Les bibles de ma grossesse, l’information nécessaire pour que tout aille pour le mieux…

On l’aura toutes compris, l’élément indispensable de toute grossesse, c’est l’information. Pas un article ne passe sans que ce mot soit dedans, ou alors dans les commentaires. On n’a que ce mot à la bouche, souvent d’ailleurs pour en déplorer le manque.

Attention pavé, je sens que je vais m’étendre un peu sur le sujet, mais je vais essayer de catégoriser mon article.
Dans un premier temps, je vais vous présenter les deux bouquins principaux qui m’ont appris ce qu’il me fallait savoir sur ma grossesse (oui, même médecin, j’entrais dans un monde parfaitement inconnu), et quelques autres bouquins mineurs (le jour où on a appris ma grossesse, mon mari et moi avons dévalisé la librairie ! :P ).
Ensuite, je parlerai un peu de la manière de recevoir les informations, et de certains petits actes faciles que chaque femme enceinte devrait accomplir pour se faciliter la tâche.
Et enfin (et c’est là que j’ai un peu peur de vos réactions), je parlerai du fossé parfois difficile à franchir entre les attentes des patientes et la réalité. Fossé que j’ai repéré en majorité sur le blog « mon corps, mon bébé, mon accouchement » et leur défi de 1000 témoignages « pour une naissance respectée ». (Soit dit en passant, le terme de respect dans ce contexte est ambigu et me hérisse le poil, j’y reviendrai sûrement).

Avant de commencer, j’aimerais attirer votre attention sur ma situation du moment : je suis à 2 doigts (au sens figuré ET obstétrical du terme) de filer à la maternité pour accoucher, entre maintenant et le 26 mars au plus tard, jour d’un éventuel déclenchement si rien ne se passe avant. Je sollicite donc votre indulgence dans le cas où je laisserais vos commentaires sans réponse. Les réponses viendront, je le promets, je ne garantis juste pas du tout le timing.

Maintenant que tout est clair, allons-y !

1ère partie : les bibles de ma grossesse.

Comme je l’expliquais plus haut, j’en ai eu envie avant même d’être enceinte, mais je ne l’ai fait qu’après. Dès que j’ai annoncé ma grossesse à mon mari (à peur près 10 secondes après l’avoir su moi-même), et après le légitime moment d’ahurissement total, scotchés par la nouvelle, mon mari et moi avons pris la voiture pour dévaliser deux grandes librairies. Je crois que nous en sommes sortis avec 9 livres (en fait pas tout à fait, il y en a 3 que j’ai acheté plus tard, mais bon, je vous la fais courte) !
Faut être honnête, c’est beaucoup, beaucoup trop !!! Ca ne sert à rien, si ce n’est à se paumer complètement, à ne plus savoir où donner de la tête et même éventuellement à se sentir coupable parce qu’on aura jamais eu le temps de lire tout ça.
Mais enfin, du coup, j’ai pu voir lesquels étaient les plus digestes, et les plus informatifs, sans tomber d’un extrême à l’autre. Et pour permettre à de futures mamans d’y voir plus clair, j’ai eu envie de vous donner un petit aperçu de mes indispensables, du coup.

j'attends un enfantEn tout premier, je savais que je l’achèterais, c’est d’ailleurs le seul livre que je connaissais vraiment (enfin le titre et l’auteur) avant de tomber enceinte. Le fameux livre de Laurence Pernoux « j’attends un enfant ».
Pour être honnête, le livre m’a paru initialement bien fait, avec de grands chapitres bien séparés, écrit très lisiblement, pas trop indigeste, illustré, complet et agréable à lire… Mais pas du tout fait pour moi ! Je suis médecin, je connais quand même les faits de la grossesse, je sais comment on fait les bébés, comment ils grandissent dans le ventre… Et le livre me rabâchait mes cours et mon savoir, vulgarisés qui plus est ! Je reste intimement persuadée que c’est un très bon livre, indispensable aux mamans qui n’ont pas ce savoir, il est réédité chaque année et la raison de son succès est bien compréhensible. À lire, donc, le principe du découpage comme il est fait c’est qu’on l’ouvre où on veut, on le referme quand on veut et on le réouvre après.

3111 « Attendre bébé… autrement, ressources pour une grossesse naturelle ». Un livre collectif, bourré de références bibliographiques qui permettent d’aller plus loin, des liens internet, des numéros de téléphone pour en savoir plus. Un livre qui donne vraiment confiance, et qui présente bien tous les aspects, toutes les alternatives, sans vraiment pousser dans une direction. J’ai beaucoup aimé leur manière de permettre à la lectrice de s’imaginer une grossesse naturelle, sans qu’elle soit nécessairement suivie par une sage-femme libérale, sans que ce soit nécessairement un projet d’AGN ou d’AAD (ce qui n’est pas possible ni partout ni pour tout le monde). On adapte le tout à sa propre personnalité.
Des différentes méthodes de préparation à la naissance, des différentes possibilités d’accouchement, un découpage en trimestres, des témoignages et des poèmes, et des chansons… Un vrai plaisir à lire ! Il a vraiment été MA BIBLE !!
Petit bémol, le côté médical, pratique, matérialiste, les questions terre-à-terre, tout ça ne trouve pas vraiment de réponse ici, il n’est pas suffisant pour une première grossesse à mon sens. À compléter soit par des questions posées à un professionnel ou une personne qui saura y répondre (mais y a beaucoup de questions je pense) ou par un livre plus terre-à-terre, comme éventuellement celui de Laurence Pernoux.

1007314-gf Finalement je suis un peu dans le faux quand je dis que « attendre bébé… autrement » a été MA BIBLE. Parce que j’en ai une seconde, de bible, découverte sur le tard, qui m’a été prêtée par mon ostéopathe et que j’ai fini par m’acheter, après avoir constaté qu’il est génial. C’est « bien-être et maternité », du Dr Bernadette de Gasquet.
Le premier truc bien, dans ce bouquin, c’est qu’il est écrit par un médecin, et que donc il prend très bien en compte la réalité des maternités, le truc que même si on aimerait bien parfois, il n’est pas toujours possible de changer, et elle adapte donc ses conseils en fonction. Tous ses conseils sont applicables, quel que soit le mode d’accouchement que vous aurez choisi, quelle que soit votre situation de grossesse (j’ai pu faire pas mal de choses alitée en menace d’accouchement prématuré, par exemple).
Pour le coup je voudrais vous mettre un petit extrait (je ne le ferai pas pour tous les livres), expliquant merveilleusement bien la respiration, le périnée, et la poussée lors de l’accouchement. 3379994631 Le principe étant d’expirer en partant du bas : on serre le périnée, puis les abdos inférieurs et on sent remonter le diaphragme. Pour inspirer, ya plus qu’à se détendre. C’est le tube de dentifrice bien vidé. Si on serre du milieu du ventre (comme on a tendance à le faire « naturellement » – ou plutôt par habitude que naturellement), la poussée se fait dans les deux sens, on perd la moitié de la force et l’autre moitié fait pression sur le périnée. D’un autre point de vue, le jour de l’accouchement, si on fait pression sur le ventre, on pousse vers le bas et en même temps vers le haut, on bousille la moitié de son énergie qui ne sert à rien.
(l’extrait, c’est juste l’image, le reste c’est moi qui paraphrase)
Ce bouquin est une mine d’or d’exercices pratiques (ce qu’on n’a peu voire pas dans les autres), illustrés, avec témoignages et « discussions » type questions-réponses sur les exercices, ce qui permet de vraiment mieux les comprendre. À s’acheter, emprunter à la bibliothèque ou se faire prêter. S’il n’y en n’a que deux à avoir, c’est celui-ci et le précédent. Avec celui-ci, il est possible d’acheter « accouchement – méthode de Gasquet » qui cible les différentes positions de travail et d’accouchement. Je l’ai acheté, parcouru, et finalement c’était bien mieux de le travailler « en pratique » avec la sage-femme qui me faisait la préparation à la naissance. la méthode de Gasquet est une formation SF reconnue et très développée, il n’y aura pas de difficulté à trouver une SF formée pour vous expliquer. Sinon en livre c’est pas facile. J’ai aussi acheté « en pleine forme après bébé » du même auteur, j’avoue qu’il me fait un peu peur parce qu’un peu alarmiste sur le périnée et un peu extrémiste sur la méthode à suivre (comme rester au maximum couchée pendant 21 jours après l’accouchement, c’est bien gentil, mais en pratique j’ai des obligations qui vont rendre ça difficile à tenir, comme un déménagement, ou 2 fois 10 heures de voiture pour aller rendre visite à un parent mourant, qu’il puisse voir le bébé avant de partir)… Une fois qu’on a passé ce côté alarmiste, il est quand même intéressant. Mais dans la majorité des cas (elle a encore sorti plusieurs autres bouquins du genre, comme « périnée, arrêtons le massacre »), tous ses « petits livres » ne sont que des développements d’un chapitre suffisant du gros, donc le gros livre devrait suffire, franchement.

Les deux autres livres que je me suis achetés pour moi sont « livre de bord de la future maman », de Marie-Claude Delahaye, et « le guide de ma grossesse au naturel », collectif. Par très intéressants, on peut bien s’en passer, je ne les ai que parcouru au début, et ils sont restés rangés dans ma bibliothèque.

51KPmNQ5hRL._SL500_AA300_Pour Papa, on lui a acheté « devenir père » de René Frydman, qu’il a parcouru, intéressé, mais surtout « Devenir papa pour les nuls », qu’il a dévoré !! La collection pour les nuls a des bons et des mauvais bouquins, mais celui sur la paternité est visiblement extra ! Ponctué de témoignages, de conseils terre-à-terre très pratiques, de traits d’humour, il permet à Papa de pas mal savoir à quoi s’attendre… Lui qui est un trouillard du milieu médical, je l’ai vu se détendre peu à peu sur le sujet, et savoir quelles questions poser à nos interlocuteurs tout au long de la grossesse. Je le recommande donc chaudement !

2ème partie : Où trouver l’information qu’il manque ?

C’est un peu simpliste à dire, mais en lisant des témoignages, et en parlant avec d’autres femmes enceintes, même à mes cours de préparation à la naissance, je me rends bien compte que le trait de caractère « grande gueule » n’est pas si répandu que ça, et que s’il pose parfois problème dans la vie personnelle, pour le coup il m’est bien utile !

Il faut tout simplement poser ses questions, ne pas en avoir honte (je suis médecin, et j’ai un jour osé poser la question qui me faisait peur et honte : « en soulageant mon ventre avec une bouillotte, au tout début de grossesse alors que bébé est minuscule et fragile, est-ce que je ne risque pas de… le cuire ? »… J’avais peur de faire un « oeuf dur », ce qui est ridicule, je le savais, mais j’arrivais pas à m’empêcher d’en avoir peur. Ben médecin ou pas, oui on a rit (ensemble et sans moquerie) mais on m’a rassurée et c’était le plus important. Moralité, y a pas de question idiote, si elle vous turlupine, faut la poser). Attention, les poser avec respect et compréhension, accepter les réponses même si ce ne sont pas celles souhaitées, et si l’interlocuteur n’est pas dans votre état d’esprit, parce que c’est sujet à polémique ou qu’il n’est pas formé dessus, accepter de ne pas lui en vouloir et demander plus tard à quelqu’un d’autre…
Je pense qu’on peut parler de tout, avec tout le monde, en respectant ce principe de base : respect, compréhension, et acceptation. Comme l’a dit quelqu’un la semaine dernière, le mieux pour avoir les informations, c’est de multiplier les interlocuteurs. Et ça tombe bien, pendant la grossesse, surtout si on suit le parcourt « classique », on les multiplie, les potentiels interlocuteurs !!

Bon, par contre il y a un souci quelque part, que tout le monde connait bien, c’st le temps et la disponibilité des professionnels de santé. C’est chiant, autant pour eux que pour vous (je peux le dire pour avoir été de chaque côté de la barrière), mais on ne peut rien y faire. Le système de santé n’est pas très sympa pour ça.
Les gynécos d’hôpital, par exemple, sont à la fois responsables de leur consultation, du service, des urgences et parfois même du bloc, en même temps. Donc on prend inévitablement du retard, qu’on essaye inévitablement de combler, et ça tombe forcément sur les consultations de suivi, qui sont les moins graves.
Par contre, je peux vous donner quelques pistes pour contourner ce problème… ;)

Déjà, évitez le travers le plus désagréable qui soit pour un professionnel de santé, la fameuse question de poignée de porte. C’est un travers facile à prendre, d’autant que les patients le prennent par respect, grosse erreur !
En gros la patiente se dit « bon, je la laisse faire ce qu’elle a à faire (dans mon exemple c’est UNE gynéco, du coup), et ensuite je pose mes questions ». Le ensuite correspondant plus ou moins à la poignée de main ou la poignée de porte, donc la toute fin de la consultation, quand déjà elle vous a consacré 11 minutes au lieu de 10 et qu’elle se met en retard. Résultat, elle est frustrée, énervée, le montre ou pas, mais en tout cas répond au lance-pierre, une réponse toute faite pas personnalisée, et remet le reste à la prochaine fois.
Donc mauvaise idée.
Si la question est spécifiquement pour votre gynéco, le must c’est d’avoir fait une petite liste AVANT la consultation (liste de questions qu’elle est la seule à pouvoir répondre, sinon la liste s’allonge et plus de trois questions d’un coup, on repart au même travers), de la lui signaler au début de la consultation, comme ça on peut en parler en même temps que les gestes techniques sont fait, ou à la place d’autre chose, elle peut organiser son temps de consultation en fonction, et pas de mauvaise surprise.
(bon, si vous tombez sur une peau de vache, c’est pas mieux, hein, mais c’est pas obligé)

Sinon, privilégiez le fait que vous avez PLEIN d’interlocuteurs à votre disposition. En fonction des thèmes de vos questions, par exemple :

une question sur le déroulement de votre accouchement ? Les personnes les mieux placées pour répondre sont les sages-femmes de la salle de naissance de votre maternité. Parce qu’elles sauront dire ce qui se fait spécifiquement chez elles, ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas (les maternités ont des règlements, pas tous les mêmes, et ce n’est pas parce qu’une copine ou votre SF libérale vous a dit qu’un point était négociable qu’il le sera en réalité le jour J). Vous pouvez leur téléphoner, et demander un RDV, l’occasion aussi pourquoi pas de visiter la salle de naissance pour vous familiariser avec les lieux… Certaines maternités n’accepteront que si vous téléphonez juste avant de venir, pour vérifier qu’en effet à ce moment elles ont une salle libre à vous montrer, et une SF libre pour vous parler. La plupart du temps, elles vous consacre suffisamment de temps pour répondre à tout. C’est aussi le moment, si vous souhaitez faire un projet de naissance, de l’avoir rédigé au brouillon avant et de voir ce qui peut se faire / ce qui se négocie / ce qui ne pourra pas se faire. Vous évitez la sensation de non respect de vos volontés le jour J, si vous savez pourquoi ça ne se fait pas ici…

une question sur la péridurale ? Normalement votre RDV d’anesthésie (indispensable, faites-le même si vous ne souhaitez pas de péridurale, vous ne savez jamais si vous n’aurez pas besoin d’une intervention quand même, ou même si vous ne changerez pas d’avis au dernier moment) dure un certain temps, il est justement fait pour ça. Posez vos questions, encore une fois en les ayant noté sur un papier pour ne rien oublier, et n’ayez pas peur des questions bêtes. Ils ont vu pire, je vous le garantis !

une question que vous ne savez pas catégoriser, vous ne savez pas à qui la poser ?Là, il y a une personne à qui on pense trop rarement en cas de grossesse, et même de petite enfance, mais qui est parfaitement au point pour ça (ou au minimum, si sa pratique fait qu’il a un peu oublié, il saura vous guider et vous conseiller un interlocuteur, ou se renseigner lui-même devant vous), votre MEDECIN GENERALISTE ! Sachez qu’après le 5ème mois de grossesse, toutes vos consultations sont remboursées à 100%. Prenez donc un RDV, sans problème médical, juste pour vos questions. Vous aurez 20 minutes rien qu’à vous, éventuellement renouvelables si besoin, et ça ira mieux après. Un médecin ne soigne pas que des maladies avec des médicaments, mais aussi des mal-être avec des mots, et pour une femme enceinte, c’est essentiel ! Ne l’oubliez donc pas, à moins d’un manque de confiance (et dans ce cas, changez-en vite), vous n’avez aucune raison de ne pas aller le voir.

– Et puis pour celles qui le peuvent ou le veulent, il y a les doulas, les copines, les mamans, une SF libérale…

3ème partie : Entre mes attentes et ce qu’il va vraiment se passer…

Là il s’agit d’un avis vraiment personnel sur le sujet, mais je sais que je ne suis pas la seule à le penser, notamment en milieu « médico-maman » (maman et professionnel de santé).

Quand je lis les témoignages de ce blog, « mon corps, mon bébé, mon accouchement », j’avoue ressentir parfois un malaise impressionnant.
J’y ai lu des phrases comme « la naissance de mon fils a été horrible, je n’arrive pas à y repenser sans déprimer » (la phrase est réécrite approximativement et de mémoire, je ne peux absolument pas dire qui c’était ni même si ce n’était pas un mix de plusieurs témoignages), ça me trouble profondément. Nul doute que la jeune femme en question ressent réellement ce qu’elle décrit. Nul doute qu’elle s’est réellement sentie dépossédée de son accouchement, que celui-ci a été difficile à vivre. Mais tout le monde a vécu des histoires de santé difficiles à passer, des interventions médicales effrayantes, que ce soit sur soi ou son entourage. Et pourtant je ne vois pas ce genre de témoignage à propos de chimiothérapies, de chirurgies, de longue rééducation, qui peuvent aussi mal se passer. Non, les obstétriciens ne sont pas moins respectueux que d’autres chirurgiens.
Alors pourquoi ce malaise, vis-à-vis de l’accouchement ?

Je n’ai pas encore publié ce billet que je sens que ma question et ma comparaison choquent. C’est volontaire. L’explication vient après.
En fait depuis toujours j’entends dire, à tort ou à raison je ne sais pas, j’ai l’impression que, comme le dit Florence Forresti dans son sketch « mother fucker », c’est un peu de la propagande, mais toujours est-il que rapporter l’accouchement au « plus beau jour de sa vie », c’est ce qu’on entend toutes, c’est ce qu’on aimerait toutes. C’est vrai quoi, c’est le jour de la naissance de son bébé, qu’on a attendu au moins pendant 9 mois, c’est le jour où on devient Maman (c’est encore plus vrai pour la première fois), c’est le jour où la vie change et prend un nouveau sens… Mais pour autant est-il obligé d’être le plus beau jour de la vie ? On va souffrir (que celle qui n’a eu aucun mal lève le doigt), oui pour une bonne raison mais ça va quand même faire mal, ce sera fatigant, épuisant, même, ce sera une rupture dans un monde bien ordonné, le corps ne va pas tout comprendre, on va d’un coup passer de la plénitude de la grossesse au vide de son ventre flasque, il va y avoir du sang, des glaires, on va probablement se pisser ou se faire caca dessus… Tout ça, magnifiquement glamour, me permet d’être certaine que non, le jour de mon accouchement ne sera pas le plus beau de ma vie. Il aura une grande signification, je ne l’oublierai jamais, mon bébé sera un vrai trésor, mon homme un roc et un ange gardien, mais ce n’est pas l’acte de l’accouchement qui sera important là-dedans. Et de fait de cette certitude, je pense que je suis moins à risque de prononcer ce genre de phrase (j’espère d’ailleurs que son bébé ne l’entendra jamais, cette phrase !).

Je crois qu’on se met, dans l’optique de l’accouchement le plus beau jour de la vie, une pression folle, incroyable ! Il faut accoucher avec le sourire, tout comme on l’a décidé. Et quand ça ne se passe pas comme ça, on en veut au monde entier et à soi-même. Et on ne dépasse pas ça. Et on se rend malheureuse, vraiment. Et le prochain accouchement, la prochaine grossesse, sera ponctué de terribles réminiscences. Et le risque est le cercle vicieux. Alors oui, on accuse le corps médical (en soi, je le comprends, si ça doit aider), parce que c’est un peu plus facile, mais malheureusement ça ne nous aide pas à guérir, je crois même bien au contraire.

Alors comment faire ???

J’ai parlé plus haut du projet de naissance. Je vais développer un peu le sujet. Je le crois indispensable à tout accouchement. On associe souvent dans l’esprit projet de naissance et naissance naturelle, physiologique ou alternative. Rien à voir !
Un des points de mon projet (personnellement) est d’être appelée par mon prénom (je ne me sens pas encore une madame, et puis on va passer plusieurs heures ensemble), ou encore que ce soit à mon mari que soit donné le bébé à sa naissance, et que ce soit lui qui me le présente. Rien de compliqué, rien d’alternatif là-dedans. Mais c’est juste comme ça que je vois les choses.
Un projet de naissance, ce n’est pas, comme on l’imagine facilement, dire à l’équipe « vous avez l’habitude de faire comme ça, mais c’est pas ce que je veux, je voudrais comme ça ». Non. Ou pas forcément. Un projet de naissance, tout le monde en a un. Dans son imagination, dans ses rêves, dans les histoires vues à la télé, lues ou racontées. On ne peut pas être enceinte (ou se savoir futur papa) sans imaginer la suite.
Et écrire un projet de naissance (ou le verbaliser, mais je recommande quand même fortement de l’écrire au moins un peu), c’est surtout avoir fait la démarche de savoir ce qu’on imagine, les petits trucs qu’on aimerait, ce qui nous fait peur… C’est terriblement sain !

Après, qu’est-ce qu’on en fait, de ce projet de naissance ? (qui, évidemment, est on ne peut plus personnel, rédigé avec le papa, et surtout surtout pas calqué sur celui d’une autre, juste parce que c’est très à la mode de demander pas d’épisiotomie et pas de collyre dans les yeux de bébé) Je sais que personnellement, j’ai fait un projet très différent de ceux réalisés habituellement : épisiotomie je ne m’y oppose pas (mon avis est personnel, ce n’est pas un avis de médecin, je suis généraliste et je n’y connais pas grand chose sur le sujet, chacune a le droit de s’y opposer ou non, selon les infos qu’elles ont et leurs peurs), les soins au bébé faites tout ce qu’il vous plait (pour 10 minutes de séparation, je sais que si bébé ne va pas bien après ce n’est pas à cause d’une décision que j’aurai prise), par exemple. Mais je l’ai écrit. Ça a d’ailleurs étonné (mais fait sourire) les SF à qui je l’ai montré, parce qu’elles ont l’habitude du projet de naissance « comme à la maison », où il est difficile de répondre à tout.
Donc qu’est-ce qu’on en fait, eh bien on en parle ! On en parle, on le fait lire, à tous et à tout le monde (enfin les gens utiles et les gens de confiance, pas besoin de le dire à la boulangère).
Aux professionnels, tous, parce que des fois les SF disent oui et finalement se retrouvent avec l’anesthésiste qui refuse. À chaque consultation avec des gens différents demander si on pourrait pas le relire ensemble. Notamment parce que les SF, en salle de naissance, c’est jamais les mêmes, et qu’on peut tomber sur une qui n’est pas d’accord avec ce qui ne posait pas de pb aux autres, parce qu’elle a une expérience différente ou qu’elle n’est pas formée à telle ou telle position par exemple. Pendant le monito, si long, par exemple !
On en parle aussi à son entourage de confiance parce que même s’il est très personnel, sur certains points c’est bon d’avoir des retours d’expériences ou de lectures. (Sur l’épisio, par exemple, on peut ne pas en vouloir jusqu’au jour où on apprend que, c’est très rare, mais une déchirure naturelle peut emprunter des trajets beaucoup plus handicapants et fonctionnellement graves, et après on fait sa propre balance bénéfice risque, qu’est-ce qui vous fait, à vous personnellement, le plus peur ?)
Bref, un projet de naissance, c’est personnel, oui, c’est intime, oui, mais ce n’est en aucun cas un secret à garder pour vous jusqu’au jour de l’accouchement où vous le sortirez comme une fleur. L’idée est la pire qui soit ! Pour vous autant que pour l’équipe.
Et en en parlant dès le début, d’ailleurs, vous pouvez aussi remarquer que la maternité choisie n’est peut-être finalement pas la bonne, votre projet est assez mal reçu par rapport à une autre, qui n’est finalement pas si loin… Parfois ce sera possible de changer avant d’accoucher (et parfois non, bien sûr : autre maternité trop loin ou inscription obligatoire fermée)… Et si non, vous aurez aussi tout le temps qui vous reste sur votre grossesse pour faire un travail dessus : est-ce que ce point là est si indispensable pour moi ? Il se passera quoi si ça se passe comme ils m’ont dit, pour moi ? Ce travail, j’en suis sûre, sera bénéfique.

Ce qui m’amène à mon deuxième point : Après le « il ne faut pas idéaliser son accouchement », vient le « il ne faut pas chercher à tout contrôler à tout prix ».
Je sais, la grossesse n’est pas une maladie, l’accouchement n’est pas qu’un acte médical, mais si quand même un peu. L’accouchement, c’est imprévisible. Vous voulez une péridurale, bébé arrive trop vite. Vous n’en voulez pas et finalement la douleur est insupportable et vous devenez votre propre bourreau en ayant dicté des règles qui ne vous conviennent plus. Vous vouliez accoucher dans l’eau, ou sur le côté, et vous vous rendez compte que ces positions ne vous conviennent pas. On vous a bien prévenu que la position gynécologique était anti-physiologique au possible, et pourtant c’est celle-ci qui vous convient le mieux. (à ce propos d’ailleurs cette phrase n’est pas toujours vraie, selon les arrangements que l’on y fait : Bernadette de Gasquet l’explique bien dans son bouquin, avoir une position sur le dos, mais respectant la physiologie de l’accouchement) … Bref, l’imprévu de votre accouchement est le seul truc prévisible. Quoi que vous décidiez, quelque chose va aller à son encontre, tout ne se passera pas exactement comme vous l’avez prévu.
Alors je pense qu’il faut s’y résigner dès le début. Oui, avoir des demandes, oui s’informer sur tout, mais accepter humblement que vous ne contrôlez pas tous les événements, et que, dans l’état où vous êtes le jour de l’accouchement, s’en remettre aux professionnels qui vous accompagnent et ont pour eux l’expérience et la tête froide n’est pas forcément une mauvaise idée.

Quel que soit le déroulement de votre accouchement, sauf drames, vous serez Maman à la fin, et c’est ÇA, et pas votre accouchement, qui est la plus belle chose de votre vie.

Enfin, comment s’en remettre quand ça ne s’est pas bien passé, quand malgré tout le zen qu’on a essayé d’y mettre, on en garde une pierre sur le coeur ? Pareil, tout passe par la communication. Vous avez 3 ou 4 jours à la maternité (sauf exceptions), et il peut être possible d’en profiter pour comprendre ce qui s’est passé. Tout est allé trop vite pour vous (même si ça a duré des heures), vous n’avez pas forcément tout bien compris, peut-être est-ce le moment, si vous n’arrivez pas à passer outre, d’en reparler. Eventuellement de revoir la sage-femme en question. Pas avec des reproches, pas pour lui dire « vous ne m’avez pas respectée », mais en lui expliquant que vous avez besoin de comprendre ses décisions. Vous ne reviendrez pas en arrière, mais comprendre, ça aide. Et ça peut prévenir la peur de la suite. Et vous parviendrez probablement à revivre ce moment en vous disant que oui, ct pas ce que vous vouliez, y avait mieux à faire, mais elle a dit que ct pour le petit, qu’elle avait peur pour lui, et même si je n’en suis pas convaincue ça fait du bien de savoir qu’elle avait ma santé et celle de mon bébé à coeur… Et si vous ne le faites pas de suite, vous pouvez peut-être essayer les jours ou semaines d’après. Ne laissez pas passer des mois, elle risque de ne plus se souvenir…
Votre dossier, vous y avez également droit. En le demandant avec gentillesse, on peut vous le photocopier, vous aurez accès à des faits que vous n’aviez peut-être pas compris, ni même connu (non, personnellement, je vais éviter de dire à une mère qui accouche que j’ai très peur du rythme cardiaque de son bébé, je vais préférer dire qu’il se fatigue… Cacher des choses, oui. C’est vrai. Mais dans son intérêt, pour éviter une panique qui ne l’aidera pas à pousser. Quitte, si elle le souhaite, à revenir dessus après). Il peut vous être utile si vous le relisez avec quelqu’un du milieu. Mais attention aux écueils du genre « oui, avec un rythme comme ça on peut encore attendre », parce que à froid c’est plus facile à dire… ;)

Dernier petit point, le fameux « accouchement non respecté…

On va peut-être dire que je chipote sur les mots (et c’est vrai, j’ai toujours été comme ça. On compte une quantité de mots dans notre dictionnaire, autant ne pas les utiliser pour des significations qui ne sont pas les leurs), mais ce terme de respect me choque.
Wikipédia nous dit :

Le respect (du latin respicere signifiant « regarder en arrière ») évoque l’aptitude à considérer ce qui a été énoncé et admis dans le passé, et d’en tirer les conséquences dans le présent. Il peut ainsi être question du respect d’une promesse, du respect d’un contrat ou du respect des règles d’un jeu. Dans ces exemples, le respect évoque l’aptitude à se remémorer le moment dans lequel un individu s’est engagé, respectivement, à tenir sa promesse, à satisfaire aux conditions du contrat, ou à se conformer aux règles du jeu.
Le respect appliqué à un individu prend un sens plus proche de l’estime, et s’appuie sur l’aptitude à se remémorer les actes auparavant accomplis par un individu, lorsque ceux-ci sont dignes d’être reconnus. Le respect ne doit pas être confondu avec la tolérance, car celle-ci n’a pas les mêmes motifs, et contrairement au respect, elle n’est pas incompatible avec le mépris.
Il est dit du respect qu’il se mérite ou se gagne.

Pour le coup, le mot n’est pas forcément mal employé. Si on parle de l’accouchement non respecté comme d’un accouchement où les demandes formulées n’ont pas été satisfaites.
Mais ça me gène, parce qu’on confond facilement le respect d’un acte ou d’une parole avec le respect de l’individu, l’estime. Et pour le coup c’est tellement faux !!
Je voulais juste soulever ce point. Si vous estimez que votre accouchement n’a pas été respecté, dans le vrai sens du terme, n’en déduisez pas forcément que vous n’avez pas été respectée, qu’il n’y avait aucun respect à votre égard. Les demandes peuvent ne pas être satisfaites pour des milliers de raisons, et ça n’aurait rien à voir avec un potentiel mépris pour vous, la patiente, le numéro de dossier, comme vous auriez pu le penser…

Voilà mon pavé de réflexions terminé, je souhaite à toutes les futures mamans un accouchement serein, et surtout de savoir s’en remettre sans traumatisme, quoi qu’il se soit passé.

DocnMama

PS : Je comprends que tout ce que j’ai dit au-dessus puisse être invalidé par un abruti, qu’il soit gynéco, médecin, SF, ou n’importe qui d’autre, qui n’aura pas su communiquer avec vous malgré toute votre volonté, et vous aura traité comme une merde. Pour le coup, ça existe aussi, comme partout, mais je ne crois pas qu’à lui (eux) seul(s), ils invalident ma réflexion. C’est pourquoi les commentaires comme « oui mais moi j’ai donné mon projet et il avait été accepté et finalement ça s’est quand même mal passé », je ne peux pas dire que je ne les accepterai pas, parce que je n’en n’ai pas ce pouvoir, mais je ne les trouverai pas bien constructifs… Oui, malgré toute notre bonne volonté, ça peut ne pas bien se passer, ça peut même ne pas se passer dans le respect de l’individu. Mais ça vous n’y pouvez rien et moi non plus, le but de mon article est de vous aider soit à planifier un accouchement serein sans pression sur vous-même ou l’équipe, soit à surmonter le traumatisme d’un accouchement qui s’est passé à l’opposé de ce que vous souhaitiez. Pas de changer le monde ou de fustiger ceux qui, s’ils sont si cons, de toutes façons s’en foutent.
Pour ceux-là, comment surmonter ? Ben tout simplement s’ils sont cons ce n’était pas de votre faute, il vous suffira de ne pas retourner voir ceux-là, je vous rassure, pour en avoir beaucoup fréquenté, la population médicale n’est pas encore envahie, les cons restent minoritaires.

EDIT : Contrairement à mon souhait, j’ai choqué, voire blessé et culpabilisé certaines mamans qui ont mal vécu leur accouchement et qui se voient, dans mon article, refuser de parler de leur traumatisme. Je tiens à m’excuser de cela et rectifier mon propos : Je ne souhaite absolument pas demander à ces femmes d’arrêter de se plaindre, de relativiser ou encore de prendre leur mal en patience. Le mal a été fait, et en guérir est difficile, et ce n’est certainement pas en les bâillonnant qu’elles surmonteront leur traumatisme.
Je ne souhaite qu’encourager la communication EN AMONT de toute cette douleur, la prévenir AVANT que le mal ne soit fait, pour les prochaines.
Pardon encore une fois de m’être mal exprimée, je suis vraiment de tout coeur avec vous si vous avez vécu un traumatisme.

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82 réflexions sur “Les bibles de ma grossesse, l’information nécessaire pour que tout aille pour le mieux…

  1. Pingback: Les bibles de ma grossesse… L’information nécessaire à ce que tout aille pour le mieux. (Conseils aux futures mamans) | Docteur ET Maman ET Femme...

  2. Je suis 100% d’accord pour le projet de naissance ! Je m’étais inscrite dans une maternité réputée pour son côté naturel & co, j’y avais été suivie par une sf géniale, et du coup je me suis dit que ça ne servait à rien d’en faire un… mais le jour de l’accouchement, je suis tombée sur une des rares sf de l’établissement pas du tout pro-nature, et ça m’a un peu gâché le truc…

    Par contre, j’ai un peu en travers de la gorge ton paragraphe sur le jour de l’accouchement ne sera pas le plus beau jour de ma vie.
    Tu considères forcément que parce qu’on a mal ou parce qu’on devient bestiale, ou même parce qu’on risque de se faire dessus, ça ne peut pas être le plus jour de notre vie ??? Perso, pour l’avoir vécue une fois, je n’appréhende pas du tout la douleur de l’accouchement comme quelque chose de négatif. C’est une douleur horrible, c’est vrai. Mais elle a quelque chose d’extrêmement positif. Je n’arrive pas trop à l’expliquer, mais c’est en tout cas une douleur que j’ai hâte de revivre :)
    Je suis d’accord sur le fait que ressasser rend plus malheureux qu’autre chose, mais en même temps je trouve terrible la phrase : « Bébé va bien, c’est l’essentiel ». Oui, c’est sûr, mais ça ne veut pas dire qu’on doit tout accepter, et encore moins qu’on n’a pas le droit de se plaindre de la façon dont on a été traitée !
    Et faire le parallèle avec les gens qui vivent des chimios ou autres, je trouve ça glauque aussi. C’est comme dire à quelqu’un d’arrêter de se plaindre parce qu’il y a plus malheureux que lui. Oui, on trouvera toujours plus malheureux, mais parfois ça fait du bien de se plaindre un peu (bon, il ne faut pas que ça soit tout le temps, sinon comme tu dis ça déprime plus qu’autre chose).

    • Ben l’accouchement en tant que tel, non, je ne le considère pas forcément comme le jour le plus beau d’une vie, à priori. Le considérer comme tel à posteriori ne fait aucun mal, bien au contraire, mais l’anticiper comme tel, c’est le risque d’une déception plus grosse qu’on ne peut la supporter, pour certaines. Et c’est ce qui est dommage. Comme une pression supplémentaire qu’on se met à soi-même. Non seulement on va devoir accoucher (ce qui, à l’heure actuelle pour moi, est déjà bien suffisamment de pression), mais en plus tout va devoir être parfait.
      Je n’ai pas dit qu’on n’avait pas le droit de se plaindre, j’aimerais juste qu’on ne s’en gâche pas la vie… C’est un acte médical dont le résultat est plus important que le déroulement…
      D’où le parallèle avec d’autres actes médicaux curatifs : en soit, ça peut très mal se passer, si le résultat est là, c’est lui qui change la vie.
      On trouvera plus malheureux que soi, oui, mais ne trouves-tu pas choquant que certaines mères soient plus traumatisées par leur accouchement que certains malades par leur chirurgie ou chimio ? Je crois que c’est justement l’attente qu’on en a qui change ce point de vue. Et je crois terriblement malsain pour un enfant de se rendre compte que sa naissance a été source de traumatisme pour sa mère (parce que oui, il s’en rendra compte si sa mère ne le surmonte pas, ne serait-ce qu’à l’époque où lui-même attendra un enfant)…

      • Tu me fais un peu penser à ces gens bien intentionnés qui, voyant mes larmes et ma détresse suite à ma césarienne, ainsi que mon incapacité à dire tout simplement « j’ai accouché », ne savaient que me dire: « l’essentiel, c’est que le bébé et la maman aille bien, tout ça c’est derrière toi maintenant, tourne la page… ». Ces mots ne m’ont été d’aucun utilité mais ils m’ont également fait me sentir coupable, comme si j’étais égoïste de me sentir triste de cette naissance ratée, alors que d’autres femmes avaient vécu des tragédies et n’avaient pas autant de chance que moi… Et tu ne fais qu’accentuer cette culpabilité en suggérant que mon enfant a dû souffrir de me sentir si mal à l’époque, un sentiment sur lequel je n’avais absolument aucune prise à l’époque. J’ai remonté la pente, j’ai fait le deuil, un deuxième accouchement, par voie basse cette fois-ci, a un peu pansé mes plaies mais cette première naissance reste une blessure pour moi et je trouve terrible de dire à ces mères qui souffrent « secoue-toi un peu, pense à ton enfant, ça aurait pu être pire! ». Pour moi, c’est le degré 0 de la psychologie…

        • Je suis vraiment réellement désolée que mon article ait pu vous culpabiliser, ou vous faire penser que je vous désapprouve.
          Bien au contraire, il est écrit en pensant avec douleur et tristesse à des femmes comme vous qui n’arrivent pas à se remettre d’un accouchement mal vécu, traumatique.
          Ce n’est pas en aval que je veux agir, loin de moi de vouloir dire « arrêtez donc de vous plaindre, vous avez un beau petit bébé, d’autres femmes, d’autres hommes souffrent bien plus que vous ». La jambe cassée du voisin n’a jamais aidé à diminuer la douleur d’une cheville foulée, et j’en suis bien consciente.
          Je ne souhaite qu’encourager les futures mamans, en amont, à prévenir cette situation. Je voudrais qu’elles sachent ce qui peut les attendre, dans le meilleur comme le pire des cas, ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, ce qui est adaptable à leurs souhaits et ce qui ne l’est pas. Malheureusement, les RDV gynécos sont tels que ces informations sont délivrées rapidement, quand elles le sont, et que ce sont aux femmes de faire la démarche d’aller les récolter, d’où mes conseils.
          Quant à vous, vous bâillonner n’est pas une bonne idée. En parler vaut bien mieux, une fois que le mal a été fait, et surtout dites vous bien que ce n’est en aucun cas « votre faute ». C’est un concours de circonstances qui ne vous a pas été clément. Vous avez le droit d’en parler, de vous soulager ainsi et d’exorciser ce mal et ces peurs (et d’envoyer chier ceux qui vous disent que vous n’avez pas ce droit).
          Pardon de mal m’être exprimée.

    • j’ai senti le même malaise à la lecture : interdit de se plaindre.

      Pourtant un accouchement qui se passe mal est une vraie souffrance. Non pas parce que des actes médicaux sont posés, mais parce que la jeune maman est en situation de vulnérabilité extrême pendant son accouchement et que certains mots ou attitudes pourront réellement la traumatiser. Parce que du fait de l’endroit où ça se passe généralement (le sexe), parce que les émotions sont à fleur de peau, parce que c’est un processus naturel et que la maman a certains besoins qui doivent être reconnus faute de pouvoir toujours être assouvis.
      C’est différent à mon avis des chimios et autres parce que l’accouchement met en oeuvre les parties du cerveau les plus primitives et que ça n’est pas possible de rationnaliser quand on accouche. Ou si on rationalise, on douille, on sort de la physiologie.

      C’est un peu comme si on disait : « bon, il a 2 mois , mais c’est pas si grave, il peut comprendre, hein », d’un enfant dont on ne respecte pas les besoins physiologiques. Je trouve que l’accouchement nous ramène à cette position extrêmement vulnérable du petit enfant qui a des besoins absolument primordiaux, et qui ne peut pas faire face à ce moment là aux agressions de l’extérieur. De la même façon qu’un tout petit a besoin de protection et d’empathie quand on ne peut pas faire autrement, une maman en train d’accoucher a besoin de protection.

      Pour ma part j’ai vécu un vrai traumatisme lors de mon accouchement qui pourtant s’est très bien passé d’un point de vue médical. Mais je me suis faite eugueuler juste après l’expulsion et avant d’avoir vu mon bébé par le gynécologue, qui s’est complètement énervé sur moi. J’en suis ressortie en état de sidération complète, d’ailleurs je ne m’en suis absolument pas rendue compte sur le moment. Mais je n’arrivais pas à créer de lien avec mon bébé, et je ne comprenais pas pourquoi, j’ai fait une grosse dépression post-partum. Il m’a fallu plus d’un an et une thérapie pour comprendre à quel point ça avait été un traumatisme pour moi, et peut être que oui le gynéco a fait ce qu’il a pu et qu’il était pas dans ses pompes ce jour là etc.
      Oui MAIS : lui s’il n’avait pas passé ses nerfs sur moi, ben peut être qu’il aurait été désagréable avec ses enfants et sa femme le soir et puis le lendemain ça aurait été mieux. Seulement moi ça m’a réellement traumatisée pendant de longs mois, parce qu’à ce moment précis j’étais extrêmement vulnérable, sans défense.

      Je crois qu’on peut tout à fait poser des actes médicaux en reconnaissant auprès de ses patients que ça n’est pas possible de faire autrement même si on aimerait. C’est possible d’écouter ce que une patiente vit, sans pour autant que ça prenne des plombes. C’est juste être dans l’empathie, dans l’humain. Et apprendre à se ressourcer ailleurs pour ne pas entacher ce moment si magique de la naissance. Je ne suis pas médecin mais enseignante (et scientifique) en milieu difficile et à mon avis c’est un peu le même schéma : on est face à des personnes qui sont très demandeuses de temps, qui ont de gros besoins affectifs et surtout beaucoup d’empathie. J’ai un temps limité, alors j’essaie d’être disponible pour eux, c’est dur, parfois j’ai envie de pleurer, je suis en colère… mais j’essaie de me ressourcer ailleurs pour ne pas abimer mes élèves car ils le sont déjà bien assez. Je leur donne un max d’écoute et d’empathie, et je ne leur demande pas de couvrir mes besoins d’écoute à moi, je m’en occupe toute seule et par ailleurs.

      Ce que j’ai constaté c’est que nous scientifiques et diplomées nous sommes beaucoup trop dans notre cortex pour pouvoir se laisser accoucher physiologiquement bien souvent. Ca demande un vrai travail sur nos émotions, sur apprendre à lacher prise. Trop savoir paralyse… de nombreuses sage femmes me l’ont d’ailleurs confirmé. Une femme qui va accoucher a besoin de s’accueillir et d’être accueillie avec ses peurs pour pouvoir les traverser et accoucher sereinement. C’est de la prévention: ça demande du temps avant, mais du coup après on se donne plus de chances que ça se passe mieux pendant. Anticiper qu’on va souffrir, c’est aussi se donner les meilleures chances de souffrir parce que du coup on est dans la peur, et la peur coupe les endorphines en activant l’adrénaline. Ne rien anticiper du tout en positif ou négatif, accepter tout en se mettant dans les meilleures conditions pour nous et physiologiquement, c’est à mon avis le meilleur moyen que ça se passe au mieux. C’est là où je te rejoins :-)

      L’accouchement peut être peu douloureux en condition physiologique grâce aux endorphines (cf livre cité à la fin), et le fait d’être dans sa bulle et son cerveau reptilien nous fait omettre tous les détails pas très jolis à voir. Personnellement j’ai eu de moins en moins mal, au fur et à mesure que je lâchais prise, et surtout j’étais bien. Je recommence demain sans problème (mais sans le gynéco à la fin).

      Sur ce je te souhaite un bel accouchement, une belle épreuve transformante comme cela peut être le cas pour beaucoup :-)

      PS : ma bible à moi c’est : » j’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur », de Maïtie Trélaun. Très très renseigné sur les mécanismes physiologiques de l’accouchement, à mon avis indispensable pour apprendre à lâcher prise pendant l’accouchement et vivre la douleur positivement. J’ai aussi beaucoup aimé les livres de Martine Texier sur le yoga de la naissance.

      • « Interdit de se plaindre » : Oh certainement pas !! Si vous avez vécu votre accouchement comme un traumatisme et qu’en parler vous soulage, d’où viendrait mon droit à vous dire de vous taire ??? Je prône au contraire ici la communication. Parlez-en si cela vous soulage, si cela exorcise votre ressenti et vos peurs concernant la suite.
        Ce que je souhaite ici, c’est surtout donner des conseils d’amont aux futures mamans, prôner la communication d’amont pour qu’une femme qui nécessitera un accouchement plus médicalisé qu’elle ne l’aurait souhaité tombe de mon haut, en sachant ce qui risquait de l’attendre, et en ayant un peu connu l’équipe et l’environnement en amont. J’espère donc qu’elle ne vivra pas, elle, son accouchement comme un traumatisme.
        Loin, très très loin de moi cette idée de vouloir bâillonner celles qui, ayant besoin de parler de leur accouchement difficile, le font.

      • Et pour le livre que vous conseillez, son titre me parle, même si ce n’est pas ma peur première. Comme je le disais, il n’est plus temps pour moi de lire, mais merci de le conseiller, pour les autres (ou pour un futur accouchement ?)

        • J’ai eu la même Bible : « j’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur », de Maïtie Trélaun.
          Je le conseille aux futurs parents qui veulent tout savoir sur le comment ça se passe.

          En revanche, pour celles qui préfèrent se « faire accoucher » et ne voir le bébé qu’une fois tout propre et tout habillé, c’est apparemment anxiogène, dixit une copine qui n’avait même pas envisagé que c’était possible de ne pas avoir de péridurale…

          Mais moi j’ai adoré, lu, relu, et fait lire à mon homme, pour mes deux grossesses !

  3. Merci pour cette article, mon homme me soutient mais tique un peu sur le projet de naissance parce qu il a peur, justement que j’idealise trop l’accouchement. Pourtant ce que je souhaite surtout faire ressortir dans mon projet de naissance c est juste mon besoin d être considèré comme un être pensant a qui, si on explique ce qu on va faire et pourquoi on va le faire ( dans la mesure de l’urgence) peut accepter beaucoup de chose. J ai donc signifier qu il y avait certaines choses dont je ne voulait pas, a priori mais que je comprenais qu en cas d’urgence on puisse le faire si on me l’explique.
    Et finalement c’est la, a mon sens, que le terme de respect prend tout son sens. Que le personnel médicale accepte qu en face d’eux il y a un être pensant avec des sentiments et pas une poupée. Peut être est ce, ce qui a manqué aux femmes ayant mal vécu leur accouchement.

    • À mon sens, votre accouchement idéal (votre « projet de naissance » personnel) existe de toutes façons dans votre esprit. L’écrire sur papier, en parler, ne le rendra pas plus ni moins réel, plus ni moins présent… Votre mari se trompe à ce sujet : ce n’est pas en évitant de l’écrire ou d’en parler que vous éviterez de l’idéaliser, au contraire.
      Si vous écrivez un projet de naissance dans le but de le confronter aux réalités, en en parlant souvent avant l’accouchement avec les divers professionnels de votre maternité, non pas dans le but de l’imposer mais dans celui de comprendre ce qui pourra être fait et ce qui ne le pourrait pas, dans quelles conditions et pourquoi, si vous prenez ces « non » avec sérénité et que justement vous vous donnez le temps de les accepter parce que ce temps, vous l’aurez (pas comme le jour de l’accouchement), alors je pense que vous vous donnez toutes vos chances d’accepter tout ce qui se passera et peut-être, à la fin, qu’en effet vous ressentirez ce « c’était le plus beau jour de ma vie »… ;) (à posteriori)
      Je vous souhaite un très bel accouchement, un très beau bébé en bonne santé.
      Quant au respect, dans les deux sens du terme, il n’est valable que s’il existe dans les deux sens. Il faut aussi accepter, de notre point de vue de patient, qu’on a aussi des êtres humains en face de nous, pas des machines à actes médicaux. ;)

  4. Je ne partage pas du tout du tout ta vision de l’accouchement. Deux accouchement respectés au compteur. Deux fois le plus beau jour de ma vie. Je refuse de m’en remettre à une personne qui n’a pas auparavant acquis ma confiance. C’est mon corps, c’est moi qui décide.
    Ceci étant dit : heureusement qu’il y a de la diversité dans ce monde, et je te souhaite le plus bel accouchement qui soit, au plus proche de ce que tu espères, ou avec de belles surprises ! :)
    PS: au rayon bouquins Une naissance heureuse d’Isabelle Brabant est un super livre pour celles qui se préparent à accoucher de façon « naturelle » ou « physiologique »… Et pour les autres aussi. Tout y est.

    • Vous avez eu la chance (ou vous vous l’êtes donnée) d’avoir deux merveilleux accouchements. Qu’ils soient le plus beau jour de votre vie à posteriori, j’en suis ravie pour vous, c’est l’idéal de ce qu’il peut se passer (et j’avoue que je me le souhaite aussi).
      L’accouchement plus beau jour de sa vie, c’est quand il est vu ainsi à priori que ça me gène. Parce que dans ce cas, le moindre écart à l’idéalisation (et on peut faire plein d’écarts, même en respectant tout au plus haut point, c’est quand même un moment de vie très imprévisible) peut être vécu comme une agression, peut être revécu comme un traumatisme, et peut ne pas être surmonté. cela dit, ça dépend beaucoup des femmes !
      « je refuse de m’en remettre à une personne qui n’a pas auparavant acquis ma confiance » : cette phrase me faire dire que vous avez suivi les conseils que j’ai donné plus haut, avant même que je les pense ou les écrive, et que vous n’êtes pas si en désaccord avec moi que ça… Vous avez discuté avec votre équipe, quelle qu’elle soit, auparavant, pour leur accorder votre confiance, non ? Et vous vous êtes remis à elle ensuite. D’où votre sentiment d’accouchement respecté. C’est instinctif pour certaines. Je l’ai exprimé parce que ça l’est moins pour d’autres.
      Merci pour la référence de livre, pour les autres (pour moi il n’est plus vraiment temps de lire, plutôt d’aller courir pour que ce bébé se décide enfin à sortir ;) )…

      • Tu as raison qu’on n’est pas si en désaccord que ça : on s’est toutes les deux formulées ce qu’on voulait et on s’est informées et puis on a reformulé et puis on a laissé la porte ouverte au hasard. Il ne faut pas renoncer à mettre la barre de l’empathie et du respect (sans parler de celle de la compétence) haute pour tout le monde ce jour-là. Tu parlais de confiance… Je pense que lors de mon premier accouchement en clinique j’ai eu de la chance. D’autres SF n’auraient pas été en mesure d’accompagner mon projet (et je le comprends)… La deuxième fois, j’ai fait en mesure de ne pas compter sur la chance. :)

  5. Je souhaiterais rappeler que, contrairement à ce que vous prétendez, les études démontrent que l’épisiotomie ne permet nullement de prévenir les déchirures graves, de degré 3 et 4 (atteinte du sphincter ou du rectum)(voir ici: http://www.em-consulte.com/article/118006/figures/l-episiotomie-episiotomie-et-prevention-des-lesion). Il y a même dans cescas-là le risque que l’épisio surdéchire. D’autre part, dans l’immense majorité des cas, mieux vaut une petite déchirure (qui se fera dans le sens des tissus) qu’une petite « épisio », qui sera plus difficile à cicatriser et souvent plus douloureuse. Faire une épisio pour prévenir une déchirure, c’est avoir la certitude à 100% qu’on sera coupée. Alors que ne pas faire d’épisio, c’est garder une chance d’avoir un périnée intact. Personnellement, je considère que l’épisiotomie n’est nécessaire que dans le cas d’une soufrance fœtale aigüe au moment de l’expulsion qui nécessiterait une sortie rapide (et encore, cela fait débat…). A mes yeux, c’est une mutilation sexuelle grave qui peut être extrêmement invalidante et je suis absolument persuadée que dans 10 ans au plus tard, on considèrera ce geste comme une pratique barbare, comme il y en a eu tant d’autres dans l’histoire de la médecine. A bon entendeur…

    • « à bon entendeur »… à bien entendue ;)
      c’est votre point de vue, et vous l’avez respecté pour votre accouchement. Si cela ne vous gène pas, je respecterai mon point de vue pour le mien, et j’encourage toutes les femmes à respecter leur point de vue pour leur accouchement.
      L’épisiotomie n’était qu’un exemple, sur lequel je savais justement ne pas suivre « l’avis général » des femmes… C’est d’ailleurs pour cela que je l’ai prise en exemple.

      • Le petit souci, c’est que lorsque vous suggérez qu’une épisiotomie pourrait vous éviter une déchirure qui endommagerait gravement votre périnée, vos lectrices n’oublient pas que vous êtes médecin et s’imaginent que, sur ce point précis, vous devez certainement avoir raison sur un plan scientifique. Or, il n’en est rien…

          • Concernant l’épisotomie, même si ce n’est pas le sujet ici (et je persiste là-dedans, c’est pour ça que je n’ai pas voulu répondre avant à ce sujet), j’en ai appris plus sans le vouloir spécialement (ma SF m’a expliqué) et je reconnais mon erreur.
            Je reprécise que je n’ai jamais prétendu en savoir plus que quiconque sur le sujet, voire moins, je répète que je suis généraliste et que ce n’est pas du tout un sujet abordé dans nos études (sauf leurs positions et formes).
            L’épisio dans ma maternité n’est pratiquée, du moins selon les dires de ma SF, qu’en cas de souffrance du bébé : elle permet une sortie plus rapide que la déchirure naturelle (logique : tirez sur du tissu, ça s’ouvre toujours moins vite qu’en coupant), si bébé n’en peut plus. Avec cette information, je ne me serais toujours pas opposée à cette épisiotomie, puisque, accouchant, je suis de principe en train de mettre mon corps à l’épreuve pour donner la vie, c’est n’est pas pour y mettre des conditions et risquer de faire souffrir mon bébé. Mais je comprends la dérive et le risque d’épisiotomies « de confort », pour accélérer et faire finir plus vite une expulsion qui n’en finit pas. J’espère que ce genre de pratique diminue comme c’est le cas, je l’ai appris, dans ma maternité, avec l’arrivée des jeunes sages-femmes qui ont de nouvelles instructions… Pareil pour les gynécos.

  6. Et je rajoute une dernière chose par rapport à l’épisiotomie: une épisio, par contre, c’est beaucoup plus facile à recoudre pour la SF ou le gynéco – et ça met beaucoup moins de temps – qu’une déchirure. Faut donc pas s’étonner si, certains,pour ne pas avoir à s’emmerder, ont le coup de ciseau facile… Personnellement, j’ai été très ferme dans mon projet de naissance: refus catégorique de l’épisio, sauf si souffrance foetale. Le reste de mon PDN était très respectueux des équipes médicales, et écrit dans un langage très diplomatique pour ne froisser personne, mes demandes n’avaient rien de délirant, et elles étaient bien argumentées, mais, sur ce point-là, je n’ai pas voulu laisser trop de latitude à la personne qui m’assisterait lors de mon accouchement parce qu’on ne sait jamais sur qui on tombera, et les épisios de routine, ça existe encore…

    • Merci de votre précision. Mais je n’ai pas écrit un article sur l’épisiotomie, il s’agit d’un point de vue personnel que je suis consciente de ne partager avec pas grand monde, et qui relève de MON propre vécu par rapport à MON souhait sur MON accouchement imminent.
      Il est évident que sur ce point, sur cette volonté, c’est chacune son point de vue.

  7. Une femme qui s’est sentie maltraitée par une équipe médicale, dont on n’a pas pris le temps de répondre aux questions et dont on n’a pas calmé les angoisses, dont on n’a pas soulagé la douleur physique, mais aussi et surtout psychique, dont on n’a pas respecté la pudeur, qui a vécu chaque geste intrusif comme de véritables agressions sexuelles (décollement des membranes, TV, rupture de la poche des eaux, extraction instrumentale…), surtout s’ils n’ont été accompagnés d’aucune explication, qu’on a traité comme une gamine apeurée et/ou capricieuse, comme un numéro ou comme un simple morceau de viande (voire les trois), elle a le droit de parler d’accouchement non respecté et d’atteinte à la dignité de sa personne, selon vos critères? Si vous saviez comme ça arrive souvent…

    • Il ne s’agit pas d’une question de droit. Une femme qui ressent ne pas avoir été respectée parle d’accouchement non respecté. Je ne souhaite pas changer cela.
      Je souhaite, en amont, prévenir cette sensation de non respect, en demandant les explications au moment où il y a à la fois le temps d’en parler, et à la fois l’esprit clair des deux « parties ».
      Parce que les explications, qu’on les ait ou non au moment de l’accouchement, je ne vais pas dire que ça ne change rien, mais ce n’est pas aussi efficace, ce n’est pas suffisant. On est trop vulnérable à l’accouchement pour les accepter sereinement, l’équipe est aussi trop occupée ou pressée pour les donner clairement.
      Ca arrive souvent, oui, c’est bien le problème que je voudrais simplifier, par la communication d’amont…

  8. « Votre dossier, vous y avez également droit. En le demandant avec gentillesse, on peut vous le photocopier ». :-/ Pour celle que cela intéresse, je rappelle qu’un dossier médical ne se demande pas « avec gentillesse », mais par lettre recommandée avec accusé de réception adressée à l’hôpital et à laquelle vous aurez joint une photocopie de votre carte d’identité. La maternité n’a absolument pas le droit de vous refuser ce droit (voir l’article L 1111-7 de la loi de 2002, dite Loi Kouchner, relative aux droits des patients et à la qualité du système de santé). On vous demandera probablement de vous acquitter des frais de reproduction. Et puisqu’on est dans le juridique, je rappelle aussi que, selon cette même loi: « Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. » (Art. L 1111-4). Votre corps vous appartient, il ne devient pas la propriété du corps médical le temps que dure votre accouchement.

    • Voilà le travers que je voulais éviter, par le « avec gentillesse ». Pourquoi le droit légal devrait-il nous dispenser de le demander avec gentillesse ? En y allant, et en le demandant avec gentillesse, vous y avez autant le droit qu’avec la lettre recommandée avec AR. Ca fonctionne souvent tout pareil (sauf dans le cas où l’hôpital lui-même décide de ne pas répondre sans procédure, mais j’ai déjà délivré des photocopies sans aucune procédure, et ça se passe bien).
      Quelle que soit la loi évoquée, elle n’a jamais dispensé de la loi humaine. Selon mon propre point de vue.
      Mais d’un point de vue juridique et légal, vous avez parfaitement raison.

      • Vous allez dire que je coupe les cheveux en 4 mais vous donniez le sentiment que la transmission du dossier médical au patient était une sorte de faveur qu’un hôpital pouvait accorder à une personne, à condition que cette dernière y mette les formes. Ce n’est pas le cas. Et je trouve bien plus utile de rappeler qu’on obtiendra plus facilement et plus rapidement satisfaction par le biais d’une lettre recommandée avec AR.

        • C’est une question de formulation qui vous a induite en erreur, je pense, j’ai bien dit que le droit était là. Mais effectivement, mon article étant sur la communication, je voulais éviter de parler juridique (qui entraîne trop facilement au contraire sur la voie inverse)…

          • C’est là que vous avez tort. Faire un rappel à la loi, ce n’est pas automatiquement s’inscrire dans une démarche procédurière. Je me souviens encore de la tronche de ma gynéco lorsque je lui ai dit que j’avais fait la demande de mon dossier médical. Comme si c’était la première étape avant d’attaquer l’hôpital en justice! De mon point de vue,il n’en était nullement question. Mais ce dossier médical, c’était une partie de MON histoire,une histoire que j’avais besoin de me réapproprier, notamment par le biais de cette demande. Et la lettre que j’ai envoyée n’était pas formulée avec « gentillesse » mais dans un style neutre et administratif, puisque c’est à une (grosse) administration que je l’adressais. Il n’est jamais inutile de rappeler les droits (et les devoirs!) que nous confère la loi. J’ai trop souvent entendu dire des femmes, dans le cadre d’un suivi de grossesse ou d’un accouchement dire : « mais je croyais que c’était obligatoire! » En la matière, RIEN n’est obligatoire.

      • Bien sur que la gentillesse ne fait jamais de mal, mais exiger, préconiser la gentillesse, est-ce que ce n’est pas un peu renvoyer à l’autre qu’on lui fait une faveur ?
        Or un droit n’est pas une faveur.
        Il me semble que la véritable gentillesse se révèle aussi mieux dans la liberté : parce qu’on est libre de ne pas être gentil et d’être assuré d’avoir son dossier quand même, alors on peut choisir d’être gentil, avec sincérité.

        J’entends bien un souhait, tout à fait légitime, de ne pas se faire aboyer dessus par toute personne qui souhaite obtenir son dossier, mais exprimé d’une façon qui peut être perçue comme très infantilisante (dis bonjour à la dame, ne pose pas tes questions à la porte etc.)

        • N’entendez même pas ce souhait, ce n’est pas à moi (je ne travaille plus du tout en maternité) qu’on va demander ce dossier. Je crois juste naïvement que demander les choses avec gentillesse permet à la fois de les avoir plus facilement (mais là effectivement on peut douter, selon les administrations et les personnes en face), mais surtout de se mettre soi-même dans un état d’esprit où on va recevoir toute réaction, quelle qu’elle soit, plus facilement et être moins blessé.
          Dans ce genre de contexte, où on demande son dossier parce que, en général, ça ne s’est pas passé comme on le souhaitait, autant mettre toutes les chances de son côté pour ne pas se rajouter de la peine, non ?

          Mais vous avez raison. On a le droit de ne pas être sympa. Partout et tout le temps d’ailleurs. Et ça ne rend pas la vie plus facile, bien loin de là…

          • Bon allez, je me confesse: moi mon dossier médical, j’en ai fait la photocop en douce quand on me l’a confié après la consultation du 7ème mois pour que je l’amène à l’anesthésiste juste après…

            • :)
              Vous en aviez parfaitement le droit, ne vous inquiétez pas. Et vous avez épargné à quelqu’un d’avoir à le faire.
              (vous auriez certes pu vous faire engueuler par un administratif qui n’aurait pas aimé, mais au final, on s’en fout)
              … et c’est rigolo comme anecdote à raconter après ;)

  9. Il y a deux éléments qui me dérangent profondément ici. D’abord, bien évidemment, la comparaison – que vous reconnaissez volontairement provocante – avec la chimiothérapie. Parce qu’elle conduit ni plus ni moins à dénier le droit à la parole. Si ces patients qui ont des problèmes beaucoup plus graves ne se plaignent pas alors que vous le faites pour votre accouchement, c’est parce que vous aviez des attentes irréalistes. La parole est disqualifiée par cette comparaison, et je trouve que ça nuit beaucoup à la réception de votre article.
    Par ailleurs, sur le sujet de l’épisiotomie, que vous avez souhaité prendre en exemple, on vous fait remarquer dans les commentaires que votre vision de son utilité est médicalement et scientifiquement erronée, et vous répondez en parlant de « point de vue ». Si la médecine s’appuie sur des points de vue et non des études scientifiques, puis-je demander une saignée pour me soulager ? (Oui, moi aussi, je provoque volontairement. Pardon.)

    • Mon point de vue est de préférer ne pas dire non à une épisiotomie que l’équipe jugerait nécessaire (parce que non, ne pas dire non ne veut pas dire avoir l’épisio à 100%). Ca c’est un point de vue. Je connais les statistiques, j’ai reconnu que je préférais un truc chiant et fréquent à un truc extrêmement rare et grave. Je ne dis pas que cette préférence doit être celle de toutes. Je ne vois pas où est le problème, je ne parle pas ici de ce qu’il vaut mieux.

      Et je ne nie pas le droit à la parole, vous remarquerez que mon post entier dit « parlez – communiquez ». Je ne dit rien sur l’aval, une fois que le mal est fait, oui, parlez de votre mal-être à ce sujet si cela vous fait du bien.
      Mais en amont, celles qui n’ont pas encore accouché ont encore une possibilité de ne pas vivre ce traumatisme, et je pense que ça passe par éviter de souhaiter tout contrôler et de penser que vous allez vivre un rêve. Si ça se passe comme un rêve, génial, mais si ce n’est pas le cas vous tomberez de moins haut et vous ferez moins mal.

      • Mouais… je ne suis pas convaincue que ne pas se faire d’illusions sur l’accouchement nous face mieux avaler la pilule en cas de pépin… Je sais que certaines disent « ahhh si on m’avait prévenue!! ». Le fait est que l’accouchement reste une « épreuve », un « passage » qu’il se passe bien ou mal (c’est en tout cas mon vécu…), c’est peut être d’ailleurs pour ça qu’on en parle tant sur les blogs/forums….

      • Vous ne répondez pas aux objections qui vous sont faites: les études prouvent que l’épisiotomie ne permet pas d’éviter les déchirures graves mais vous vous continuez à prétendre que, de votre point de vue, si. D’autre part, je rebondis sur la phrase « préférer ne pas dire non à une épisiotomie que l’équipe jugerait nécessaire ». Lorsque la plupart des gynécos vous disent « mieux vaut une petite épisio à une grosse déchirure » alors que les études (encore elles!) prouvent que la question ne se pose pas en ces termes-là, j’ai tendance à ne pas vouloir faire confiance aux équipes dans ce cas-là. Et encore une fois, ce qui est dérangeant dans votre article, c’est qu’on ne sait jamais trop qui parle: la future mère? Ou le médecin? Et j’ai un peu le sentiment que vous changez de casquette quand ça vous arrange…

        @Castor0282, marrant, je pensais justement à la saignée quand j’ai écrit mon commentaire plus haut…

        • Je ne réponds pas à ces objections sur l’épisiotomie en soi parce qu’elle n’est qu’un exemple et que non, si je suis médecin généraliste, l’épisiotomie n’est pas un point que je connais particulièrement. je ne souhaite donc pas en parler parce que je partageais un POINT de VUE, pas une information médicale. un point de vue avec pour exemple l’épisiotomie.
          Si cela vous gène, je peux supprimer cet exemple de mon article.

          • Eh bien, votre point de vue sur la question est erroné. Et vous venez de faire la démonstration que les médecins aussi, peuvent se tromper sur des questions d’ordre médical et qu’il ne vaut mieux pas leur accorder une confiance aveugle.

            • S’il existe des spécialisations, c’est bien que la médecine est trop vaste pour un seul homme (ou femme). Si vous souhaitez des informations de gynécologie, autant vous adresser à un gynécologue, ce que je ne suis pas. J’ai aussi le droit d’être une simple femme. Ne tirez pas de conclusion sur l’incapacité des autres en vous basant sur la mienne.
              Par ailleurs, je préfère autant vous dire que si je ne suis pas en mesure de vous donner des infos sur la neurochirurgie, ça ne veut pas dire que les neurochir sont des cons qui ne savent pas de quoi ils parlent.

              Et merci de trancher simplement mon envie de me remettre à l’équipe gynécologique quant à savoir si je désire ou non une épisiotomie. Je ne m’en remettrai pas plus à vous pour cette décision, je reste sur l’idée que cela est MA décision, aussi erronée vous semble-t-elle.

              J’édite mon message, si ces quelques minuscules lignes vous ennuient tant que ça.

              • « Trancher », c’est le mot juste… N’éditez rien, ces « quelques minuscules lignes « sont assez révélatrices, au contraire… Dernière chose et je ne vous embête plus: pour les informations de gynécologie, j’ai déjà internet, merci, et ça me suffit amplement…

      • J’ai vraiment l’impression que vous prenez les femmes pour des midinettes qui rêvent d’accouchement en rose bonbon et qui, de ce fait, tombent forcément de bien haut lorsqu’arrive le jour J. Croyez-moi,lorsqu’une mère vous dit que son accouchement a été traumatisant, ça n’est pas parce que elle n’a pas eu droit à la musique, aux bougies et aux fleurs répandues par terre, mais bien parce qu’elle a bien ressenti qu’il lui avait été fait violence dans sa chair, dans son cœur et dans sa tête. Et, désolée de prendre cet air supérieur, mais manifestement, vous ne savez pas (encore) de quoi vous parlez…

        • Votre réponse un peu violente me fait penser que je ne peux pas y répondre d’une manière qui vous satisferait.
          Malgré ce que vous pensez, on peut ne pas avoir encore accoucher et savoir quand même de quoi l’on parle. Et j’ai passé suffisamment de temps avec de futures mères et de nouvelles mères pour avoir le droit de penser que, si ce n’est pas votre cas, pour beaucoup d’autres savoir à quoi s’attendre et surtout pourquoi s’y attendre aurait pu leur éviter beaucoup de mal.
          Je suis également désolée que vous ayiez ressenti le besoin de « prendre cet air supérieur », selon vos propres termes. Sur ce point nous sommes d’accord…

          • Ne réduisons pas le débat à la question de savoir qui de l’expérience vécue ou de la théorie l’emporte!! :-)) Les deux doivent impérativement se nourrir l’une de l’autre!

            • Je suis tout à fait d’accord avec cela. C’est même pourquoi j’étais presque gênée de rappeler que l’auteur de l’article n’avait pas encore l’expérience de l’accouchement et que sa connaissance n’était que théorique. Loin de moi l’idée de me positionner en tant qu’ancienne combattante de la maternité :-)! Mais la question n’est pas là. L’auteur de l’article sait-elle faire la différence entre une déception et un traumatisme? Lorsque je lis des récits d’accouchements « traumatisants », j’ai le cœur soulevé de colère et d’indignation face à ce que des médecins – sous couvert de « soigner » – peuvent parfois infliger aux femmes à un moment si crucial de leur vie. Et docnmaman vient ici nous dire qu’en gros, c’est en grande partie de la faute de ces femmes, car leurs attentes, leurs espoirs n’étaient pas réalistes? Désolée mais j’enfonce encore le clou: j’ai le sentiment, à la lecture de cet article que l’auteur essaie avant tout de défendre sa corporation et refuse de voir que le corps et l’esprit des femmes qui accouchent peut être parfois véritablement brutalisés par le corps médical…

              • défendre ma corporation… c’est mon gros problème, je n’ai jamais le droit, depuis que je suis médecin, de m’exprimer sans que l’on m’accuse de cela. Je ne suis plus une femme en fait, je ne suis qu’un médecin.
                Quel dommage.
                Je le répète, mon but n’est que de donner une piste à toutes les futures mamans pour prévenir le problème.
                Mais je n’y oblige personne.
                Et je reconnais la présence de « cas pathologiques » dans le milieu médical, ce n’est pas ça le problème. Je me propose juste de vous donner des pistes pour savoir quand et à qui poser vos questions, pour avoir plus de chances d’avoir des réponses… Puisque j’avais cru voir, dans les posts et commentaires que j’ai pu lire depuis que je suis sur les VI, que ça pêchait à ce niveau-là…

                • C’est vrai que ce n’est pas un métier facile! Il partage avec celui de prof la caractéristique de représenter socialement plus qu’un simple job: une vocation, presque une identité propre… d’où peut être ton sentiment.

                  Moi je suis très contente que tu t’exprimes ici, même si je me doute qu’il n’est pas facile de trouver ta place notamment compte tenu de ta double casquette.

                  Enfin, sur ta volonté de « donner des pistes », je pense simplement que certaines questions n’appellent pas de réponse, mais juste du soutien: trouver un praticien avec qui on se sente bien et à qui on fasse confiance en est une.

                  • Si je puis me permettre : je ne suis pas sure que cela soit une bonne idée de mentionner sa profession ici, parce qu’automatiquement cela vous mets dans une position délicate d’expert qui ne vous autorise plus tellement à donner votre avis personnel. De nombreuses mamans ici sont des scientifiques (j’en fais partie), cela se sent à la lecture de leurs articles, mais ne mentionnent pas pour autant leur profession. Pourquoi ce besoin de dire votre profession ? Qu’est-ce que cela apporte? Une certaine crédibilité? Malheureusement ce ne sera souvent pas très bien accueilli, car automatiquement vous mettez en faisant cela les simples mamans en position inférieure, surtout quand vous parlez des besoins des personnels médicaux. Cela se sent aux commentaires !

                    A titre d’exemple (autre): quand on anime des groupes de parents, on intervient en tant que maman et non en tant qu’expert, cela est très important pour la qualité des échanges. Et c’est dit dès le début. Et on se doit d’être réservé sur son avis personnel lorsqu’on a la casquette d’animateur, parce que justement ça nous met dans une position particulière qui pourrait faire croire que ce que nous faisons c’est CE qu’il faut faire.
                    Donc à mon avis il vaut mieux choisir ici : intervenir en tant que maman, ou en tant que médecin. Dans le premier cas ce sera votre avis personnel, à hauteur égale avec celui de chacune. Dans le second cas, c’est plutôt l’avis du médecin qui sera mis en avant, ce qui implique de laisser de coté tout ce qui n’est pas prouvé scientifiquement ou issu de l’observation de vos consultations. Qu’en dites vous?

                    • Je comprends votre idée, mais le fait est que je n’ai jamais su (jamais voulu ?) n’être qu’une partie de moi. Je suis femme, je suis médecin, aujourd’hui je suis maman, et je suis tout ça à la fois, je n’arrive pas à me diviser.
                      Je préfère donc, à ce niveau, ne pas le faire, ne pas essayer, ne même pas me poser la question de ce qu’il faudrait. D’autant que je ne crois pas que ce soit ni mauvais, le cumul des casquettes : nos avis en sont d’autant plus riches… Et tant pis s’il faut parfois faire face à quelques malentendus…

              • Je crois que le problème c’est qu’on cherche trop souvent à savoir à qui est la faute… je pense qu’il faut être conscient de la complexité (et de l’ancienneté) des mécanismes qui font qu’aujourd’hui les médecins entretiennent un rapport ambivalent à l’autorité qu’ils exercent (de fait) sur leurs patients (mélange de nécessité, de craintes et pour certains, de pouvoir) (pour mémoire, le bouquin de Boltanski « Prime éducation et morale de classe » est assez éclairant sur ce point) et de s’atteler à les dépasser en construisant un rapport de collaboration authentique où le respect mutuel ne se confondra pas avec de la déférence ni de la soumission.

  10. Merci de ta contribution!!! Avec autant d’ouvrages, tu aurais bien pu tenir plusieurs semaines de contributions (l’urgence de fin de grossesse??! ;))!!! J’espère que tu auras l’occasion de venir nous les commenter plus en détail plus tard!
    Merci beaucoup de nous avoir fait part de tes choix et de tes réflexions…

    Attention cependant à ce qui peut paraître un détail mais qui n’en est pas un: tu dis beaucoup « il faut faire/ne pas faire ceci » il faut penser/ne pas penser cela ». C’est une tentation pour beaucoup d’entre nous: nous avons acquis par la force de l’expérience ou de la formation la certitude que certaines choses étaient mieux que d’autres et nous avons la volonté de les transmettre. (ceci est sûrement encore plus vrai lorsque l’on est médecin et que les attentes sociales nous poussent sans cesse à cela). Attention!!! Attention!!!

    Ces certitudes sont empreintes de nos croyances, de notre personnalité, de notre vécu, etc… (si! si!! même pour un médecin!!) Certaines reposent sur des données scientifiques (à l’obsolescence plus ou moins programmée d’ailleurs…) d’autres absolument pas (mais cela ne présage pas automatiquement de leur non-pertinence). Restons humbles vis à vis de tout cela! L’enjeu ici n’est pas de dispenser « la bonne parole » (dont l’existence reste encore à prouver) mais de pouvoir échanger librement, dans le respect de chacun… L’information est évidemment un des buts poursuivis mais ne pourra conduire à un choix éclairé (pour les décisions médicales, mais pas que…) que si le propos ne sous entend pas de jugement moral (de type « il faut » justement…).

    Il n’y a qu’un pas entre une information permettant le choix et une information dirigeant le choix. Il n’y a qu’un pas entre le conseil du médecin et sa prescription…. ce sont donc des détails, mais qui ont toute leur importance.

    • C’est vrai, j’ai plus fait ici dans le conseil que dans le partage d’informations venant d’autres personnes (les livres, les articles). J’ai personnalisé mon message en vous indiquant ce que je crois être bon plutôt qu’en me contentant de dire « untel a dit cela ».
      Mon propos était initialement de me contenter des livres.
      Mais finalement, j’ai préféré donner ce que je pense être la marche à suivre pour une meilleure communication, qui serait je pense la porte ouverte à moins d’accouchements traumatiques.
      J’ai convaincu une lectrice de faire son projet de naissance et d’en parler, pour se préparer. J’estime que si je lui permets en effet de mieux se préparer, mon article n’aura pas été inutile.

      Par contre, je l’ai édité pour celles qui ont cru que je leur demandais de ne pas se plaindre, et qui auraient été blessées de mes propos, pour le coup. Je m’e excuse platement, je ne le souhaitais pas.

      • Je sais bien que tu ne le souhaitais pas! :-)) Tu n’as pas à t’excuser! C’est aussi pour ça que j’ai tenu à t’écrire ce commentaire: parce que je pense que tu as beaucoup d’énergie à partager et que je ne voudrais pas que les retours sur cet article te découragent de le faire!
        Je t’invite seulement à réfléchir à la possibilité que ce que tu penses de tout ton coeur être souhaitable ne le soit finalement pas pour tout le monde… Tu as mis le doigt sur la nuance: l’enjeu est moins de convaincre que d’informer…

  11. « c’est très à la mode de demander pas d’épisiotomie et pas de collyre dans les yeux de bébé ». Chère madame,il ne s’agit pas d’une « mode » (un terme très méprisant, je trouve…). Je ne m’étendrai pas davantage sur l’épisiotomie car d’autres l’ont fait avant moi .Mais si, effectivement, vous avez bien lu « Attendre bébé… autrement », vous aurez constaté que le fait de mettre systématiquement des gouttes dans les yeux d’un nouveau-né peut-être considéré comme un geste intrusif, potentiellement douloureux et perturbant le contact visuel avec la maman et le papa. Pour ma part, deux bébés, l’un né par césarienne, l’autre par voie basse, aucun des deux n’a reçu de collyre (demande formulée dans le projet de naissance) et aucune conjonctivite à déplorer… Mais vous le faites comme vous le sentez…

    • Je voulais surtout dire « ne faites pas comme les autres parce que c’est ce que les autres font, mais faites comme vous le sentez parce que vous le souhaitez ».
      J’ai effectivement lu mon livre, heureusement sinon je n’en parlerais pas, et oui, cela « peut être considéré comme » intrusif. Je ne m’étendrai pas dessus, parce que ce n’est surtout pas le sujet, la raison pour laquelle moi je ne m’y opposerai pas.
      Mais je reste assez inquiète quant au fait que, sur un article vraiment très long prônant, en gros, la communication et l’information, vous êtes si nombreuses à vous focaliser sur des détails de quelques mots mis uniquement en exemples.
      Inquiète parce que je commence à comprendre qu’on n’entend bien que ce qu’on veut entendre, et que le principe de communication, ce n’est pas à priori ce que beaucoup souhaitent entendre…
      Quel dommage.

      • Et vous remettre en cause, VOUS, ça vous viendrait à l’idée? Ces « détails » me semblent très révélateurs, au contraire. Et, si je trouve cet article vraiment intéressant – ainsi que les commentaires – ce n’est pas tant du fait de son contenu, mais de par ce qu’il révèle de son auteur. Vous prétendez prôner la communication et l’information mais j’ai personnellement le sentiment que vous œuvrez avant tout pour votre paroisse. Je suis désolée, mais vous restez à mes yeux un médecin qui venez ici prendre la défense de vos confrères et justifier les décisions qu’ils prennent, prétendument « pour le bien des patientes » que nous avons été ou que nous serons à l’avenir. Et il ne suffit pas de vouloir communiquer avec les médecins pour obtenir d’eux les informations qui nous permettront de bien vivre notre accouchement ou de nous remettre d’une naissance mal vécue. Plutôt que de demander aux femmes de communiquer davantage (elles ne demandent que ça!), demandez à vos collègues s’ils sont disposés à en faire autant…

        • Comme je l’ai dit avant, les détails peuvent avoir de l’importance mais ce n’est pas ceux dont il est question ici qui me semblent problématiques. Qu’une femme (médecin ou non) soit rassurée à l’idée que l’équipe médicale se sente libre de pratiquer une épisiotomie si elle s’avérait nécessaire, n’est à mon avis pas le sujet de l’échange: chacune est libre de ses ressentis! Il faut juste que cela fonctionne dans les deux sens (et les « il faut » n’aident pas…même si l’intention peut être louable!).

          • Lors de la publication d’un prochain article sur ce blog, vous serez bien aimable de nous indiquer quels sont les sujets sur lesquels il ne nous sera permis d’échanger…

            • J’ai du mal m’exprimer: vous êtes parfaitement libre d’échanger!! En fait, je répondais en fait à Doc n Mama (en référence à mon commentaire précédent) mais les boutons de réponse se confondent facilement…

  12. Entre tout ce qui s’est dit, je ne sais pas où publier cette réponse, à qui en spécifique, donc je la publie simplement en commentaire.
    Je ne pensais naïvement pas déchaîner les émotions avec ce billet.
    Je ne pensais pas qu’il serait autant sujet à polémique.
    Je ne pensais pas briser la règle des VI.
    Peut-être que justement, je ne pensais pas assez et que j’aurais dû me contenter, comme je voulais le faire initialement, d’une revue de mes livres de grossesse.

    … Mais j’ai eu envie de rajouter un chapitre sur l’information, parce que j’ai lu dans plusieurs de vos billets qu’elle manquait, et je me suis dit que quelques pistes sur « à qui et quand poser la question qui me taraude ? » pouvaient aider.
    Première erreur, apparemment, celle de donner des conseils au lieu de se contenter de commenter un article lu. J’essayerai de ne plus le faire (malheureusement, certains étudiants en médecine le deviennent par « complexe du sauveur », que j’avoue avoir. Rien à voir avec une supériorité que je me sentirais par rapport à vous (oh que non, je me sens d’ailleurs bien petite devant vos commentaires parfois très violents, que vous vous en rendiez compte ou non), mais c’est le même genre que quand je vois quelqu’un en difficulté : je vois s’il y a moyen ou non de l’aider (avec mon portable pour téléphoner à un dépanneur, si quelqu’un est en panne, par exemple, rien à voir non plus avec la médecine). J’ai cru voir une question (« mais à qui poser ces questions qui nous manquent ? »), j’ai cru pouvoir y répondre (avec, non pas, mon métier de médecin, ces réponses ne sont pas médicale, mais avec mon expérience du monde des médecins et des moments où ils sont le plus disponibles). Tout simplement.
    Mea culpa, cette deuxième partie n’avait vraiment et réellement pour but que de vous indiquer qui peut répondre à vos questions, pourquoi, quand et comment. Je remarque par exemple que peu de femmes osent parler à leur médecin généraliste de leur grossesse (« mais je ne savais pas qu’il s’y connaissait »), ou demander un RDV pour visiter la maternité et parler aux SF de la salle de naissance (« mais je ne savais pas qu’on pouvait »)… J’ai donné ces informations. Vous en faites ce que vous voulez, je reste sur mon sentiment qu’elles peuvent être utiles, mais vous n’êtes pas obligées de les utiliser.

    … Et puis j’ai entamé la troisième partie de mon billet, qui a fait le plus réagir, parce que j’étais déjà embarquée dans ma partie « conseil ». Je n’aurais probablement pas dû.
    Mais un commentaire parmi tous me fait dire que, si j’ai pu avec cette partie conseiller cette future maman qui souhaitait faire un projet de naissance mais ne l’osait pas, finalement je n’ai peut-être pas eu tort et ça vaut les piques que j’ai reçues par ailleurs.
    J’ai cherché où j’aurais pu mettre ces « il faut » « il ne faut pas » que mme Déjantée m’a reprochés. Dans deux phrases bateau utilisées comme résumé-titre de mes chapitres.
    Je le répète, ce n’est ni une obligation, ni un conseil paternaliste de médecin, mais, comme écrit en gras au début du chapitre, un avis très personnel sur la question.
    Je pensais avoir le droit de donner mon avis. J’en ai vu d’autres le faire sur des articles qu’elles ont écrit. Je pensais qu’à partir du moment où j’écrivais, lisiblement que c’était mon avis personnel, on comprendrait que ça l’était. Il n’en n’a rien été. Et j’en suis désolée.
    Je ne retirerai pas ce chapitre, cela reviendrait à nier que je l’ai écrit. Sauf si c’est ce qu’on me demande, je ne suis pas assez orgueilleuse (malgré ce qu’on a l’air de penser) pour m’opposer à ce genre de demande.

    Deux autres points que je souhaite soulever :

    On m’a accusée de corporatisme, de vouloir défendre les médecins. D’une part je ne suis pas ainsi à voir « les médecins » comme un seul bloc. Je ne peux donc pas les défendre en bloc. Je l’ai même écrit dans mon article, il y a des cons dans ce métier, comme dans tous les métiers. Et je ne me prive pas pour les fustiger parfois. Pour les déconseiller, aussi. Je pourrais même vous donner quelques noms, mais ce ne serait pas très constructif.
    D’autre part, je ne croyais pas mettre le pied dans un conflit où l’une des deux parties aurait besoin d’être défendue. Je ne défends personne, simplement parce que je ne crois pas (ou je ne croyais pas, mais ça n’a pas l’air d’être clair pour tout le monde) que le moment de l’accouchement était une guerre.
    Aujourd’hui je suis médecin, oui, mais je suis également une femme qui va accouché et qui, comme tout le monde avant elle, a mis toutes les chances de son côté pour que son accouchement se passe bien. Seulement ces chances, je les ai mises de mon côté avec une aide que tout le monde n’a pas, la connaissance, non pas de la médecine, mais du monde médical. Et j’ai juste voulu vous faire partager les conclusions auxquelles j’étais arrivée, pour éviter à de futures mamans de vivre un cauchemar comme il est manifeste que d’autres ont vécu (j’ose croire que je ne recevrais pas tant d’agressivité si ce n’était pas le cas).
    J’essayerai de ne pas refaire l’erreur de vouloir conseiller, je me contenterai de lire des articles et de les commenter, si j’y arrive (parce que j’avoue que je suis quand même bien échaudée, ouverte à la discussion, mais là j’ai l’impression de devoir me défendre, ce qui est très différent de discuter).

    Deuxième point, j’ai donné des exemples maladroits, comme celui de l’épisiotomie ou du collyre oculaire. C’est clairement une erreur de ma part, on peut en effet confondre, au vu de l’auteur, le conseil médical et l’avis personnel. Il s’agit d’avis personnel, puisque je ne suis pas gynéco, mais je ne m’étais pas rendue compte, en effet, que puisque je suis médecin, ça pouvait être pris comme avis médical et donc mal interprété. Je m’excuse de ça et je remercie la personne qui me l’a fait remarqué.

    Pour finir, dans chacune des parties 2 et 3, le seul véritable mot, le message à retenir, c’est la communication d’amont, pour éviter la difficulté en aval. Et surtout pas « vous avez mal vécu votre accouchement, vous n’avez pas le droit de vous plaindre ».

    Je suis également triste que mon statut de « pas encore maman » suffise à invalider ma réflexion.

    Voilà, j’ai fini, je ne peux pas dire que je ne répondrai plus sur cet article, ce n’est pas le cas, mais j’arrête d’essayer de me défendre. Je n’ai pas entamé une guerre, je ne vois pas pourquoi je m’éreinte à essayer de me défendre dans ce qui en devient une. Je baisse les armes, je ne suis plus là que pour discuter de manière constructive. Merci si vous m’avez lue, encore plus si vous acceptez mes excuses pour mes erreurs.

  13. Je n’ai pas du tout ressenti cet article comme accusateur envers les femmes qui se plaignent de leur accouchement. J’y ai plutôt compris le message du « Le mieux est de prévenir en amont, pour limiter les risques. Et savoir que tout ne se passe pas toujours comme on l’aurait souhaiter et s’y préparer psychologiquement ».

    Perso, mon accouchement n’a pas été traumatisant (ce qui explique peut être mon ressenti?). Il y a bien un trucs ou deux que je changerai, à refaire, mais rien de bien grave donc bon… Je ne peux pas prétendre comprendre ce que vivent et ressentent les mères traumatisées par leur accouchement.
    (par contre, j’avoue être très gênée par certains commentaires agressifs. On parle ici de discuter. On peut ne pas être d’accord, mais attaquer quelqu’un sur sa profession ou son statut de future primipare… bof quoi…)

    De ce que j’en retiens, c’est qu’il faut se renseigner, ne pas hésiter à faire un projet de naissance, le défendre et demander la motivation d’un refus de tel ou tel aspect de ce projet par la maternité etc…

    Je pense, (mais c’est que mon humble avis) que si l’accouchement s’est mal passé, voire a été traumatisant, il ne faut pas hésiter à écrire aux personnels médicals directement impliqués. C’est vrai que ça demande de la force et de l’énergie, à un moment ou on préfère se consacrer à son petit bout, mais si vraiment ça nous bouffe…Peut être que ça peut être libérateur? Je sais que c’est, en tout cas, ce que recommande Martin Winckler sur son site.

    Bref, keep cool et vive l’échange d’info. Elle est là et après, chacun(e) en fait ce qu’il lui plaît. ;o)

  14. Je n’ai pas lu tous les commentaires (pas eu le temps) donc excusez-moi d’avance si je fais redondance avec d’autres.

    Docnmama, à mon avis, là où ça coince avec les lectrices (et lecteurs) de VI, c’est que tu vois l’accouchement comme un geste médical alors que pour la plupart d’entre nous, il est un processus physiologique, certes à risque.
    Donc ton parallèle avec les « autres gestes médicaux » ne parle pas à la plupart d’entre nous car c’est précisément là où ça coince avec le milieu médical : nous demandons à ce que la physiologie soit respectée, que le médical se limite à la surveillance d’un processus à risque alors que les médecins voient l’accouchement comme un acte médical.
    Tant qu’il n’y aura pas accord sur ce point, il y aura dialogue de sourds à mon avis ;-).

    Ensuite, j’ai personnellement quelques doutes sur le fait que les patients des gestes médicaux ne se plaignent pas. Certes on ne lit pas leurs témoignages aussi régulièrement mais la parole des femmes s’est libérée depuis quelques années. Justement depuis qu’elles ont entendu qu’il était possible de faire autrement par rapport à l’accouchement et qu’elles savent qu’il n’est pas nécessaire de passer par un certain nombre de gestes.
    Je suis persuadée qu’il arrivera un jour où les patients de chimio oseront dire qu’ils ont mal vécu certaines choses, qu’ils ne se sont pas sentis respectés mais qu’ils se taisaient parce qu’ils étaient reconnaissants aux médecins de leur sauver la vie et qu’ils pensaient qu’il n’était pas possible de faire autrement.

    Pour finir, dire aux gens « parlez-en aux médecins, osez poser vos questions », c’est plutôt mal venu pour celles d’entre nous – et elles sont nombreuses, et j’en fais partie – qui ont vécu des expériences humiliantes avec des médecins (pas la majorité certes mais ça arrive souvent malheureusement) : se faire rire au nez, s’entendre dire qu’on exagère ce qu’on a vécu, se faire moquer, se faire « gronder » comme une gamine parce qu’on a pris 2 kg de trop, …
    Du coup, comment faire confiance quand on a vécu ce genre de choses ? Est-ce à la patiente qui a souffert et qui a peur de se faire à nouveau maltraiter d’oser à nouveau, au risque de se faire à nouveau mal accueillir ? Ou bien est-ce au médecin de faire le chemin pour comprendre comment il peut gérer les émotions et les questions de ses patients ?

    Tu tentes d’aider les femmes qui ont mal vécu leur accouchement comme un médecin. Il n’y a là aucun jugement de valeur mais tu fais exactement ce que font les gynécos quand on leur parle de ce qu’on a vécu : vous vous mettez trop la pression, vous exagérez. C’est peut-être (sans doute même) vrai dans beaucoup de cas et je comprends ton objectif.
    Mais c’est juste maladroit : c’est comme si tu disais aux femmes « si vous avez mal vécu votre accouchement c’est de votre faute ! ».
    Emotionnellement, ce genre de phrase ne fait qu’aggraver la sensation de non respect du patient.
    Le simple fait de minimiser une souffrance vécue constitue pour le patient un non-respect de ce qu’il vit. Ca parait anodin mais c’est l’accumulation de ce genre de détails qui construit la sensation de non écoute, de non respect et qui fait que le patient se sent de plus en plus mal dans la relation avec le médecin.

    Je sais – pour une triple expérience : je l’ai vécu en tant qu’être humain, j’en ai parlé avec des médecins, et parce que c’est mon travail d’écouter et de former à l’écoute – que les médecins ne sont généralement pas formés à ces aspects (communication, gestion des émotions, écoute, …).

    Et il y a là, à mon avis, un gros boulot à faire qui permettrait de rendre les relations patient-médecin beaucoup plus sereines :-D, quel que soit le domaine (généraliste, gynéco ou autre spécialité).

    Pour en parler

    Sandrine

    • Effectivement, vous faites redondance avec le travers qui e gène en effet dans la compréhension de mon article. Je ne cherche en aucun cas (et je l’ai maintes fois formulé » à accuser les femmes traumatisées d’en faire trop, mais au contraire à prévenir cette souffrance, en amont, avant tout risque de traumatisme parce que pendant la grossesse, dès le début. Si cette recherche d’information est faite, qui est également une recherche de contacts, alors les femmes arriveront à l’accouchement mieux préparées (c’est certes un processus physiologique, mais comme pour l’allaitement si on vient mains dans les poches sans avoir cherché d’infos avant sous prétexte que c’est naturel mon corps saura pas besoin de me renseigner (comme beaucoup de témoignages que j’ai recueillis sur l’allaitement dans le cadre de ma thèse le disent), on risque de rien y comprendre si tout ne se passe pas comme prévu et d’être paumée), et peut-être même qu’en connaissant l’équipe pour avoir cherché à la rencontrer plusieurs fois elles se sentiront plus entourées, ne seront plus des étrangères pour l’équipe et ne seront plus entourées d’étrangers…

      Quant à savoir si ce sont aux médecins ou aux patients de faire le premier pas, si on attend que ce soit à l’autre de le faire parce qu’on trouve que c’est plus légitime (et je ne répondrai pas à cette question, elle n’a pas lieu d’être en général, c’est à chaque cas particulier d’y répondre), on n’avancera pas. Je donne ici des conseils à des femmes patientes. Et si des médecins acceptaient de m’écouter, s’il existait un tel blog pour les médecins et que j’en fasse partie, je donnerai le même conseil à ceux là. La communication doit se faire dans les deux sens, je n’ai ici que des interlocuteurs d’un seul bord, d’où mon conseil à ceux là.

      Encore une fois, je parle de l’amont… Avant que le mal soit fait. Je ne dis rien, et ne reproche rien, aux femmes qui se sont senties non respectées ou humiliées.

      Quant à « je parle en médecin », oui peut-être un peu, mais je suis aussi une femme, sur le point d’accoucher, qui connaît bien la sensation de vulnérabilité face à une équipe médicale inconnue (tu parles des kilos pris, j’en suis à 18)… De deux choses l’une, soit vous considérez que je suis moins vulnérable du fait de ma profession (et dans ce cas pourquoi ? Aurais-je plus d’informations ? Ce qui renforcerait mon idée que plus on a d’informations, plus on a cherché à savoir, à comprendre, plus on a cherché à connaître l’équipe, alors moins on se sent vulnérable), soit vous considérez que je suis une femme aussi vulnérable que les autres, et j’obtiens donc le « droit » de parler sans que l’on pense que je parle « du bord médical »… ;)

      Oui, il y a un énorme travail à faire en matière de communication. Pas seulement autour de l’accouchement, pas uniquement dans le milieu médical, dans le monde entier… Mais comme je ne suis pas président de la république, comme je n’ai pas les moyens de m’adresser à chacun, à tout le monde, je commence là où je peux. Vous n’êtes pas les seuls à m’entendre dire cela, dans un sens comme dans l’autre. Vous ne voyez qu’un seul de mes messages, et vous en concluez qu’il n’en n’existe qu’un. Oui, je pense aussi, et je le dis aussi, que les médecins doivent également prendre en compte les sentiments de leurs patients. Sur un point précis (parce que le sujet est vaste) c’est d’ailleurs le sujet de ma thèse (et une thèse est destinée à être lue par des médecins, en tous cas en médecine).

      • Tu ne cherches pas à accuser les femmes – et je suis tout à fait persuadée que tu es sincère sur ce point – mais c’est pourtant visiblement l’effet produit sur les lectrices.
        Ta manière de faire est certes parfaitement logique et de bon sens.
        Mais elle ne fonctionne visiblement pas et produit même des effets contre-productifs : résistance, colère, … qui nuisent à la bonne diffusion du message que tu veux faire passer.

        La question est donc : faut-il persévérer dans cette façon de faire ou bien en changer ;-) ?

        Quant au fait de ne pas attendre que l’autre fasse le 1er pas, je le partage tout à fait ! Mais dans ce cas, les femmes qui te lisent ici doivent trouver les ressources pour le faire : affronter la peur, la honte, l’humiliation possible. C’est un très gros effort qu’on leur demande là, face à quelqu’un dont nous n’avons aucun moyen d’anticiper une réponse positive :-/.
        En outre, paradoxalement, les conseils font partie des attitudes qui font que les gens se sentent pas respectés ;-) (un excellent livre à ce sujet : « leaders efficaces » de Thomas Gordon, avec les 12 risques à la communication).

        Enfin bref, la question de la manière est hyper importante, surtout sur Internet à vrai dire !

        • C’est vrai que l’écueil de l’écrit, c’est qu’on passe à coté de toute la communication non verbale : attitude, « mimiques » du visage, ton employé etc. Ce qui passe sans problème à l’oral peut poser plus de difficultés à l’écrit.

        • Je suis d’accord avec toi, j’ai dû être maladroite, malgré mes efforts.
          Pour ce qui est de ce que je dois faire, maintenant que l’article est posté, je n’ai que deux solutions : le laisser et m’expliquer, ce que j’ai choisi de faire avec un EDIT en gras et en m’adressant à chaque femme qui ont pensé ce que tu as pensé, individuellement, ou encore supprimer l’article, mais je préfère assumer que tout lâcher. certaines ont compris mon message, celles qui ont été initialement dans le message contraire ont, j’espère, compris mon rectificatif et mes réponses à leurs commentaires, les seuls messages de colère qui restent sont, je pense, sur d’autres points.
          Si je supprimais mon article, ce serait nier tout ce que j’ai dit, et tous les échanges qui se sont faits.

          Pour communiquer, effectivement, ça fait peur, mais je pense que la majorité du monde médical (est-ce ma naïveté ?) n’est pas fermé à la discussion par essence, seulement par temps et parfois par découragement. Je vous assure que de ce côté aussi, ça pêche, et que parfois pour engager une discussion avec un patient, on peut se retrouver tout autant sous un bon feu nourri… Ca se corrige aussi des deux sens, mais je pense qu’une conversation entamée avec bienveillance a moins de chances qu’une autre d’être mal reçue.
          J’ai justement donné des pistes, en deuxième partie, pour arriver « au bon moment » et avec les bons outils, pour moins risquer, et donc moins avoir peur. C’était bien mon but, dans la seconde partie. J’espère que ces pistes seront utiles à au moins une personne…

          • Je pense que les échanges ont au moins le mérite de nous faire réfléchir (enfin j’espère :-D !).

            Je suis persuadée aussi que les médecins ne sont pas fermés par essence ! Heureusement !
            Beaucoup ne pratiquent pas l’écoute parce qu’ils pensent que ça va leur faire perdre du temps.
            Et je persiste à croire aussi que beaucoup ne connaissent tout simplement pas les techniques – car il y en a – pour créer les bonnes conditions de l’écoute et de l’influence. Ca s’apprend, comme tout le reste :-D.

            La grosse difficulté selon moi, c’est que j’ai l’impression que la formation médicale n’incite pas à pratiquer l’écoute, du fait de la position « d’autorité » du médecin qu’elle prend d’emblée.
            Je me trompe peut-être – et tu vas certainement me corriger sur ce point – mais il me semble que la formation médicale incite beaucoup les médecins à considérer qu’ils « savent » ce qui est bon pour le patient et donc, de fait, ils se placent dans une position « haute » qui est incompatible avec le fait que le patient se sente respecté (on ne se sent pas respecté quand quelqu’un pense savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous, même s’il a fait de longues études pour ça).
            Si ce n’est pas le cas, c’est l’impression que ça donne de l’extérieur.

            Qu’en penses-tu ?

            • C’est un sujet énorme que tu ouvre là, et je ne me sens pas d’en débattre aujourd’hui, pardonne-moi (pour en avoir déjà parlé ailleurs, je sais déjà qu’il serait beaucoup trop vaste, ne collant pas tellement au sujet de l’article du jour…
              Je suis disposée, si tu le souhaites, à éventuellement en parler par mail, mais je te conseille surtout, sur ce sujet, d’aller visiter des blogs médicaux, comme celui de borée qui a récemment expliqué pourquoi il quittait son cabinet.
              Le problème vient à la fois de la formation (non théorique, nous avons des cours de « relation médecin-patient », mais pratique, tous nos stages ou presque se font dans des CHU où notre fonction est assez particulière, très « urgente », et où la communication est difficilement de mise, que ce soit avec les patients, leurs familles (j’ai déjà été engueulée pour avoir consacré trop de temps à une famille), ou avec nos supérieurs/collègues), de la formation des « anciens » (qui n’avaient pas cette théorie de la communication), et d’un malaise ambiant général en médecine, actuellement. C’est sur ce point qu’il est difficile de parler et que tu pourras être éclairée par les blogs médicaux. tu y verras des médecins très ouverts, très humains, mais parfois excédés par leurs conditions de travail et le relai mesquin des médias…
              Je ne souhaite, par contre, pas de réponse à ce sujet sur cet article, s’il te plait, ce n’est vraiment pas le sujet.
              Ma boite mail t’es ouverte, si tu le souhaites.

  15. Bonsoir et merci pour ton billet que j’ai trouvé très intéressant ! J’ai même pensé à le faire lire à ma soeur enceinte pour la première fois parce qu’il y a des informations importantes auxquelles je n’aurais pas pensé. J’aime bien les résumés que tu fais des bouquins que tu as lus, ça donne une orientation et il y en a pour tous les goûts. C’est vrai qu’il y a tellement de livres à lire qu’on peut être un peu perdue mais au moins il y en a pour tout le monde, c’est bien.
    Je partage ton avis sur le Laurence Pernoud. Pour ma première grossesse, j’ai apprécié lire des choses que je ne savais pas (ce qui n’est pas ton cas en effet !) mais je n’ai pas trouvé assez de réponses pour la préparation ou pour l’accouchement en lui-même. Je te rejoins sur celui de Bernadette de Gasquet que je voudrais offrir à ma soeur d’ailleurs. Je n’ai pas lu beaucoup de livres sur le sujet mas j’ai trouvé celui-ci vraiment excellent.
    Bien entendu, cela dépend de ce que la femme enceinte sait déjà, de ses attentes.
    Merci pour tes explications sur le monde médical, sur les encouragements à parler aux médecins ! Je crois qu’on a souvent peur de ne pas être entendu, d’être critiqué et j’ai bien l’impression que ça nous est tous arrivé au moins une fois. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas réessayer je suis d’accord.
    Enfin, j’en viens à ta dernière partie. Je n’avais pas vraiment pensé à cette idée que dire que l’accouchement doit être le plus jour de notre vie peut causer de grandes déceptions. Mais je trouve ton argumentaire intéressant. Bien entendu, c’est dur à entendre quand on a déjà accouché. D’où les réactions vives. Je crois que ce qui a choqué c’est que tu introduis en disant que tu vas parler de ton expérience et ensuite tu parles en général et tu as presque l’air de donner des ordres. J’exagère, bien entendu, mais je pense que cela peut être entendu comme ça. Cela dit, tu as déjà expliqué, avec ton édit ou dans les commentaires, je pense que c’est clair que ce n’était pas ton intention. Ne prends pas forcément contre toi personnellement les remarques virulentes ou en tout cas opposées, c’est simplement qu’il n’y a pas une vérité mais des vérités et qu’il est impossible de tomber toujours d’accord, surtout sur un sujet aussi personnel qu’un accouchement.
    Je n’ai pas eu l’impression de ne pas être respectée lors de mes accouchements, c’est pour ça, je pense, que ton billet ne m’a pas « touchée » personnellement (tu vois ce que je veux dire ?), j’ai pu écouter l’argumentaire et j’avoue que c’est intéressant.
    Bonne fin de grossesse ! J’espère que tu viendras nous en dire plus sur l’adéquation entre ton projet de naissance et ton accouchement.

    • Oui, j’aurais peut-être dû me passer d’écrire la dernière partie… il est trop difficile d’écrire ce que je voulais sans que ce soit mal interprété, et je n’ai probablement pas utilisé les bons mots, les bonnes tournures.
      Par contre, n’hésite pas, si c’est la dernière partie qui te gène, à ne partager (pour ta soeur) que les deux premières. Je ne souhaite pas de « copyright » ou autre, tu n’es pas obligée de l’utiliser en entier… ;)
      Au contraire, je ne souhaite que faire passer un message, quelle que soit la manière dont il passe.

      Concernant mon projet de naissance, je ne le partagerai pas (je suis médecin, chacun de mes points pourrait être entendu comme « c’est comme ça qu’il faut faire, foi de médecin », comme les deux exemples de l’épisio ou du collyre que j’ai notés). Je n’ai pas peur de son adéquation avec mon accouchement, parce qu’aucun point n’était fermé, ni très loin des habitudes de ma maternité, quant aux points non négociables (j’aurais voulu pouvoir grignoter pendant le travail, sans surcharger mon estomac, mais les anesthésistes de ma maternité n’en sont pas encore arrivés là, par exemple), je les ai acceptés, parce que j’ai pu, voulu, en parler à l’avance, et à pas mal de personnel, donc j’ai changé mon projet en fonction?

      • Aucun point n’est « non négociable ». Lorsque tu accouches dans une maternité (et d’autant plus si elle est grande), tu passes une majeure partie du travail seule (avec ton compagnon) dans une chambre ou une salle de naissance. Et tu y fais CE QUE TU VEUX, y compris boire et manger! Pour ma part, j’avais même pas envie de me prendre la tête avec les équipes sur cette question-là et je ne l’ai pas évoquée dans mon projet de naissance. Mais j’avais emporté tout ce qu’il fallait le jour de l’accouchement. Et si je n’ai pas eu faim, je ne me suis pas privée de boire (eau, jus d’orange) quand j’en ai ressenti le besoin, sans demander de permission à personne. Accoucher, c’est comme vivre une épreuve sportive de haut niveau (je fais souvent la comparaison avec le marathon). Qui aurait l’idée saugrenue (et dangereuse) de priver un marathonien d’eau et de nourriture alors qu’il doit fournir les plus gros efforts de sa vie? C’est stupide! Et puis cette idée qu’on doit forcément avoir l’estomac vide si on devait subir une anesthésie générale est absurde! Est-ce qu’on reporte l’opération d’un accidenté de la route qui vient de débarquer aux urgences, sous prétexte qu’il revenait justement du resto et qu’il a l’estomac plein? Vous êtes médecin, non? Cela devrait vous inciter à vous poser les bonnes questions plutôt que d’accepter de vous soumettre sans broncher au bon vouloir de vos confrères…

        • Un projet de naissance est fait de choix personnels. merci de ne pas juger les miens parce qu’ils ne sont pas de votre goût. Oui je suis médecin, et désolée de vous décevoir si je n’utilise pas mon statut pour « combattre » les pratiques de la maternité où j’ai décidé d’accoucher.
          Si j’ai décidé d’accoucher là-bas, je dois assumer ma décision et ne pas combattre leurs protocoles. J’aurais aussi bien pu décider d’accoucher chez moi, avec une SF libérale et beaucoup plus de libertés, ce n’est pas le choix que j’ai fait, j’estime donc que je dois assumer ce choix en respectant les protocoles de la maternité.
          Votre comparaison avec le marathon, et avec les accidentés de la route souffre de pas mal de simplifications, mais ce n’est pas le sujet, je ne souhaite pas en débattre.
          Quant à savoir si je pourrais manger « en cachette », pour les prendre en traitre au moment d’une éventuelle anesthésie, oui, ce serait évidemment possible. Peu faisable de mon point de vue, parce que j’ai préféré, dans tout mon projet de naissance et pour avoir un accouchement serein, céder sur certains points et conserver une confiance mutuelle et donc un environnement rassurant. Chacun peut faire le choix inverse de se battre pour des points qu’ils estiment importants. je préfère conserver cette énergie pour faire naître mon bébé.
          Je ne juge pas celles qui préfèrent se battre, ne me jugez pas parce que je préfère céder, merci.

          • C’est dommage parce que, sans « débattre », j’aurais bien voulu savoir en quoi ma comparaison avec le marathon ou mon objection concernant le cas des accidentés de la route manquaient de pertinence… C’est amusant mais vous n’avez cessé, dans vos commentaires, de déplorer que vos lectrices voient davantage en vous le médecin (avec tout ce qu’il incarne) que la femme ou encore la future mère. Mais, même pour votre accouchement, vous restez un médecin, en faisant d’emblée le choix de la médicalisation (Aahhh! les fameux « protocoles »… faut surtout pas y toucher hein? sinon, c’est tout notre système de santé qui se casserait la gueule…) plutôt que celui de la physiologie. Ce qui, finalement, n’est pas très étonnant… Et il n’est pas étonnant non plus que le débat ait tourné au dialogue de sourds…

        • Il faut parfois ruser pour faire ce qu’on veut : dans la mater de mon 2e accouchement, il fallait planquer eau et nourriture dans le sac du père pour être sûr que ce ne soit pas confisqué à l’arrivée… Merci la doula pour l’astuce !
          On peut sûrement faire le forcing à l’arrivée, en théorie, mais autant ne pas se faire mal voir dès le départ. Et j’arrive au dernier moment pour accoucher, donc autre chose à faire que défendre mes droits…

          Ceci dit, j’avais prévu d’indiquer ce que j’avais mangé en cas d’intervention obligatoire (quitte à me faire enguirlander). Dans un hôpital avec un service d’urgence, ils savent faire avec les estomacs pleins.
          Je prends aussi souvent comme comparaison une épreuve sportive : toutes n’ont pas envie de manger, mais boire c’est juste indispensable ! Il ne faut pas s’étonner de l’épuisement maternel quand ça dure un peu, si l’on ne peut pas s’alimenter.

          En revanche, il y a des obligations qu’il est bon de connaître avant : les procédures sont parfois imposées par… les assurances !
          Je ne voulais pas de perf, mais je savais que le cathéter serait obligatoire, on me la posée alors que la tête de ma cadette était déjà sortie (j’étais à 4 pattes, il a fallu me tordre le bras, pas facile pour la sf car je restais dans ma bulle, donc pas du tout coopérative !). Le gynéco s’est gentillement excusé après, mais je le savais avant, donc très bien vécu de mon côté. D’où l’intérêt, comme l’indique cet article, qu’il faut présenter son projet de naissance en amont et en discuter avec l’équipe !
          Et comme expliqué par Docnmama : quand on choisi un mode d’accouchement, il faut faire avec les avantages/inconvénients, même s’il y a une marge de manœuvre sur beaucoup de points.

  16. Merci pour cet article qui donne de bonnes pistes pour savoir ou quand et comment avoir les infos qu’on souhaite!! Et qui souligne l’importance de faire la part des choses entre le rêve et la réalité. C’est bon de rêver, ça nous rend créatifs et ouvre des portes nouvelles. Mais la vie réelle nous rappelle, en salle d’accouchement comme partout ailleurs, que nous ne la maîtrisons pas. D’où la nécessité de s’informer pour mieux comprendre ce qui peut se passer afin de pouvoir soit travailler à accepter ce qui nous échappe (et c’est pas facile) soit tenir sur les points que nous savons importants pour nous (et c’est pas facile non plus, surtout si l’on manque d’info. cqfd). Pour ma part mon accouchement s’est médicalement bien passé mais j’aurais bien passé la SF par la fenêtre si j’en avais eu le courage. Et dans les quelques jours passés à la mater après, vu le yo-yo hormonal et la découverte de la Pounette, je n’ai pas eu la tête à débrifer avec la personne incriminée. Par contre, et ça peut donner des idées à certaines, lorsque je suis retrounée à la clinique voir mon gynéco 8 semaines après l’accouchement, là j’ai pu faire remonter ce qui ne s’était pas bien passé. Un dialogue a eu lieu, j’ai été entendue sur des éléments objectivement dysfonctionnels et j’ai aussi écouté le médecin me parler de cette SF et de sa (longue) carrière professionnelle et j’ai mieux compris les réactions qu’elle a eu, quand bien même je ne les cautionne pas. C’est pas le monde des bisounours puisque je persiste à penser que je n’ai pas été respectée en tant que personne par cette SF mais je l’ai été par le gynéco, un médecin (et oui, y’en a des supers, ouf!!) qui a pris le temps d’écouter et de me parler.
    En tout cas, merci pour votre écrit, merci pour les commentaires qui permettent d’affiner le propos, dommage pour les commentaires passionnels et navrée pour les attaques personnelles (ça me rend un peu triste parce que j’ai peur que ça abîme ce qui se passe sur les VI. Or c’est ma source hebdomadaire de réflexions sur la parentalité, très précieuse pour moi). Bref, et si vous n’y êtes pas encore, bonne rencontre avec votre enfant!

    • Merci pour votre commentaire et bravo pour votre courage d’avoir su débriefer ce qui s’est passé avec le gynéco. J’espère que ça vous aura aidée, c’est ma certitude que le dialogue ne peut qu’améliorer les choses, non pas pour l’équipe médicale mais surtout pour les femmes… Merci de ce témoignage, du coup, qui me conforte dans cette idée.
      Je suis triste en effet des attaques personnelles, mais comme vous, les VI sont encore assez précieux pour moi, je ne sais pas si je vais ré-écrire de sitôt, mais lire les autres articles, je ne m’en priverai pas encore ! C’est tellement enrichissant !!
      Concernant ma rencontre avec mon fils, non, ce n’est pas encore le moment, monsieur se fait prier… Mais l’examen du jour se montre encourageant, modification de tout ce qu’il faut modifier… ;)

  17. J’ai trouvé cet article et les commentaires passionnants et instructifs, même si je suis bien désolée des ressentis de l’auteur (chapeau bas pour tes réponses très humaines, d’ailleurs) et des femmes en deuil de « leur » accouchement.
    Le fait qu’il soit écrit par quelqu’un qui vient et qui connait le milieu médical est d’autant plus précieux qu’il permet de comprendre à qui on a affaire. Et donc de mieux se préparer pour que tout se passe « au mieux » (à défaut de « parfaitement »).

    Connaître les impératifs, pressions et vécus du personnel médical, les considérer comme nous aimerions l’être (donc de façon respectueuse), en tant que patient, ça me paraît un très bon début quelque soit la raison de la consultation. La CNV, dans tous les domaines, ça commence par soit-même !

    Je n’avais pas assez discuté de mon projet de naissance pour ma première (ni avec l’équipe médicale… ni avec mon homme, en fait !), grosse déception à l’arrivée, même si tout s’est médicalement bien passé et que je n’ai pas du tout été traumatisée. En revanche, un peu de déprime les mois suivants, que j’aurai peut-être pu éviter.
    20 mois plus tard, j’étais archi « prête » pour mon 2è accouchement : j’avais changé de gynéco (une doula m’avait listé les 5 perles du coin, je déménage cet été mais je ferai 60 km pour le garder !), j’avais écrit, partagé, validé mon projet de naissance, pris un « cours » avec une doula pour briefer mon homme… Résultat : un accouchement de rêve, un des plus beaux jours de ma vie sans aucun doute. La première fois que j’étais connectée complètement à mon corps, même ou plutôt grâce à la douleur (ça fait mal, certes… mais pas que !). Rien que pour revivre un accouchement comme celui-là (même si aucun ne se ressemble, je sais), je veux un BB3 !

    Alors la communication avec l’équipe médicale, oui, mille fois oui !
    Merci de faire le point sur « à qui poser quelle question », je n’avais effectivement pas pensé en parler à mon généraliste… Or attendre 3 semaines pour me faire prescrire du gaviscon, c’était 3 semaines de remontées gastriques que j’aurai pu éviter. C’est ballot !

    Petite aparté sur la poussée : je ne sais pas si c’est indiqué dans la méthode Gasquet, mais pousser sur les bras (sur le mur / le père / une sf…) permet une expulsion très efficace et tout en douceur, aussi bien pour le bébé (qui n’est pas comprimé) que pour les organes et le périnée de la mère. C’est le principe de moule souple : pour démouler un gateau, on ne compresse pas le moule, on l’étire ! Et ça fonctionne aussi (attention, minute glamour…) en cas de constipation ou de peur de pousser (quand on a quelques points après un accouchement, on peut avoir peur de « déchirer », même en sachant parfaitement que ce n’est pas au même endroit). Et ça fonctionne aussi chez les enfants : mon aînée est en plein apprentissage de la continence, elle se retient probablement trop parfois, et elle pleure ensuite que ça lui fait mal. Je lui ai demandé de pousser sur mes mains très fort (vers le haut, donc)… et « plouf » ! :)

    Docnmama, je suppose que tu as accouché depuis…
    Félicitation, et vivement un débriefing sur les VI ! :)

    • Merci pour ton commentaire. J’ai effectivement eu mon petit garçon mardi, il va à merveille et je suis comblée.
      Mon projet de naissance a été parfaitement respecté, dans le sens respect de l’individu, mais nous avons dû oublier quelques points, parce que je ne savais pas ce que serait cette épreuve. Ces modifications sont venues de moi à chaque fois (ah non finalement ça je veux pas)…

      • Félicitation et bienvenue à ton fils sur la terre !
        J’espère que « l’épreuve » n’aura pas été trop difficile à surmonter.
        Belle rencontre avec ton petit bout !

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