre d’adipocytes, qui ne demanderont qu’à se remplir (la nature a horreur du vide).
    Mon explication est simplifiée, je vous conseille de chercher formation adipocytes dans google, vous trouverez pas mal de lien PDF de cours de physiologie ou d’études du CNRS, si vous souhaitez en savoir plus et de manière plus stricte.

    • Merci de m’avoir lue et surtout merci pour tes précisions fascinantes !
      Pour le reste, je ne peux qu’être d’accord avec toi dans tout ce que tu dis, « raisonnable » étant en effet le maître mot de ma pensée sur le sujet de l’alimentation… pour toutes les catégories d’aliments !

  8. Je pense que l’on accorde plus d’importance en France au repas qu’aux étas unis. C’est un lien social, pour les amis et la famille, un plaisir qui se prolonge et nous avons le goût la recherche de la qualité plus que de la quantité. Il suffit de regarder quelques pubs américaines pour voir que pour eux, le plus important c’est la quantité, si il y en a plus, alors c’est mieux ou meilleur. On a pas du tout les mêmes référentiels en la matière. Tous les plats sont sucrés, les boissons, quasiment tout ce qui est de la nourriture contient du sucre quelque part.

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