Entendons-nous bien, je dis « paramédicaux » parce qu’ils ne remplacent en aucun cas la consultation médicale (notamment pour les otites, par exemple), ni le traitement. Il s’agit d’un excellent complément, mais dans certain cas, un traitement médical prescrit par un médecin sera nécessaire.

Par contre, la plupart des médecins ignorent ces usages du lait maternel, pour plusieurs raisons : la principale étant qu’ils n’ont pas été formés pour, du tout. Il n’y a aucune étude scientifique sur le sujet (du moins aucune que j’aie trouvé, et j’ai cherché, j’ai trouvé beaucoup de blog qui les recensent, mais d’article scientifique, aucun, et nulle part sur les blogs il n’est fait état de leurs sources. Quel dommage ! D’ailleurs si vous voulez me contredire à ce sujet, ça me plairait bien d’avoir des sources fiables à ce sujet). On n’en parle donc pas pendant les cours. Pas non plus pendant les formations allaitement, puisqu’il ne s’agit pas de l’allaitement à proprement parler.

Evidemment, mon article ne s’adresse donc qu’aux mères allaitantes, qui peuvent se permettre de « perdre » un peu de leur lait pour ces pratiques expérimentales, non prouvées, mais qui peuvent bien aider !

La première fois que j’en ai entendu parler ? Aucune idée.
Je sais juste qu’il y a 15 jours, une amie m’a appelée en dernier recours (je ne suis ni son médecin, ni un médecin « fini » puisque je suis encore dans mes études, ni dans sa région, et de surcroit je suis en toute fin de grossesse et elle ne voulait pas m’en rajouter sur les épaules), pour son fils, de 6 mois environ, qui souffre depuis plus d’un mois d’un eczéma terrible. Le bébé se gratte la figure, entre autre, jusqu’au sang. Sur les photos qu’elle m’a envoyées, les vêtements et les draps sont tachés de sang. Ajoutons à ça que c’est un troisième enfant, le premier de 10 ans est autiste, et le second, de 3 ans, est assez hyperactif et se réveille beaucoup la nuit. Elle est ÉPUISÉE !!
C’est une nana très « bio », mais elle avait tout essayé, ou presque tout. Des corticoïdes, des anti-histaminiques, des crèmes, des bains, de l’argile, des tisanes, et j’en passe…
Donc bref, elle me téléphone à bout de forces, et je cherche quels conseils je peux bien lui donner. La médecine classique, elle a tout vu. La naturopathie, elle en a pas mal fait aussi. Je lui donne donc les seuls conseils qu’elle n’a pas encore eus : comme elle allaite, faire un calendrier de son alimentation à elle, de leurs activités, de la météo, et relier tout ça avec les fluctuations de l’état du petit bout. Se relaxer elle-même, tirer un peu de lait pour que quelqu’un lui donne un bib et qu’elle puisse prendre l’air, histoire de relâcher la pression, parce que c’est bien connu qu’une maman zen diminue tout les petits soucis des enfants. Et enfin, parce que je savais je ne sais plus d’où ses usages sur la rhino et les otites, je lui conseille à tout hasard d’utiliser son lait comme une crème ou une lotion pour les lésions du petit.
Sa réaction, c’est qu’elle est bien étonnée de ne pas y avoir pensé, mais qu’elle connaissait aussi ses effets sur les otites.

Après le coup de fil, j’ai donc forcément le réflexe d’aller chercher l’info où elle est sensée se trouver, mais bon, comme je vous l’ai dit, la recherche sur pubmed est infructueuse.
Voilà les articles hors blog que j’ai pu vous trouver, qui recensent quand même de bonnes applications, et j’y crois, parce qu’il n’y a pas que les études scientifiques qui comptent, mais si la pratique populaire montre des effets, et aucun effet indésirable, c’est bon à prendre !

Voici une petite liste qui ne se veut pas exhaustive, mais est pas mal quand même :

On peut dénombrer une grande variété d’utilisation du lait maternel en soin local, la liste étant non exhaustive :

– sur les mamelons en étalant habituellement la dernière goutte qui perle à la fin de la tétée ou en compresses que l’on change régulièrement avant qu’elles soient sèches, pour soigner des crevasses
– sur un érythème fessier
– dans le nez en lavage contre un rhume
– dans les oreilles contre une otite non suintante
– dans le yeux contre une conjonctivite
– sur les bobos, égratignures, irritations de la peau, boutons, ampoules
– sur les peaux irritées (ailes du nez rouge à cause d’un rhume) ou sèches, eczéma, acné
– sur des petites brûlures, piqûres d’insectes
– sur des boutons de varicelle
– sur le cordon ombilical
– contre des aphtes
– sur les lèvres gercées

Il explique également comment recueillir et comment conserver le lait dans ce but.

J’ai par contre trouvé un article plus étoffé de la leche league (étonnamment, même la leche league ne recense pas ces usages du lait maternel, elle donne ses infos d’après des sources plus scientifiques, qu’elle cite, ce qui me fait dire que ma recherche n’a pas été infructueuse parce que j’ai pas été assez loin, mais même eux n’ont pas trouvé), expliquant l’utilisation, beaucoup plus reconnue celle-ci, du colostrum puis du lait maternel sur les crevasses des mamelons. Et ils en expliquent le mécanisme :

Le colostrum est le liquide qui précède le lait. Sa sécrétion débute en général vers le troisième trimestre de la grossesse et se poursuit durant les sept jours qui suivent la naissance ; si ses caractéristiques nutritionnelles sont différentes du lait qui va le suivre, sa constitution physique est assez similaire. Notons également que le lait de fin de tétée est plus riche et plus dense, plus gras.

Lors de la formation des gouttelettes lipidiques dans les cellules de la glande mammaire, une membrane (dérivée de l’appareil de Golgi) vient entourer le futur globule gras. Cette paroi est constituée de glycoprotéines, de phospholipides, de triglycérides, de cholestérol et d’enzymes. Elle joue le rôle d’émulsifiant, ce qui explique l’adhésivité du colostrum/lait maternel en phase finale de tétée, si propice au comblement de la crevasse et à sa cicatrisation.

Le lait humain contient encore des facteurs de croissance épidermique (EGF), qui agissent sur la multiplication cellulaire, et des facteurs anti-infectieux. Les oligosaccharides et les gly coconjugés, sont des molécules glucidiques complexes qui inhibent la fixation de très nombreux germes pathogènes. (Le lait et les produits laitiers dans la nutrition humaine). Un pan sement constitué de colostrum ou de lait apporte donc de nom breux facteurs anti-inflammatoires et immunitaires, ainsi que des globules blancs et des facteurs de croissance épidermi que, tous éléments directement opérationnels sur un processus anti-infectieux éventuel : c’est un véritable « parachutage » de pro tection pour la plaie.

La protection de la crevasse étant acquise par l’étalement des dernières gouttes de la tétée, il nous paraît essentiel que le bénéfice du procédé soit prolongé par l’application d’un panse ment humide qui va conserver l’humidité du milieu et éviter la formation d’une croûte. Il est donc clair que nous associons, dans la pratique que nous allons décrire avec exemples ci-des sous, l’utilisation du lait de fin de tétée qui comble les crevas ses, et le pansement humide, qui en optimise l’efficacité.

Donc voilà. Si ça marche sur les mamelons, et la plupart des sages-femmes sont d’accord là-dessus, et formées pour, ya pas de raison pour que ça n’aide pas la cicatrisation en général. J’aurais donc même tendance à rajouter dans la liste les déchirures vaginales et épisiotomies. Quoique on peut avoir un petit souci à ce niveau, parce qu’au moment où on en a besoin, on n’a pas tellement de lait, encore, et on n’en n’a pas à « gâcher », sauf si on ne veut pas allaiter.

J’ai également trouvé plusieurs articles qui utilisent le lait maternel dans la cosmétique (pour les crèmes solaires, en utilisant le lait de jument (d’autres cosmétiques utilisent le lait d’ânesse) pour sa proximité avec le lait maternel), ou dans des compléments alimentaires (on utilise le colostrum bovin, un antistress qui utilise une caséine proche de celle du lait maternel, et la marque phytoquant crée toute une gamme de produits paramédicaux à base de colostrum de vache).

Voilà pour le partage des connaissances. J’espère que vous ne saviez pas tous tout ce qu’on peut faire de notre bon lait de maman, à part le donner à manger à nos petits bouts, histoire que je puisse vous avoir aidés.

Pour la petite histoire, le bébé de mon amie a vécu un mieux notable, les lésions ont quasi disparues en quelques jours, mais sont réapparues en une nouvelle crise terrible. Je ne lui ai pas demandée si elle avait arrêté le « traitement » ou si de nouveaux événements étaient réapparus, car dans son état d’épuisement physique et moral, notre accord tacite est que c’est elle qui me demande, mais que je ne sollicite pas. Je reste donc dans le flou.

Et je ne peux pas arrêter cet article sans parler également (j’en referai peut-être un article exclusivement sur ce sujet, un jour) du don de lait maternel aux lactariums, histoire d’en faire profiter les prématurés dont les mamans (en plein stress physique et émotionnel) ne peuvent pas contenter les besoins…

Docnmama

Bonne journée !

PS : pour lire cet article sur mon blog, c’est par ici !