La chance d’être aîné?

Il y a quelques jours j’avais vu passer un article intitulé « L’aîné, ce héros » que j’aurais aimé prendre le temps de commenter… Par chance, Mère cruelle l’a fait avant moi dans cet article.

J’ai malgré tout eu envie de revenir sur certains points de l’analyse qui a été faite par l’auteur. Selon Anne Chemin, l’aîné(e) d’une fratrie aurait généralement plus de possibilités de réussite scolaire que ses frères et soeurs cadets. N’étant pas totalement convaincue par les arguments exposés (le droit d’aînesse ou le capital humain entre autres), j’ai essayé de réfléchir sur mon cas afin d’y voir un peu plus clair.

Étant moi-même l’aînée d’une fratrie de quatre et à ce jour la plus « diplômée », je n’ai pas pu m’empêcher de réagir à certaines affirmations énoncées dans l’article. D’après l’auteur, il y aurait un lien « entre la réussite scolaire et le rang dans la fratrie. Quels que soient le nombre d’enfants, leur sexe ou le milieu social d’origine, les aînés arrivent en tête des classements scolaires« . Selon moi, cette réussite scolaire (même si les chiffres énoncés ne montrent qu’une tendance et non pas une évidence) tient avant tout de la pression exercée par les parents sur ce premier enfant. L’aîné est celui sur qui repose la responsabilité de servir de modèle, celui qui montre le chemin (ou pas d’ailleurs!) au reste de la fratrie, celui qui n’a pas le droit à l’erreur. Maintenant que je suis moi-même parent, je m’aperçois que l’on met souvent la barre très haute en ce qui concerne nos attentes vis-à-vis de ce premier enfant. S’il est possible que cette pression puisse avoir des résultats positifs en ce qui concerne la réussite scolaire, je me demande quelles sont les conséquences sur la personnalité de l’aîné.

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En cherchant davantage d’articles sur ce même sujet, j’ai lu celui publié sur le site du journal La Croix et qui s’intitule: Aîné, cadet… à chacun son chemin.

Cette fois-ci, il s’agit de comparer justement les traits de personnalité selon le rang de naissance dans une fratrie. Toujours en gardant à l’esprit mon expérience personnelle, je sais que les côtés perfectionnistes et ambitieux de ma personnalité sont certainement liés à mon statut d’aînée car aucun de mes frères et soeur n’ont jamais eu ce genre de trait de caractère.

« Au fil de mes consultations, j’ai fait le constat que les enfants présentent des traits de caractère particuliers selon leur rang de naissance, quels que soient les milieux familiaux et culturels, et le sexe. Dans la grande majorité des cas, les mères décrivent le cadet comme plus autonome, déluré, extraverti, mais aussi plus déterminé par rapport à un aîné qui serait plus réservé, plus secret, plus angoissé ».

Ce qui m’a le plus intéressé dans cet article, c’est bien la conclusion de l’auteur qui aborde le fait qu’une fois devenus parents, « chacun redistribue les cartes reçues« . En effet, dans mon billet du jour sur mon blog, je m’interroge sur l’influence que peut avoir mon propre vécu d’aînée sur mes relations avec mes filles.

« Soit on demande à ses enfants de rejouer quelque chose que l’on a vécu pour le réparer, soit notre expérience nous apparaît tellement positive que l’on demandera que rien ne soit modifié ».

Quel est votre avis? Avons-nous un comportement différent avec nos enfants lorsqu’ils occupent le même rang  que nous dans la fratrie?

Madame Ordinaire

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10 réflexions sur “La chance d’être aîné?

  1. Je trouve la dernière phrase un peu bateau : « Soit on demande à ses enfants de rejouer quelque chose que l’on a vécu pour le réparer, soit notre expérience nous apparaît tellement positive que l’on demandera que rien ne soit modifié »
    En clair, soit on trouve que ce que l’on a vécu est « normal » et on reproduit, même inconsciemment, soit on trouve que c’est « anormal », on chemine et on se distancie quand c’est à notre tour d’être parent?
    C’est à dire que c’est valable pour à peu près tout, quoi. Rien de révolutionnaire. Et du coup un peu simpliste, non? Qui ne laisse pas de place à l’entre-deux j’ai l’impression…
    Toute notre expérience de parent et influencée, consciemment ou non, par notre expérience d’enfant. Dans le reproduction ou dans la distanciation. Non?
    Sinon, ma fratrie ne correspond pas du tout à la description de l’auteur.
    Mais nous sommes aujourd’hui tous parents, et ce qui se voit aujourd’hui, c’est plutôt que la façon dont nous avons vécu/ressenti notre enfance influence aujourd’hui notre façon d’être parent.
    Nous sommes 6. Notre rang dans la fratrie fait que nous n’avons pas tous eu les même parents, la même enfance. Certains éléments paraissent normaux à mes frères/soeurs et anormaux à d’autres. Et notre cheminement personnel, notre vécu de jeune adulte, fait de nous des parents différents. Certains ne remettent pas en questions, d’autres si.
    Personnellement, je crois aussi que nous sommes (et j’inclue mes parents) des parents différents pas seulement à cause de leur « place » dans la fratrie, mais surtout parce qu’on apprend au fur-et-à-mesure et que nous évoluons au cours de l’exercice de notre parentalité.
    Voila mes quelques éléments de réflexion…
    Merci pour ton article Madame Ordinaire !

  2. Je n’ai aucun doute que l’environnement, donc la place dans la fratrie, joue un rôle dans le caractère. Mais la différence d’âge (avec les frères et soeurs… et les parents) joue tout autant.
    Forcément, on demande à l’aînée plus d’autonomie quand arrive le cadet, dont on n’est bien obligé de s’occuper. Mais qui doit apprendre la patience et le partage dès le départ. Le premier connait l’exclusivité, puis la perd. Le cadet ne pourra jamais construire la même relation fusionnelle, mais aura un modèle à suivre autre que ses parents.
    C’est surtout nous, parents, qui ne sommes pas le même avec notre aînée et avec notre cadet…parce que pour le 2e, nous avons encore l’aînée dans les pattes !
    J’ai deux filles de 20 mois d’écart, ce n’est pas la même situation que celle rencontrée par ma mère (je rentrais à l’école lorsqu’elle a eu ma sœur).
    Bref, c’est complexe, et un sacré sujet de remise en question permanente : comment être équitable ? (et surtout pas égalitaire !)
    A quand le don d’ubiquité ?

  3. On est bien dans toute la difficulté d’amener chaque enfant à s’épanouir selon sa personnalité propre !
    Cela évoque pour moi le livre de Faber et Mazlich  » Rivalités entre frères et soeurs, comment en venir à bout » où j’ai lu des éléments de réponse.

    Mais il est certain que nous sommes des parents différents à l’arrivée de chaque enfant, et que nous avons aussi nos propres représentations.Je me rends compte que l’attends souvent un comportement plus mature de notre fille qui est l’ainée, que de notre fils, alors qu’ils n’ont que deux ans de différence, et chacun a bien droit à de petites régressions à chaque étape importante de son développement.
    Je ne sais pas quel modèle de fratrie j’ai en tête : j’étais fille unique, mais certainement influencée par les fratries de la famille.

  4. C’est peut-être vrai…
    (un essai en double insu serait sans doute difficile à mettre en place)

    Je suis moi aussi un ainé… et le seul à s’en être sorti (?)
    (il est arrivé, mais dans quel état ;->)

    Bon, je suis peut-être passé juste dans la « fenêtre de tir » !
    Après, il n’y avait plus personne pour vérifier qu’on ne manquait pas l’école ;->
    [divorce, et toussa®]

  5. Merci beaucoup de ta contribution!!! Je me pose souvent les questions que tu évoques dans ton billet et notamment: en quoi ma place d’aînée (hé oui, moi aussi…!) conditionne-t-elle ma façon de voir mes enfants et le regard que je porte sur leur rang de naissance? Je n’ai pas beaucoup de réponses mais je me souviens avoir été soulagée que mon aîné soit un garçon… comme une garantie qu’il me serait moins facile de reproduire sans m’en rendre compte la situation que j’avais vécue.

    • Quand on est un ainé, on n’est pas forcément très content d’avoir une sœur et un frère — ni surtout d’avoir à s’en occuper, d’être le « chef de famille » (père absent, en voyage)

      • Je suppose que tous les aînés sont différents! :-) Moi j’étais plutôt très contente d’avoir un frère et des soeurs, même et surtout si je pouvais jouer à la cheffe… par contre, je détestais partager les framboises qui me semblaient toujours en nombre insuffisant.

  6. Pour ma part et mon vécu, que ce soit en tant qu’enfant d’une fratrie de 5 ou en tant que mère de deux enfants, je ne peux pas nier que la place dans la fratrie à son importance. Et aussi que la façon dont on a vécu notre enfance nous façonne en tant que parent. C’est d’ailleurs ce sujet-là que je remets en question aujourd’hui, en essayant de devenir le parent que je souhaite être, plutôt que de reproduire des schémas qui ne me conviennent pas. Et ce n’est pas simple tous les jours !

    • C’est exactement mon « combat » de chaque jour… C’est tellement difficile d’être ce qu’on aimerait être ! Il manque des heures aux journées…

  7. Pingback: Le parent et son rapport au temps [mini débrief] | Les Vendredis Intellos

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