Une doula, c’est quoi? Ca sert à quoi?

Cet article, il traine dans un recoin de ma tête depuis Décembre… (procrastination power!) En effet, en Décembre, avec Vermicel, nous sommes allés à une conférence de Caroline, Doula, qui présentait son métier.
Moi, le mot « doula », il me semble l’avoir entendu quand j’étais en Belgique. Mais je ne savais pas trop bien ce que c’était. Dans ma tête, je m’imaginais une femme, d’un certain âge, déjà maman, qui chouchoutait la future maman. Je n’étais pas si loin du compte mais pas tout à fait correcte non plus…
Du coup, en voyant l’invitation sur Facebook à cet événement, j’ai sauté sur l’occasion pour en savoir plus, et de première main!

Du coup, pour cet article, je vais m’appuyer sur les notes que j’ai prises, sur la charte des Doulas de France. Et il y aura aussi la séquence questions-réponse à laquelle Vermicel (qui a eu un suivi doula avec Caroline pour sa deuxième grossesse) a gentiment accepté de se prêter.

Que nous dit la charte des Doulas de France?

Nous, les doulas, sommes convaincues que les parents savent ce qui est juste pour eux pour la naissance de leur enfant .
Nous ne prodiguons pas de conseils : pour que les parents fassent leurs choix et puissent prendre leurs décisions, et s’ils en ont la demande, nous les aidons à accéder par eux-mêmes aux informations qui leur sont nécessaires (basées quand cela est possible sur la recherche scientifique)

La Doula propose un accompagnement, un soutien lors de la grossesse, et même dans les premières semaines après la naissance.

Nous sommes aussi conscientes que lors du retour à domicile les parents peuvent se sentir isolés avec leurs interrogations et sans soutien approprié. C’est pour cela que notre accompagnement continue après la naissance, pendant parfois plusieurs mois.

Et ce suivi s’adresse autant aux futurs pères qu’aux futures mères.
Le premier rendez vous, se fait généralement dans un lieu neutre (comme un café, un parc…) Il s’agit d’un accompagnement NON MÉDICAL! La doula n’a pas vocation a remplacer la sage-femme ou le médecin. Elle assure un soutien émotionnel et peut aider les futurs parents à trouver les infos, les réponses aux questions qu’ils se posent.

Notre accompagnement est complémentaire de celui de la sage-femme ou du médecin et ne remplace en aucun cas le suivi médical de la mère pendant sa grossesse et l’accouchement. Nous ne sommes pas des thérapeutes et nous ne pratiquons aucun acte médical. Nous ne dispensons pas de consultation ni examen ou avis médical d’aucune sorte. Les doulas n’ont aucune compétence pour établir un suivi médical de grossesse ou pratiquer un accouchement.

Pour être doula, être mère est préférable, mais pas obligatoire. Et elles sont souvent formées pour aider à la mise en place de l’allaitement.  Elles sont formées à l’écoute active, non violente. Elles peuvent chercher des infos, renseigner sur des questionnements divers, comme la place du père, des aînés ou les difficultés maternelles.

Il s’agit d’une présence dans la continuité. Bien sûr, il ne s’agit pas d’appeler sa Doula à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Beaucoup d’échanges peuvent se faire via mail par exemple.

Nous proposons aux parents de les accompagner dans la continuité dans ces moments intimes et qui leur appartiennent, en les soutenant dans leur cheminement et dans la recherche de leur vérité. Nous les soutenons et les accompagnons si leur confiance se perd au cours de la grossesse et de l’accouchement, que ce soit par la multiplication des intervenants, les injonctions diverses ou les conseils multiples, par leurs vécus personnels, par l’isolement ou un environnement défavorable. Comme une balise dans cette foule, nous sommes à leurs côtés dans la continuité, car nous pensons que cette dimension est fondamentale pour les parents.

À noter que :

Nous ne pouvons pas accompagner les mères, les couples qui n’ont pas mis en place un suivi medical par une sage femme ou par un médecin

Nous ne pouvons pas être présente pendant le travail et l’accouchement sans qu’une sage-femme ou un médecin soit présent.

De même, elles se sont engagées à soutenir tout couples, quelque soit leur choix, leur sexe, leur religion etc.

Pour le père, elle peut aider, transmettre des « outils » pour qu’il puisse accompagner sa femme du mieux possible lors de l’accouchement. Pour la fratrie, les aînés, elle est une écoute et une présence bienveillante. Elle peut même éventuellement garder l’aîné lors de l’accouchement.

De ce que j’ai retenu de la conférence, et de mon point de vue personnel, le besoin en doula se fait sentir car les familles sont désormais plus souvent éloignées de leur proches. Les femmes n’ont plus forcément leur mère, belle mère, tante, cousine ou même amie à proximité et/ou disponible pour venir les aider ou les soutenir. De plus on trouve de nombreuses infos, chacune contredisant la précédente sur le sujet de la grossesse, de l’accouchement et de la parentalité. Et parfois, on a tout simplement besoin d’une oreille attentive, bienveillante auprès de laquelle on peut épancher ses doutes, ses craintes, sa fatigue, sans peur de jugement. (ce qui n’est pas forcément évident, voire possible avec ses proches, même si on les aiment beaucoup et que c’est réciproque. ;) )

Lors de la conférence, Caroline nous a dit que les bénéfices du suivi doula étaient prouvé. On observerait environ une baisse de 50% du risque de césarienne, une baisse de 25% du temps de travail et une baisse du risque de dépression du post-partum. J’ai trouvé un lien donnant la référence de l’étude donnant ces chiffres.

La doula peut aussi organiser un Blessingway, fête dont la future maman est « l’héroïne », avec ses amies, le plus souvent à partir du 7ème mois de grossesse.

Bref, si j’ai bien compris, la doula entoure les futurs parents, les aide et essaie de répondre aux miens aux questions qui peuvent se poser à eux.

Et maintenant, les questions que j’ai posée à Vermicel :

1) Bonjour, est ce que tu peux te présenter stp?

Je suis maman de deux enfants (13 mois et 4 ans et demi) et j’ai fait appel à une doula lors de ma seconde grossesse.
2)Comment as tu appris l’existence des doulas?
Sans doute lors de ma première grossesse, au hasard de mes recherches et lectures sur le net.
3)Qu’est ce qui t’a poussé à faire un suivi avec une doula?
D’une part l’envie de profiter pleinement de ma seconde grossesse, et d’après les témoignages que j’avais pu lire au sujet des doulas, j’ai pensé que cela pouvait m’y aider ; et d’autre part le fait d’avoir déjà une doula « sous la main » puisque je connaissais déjà un peu Caroline, et que je savais qu’elle terminait sa formation de doula.
4)Comment s’est passé ta première rencontre avec ta doula?
notre première rencontre « officielle » a eu lieu autour d’une table dans un restaurant et nous avons échangé sur ce qu’elle pouvait me proposer en tant que doula et sur quelles étaient mes attentes. nous avons également abordé des sujets plus pragmatiques : combien de rencontres, à quelle fréquence, à quel coût… et signé un contrat.
5)Que t’as apporté ce suivi?
en premier lieu, je dirais beaucoup d’écoute bienveillante. la doula c’est l’amie à qui tu vas te confier, sans risquer de la saoûler, parce qu’elle est justement là pour ça !
Elle m’a également apporté des pistes de réponses, des lectures ou des réflexions pour les questions que je pouvais me poser (par exemple : la poussée lors de l’accouchement, la respiration, le réflexe d’éjection fort lors de l’allaitement…)
J’ai aussi bénéficié d’un massage relaxant spécial femme enceinte (ma doula est également formée aux massages)
6)Et le futur père, comment a-t-il vécu ce suivi? Ca l’a aidé?
Il n’était pas très investi dans cette grossesse. son manque de disponibilité n’aidant pas vraiment à ce qu’il s’investisse (il n’a pu venir qu’à une seule écho et deux RV de préparation à l’accouchement) et, comme pour mon aînée, il s’est très investi après la naissance. l’accompagnement de la doula n’a pas vraiment eu de changements pour lui.
7)Même question pour ton aînée. ^^
Je me posais pas mal de questions sur ce que seraient ses réactions pendant la grossesse et à la naissance, et j’ai pu en discuter avec ma doula. elle m’a aussi conseillé des livres pour aborder ces sujets avec ma fille.
Pendant ma grossesse, les rencontres avec la doula ont eu lieu lorsque ma fille était à l’école, donc elle ne l’a pas trop rencontrée à ce moment là !
8)Qu’est ce que tu dirais à de futurs parents qui s’interrogent sur le suivi doula, ou qui disent qu’ils n’en voient pas trop l’intérêt?
 évidemment ça n’est pas absolument indispensable, et cela représente un coût. un coût non négligeable certes mais tout de même très relatif si l’on met en parallèle le budget alloué à l’achat du matériel de puériculture qui n’est pas asbolument indispensable lui non plus… bref, tout est question de choix et de priorités !
A mon sens, se faire accompagner par une doula, c’est mettre toutes les cartes de son côté pour vivre pleinement sa grossesse. C’est un accompagnement totalement personnalisé, qui vient en complément du suivi médical, tout en bienveillance et dans l’écoute (car justement on n’est pas dans le suivi médical). La doula peut assister à l’accouchement si on le souhaite, ou rester avec l’aîné par exemple. Elle peut venir après la naissance préparer un repas, jouer avec les aînés, encourager les débuts de l’allaitement…
Et même lorsque l’on bénéficie d’un suivi médical particulièrement humain et que l’on peut compter sur son entourage (ce qui était mon cas), il reste toujours des réflexions, des interrogations à approfondir et c’est appréciable de pouvoir compter sur une personne ressource, dont c’est précisément le rôle, disponible, compétente et bienveillante. par exemple, je ne me voyais pas « ennuyer » ma sage-femme avec mes questionnements sur l’agrandissement de la fratrie par exemple, aussi chouette et bienveillante soit-elle, je ne voulais pas abuser de son temps, la sachant débordée !
9)Qu’est ce que tu peux nous dire sur le Blessingway?
c’est un moment intime et festif, entre femmes, pour « célebrer » la future maman. ma doula a été la « fée organisatrice » de mon blessing-way. quelques amies proches étaient réunies autour de moi, avec, dans une ambiance intime, thé, chocolat et petits gâteaux, confidences, musique, poèmes, échanges d’objets symboliques, quelques cadeaux très personnels, massage à plusieurs mains, dessins au henné sur le ventre… j’en garde un des plus beaux souvenirs de ma grossesse.
10) Y a t il autre chose que tu voudrais ajouter sur le sujet?

là tout de suite, non, je ne vois rien à ajouter !

Et si tu veux, tu peux venir nous chez nous, dans ma tanière ou chez Vermicel!

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26 réflexions sur “Une doula, c’est quoi? Ca sert à quoi?

  1. Merci pour ces infos sur les doulas.
    J’ai connu le mot dans les bouquins que j’ai lus dès le début de ma grossesse… J’avoue que j’avais un avis partagé. Je suis médecin, j’ai donc forcément une pensée un peu dirigée par mon métier (comme tout le monde selon son métier), et j’avais peur des dérives. J’en ai toujours peur. Un article posté ici récemment a mis en évidence les conséquences et les influences de la vie personnelle sur les conseils (des médecins, dans l’article). Je lis tellement de témoignages de mamans qui n’ont pas aimé tout ou partie de leur suivi médical et de leur accouchement (je suppose qu’on écrit plus quand on doit exorciser, justement), que je ne peux pas m’empêcher de me dire que si la doula choisie est justement de ces femmes qui ont perdu confiance en les médecins et la médecine, elle influencera forcément la femme qu’elle suit.
    Je comprends le principe « je ne donne pas de conseil, je fournis des infos », mais c’est justement un principe difficilement applicable. Les infos données ne sont jamais TOUTES celles disponibles (et heureusement sinon bonjour le travail de lecture de la maman), et cet écrémage est forcément fonction des opinions de celui qui fourni les infos. C’est donc déjà donner un conseil. Et des conseils, on leur en demande forcément aussi, qui vont influencer, même ponctuer d’un « moi je pense que… ce n’est que mon opinion ». La doula est quelqu’un en qui on place sa confiance (sinon elle ne sert à rien) et l’opinion de quelqu’un de confiance est toujours précieuse, elle influence forcément !
    Alors j’ai peur d’une dérive « anti-médicalisation » qui ne conviendrait pas forcément à tout le monde. Et je ne prêche pas pour ma paroisse, ça n’a rien à voir.

    À côté de cette peur de la dérive, en tant que femme, et plus encore en tant que femme enceinte, je pense que j’aurais apprécié cette oreille attentive qu’on n’a pas peur de déranger parce qu’elle est là pour ça. J’espère que j’aurais su m’en faire une amie, ou tout comme, parce qu’il est plus facile de se confier à une amie. J’ai eu la chance d’avoir une amie dans le coin qui a su m’écouter, mais elle a eu ses propres soucis, n’a pas toujours été dispo, et même si elle aurait décroché à n’importe quelle heure du jour et de la nuit pour répondre à une simple question de ma part, même si elle m’a « engueulée » pour ne l’avoir pas appelée quand j’angoissais sur un sujet, j’avais peur de la déranger, une peur compréhensible, j’espère, et qui me caractérise pas mal… Une doula n’aurait pas (ou aurait moins) prêté à cette peur, ne serait-ce que dans sa fonction et parce qu’elle serait payée pour. Je l’envisage pour une future grossesse.

    En conclusion, je pense que je ne suis ni pour ni contre les doulas, (et tant mieux, il ne s’agit pas vraiment d’un débat pour ou contre), mais qu’il faut absolument un ou deux entretiens avant de signer un contrat, un forfait pour toute la grossesse… Encore plus qu’un médecin, il faut une relation de confiance qui confine à l’amitié (sans forcément être de l’amitié, ça reste un contrat, mais…), il faut une personne qui saura faire passer vos envies avant ses expériences, voire encore mieux une personne qui a plus ou moins les mêmes opinions que vous sur la grossesse et le suivi, pour ne pas risquer de vous engager, par confiance, dans une voie qui ne vous conviendra pas…

    • Merci pour ton commentaire!

      Effectivement, comme avec beaucoup de choses, il y a un risque de dérive. Après, j’ai aussi des questions, des doutes, mais j’avoue que je suis très attirée par ce suivi pour une prochaine grossesse. Ma famille est loin (même si le téléphone existe, bien sûr) et de plus, le rapport avec la famille (et je pense surtout à la mère de la future mère là) est, à mon avis (et dans mon cas perso) tout sauf neutre. Du coup, il y a des sujets que je n’ai pas forcément envie d’aborder avec mes proches, je préfère quelqu’un de plus neutre (qui peut être le médecin d’ailleurs, mais ce n’est pas toujours évident d’aborder certains sujets. Sans doute de la timidité mal placée. ;) )

      Concernant ta conclusion, je suis entièrement d’accord. Et la doula dont j’ai suivi la conférence a bien précisé que le premier rv DOIT se passer dans un endroit neutre (parc, café, …) et mène à une bonne discussion sur les attentes et demandes des futurs parents.Pour voir si justement, ça va coller..Selon le feeling, le deuxième se repasse dans un lieu neutre, ou bien chez la future mère ou chez la doula. Au choix de la future mère.

      Et si j’ai bien retenu, Caro (je ne sais pas pour les autres doulas), ne veut justement pas donner son avis. Elle veut bien donner des infos, rechercher des articles, des livres sur un sujet donné mais elle ne veut pas influencer les futurs parents justement. (si j’ai bien retenu. J’ai pu mal comprendre). Après, j’imagine que parfois, une tournure de phrase ou une façon d’évoquer un sujet va donner une idée de son avis sur la question quand même et peut donc influencer les futurs parents. Mais le « problème » peut être le même avec un professionnel de santé non?
      En gros, on en revient toujours à l’idée qu’il faut informer les femmes et les laisser faire leurs choix par après et le respecter. ;)

      En conclusion, je pense que c’est comme dans tous métiers, y a sûrement des excellentes, des très bonnes, et des moins bonnes parmi les doulas. :)

      • Merci de ce billet Kawine et de vos commentaires.
        Je rajoute qu’une doula se tient au secret professionnel.
        Effectivement il peut sembler difficile de ne pas donner son opinion. Mais mon opinion n’a aucune importance, je préfère donner des informations, aller la demander si besoin à une autre doula, envoyer vers d’autres professionnels. En aucun cas je ne prétends avoir de compétence médicale. Les informations transmises par une doula sont celles qui peuvent être transmises entre femmes bien renseignées, formées. Nous ne sommes pas anti-médicales. Certains médecins, j’en ai rencontrés, transmettent aussi des infos complètes.
        Oui bien sûr c’est très important qu’un lien de confiance se crée entre une doula et les parents qu’elle soutient. C’est le cas avec chacun des parents que j’ai accompagnés. Le premier Rdv n’a pas toujours lieu dans un lieu neutre, et nous prenons un temps de réflexion avant de poursuivre. Ce n’est pas réellement un contrat qui est proposé ensuite, plutôt un engagement des deux côtés, cela permet de fixer les contours de l’accompagnement. Pour Anne-cé, c’est elle qui a souhaité s’engager de suite (lol) ! J’étais la première étonnée, et ravie aussi.

  2. J’ai une copine doula ; je n’ai pas sollicité son accompagnement complet pendant toute la grossesse (avec les livres que j’avais lus, je pouvais même lui enseigner du vocabulaire technique ! :).
    En revanche, c’est vers elle que je me suis tournée pour le choix du gynéco : forcément, elle connaissait ceux qui seraient le plus à l’écoute de notre projet de naissance.
    Et surtout, nous lui avons demandé un cours de préparation à l’accouchement : un concentré de toutes les astuces qu’elle a utilisées pour elle-même (3 accouchements dont un AAD) et pour ses clientes. Ce fût déterminant pour nous, la seule préparation qui nous a été vraiment utile. Et quand je dis « nous », c’est parce qu’elle a montré à mon homme tout ce qu’il pouvait faire : quelles positions prendre pour me soulager sans se démonter le dos, comment se comporter pour me permettre de rester dans ma bulle, en lui expliquant mes réactions possibles et comment y répondre.

    Résultat : pour mon premier accouchement, il m’avait dit qu’il ne s’était jamais senti aussi inutile de sa vie… Pour le deuxième : il racontait NOTRE accouchement, et nous étions vraiment 3 : lui, moi, le bébé, dans une danse au rythme de mes contractions. Je me reposais complètement sur lui ; j’ai pu lâcher prise complètement, je ne me laissais guider que par lui (la sage-femme me parlait, c’est lui qui répondait). Je pouvais aussi bien me suspendre (à ses bras ou à une écharpe de portage autour de ses épaules) que m’appuyer de tout mon poids, il faisait contre-poids, rétablissait l’équilibre. Je pouvais me balancer, il suivait le mouvement ; je changeais de position, il s’adaptait.
    Un des moments les plus forts, les plus intenses de notre vie de couple. Qui n’aurait pas existé sans cette doula.

    Mon gynéco est une perle, nous avons adoré l’haptonomie, mais ça n’a juste rien à voir. Aucune concurrence, pas de redondance, on n’attend absolument pas la même chose d’un RV médical et d’un échange avec une doula.

    Un jour, peut-être, je ferai la formation… :)

    • :-) oui une doula apporte autre chose. Cependant nous ne raison absolument pas de préparation à l’accouchement, nous transmettons des outils notamment au papa. Super qu’il se les soit si bien appropriés!

      • Pour ce que vous dites sur les papas, ça me donne encore plus envie de faire appel à une doula pour ma prochaine grossesse… J’avais également peur que la présence de la doula soit justement une alternative à l’implication du papa (cool pour celles dont le papa est peu impliqué, soit parce qu’il ne le souhaite pas, soit à cause de son travail), et donc, justement également un frein (mon homme est très impliqué, mais aussi timide, il ne saurait pas s’imposer, mais a besoin de pistes pour m’aider et être actif. Je suis heureusement suffisamment peu timide, moi, pour l’imposer auprès de l’équipe, et je pense que ça ira très bien.
        Mais nous avons fait appel à une SF libérale pour la prépa, à qui on avait demandé justement de bien s’occuper du papa et de son désir de s’impliquer pleinement, d’avoir des pistes concrètes, et on est un peu déçus… Elle est assez abstraite dans sa prépa, et pour un premier bébé, c dommage…

        • Idéalement, c’est plutôt lui qui devrait s’imposer et t’imposer (enfin imposer tes besoins) auprès de l’équipe. Pour que tu puisses rester dans ta bulle.

          La doula peut effectivement remplacer le père en cas de besoin, mais elle peut aussi être son guide, son « formateur », et donc lui être très utile ! Même le jour J, si elle a le droit d’être présente en salle d’accouchement, elle pourrait lui indiquer quoi faire pour te soulager, faire l’interface avec l’équipe quand vous êtes tous les deux en actions…
          Pour mon homme, notre RV a été déterminant. Il a juste été au top, je me reposais entièrement sur lui, physiquement et psychologiquement.
          Il se sentait même serein à l’idée que j’accouche dans la voiture, et c’était moins une ! (expulsion 1/2h après notre arrivée à la maternité).

          Tu peux toujours faire appel à une doula pour un « briefing » sur l’accouchement, c’est que proposait la copine qui est restée moins d’une heure chez nous. C’était ma 2è, je ne lui avais pas demandé un suivi complet, mais elle proposait ce « cours » spécifique (je ne sais plus quel vocabulaire elle utilise pour ne pas froisser les SF) et pour lequel elle est très sollicitée, tellement il est utile aux futurs parents qui se refile le tuyau !

          • Merci du conseil, j’en ai parlé à mon mari (premier bébé pas arrivé, je pense déjà au second :P), qui ne se sent pas de nous faire suivre par une doula, par contre pour le cours de briefing, c’est probablement le bon compromis.
            Pour ce qui est de s’imposer, je sais qu’il sera parfait le jour J, mais c’est avant qu’il est timide (le jour J il ne verra que mes besoins, dont celui d’être dans ma bulle… mais comme avant je suis à l’aise, il n’a pas besoin de s’imposer ou de m’imposer justement)…

  3. Merci beaucoup de ta contribution!!! Je crois bien que c’était la première fois qu’on parlait des doulas sur les VI!!

    J’avoue être assez partagée sur cette question: à la fois je trouve l’idée qu’une future maman puisse avoir besoin d’autre chose que d’un suivi médical tout à fait réaliste et intéressante à réfléchir (en matière de réponses à apporter), en même temps je ne suis pas à l’aise avec le lien avec la dimension médicale. Pour moi, il y a une forme de double discours: d’un côté les doulas revendiquent le fait de ne pas donner de conseils médicaux et d’un autre les « résultats » de leur suivi sont évalués en pourcentage de césarienne, de temps de travail, etc… (je fais référence à ton intro). Il y a quelque chose que je ne saisis pas trop.

    Oui, les futurs parents manquent d’infos pertinentes et neutres sur les questions médicales (dépistages anté-nataux, suivi de grossesse, projet de naissance).
    Oui, les futurs parents sont souvent isolés (géographiquement, affectivement, socialement, etc…)
    Oui, les futurs parents ont besoin d’échanger, de se confier face aux doutes et aux appréhensions que peuvent susciter l’arrivée d’un bébé.

    Mais est-ce qu’une seule personne peut et doit prendre en charge la diversité de ces besoins?

    Est-ce qu’une fois encore nous ne sommes pas en train de remplacer des liens sociaux par des liens commerciaux (je pense au débat qu’on avait eu lors des Rencontres au moment de l’atelier de Claude Didierjean-Jouveau)?

    • Oui, c’est vrai qu’on peut voir ça comme ça aussi.
      Après, je pense qu’en fait, c’est comme de choisir un suivi global, un aad, un suivi hypermédicalisé, faire un suivi doula c’est une question très personnelle.
      Du coup, ma réflexion, c’est plutôt « pourquoi pas ».
      De façon tout à fait personnel, j’ai l’impression que je ne demanderai pas la même chose à une doula et à une sage-femme. Mais je peux me tromper, puisque je n’ai pas encore eu de suivi par une sage-femme.
      J’ai aussi l’impression que la doula aura peut être plus de temps pour chercher des articles, des livres sur les sujets qui interrogent les futurs-parents. Mais bon, comme j’ai déjà dit, je ne connais pas très bien le sujet. ^^
      Bref, le sujet est manifestement compliqué en fait. ^^
      Et pour celles qui n’ont malheureusement pas un « soignant » qui a le temps (et veut bien le prendre. ;) ) pour répondre à toutes les questions qu’on peut se poser, ça peut être un vrai + je pense.
      Et puis certaines ne seront pas à l’aise pour poser ces questions à leur médecin/sage femme/gynéco et préfererons les poser à une doula
      Pour ce qui est des résultats médicaux du suivi doulas, je vois 2 explications principales : le suivi doula permet peut être d’être moins stressée lors de son accouchement, d’envisager tout cela plus sereinement, (ce qui est aussi le cas, je pense lorsque l’on peut bénéficier d’un suivi global et accoucher en étant sûre et certaines que nos demandes seront écoutées et respectées. ;) ). Et il y a peut être aussi un biais induit par le fait que ce n’est probablement pas n’importe quelle femme qui va vers les doulas.
      Voilà voilà
      Je sais pas si je suis bien claire dans mes explications car le sujet est assez compliqué et relève ausis pas mal du subjectif et du choix perso. ;)

  4. « Tout en bienveillance et dans l’écoute car justement on n’est pas dans le suivi médical »
    Je ne doute hélas pas que le suivi médical ne soit pas toujours bienveillant et à l’écoute. De là à les opposer… Comme sage-femme, je peux faire et fais absolument tout ce qui est listé dans l’article sauf la garde de l’aîné ! (et le massage mais certaines sages-femmes sont formées en massage) Le soutien, l’accompagnement, l’information éclairée, les réponses aux questions des pères, les conseils pour les aînés, l’allaitement… tout cela et bien plus encore fait partie de notre travail. Le contrat n’est pas signé entre la femme et nous mais entre la sécu et nous avec la femme comme bénéficiaire.
    J’aimerais lire de la part des doulas des réponses précises sur ce qu’elles font et que les sages-femmes ne font pas. Parce que cette affirmation répétée qu’une doula ne remplace pas le travail des sages-femmes me renvoie à une place de technicienne, gérant examens médicaux, lecture d’analyses et prescriptions médicamenteuses. Pourtant, ce n’est pas le métier que j’ai choisi, ce n’est pas non plus le métier que j’exerce au quotidien. Si ces actes font partie de mon travail, je ne me retrouve pas dans cette vision limitée de notre exercice.

    PS si quelqu’un dispose de l’étude citée, j’aimerais la lire

    • Bonjour! (wouahou! 10lunes qui commente mon article! *mode groupie off* ^^)

      Je comprends bien vos réserves. c’est vrai qu’on a du mal à voir ce qu’apporte en + un suivi doula. Ce que j’ai découvert en faisant des recherches suite aux commentaires, c’est le manque de cadre légal autour de cette profession apparemment.
      Je n’ai pas la sensation que j’acheterais du lien social (pas + qu’avec une sage-femme) si je choisissais de faire un suivi doula pour ma prochaine grossesse. Mais j’aurai probablement moins « peur » de poser certaines questions à une doula qu’à une sage-femme, même si elle est très bienveillante et à l’écoute. Peur (mal placée?) de la déranger pour pas grand chose probablement.

      Après, je pense, comme je le disais à Mme Déjantée, que c’est surtout une question de feeling et de circonstances. Certaines femmes seront attirées par un suivi doula, d’autre pas du tout. Je vais demander à Vermicel si elle peut répondre sur le coté complémentaire puisqu’elle a eu, justement, un suivi global avec une sage-femme pour la grossesse où elle a aussi pris un suivi doula.

      Alors je crois que j’ai trouvé l’étude en question sur Pubmed :
      http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18507579

      Je ne suis pas spécialisée là dedans donc bien incapable de commenter les conditions de cette étude prospectives avec juste l’abstract. (si j’ai le temps et le courage, j’irai lire l’étude dans sa totalité et je reviens le commenter pour les VI.)

      Je me pose une question : est ce qu’une sage-femme, dans le cadre d’un suivi global de grossesse, peut faire des recherches de documentation pour les futurs parents? En a-t-elle ne serait-ce que le temps matériel?
      (je demande parce que les doulas font ça à priori, et que j’aurai jamais pensé à demander une chose pareille à une sage-femme.)

    • Je ne sais pas si c’est vraiment possible de s’en rendre compte lorsqu’on ausculte des corps toute la journée : même en mettant la pudeur de côté, le simple fait de se déshabiller créé une distance, une vulnérabilité qu’il n’y a pas avec une doula. On ne discute pas de la même façon sur le canapé avec une copine que les pâtes à l’air avec un doigt dans le vagin ! :)
      C’est une grande différence, aussi bien pour la mère que pour le père. Mon homme n’aurait pas été aussi à l’aise pour poser des questions pendant ou après un examen médical.

      En outre le simple fait d’être face à un membre du corps médical nous positionne en tant que patient. Une relation figée dans notre inconscient depuis la petite enfance. Alors que la relation avec une doula est inédite : on est dans la recherche, dans l’attente, donc on peut beaucoup plus facilement avoir une certaine liberté d’opinion, un esprit critique face à quelqu’un qui revendique juste une formation et pas des années d’études. C’est beaucoup plus facile de débattre avec une doula (voir de l’envoyer bouler) que de quémander son dossier médical quand on veut changer de crèmerie…

      Enfin, mais c’est peut-être moi qui ait un a priori, je n’imagine pas une sage-femme se mettre à quatre pattes chez moi, chercher la meilleur position sur mon canapé pour soulager des contractions, se suspendre avec mon écharpe de portage aux épaules de mon homme, mimer différents mouvements pour qu’il puisse faire des essais (autant qu’il se loupe et lâche la doula que moi avec mon gros bidon et les kilos qui vont avec !), puis lui demander de se mettre à la place de la parturiente pour lui faire explorer que « comme ça, tu sens bien que tu soulages tels muscles, alors que comme ça pas du tout »…
      Il y a aussi tout ce qu’on n’aurait jamais pensé à demander, tels les conseils sur comment supporter le trajet en voiture pour aller à la maternité quand on envisage de partir au tout dernier moment… et comment « gérer » les sages-femmes une fois arrivés, pour réussir à accoucher comme on le souhaite (or problème médical, évidemment). Par exemple penser à planquer la nourriture et l’eau (strictement interdit dans la salle d’accouchement, comme s’il ne fallait pas s’hydrater et manger en plein effort physique !!!) > dans le sac de monsieur, ni vu ni connu ! :)
      Car malheureusement, il faut parfois « s’imposer », même avec un mot du gynéco qui soutient le projet de naissance. La blouse fendue : no way, le monito en continu : idem, OK pour le cathéter mais la perf certainement pas, pas de TV, et la position, c’est mon corps qui me la dictera le moment venu… Ce n’est pas dans les habitudes (et dans la formation) de toute les sage-femmes, malheureusement.
      C’est mon homme qui s’occupait de tout ça, et il vaut mieux être bien briefé avant ! Sa mission était claire : protéger ma bulle. Je ne me laissais guider que par lui, parce que je savais qu’il faisait le filtre (tant qu’il n’y avait pas de danger médical, il s’interposait pour limiter les interventions, éteindre la lumière, demander à parler doucement, etc).

      Et il y a toutes les pistes qui n’ont rien d’allopathique : visualisation, recette de thés, actions des huiles essentielles… Je ne me souviens plus de tout, et je n’ai pris que ce qui m’intéressait, mais il y en avait pour tous les goûts !

      J’envisage un suivi par une SF pour un AAD pour le 3e (si j’en trouve une !), et je n’ai eu qu’une entrevue et pas un suivi complet par une doula ; je me rendrai peut-être compte qu’il y a des redondances. Mais d’après mon vécu, j’ai vraiment l’impression qu’il y a une complémentarité.

      Pour répondre à Mme Déjantée, je n’y vois pas du tout le remplacement d’une relation humaine par une relation commerciale. Ma mère était présente pour garder l’aînée la semaine où j’ai accouché de la cadette, elle n’aurait pas pu me donner tous ces conseils. Elle a accouché elle-même à une autre époque ; la transmission transgénérationnelle ne fonctionne plus quand on ne vit pas dans le même « monde ». Et la doula m’a donné pleins d’astuces que je n’aurai pas pensé à demander, et que ma mère n’aurait pas eu l’idée de me donner (30 ans après son dernier accouchement, forcément, elle n’est plus dans le jus !).

      En outre, je trouve tout à fait logique que le travail des doulas se qualifie et se « quantifie » par une diminution des actes médicaux invasifs. Parce qu’elles permettent de se ré-approprier l’accouchement. De faire prendre conscience que notre corps sait accoucher. La présence médicale est nécessaire car il peut toujours y avoir un problème, mais absolument pas indispensable quand tout se passe normalement.
      Or dès qu’on se sent libre et responsable de son accouchement, qu’on se prend en main, c’est plus facile d’être à l’écoute de soit-même. Par exemple, on s’autorise à prendre les positions qui font progresser le bébé même si elles peuvent paraître un peu bizarres.

      • Je comprends ce que tu veux dire et je suis assez d’accord pour dire que la relation entre un patient et un médecin n’est pas « égalitaire », pour la relation avec une sage-femme, je ne sais pas trop car je n’ai pas encore de suivi avec une sage-femme. J’imagine qu’on est quand même plus à l’aise qu’avec un gynéco (souvent très dirigiste) mais ça dépend surtout de la sage-femme et de la femme suivie. ;)

        Après, je ne pense pas qu’il faut considérer la doula comme une copine, sinon, on arrive dans ce que dis Mme Déjantée, à savoir remplacer un lien social par un lien commercial. (ce qui ne signifie pas qu’on ne peut pas avoir une relation forte avec sa doula, juste, c’est pas une copine quand elle est dans son rôle de doula.)

  5. Merci pour l’étude !! Si je lis bien l’abstract, ce qui est mis en évidence c’est l’intérêt du soutien pendant le travail. Ce soutien devrait aussi être du ressort des sages-femmes, pour peu qu’on leur en donne les moyens (« une femme :une sage-femme » avons nous scandé lors des manifs de 2011).
    Quant à la recherche de documentation, je ne sais pas vraiment à quoi tu penses. Nous avons en général de la doc à disposition, mais aussi des références sur le net, des bouquins, des revues pro. ne serait ce que parce que nous en avons nous aussi besoin pour étayer notre pratique.

    Pour finir, je sais que ma position est batarde. C’est aux femmes de décider de ce qui leur est utile et si l’accompagnement d’une doula en fait partie.. Je sens bien qu’il y a une articulation possible mais elle n’est pas tout à fait ce qu’énoncent actuellement les doulas.

    • Oui, ils mettent en avant le soutien, qui peut être fait par une sage-femme mais tout le monde n’a pas accès à un suivi global pendant sa grossesse. (et tout le monde n’a pas accès à une doula non plus d’ailleurs. ;) )
      Disons que pour avoir un suivi 1femme-1 sage-femme (je suis à fond pour), ben faudrait déjà augmenter le nombre de sage-femme et leur rémunération. Car dans ce cas, il me semble évident qu’elles ne pourront pas prendre en charge autant de femme. (ça me semble logique en tout cas.)

      Là, le principal problème que je vois dans le statut de sage-femme, c’est le manque de « cadre ». Comme le métier n’est pas reconnu, « n’importe qui » peut se déclarer doula, il n’y a pas de contrôle. Il n’y a pas non plus de contrôle des formation et des modalités d’évaluations avant remise du diplôme puisque celui ci n’est pas reconnu.
      Du coup, il faut bien faire attention à demander quelle formation a suivi la doula etc (et être conscient du fait que c’est une profession « non encadrée ») lorsque l’on rencontre sa doula potentielle.
      Je pense que c’est aussi pour ça que le métier de doula est aussi nébuleux dans l’esprit des gens.

      Pour la recherche de doc, je demandais parce que Vermicel m’a dis qu’une des choses que Caro avait fait pour elle, c’est lui trouver des livres/articles sur certains sujets comme par exemple, aider l’aînée à comprendre, réaliser et accepter ce chamboulement de son univers qu’est l’arrivée d’un bébé dans la famille. Et ce n’est pas le genre de chose que j’aurai pensé à demander à une sage-femme. (pour des questions comme l’allaitement, les positions d’accouchement, j’y aurai pensé. Mais des sujets comme le portage, la relation entre le nouveau-né et l’ainé, prendre ses marques par rapport à ses propres parents etc… je les aurai plus aborder avec une doula qu’avec une sage femme.)

  6. Bonjour,
    Il y a une méta analyse de 2007 sur l’accompagnement qui dans l’analyse des « sous groupes » précise que quand le soutien provient d’une personne qui n’est pas de l’équipe médicale il est encore plus efficace. Cette étude est disponible ici:
    Continuous support for women during childbirth
    http://summaries.cochrane.org/CD003766/continuous-support-for-women-during-childbirth
    Voilà ce qu’on peut dire concernant la différence entre SF et doulas.

    Mais je crois personnellement que l’essentiel est que les parents se sentent bien soutenus, écoutés dans leurs besoins.

  7. Pingback: Un seul interlocuteur ou… plusieurs ? [Mini-débriefing] | Les Vendredis Intellos

  8. Bonjour!
    Merci pour cet article interressant.
    Je suis une jeune sage-femme et vraiment j’ai beaucoup de mal avec le développement de ce « métier » de doula.
    Je ne veux en aucun cas être agressive dans ce message, ni dénigrer qui que soit. Je ne doute pas des bons sentiments des doulas et je comprend le besoin de certaines femmes d’y avoir recours. Mais je pense que ce besoin serait en grande partie comblé par la possibilité pour ces femmes d’avoir accès à un suivi global par une sage-femme leur correspondant, proposant des consultations de plus de 20min, des séances de préparation à la naissance et à la parentalité en groupe restreint (voir individuel) favorisant le dialogue, les échanges entre futurs parents, les questions diverses et variées. De nombreuses sages-femmes libérales proposent ce genre de suivi mais le système de soins actuel ne le valorise pas et ne l’encourage pas assez malheureusement.
    Les maisons de naissance pourraient combler, je pense, beaucoup de femmes recherchant ce supplément dans l’accompagnement.
    J’ai eu la chance de faire un stage dans une maison de naissance en suisse et la différence avec le l’hôpital ou le cabinet médical est radicale: les parents se retrouvent dans un lieu intime, sécurisant, convivial, favorisant un lien privilégié avec la sage-femme. Les parents se sentaient libres de poser toutes sortes de questions à la sage-femme, très à l’écoute. Dans cette maison de naissance une bibliothèque est à disposition des parents qui peuvent ainsi emprunter des livres sur la maternité/paternité/naissance/allaitement… Une association de parents a permis sa création et continue d’exister et permet ainsi aux parents de se retrouver pour échanger, poser des questions, se soutenir, se conseiller…

    Alors je comprend tout à fait que certaines femmes aient besoin d’une doula mais à mon sens cela ne devrait pas être un « métier » donnant lieu à une rémunération mais peut être s’organiser sous la forme d’associations de parents, et basé sur le principe du bénévolat.

    Et surtout pour répondre à certains commentaires j’ai envie de dire que les sages-femmes sont toutes différentes, et exercent leur métier de la façon qui leur ressemble, faites marcher le bouche à oreille pour trouver celle qui vous correspondra, mais n’hésitez jamais à leur poser les questions importantes pour vous.
    Et bien sur que si une sage-femme peut se mettre à quatre pattes pour montrer une position, vous montrer comment vous suspendre à votre mari, faire une démonstration de l’utilisation de l’écharpe de portage, et encore bien d’autres choses!

    • Merci pour ce commentaire qui m’informe un peu plus de ce que fait une sage-femme.

      Dans l’absolu, je suis pour le libre-choix des femmes. Après, c’est évident que si il y avait plus de possibilité de suivi global de grossesse par des seges-femmes, que l’on mettait en place des maisons de naissances, si toutes les maternités avaient des salles de naissances ‘nature » (et surtout écoutaient et respectaient les demandes des femmes. Tant qu’on reste dans le raisonnable bien sûr.) Si on augmentait les moyens humains pour entourer les femmes enceintes et leurs proches (n’oublions pas les futurs papas. ;) ), si toutes ces conditions étaient réunies, oui, il y aurait moins de demande de suivi Doula, probablement.
      Mais il y en aurait peut être quand même. Parce que chaque femme est différentes, que certaines pourraient préférer un suivi pas un gynéco-obst + suivi doula en parallèle, ou ressentiront le besoin de compléter, même un suivi global, par un suivi doula.
      Bref, pour des tas de raisons, propres à chacune, je pense qu’il peut quand même y avoir une demande. Et dans ce cas, je trouve ça bien qu’on puisse y répondre.

      En l’occurrence, on est toujours loin du « une femme, une sage-femme », on n’est pas encore près de voir des maisons de naissances en France etc. Les doulas peuvent donc être un réel plus pour un certains nombres de femmes.

      Ce que je déplore, c’est le manque d’encadrement de la formation doula (si j’ai bien compris) qui rend opaque les compétences et le rôle d’une doula.

      Cependant, faut rester lucide et raisonnable, le « phénomène » doula n’est pas encore très répandu en France. La majorité des gens ne connaissent pas du tout je pense.

      • Je ne suis pas l’avocate des doulas, mais sur le principe de « tout travail mérite salaire », s’il y a une formation, et surtout dans le cadre d’un entretien et d’un suivi personnalisé, ça ne me choque pas de contribuer.
        A contrario avec les réunions LLL, par exemple, basé sur le bénévolat, l’échange d’informations. Et encore, je suis toujours prête à soutenir les bénévoles, même financièrement (dans la limite de mes modestes moyens).
        Je suis bénévoles moi-même dans un autre registre, et j’apprécierai un peu plus de reconnaissance, même financière ; car tout engagement implique des frais, même si on ne s’engage pas pour la reconnaissance en question mais par conviction.

        Il n’en reste pas moins qu’une sage-femme examine un endroit particulier du corps, et fait partie du secteur médical, ce qui instaure dès le départ une relation particulière. Ce que vous devez vivre en tant que femme (or pratique de votre métier), non ? Ou suis-je la seule (pourtant pas pudique du tout, et de caractère à discuter de tout, même/surtout d’un avis médical), à ressentir une différence de positionnement « inné » vis à vis d’un médecin (encore plus d’un gynéco ou d’une sage-femme qui m’a examinée) que je n’ai pas avec une personne « lambda » ? C’est probablement le pourquoi du résultat de l’étude du commentaire de Caroline.

        Une maison de naissance, une femme pour une sage-femme, j’en rêve… Un jour peut-être…
        Plus il y aura de sage-femmes libérales, plus on pourra trouver celle qui correspondra à nos attentes. Après ma première séance de rééducation périnéale, j’ai remis ma cadette dans mon dos… vu la tête de la sage-femme, elle aurait difficilement pu me conseiller en portage ! :)

        Je ne vois pas de « concurrence directe » sage-femme/doula, même s’il peut y avoir parfois des redondances.

        Ceci dit, j’ai réalise que ce que j’attendais réellement d’une doula, outre la partie briefing sur l’accouchement physiologique (que j’aurai peut-être pu trouver chez une sf), c’est l’échange avec une femme de ma génération, dans le même « bain » que moi (enfants en bas-âge), avec les mêmes questions relatives au maternage.
        En ce sens, si j’avais eu le soutien d’amies dans ce cas + si j’avais trouvé une sf sur la même longueur d’onde + si mon homme avait bénéficié lui aussi d’échanges avec de jeunes pères pour gérer l’accouchement…, peut-être que je n’aurai pas fait appel à une doula, et que j’ai « remplacé une relation humaine par un lien commercial ». Mais ça fait beaucoup de « si », quand même…

        • Oui, tout à fait. Moi, j’ai envie d’ajouter qu’il y a des sujets que je n’aborderai pas facilement avec des copines (pudeur ou pas envie de les embêter selon les cas), sujets que j’aborderai plus facilement avec une doula, personne plus neutre (enfin, je pense…). Évidemment, certains de ces sujets peuvent tout à fait être abordés avec une sf. (à condition que le « courant passe », comme toujours. ;) )

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