Soutien pour l’accompagnement à l’allaitement maternel

Je tiens tout d’abord à remercier Mme Déjantée pour son invitation à participer au blog des Vendredis Intellos. Pour mon premier article, je souhaite partager une initiative qui me tient particulièrement à cœur et qui concerne le soutien à l’allaitement.

Actuellement en France, environ 65 % des bébés sont allaités à la naissance. Sur 830.000 naissances, cela fait donc plus de 500.000 femmes allaitantes qui, chaque année, viennent quelques semaines après l’accouchement consulter un médecin, notamment sur le sujet de l’allaitement maternel…

Il paraîtrait alors évident que, pour répondre à une telle demande, nos soignants, qui sont parfaitement formés à diagnostiquer des pathologies qu’ils ne rencontreront probablement qu’une ou deux fois dans toutes leurs carrières, soient également idéalement formés sur le sujet de l’allaitement maternel. Ceci leur permettrait de guider les femmes en difficultés, de les conseiller pour qu’elles puissent mener à bien leur projet d’allaitement, quel qu’en soit la durée comme explicité dans le livret PNNS établi par le Comité Nutrition de la Société Française de Pédiatrie « Bénéfices Santé de l’allaitement maternel ».1

« La confiance de chaque mère dans sa capacité à nourrir son enfant est essentielle pour assurer un allaitement satisfaisant. D’autre part, les professionnels de santé sont en première ligne pour conseiller les mères, leur fournir une information de qualité, pour les inciter à faire le choix de l’allaitement maternel exclusif et le prolonger. »

Malheureusement, il n’en est rien. La plupart des praticiens ne bénéficient que d’une heure de cours sur l’allaitement maternel en sept années d’études de médecine, les sages-femmes ne reçoivent que quelques heures de formation, quant aux puéricultrices, tout dépend de la région dans laquelle se déroulent leurs études… Aucun professionnel de la santé n’obtient donc les 20 heures de formation nécessaires à l’acquisition des compétences requises pour aider une mère en difficulté avec son allaitement (recommandations de l’Organisation Mondiale pour la Santé). C’est le constat de la Haute Autorité de Santé concernant le soutien à l’allaitement maternel dans notre pays.2

«  Les pratiques professionnelles en France sont très variables… Les professionnels sont peu formés à la physiologie de l’allaitement maternel et à son soutien. Les maternités n’en font pas toujours une priorité ; l’accent est mis sur les soins techniques immédiats à la naissance ; les séances d’information aux futurs parents sont parfois supprimées par manque de moyens. Le souhait d’une reprise rapide du poids de naissance lié au manque de confiance dans l’allaitement maternel conduit à proposer des « compléments » de lait artificiel malgré un désir exprimé des parents d’allaitement maternel. La démarche qualité autour du soutien de l’allaitement maternel concerne tous les professionnels impliqués en périnatalité, en particulier les sages-femmes, les puéricultrices, les auxiliaires de puériculture, les médecins généralistes, les gynécologues-obstétriciens, les pédiatres et les infirmières. »

Le résultat est sans appel : à l’heure actuelle, lorsqu’elles sont assaillies par un doute ou une difficulté, les mères ne reçoivent souvent pour toute réponse que des conseils contradictoires ou inadaptés à leur situation… Au final, elles sont fréquemment poussées vers un sevrage parfois prématuré, non désiré et source d’une grande souffrance. En effet, le taux d’allaitement diminue de moitié au cours du premier mois de vie de l’enfant.

C’est pourtant une situation paradoxale et incompréhensible: les recommandations du Plan National Nutrition-Santé en cours sont très claires et ne laissent aucun doute sur le rôle des soignants en matière d’accompagnement et de soutien à l’allaitement maternel.3

« Alors que la promotion de l’allaitement maternel est l’un des objectifs du Programme national nutrition santé (PNNS), la situation dans notre pays n’est guère satisfaisante : un peu plus de la moitié des femmes seulement choisissent d’allaiter leur enfant à la naissance ; les disparités régionales restent fortes ; la durée de l’allaitement est trop courte, avec une médiane estimée à dix semaines. Pourtant, les recherches scientifiques prouvent l’indéniable supériorité de l’allaitement maternel.

Malgré l’amélioration de la qualité des laits infantiles, la composition nutritionnelle et l’apport en substances biologiques du lait maternel ne peuvent être reproduits. Aucun autre lait que le lait d’une mère ne peut s’adapter de façon permanente aux besoins du nourrisson en croissance. L’effet bénéfique pour la santé du nourrisson, largement reconnu dans les pays où les conditions économiques et d’hygiène demeurent précaires, est également prouvé dans les pays industrialisés.

Chez nos voisins européens, les mères font beaucoup plus souvent et plus longtemps le choix de ce mode d’alimentation pour leur enfant. Les raisons d’une telle situation sont multiples et pour certaines, mal comprises. Mais deux éléments stratégiques clés doivent être soulignés. D’une part, la confiance de chaque mère dans sa capacité à nourrir son enfant est essentielle pour assurer un allaitement satisfaisant. D’autre part, les professionnels de santé sont en première ligne pour conseiller les mères, leur fournir une information complète et de qualité, pour les inciter à faire le choix de l’allaitement maternel exclusif et le prolonger.

L’allaitement maternel présente bien des avantages jusqu’aux 6 mois de bébé. Sans culpabiliser vos patientes – elles sont en droit de ne pas vouloir allaiter -, vous favoriserez sa réussite en les informant dès leur grossesse de ses bénéfices pour l’enfant comme pour elle-même.

Mieux vaut aussi évoquer les modalités pratiques et les éventuels problèmes ainsi que les rassurer sur les contraintes nutritionnelles ! Si elles suivent les recommandations du PNNS, les femmes qui allaitent n’ont pas de régime alimentaire spécifique. »

Cette situation est inacceptable. La souffrance de ces mamans que nous rencontrons trop souvent dans nos associations de soutien à la parentalité est inacceptable et pourrait être évitée.

Un petit groupe de parents bénévoles et directement concernés au quotidien par cette situation s’est réuni via sur un célèbre réseau social et ont décidé d’agir ensemble, à la hauteur de leur moyens pour tenter de faire évoluer les choses.4 Certains pourraient trouver leur démarche utopique ou trop idéaliste mais c’est grâce à ce type d’initiative venant de parents motivés que la situation a une chance d’évoluer. Une lettre ouverte à Mme le Ministre des Affaires sociales et de la Santé a été rédigé pour l’informer de cette situation devenue intolérable à vivre au quotidien pour les mères allaitantes autant que pour les professionnels de la santé qui sont aussi nombreux à déplorer cet état de fait.5

Dans leur lettre, ils demandent à ce que les professionnels de santé soient formés de manière à pouvoir soutenir toutes les mères allaitantes dans leur projet, quel qu’il soit. S’ils ne possèdent pas les compétences, qu’ils orientent les patientes vers des consultants en lactation diplômés (IBCLC par exemple) afin que les femmes ayant choisi d’allaiter puissent réussir leur projet sans difficultés et sans être confrontées à des conseils inadaptés.

Cette initiative reçoit de plus en plus de soutien, le dernier en date et non des moindres et celui de la CoFAM (Coordination Française pour l’Allaitement Maternel) qui a relayé cette démarche sur son site.6

Plus le nombre de signatures et de témoignages de mères et de soignants sur le sujet sera important, plus cette initiative aura une chance de porter ses fruits…

Je vous invite donc pour plus d’informations, pour signer la lettre ouverte ou pour témoigner à consulter le site de cette initiative : https://sites.google.com/site/droitausoutienpourlallaitement/home

Vous pouvez retrouver cet article et ceux qui suivront sur mon blog : ICI 

Research Dad

 

Références :

1 « Bénéfices Santé de l’allaitement maternel », livret PNNS (de 67 pages) établi par le Comité Nutrition de la Société Française de Pédiatrie (SFP).

2 Favoriser l’allaitement maternel, processus-Evaluation  Haute Autorité Santé.

3 Manger, bouger Pro : le Programme National Nutrition Santé – Ressources pour les professionnels de santé. http://www.mangerbouger.fr/pro/sante/se-mobiliser-20/nutrition-aux-differents-ages-de-la-vie/allaitement-maternel.html

4 Droit au soutien à l’allaitement maternel. http://www.facebook.com/pages/Droit-au-Soutien-%C3%A0-lAllaitement-Maternel/337704586329062

5 Lien pour la pétition. http://www.mesopinions.com/petition/sante/droit-soutien-allaitement-maternel/9662

6 Newsletter Lettre Ouverte CoFAM. https://www.coordination-allaitement.org/nos-actions/lettres-ouvertes

15 réflexions sur “Soutien pour l’accompagnement à l’allaitement maternel

  1. Pingback: Soutien pour l’accompagnement à l’allaitement maternel | Research dad

  2. Merci pour cet article, parfaitement clair et détaillé, je ne peux que confirmer, étant moi-même interne en médecine, que les cours les plus poussés que nous ayions eus concernent les pathologies maternelles de l’allaitement (crevasses, abcès, mastite, montée de lait…), rien sur le soutient, et même ces cours étaient très édulcorés.
    Il faut une volonté de formation de la part de chaque praticien pour se former, personnellement, avec son temps (une fois au boulot, on n’en n’a plus beaucoup et nombreuses sont les formations complémentaires qu’on aimerait faire, en fonction de sa pratique, il faut choisir) et son argent (certaines formations sont subventionnées par des labos, mais pour le coup l’allaitement maternel ne présente pas d’avantage financier à un labo, donc pas de subvention). D’où le manque de formation.
    J’ajouterais juste un point (je suis dans une thèse sur l’allaitement maternel et ai recueilli pas mal de témoignages qui me permettent de soulever ce point) : les différents professionnels de santé formés (SF, auxilliaires de puériculture, qui malgré leur manque de formation, comme tu le soulèves aussi, sont malgré tout mieux formées, à la fois par la théorie et l’expérience, que les médecins) n’ont pas les mêmes formations, ne donnent pas les mêmes conseils, et les femmes sont noyées dans un puit sans fond d’informations et de conseils contradictoires. Personne ne dit jamais la même chose (cette phrase provient des témoignages que j’ai recueillis, donc de l’avis des femmes et de leur expérience, ce n’est pas mon propre point de vue).
    Je pense donc qu’en plus de favoriser la formation à l’allaitement maternel, il faudrait l’unifier. Arriver à des consensus communs en fonction de chaque demande, de chaque pathologie, de chaque physiologie, pour arriver à des réponses communes. (exemple : bouts de seins siliconés ? Pas de bouts de seins ? C’est l’exemple que l’on m’a le plus souvent donné : certaines SF les préconisent à presque tout le monde, d’autres les considèrent comme une bête noire !) Parce que, même formés, tant que les professionnels de santé continueront à donner des infos contradictoires, ça n’aidera pas tant que ça les femmes à se sentir confiantes en leur allaitement, donc en elles-mêmes (et comme l’allaitement est aussi en grande partie lié à l’émotionnel, le stress diminuant la production de lait, eh bien…).
    Je m’empresse d’aller signer la lettre, merci encore pour cet article.

    • C’est impossible d’arriver à des consensus communs en fonction de chaque demande ;-)

      Chaque enfant est différent, et chaque lactation est différente, et après plusieurs années d’expérience de l’allaitement, je me rends compte que beaucoup de positions de principe peuvent être à coté de la plaque, dans certains cas bien précis. Ce qui est valable pour une femme ne le sera pas pour d’autres, et inversement.

      Tu cites l’exemple des bouts de sein en silicone, c’est un exemple très typique. Je connais des femmes qui auraient abandonné sans ces bouts de sein, et d’autres dont ça a ruiné l’allaitement. Le problème n’est pas de savoir s’il faut les utiliser ou pas, le problème c’est qu’il faut que professionnels et parents sachent quels en sont les bénéfices et les risques. Ca peut aider à surmonter des crevasses douloureuses, ça peut aider un bébé qui a du mal à prendre le sein, mais ça peut aussi diminuer la stimulation de la lactation, perturber la succion du bébé, etc.
      Donc suivant le moment où on les utilise (tout début d’allaitement, allaitement déjà lancé), suivant la lactation de la mère (si elle peine à démarrer ou au contraire s’il y a une hyperlactation), suivant la succion du bébé (bonne ou pas), les effets risquent de ne pas être les mêmes. Du coup suivant la situation, les bénéfices peuvent être supérieurs au risques, ou l’inverse. Et dans tous les cas, si on les utilise, savoir ce que ça peut produire aidera la mère à être vigilante et à détecter d’éventuels problèmes au plus tôt, et peut-être à ne pas se trouver dans une situation difficile.

      Un des gros problèmes du soutien à l’allaitement c’est justement cette tentation de vouloir apporter des réponses toutes faites, alors que c’est une mécanique compliquée et tellement propre à chaque dyade mère-enfant. Et malheureusement ce n’est pas l’apanage des professionnels de santé mal formés (évidemment plus de formation ne nuirait pas hein…) mais aussi parfois d’assos de soutien à l’allaitement. L’enfer est pavé de bonnes intentions…

      Ce qui est difficile à la maternité, c’est que non seulement les soignants n’ont pas tous les mêmes avis, mais en plus ils n’ont pas forcément le temps (ou l’envie de prendre le temps) de s’intéresser à chaque situation pour savoir ce qui cloche exactement et quelle réponse serait la plus adaptée à ce cas précis. Et c’est dommage qu’on n’est pas recours plus systématiquement aux services d’un professionnel spécialisé (une consultante en lactation), qui puisse prendre le temps d’analyser une situation compliquée et de poser un vrai diagnostic. Enfin j’imagine que c’est bcp une histoire de sous.

      Le stress ne diminue pas la production de lait au passage. Il peut inhiber le réflexe d’éjection, ce qui est différent. Et peut-être moins stressant à recevoir comme message pour la mère ;-)

      • La pétition demande justement à ce que les professionnels de santé, lorsqu’ils se sentent dépassés par les difficultés que rencontre leur patiente, soient en mesure de l’envoyer consulter un spécialiste (donc un consultant en lactation diplômé).
        Mais une meilleure formation leur permettrait au moins de rassurer les mères lorsqu’elles sont sujettent aux doutes ou à la peur du fameux « manque de lait » (Sensation souvent provoqué par un simple pic de croissance)… ou encore de ne pas conseiller trop systématiquement le sevrage en cas d’une diminution de la prise de poids.

        • Oui, c’est bien ce qui est indiqué dans l’article… Ce que je voulais pointer, c’est que l’enjeu de la formation des soignants ce n’est pas qu’ils arrivent à tout prix à avoir des réponses « harmonisées » aux questions des jeunes mamans, comme le proposait docnmama, c’est qu’ils arrivent à prendre conscience que c’est complexe, que soutenir l’allaitement ne peut pas se résumer à des réponses toutes faites, et qu’il faut aussi savoir passer la main lorsqu’ils sont un peu dépassés par ce qui se passe…
          Parce que contrairement à ce qu’on pourrait penser, plus on en sait sur l’allaitement, moins ça parait simple ;-)

          • Tout ça, ça passe par une chose, je pense, assez simpliste.
            Bon, organiser des formations n’est pas simpliste.
            Mais débloquer des fonds pour envoyer à chaque médecin une affichette à mettre en salle d’attente et des brochures à donner, ça permettrait aux médecins d’avoir une réponse à « qui puis-je aller voir » s’ils se sentent dépassés.
            Pourquoi ne pas, également, envoyer des « visiteurs médicaux » mais pas exactement… Des consultantes en lactation qui, de leur propre initiative, iraient se faire connaître auprès des médecins de leur région ? Ca prend un peu de temps, mais je pense que ce serait bénéfique.
            Une fois en consultation, j’ai reçu comme ça une psychologue qui venait de s’installer dans le coin et venait se présenter et présenter sa pratique à mon maître de stage, pour que, s’il voyait en consultation des victimes de pervers narcissiques (c’était sa spécialité), il puisse savoir qu’elle était là pour les prendre en thérapie si besoin. J’avais trouvé la démarche très sympa et très saine !

      • Une formation harmonieuse et officielle est différente d’un carnet avec une réponse unique pour chaque situation cadrée. En effet, chaque réponse doit être adaptée au besoin de chaque femme, mais ça n’exclue en rien une formation harmonieuse faite de consensus. La médecine n’est pas une science robotisée, et les réponses aux pathologies comme aux processus physiologiques sont toujours adaptées aux patients (sauf chez les médecins qui ne prennent pas la peine de le faire, mais on ne va pas commencer à calquer les pratiques sur les mauvais médecins, ce n’est pas constructif).
        Je suis totalement d’accord avec vous sur le thème de l’adaptation à chacune, mais justement, ce n’est en aucun cas incompatible avec ce que j’ai dit.

        En outre, une formation officialisée permettrait aux médecins formés de l’indiquer sur leur plaque (cette fameuse plaque est très règlementée), et donc sur l’annuaire et autres sites de recherche. Elle permettrait donc aux femmes recherchant un médecin formé de le trouver facilement. (et, question de sous, un médecin, c’est remboursé. Pour que les consultantes en lactation le deviennent, et ce serait bien, il faut une formation, pareil, officialisée et reconnue par la sécu, puisque c’est mme sécu qui décidera ou non de rembourser)

        En maternité, il s’agit probablement en effet d’une question de sous. Mais quand bien même cette question serait réglée, ce n’est pas 3 jours en maternité, même très bien conseillés, qui suffiraient. il faut des consultants formés en dehors, la période « floue » étant souvent située jusqu’aux 3 semaines de l’enfant, puis à la reprise du travail.

        Quant au stress, je pensais qu’il agissait sur les deux mécanismes, en réalité. Il diminue à la fois la production de prolactine (et donc de lait) et combat l’action de l’ocytocine par l’adrénaline (et donc l’éjection). Mais j’avoue ne pas avoir refait de recherches avant d’écrire ceci.

        Quant aux associations de soutient, je ne sais pas si c’est aussi à elle que s’adressait la phrase « l’enfer est pavé de bonnes intentions », mais au cours de mes interviews (témoignages pour ma thèse) est ressorti qu’elles sont finalement plus culpabilisantes qu’autre chose. Témoignage d’une maman : « je pensais y aller pour qu’on m’aide, pour trouver soutient et conseils, je me suis retrouvée dans une salle entourée de mamans zen avec leurs bébés pendus au sein, personne n’avait de problème avec son allaitement. Elles étaient toutes adorables, mais le message que j’ai reçu c’est qu’elles, elles y arrivaient, tout était beau, et moi j’en étais incapable. Je suis ressortie encore plus mal qu’en y entrant. »
        Un véritable enfer pavé de bonnes intentions. Pour certaines, je sais que ça les a aidées, mais depuis ce témoignage, je préfère recommander aux mamans en difficulté un entretien individuel avec une consultante plutôt qu’une réunion de ces associations…

        • Je suis également entièrement d’accord avec toi. Comme quoi les deux « solutions  » sont effectivement complémentaires.. :-). Une formation adaptée est nécessaire et prioritaire pour faire évoluer les choses, c’est évident.
          Pour les associations de soutien à l’allaitement, je crois malheureusement que c’est aussi une question de personnes, d’animatrices et de conception de la promotion de l’allaitement maternel …Les réunions de mon département sont vraiment salutaires et permettent de se rassurer, de constater que l’on n’est pas seule (c’est ce que j’ai vécu). On y échange, on partage, on se donne des conseils… Rien de culpabilisant, au contraire. Je sais que ce n’est pas le cas partout mais beaucoup de mamans trouvent soutien et réponses dans ce genre d’associations lorsqu’elles sont bien dirigées et que les animatrices sont bien formées. Il y a beaucoup de témoignages positifs qui contre balancent celui de la maman que tu as rencontré. Il ne faut pas non plus oublier que faire appel à une consultante en lactation est payant , non remboursé et la séance peut être très chère…Certaines mamans ne peuvent tout simplement pas se le permettre. Ces réunions sont gratuites et permettent de mettre des mamans en contact, de nouer des relations et de sortir de l’isolement.
          Vraiment, je pense que tout dépend du type d’association et des personnes qui animent les réunions…Mais serait injuste de généraliser.

          • Pour les associations de soutien à l’allaitement, je pense qu’il ne faut pas non plus jeter le bébé avec l’eau du bain ;-)
            Je disais juste que les discours à l’emporte-pièce pouvaient être le fait aussi bien de soignants que d’assos de soutien, ça ne veut pas dire que toutes les associations ont des discours dogmatiques… Effectivement comme dit Nathalie, c’est bcp une question de personnes, et de « posture d’accompagnement »

            Il faut aussi voir qu’on n’est pas sur les mêmes rôles : un soignant apporte un regard sur une question médicale, les associations de mères apportent de l’entraide et du soutien, et ça même avec de la formation, les soignants n’auront pas forcément le temps, ni la posture, ni l’expérience pour le faire. Les deux sont complémentaires. Tous les problèmes d’allaitement ne sont pas des problèmes médicaux non plus. Typiquement la question de la reprise du travail peut très bien être abordée entre mères, c’est plus une question d’exploration des différentes possibilités et d’organisation. Si les soignants devaient être concernés par cette question, ça pourrait être juste pour arrêter de dire aux mères qu’elles doivent sevrer à la reprise du travail.

            Et effectivement, pour une maman qui n’a pas forcément un problème d’ordre médical, ou qui n’a pas de consultante à proximité, ou que des consultantes pas remboursées, ça peut être intéressant de se tourner vers une association. En ayant en tête que tout le monde n’est pas forcément à l’aise en situation de groupe. Effectivement je comprend que ça puisse être difficile pour certaines d’aborder leurs difficultés d’allaitement dans une assemblée de femmes qui n’ont pas de problème, en même temps ce n’est pas toujours le cas non plus, parfois c’est l’inverse les mamans ont toutes tellement de problèmes qu’on en vient à se demander s’il est possible d’allaiter facilement lol Souvent les associations proposent aussi souvent une permanence téléphonique qui permet un soutien individuel, ça peut être une alternative intéressante.
            Et dans celles que j’ai pu fréquenter, les animatrices ont généralement une bonne connaissance des soignants compétents en allaitement dans les environs (c’est mieux que les pages jaunes!), qu’ils soient médecins, SF, puéricultrice de PMI et savent orienter lorsque les problèmes de la mère dépassent leurs compétences.

            Il y a vraiment nécessité à envisager le soutien à l’allaitement de manière globale, et donc la formation aussi : parce qu’il pourra toujours y avoir plein de consultants en lactation super formés, si derrière les soignants qui sont en contact avec les mères (à la maternité, puis en PMI ou chez les médecins libéraux, en médecine du travail, en crèches, etc) tiennent des discours contradictoires faute d’un socle minimum de connaissances sur l’allaitement, ou qu’ils n’orientent pas à bon escient vers les consultants, ça ne servira à rien.

            Je ne sais pas où ça en est de la question de la reconnaissance de la formation IBCLC, mais j’avais cru comprendre que c’était compliqué du fait de la diversité des formations initiales (il n’y a pas que des médecins, et d’ailleurs perso je trouve que ça serait dommage que ça devienne un diplôme uniquement pour les médecins)

  3. Merci pour cet article qui montre un bien grand problème. Personnellement, j’ai eu la chance de pouvoir contacter une sage-femme que je connaissais depuis ma grossesse, formée au soutien à l’allaitement. Elle a su m’écouter, me rassurer et me donner les bon conseil. Par contre, c’est vrai qu’à la maternité, on a entendu un peu tout et son contraire (version changeante selon l’infirmière, la puéricultrice qui répondait. Par contre, aucune ne m’a parlé d’allaitement à la demande…C’était en Belgique.)
    M’en vais signer la lettre.

    • Ah et au passage, je tiens à dire que le tire-lait, que je pensais néfaste (« tu vas avoir beaucoup de lait si tu l’utilises, t’auras mal tout le temps, … ») ben, ça m’a quand même bien sauvé au moment de la montée de lait. ^^
      Après, c’est sûr qu’un allaitement n’est pas l’autre. Le meilleur conseil que j’ai reçu? La puéricultrice qui me dit, à la mater « oui, bon, c’est vrai que mes conseils sont différents de ceux de ma collègue plus jeune. Mais au final, c’est vous, votre bébé, votre corps. Faut faire comme vous le sentez en fait. Vous prenez ce qui vous conviens dans nos conseils ou suggestions et le reste, basta! » (pas dit comme ça mais c’était l’idée. ^^)
      Ben mine de rien, quand on vient d’accoucher, qu’on est un peu paumé et qu’on a peur de mal faire, c’est vachement rassurant comme discours.

  4. Merci beaucoup de cette contribution!!! Et bienvenu parmi les neurones!!!
    Plus de formation des médecins, ça oui!! Et si ceux qui ne se sentent pas compétents vis à vis de cela acceptaient d’envoyer leurs patientes vers des professionnel-le-s formé-e-s, ce serait déjà un grrrrrrand pas (je repense au billet de Maman Eprouvette montrant que sur l’allaitement l’expérience personnelle du médecin pouvait grandement influencer -positivement ou négativement- son soutien aux jeunes mères https://lesvendredisintellos.com/2013/02/22/connaissez-vous-bien-la-vie-de-votre-medecin/) !!!

  5. Pingback: L’information manquante… ou l’information opportune et de qualité ? [mini débrief] | Les Vendredis Intellos

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