L’analgésie péridurale : peut-on s’en passer ?

Depuis fort, fort longtemps c’est à dire d’aussi longtemps que j’ai envi d’être enceinte ( autant dire depuis toujours), je sais que je veux me passer de la péridurale pour mes accouchements.

J’ai quasiment réussi pour le premier.

Pourtant, en en parlant autour de moi, il est arrivé que l’on me traite de « folle » ( véridique). Très peu de femmes comprennent cette volonté, je peux les compter sur les doigts d’une main autour de moi.

Et, j’ai longtemps eu du mal à expliquer ce choix qui se situait plutôt au niveau du ressentit.

Et puis, j’ai compris.

J’ai compris que je voulais être actrice de mon accouchement et non pas « être accouchée« .

La péridurale implique, en effet, une certaine passivité au moment de l’accouchement : l’anesthésiste arrive, il te pique, tu ne sens plus grand chose, et puis on te dit de pousser, tu ne sens toujours rien alors tu obtempère. Le bébé sort comme ça, sans que tu n’ais rien senti, comme si la cygogne l’avait déposé entre tes jambes.

Bizarrement la douleur de l’accouchement ne m’a jamais fait vraiment peur.Même aujourd’hui, après un premier accouchement long et douloureux, je ne souhaite pas, autant que possible, avoir recours à l’analgésie péridurale.

Or, Maïtie TRELAUN dans son ouvrage « J’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur« , nous explique que « La majeure partie du temps la demande correspondra à une peur. Peur de se confronter à une épreuve, peur de ne pas y arriver, peur de craquer et de lâcher l’aspect « socialement correct », peur de mourir, peur de se perdre, peur de devenir folle, peur de crier, peur de devenir maman, peur de rencontrer son bébé... ».

Ce n’est pas que je sois plus courageuse qu’une autre ( certainement pas) mais j’assimile la douleur de l’enfantement à un évènement heureux, à une issue positive. Peut-être est-ce la raison pour laquelle cette douleur ne m’effraie pas.

« Bien souvent, l’analgésie péridurale est demandée en tout début de travail parce que la femme a peur de l’inconnu de l’accouchement, de la douleur, ou parce qu’elle ne voit pas l’intérêt de la vivre. Je me rends compte qu’au cours de mes séances de préparation à la naissance, les réponses apportées à leurs questions ou simplement le fait d’impulser une réflexion leur donne envie de tenter de vivre pleinement cette aventure. Elles sont alors demandeuses d’outils concrets qui peuvent les aider. Je ne peux que constater qu’une majorité d’entre elles parvient à mettre au monde leur bébé sans aide médicamenteuse. Elles en sont remplies de joie et de fierté« .

Il semblerait donc que les futures mères aient plus besoin d’écoute, d’être rassurée que de recours à l’analgésie. Or, c’est vrai qu’il est difficile, de trouver une oreille professionnelle attentive à ces questions :

Soit parce que l’on est suivie par un médecin obstétricien  qui souvent n’a pas le temps d’aborder des questions autre que purement médicales ( ou n’a pas de réponse à apporter à ces questions).

Soit parce que, même si l’on s’adresse à une Sage-femme, elle n’a pas été formée aux alternatives à la péridurale.

Je me souviens de la surprise des Sages-Femmes de l’hôpital où j’ai fait ma première préparation à l’accouchement ( tout ce qu’il y a de plus classique !), lorsque j’ai affirmé que j’envisageais de me passer de produit anesthésiant : surprises, étonnées mais également admiratives. Cette option n’était donc vraiment pas fréquente.

Pourquoi ?

Communique-t-on assez sur les alternatives à la péridurale ? Rassure-t-on les femmes sur leur capacité à accoucher sans ?

Pas suffisamment ( voire pas du tout) à mon goût…

Vous pouvez me retrouver sur mon blog perso à l’adresse suivante : lesbebous.over-blog.com

A très vite !

Sandy les bébous

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42 réflexions sur “L’analgésie péridurale : peut-on s’en passer ?

  1. Il y a un troisième problème à soulever (en plus de l’information données aux mères et de la formation que reçoivent ou pas les sages femmes) qui est la disponibilité du personnel soignant lors de l’accouchement (avec en corollaire le salaire, le temps de travail, les coupes de budget et j’en passe : bref, c’est au niveau de la santé publique qu’il s’agirait de se plaindre).

    S’il y a en France autant de péridurales, c’est parce que d’une part les femmes ne désirent pas plus que ça avoir « gratuitement » mal, mais aussi parce qu’il est plus simple pour les équipes médicale de gérer des femmes sans douleur car elles demandent moins d’attention et de soins.

    Ton avis sur la passivité et l’absence de douleur que semblent entrainer systématiquement la péridurale me gêne un peu : tout n’est pas blanc ou noir.

    Il y a des péridurales qui fonctionnent mal parce qu’elles sont trop dosées (et on ne sent plus rien du tout), d’autre où l’on t’oublie plusieurs heures quand la pompe est vide (et là tu sent toute la douleur sans y avoir été préparée, et cloué au lit sans pouvoir la « travailler »), ou qui sont latérales (un seul côté est anesthésié).
    Il y a aussi des péridurales très bien dosées, qui rendent la douleur supportable et pourtant très présente, qui te permettent de parfaitement sentir tout ce qui se passe lors du travail et de l’expulsion, et qui te permettent, avec la bonne équipe, d’être actrice de ton accouchement.

    • Absolument d’accord avec Carpediem ! ;-)
      Péridurale ne signifie pas paralysie et abandon total. On peut très bien ne pas vouloir souffrir ET participer activement à son accouchement, c’est-à-dire déambuler si on le souhaite, pousser quand on en a envie, ressentir millimètre par millimètre l’expulsion (et même arrêter de pousser à ce moment-là pour épargner son périnée…)
      En tout cas, moi, c’est comme cela que c’est ça s’est passé pour mes deux accouchements et c’est exactement ce que je voulais !

      Mais le problème c’est que peu de femmes savent qu’il existe pas une mais DES péridurales, très différentes les unes des autres en fonction des dosages et des produits utilisés. C’est ce que j’avais essayer d’expliquer ici sur les VI :
      https://lesvendredisintellos.com/2012/06/01/pas-une-mais-des-peridurales/

  2. Et surtout les SF sont-elles assez nombreuses pour accompagner les mamans dans leur travail ? pas du tout :(

    Alors vive les accouchements sans péri ;) Perso j’ai retenu : c’est une douloureux mais pas insurmontable et tellement plaisant à vivre … Je re-signe sans soucis :)

    nb : la préparation à l’accouchement y fait bcp aussi. Nous avons fait de l’haptonomie et vraiment c’est le couple qui accueille son enfant. On était dans cet optique, dans l’idée du travail à 3 et pas juste « résister » à la douleur … Accompagner, bébé, maman, papa … tout le monde :)

    Merci pour ton article ;)

  3. Je suis d’accord avec carpediem sur ton manichéisme quand tu parles de l’effet de la péridurale. Tu parles en effet des anciennes péridurales, ou alors de celles qui ne sont pas idéalement dosées soit par excès médical, soit par excès de réceptivité de la patiente (on ne peut pas prévoir qui réagira comment). Une péridurale idéale est celle qui diminue ta douleur, voire coupe le message douloureux, sans te couper les sensations. Tu peux être très active avec une péridurale !

    Ensuite, autre chose me choque dans ton argumentaire. On traite de « folle » celles qui veulent accoucher sans péridurale, possible, quoique j’en ai parlé autour de moi (c’est également mon souhait) et que je ne l’ai pas entendu, mais avec un accent admiratif dans la voix. Dans ton article (déformation professionnelle, en préparation de thèse, je suis à fond dans l’analyse sémantique entre autre), j’ai relevé plusieurs éléments signant cette admiration. La capacité à accoucher sans péridurale, les femmes y arrivent, remplies de joie et de fierté, et même se passer de péridurale… Toutes ces expressions signifient-elles que les femmes qui ont recours à la péri sont moins courageuses, moins admirables, ont moins le droit d’être fières d’elles d’avoir mis au monde leur bébé ?

    Consciemment, je doute que ce soit ce que tu veux dire. Mais dans l’inconscient collectif, qu’en est-il ?

    À quelques jours (avant) de mon accouchement, ayant la volonté d’accoucher sans péridurale pour le premier, pour savoir ce que ça fait, je me rends compte que moi aussi, je serais fière d’y arriver… Et je pose fréquemment cette question à mon homme, de savoir s’il sera quand même fier de moi si je pleure, si j’ai mal, si je réclame une péridurale (j’ai fait le RDV avec l’anesthésiste, et conclu un accord : si je le demande, je peux avoir le cathé de péridural, sans dose de fond, avec seulement des bolus, ce qui me permettra de n’avoir que la dose de produit que je juge nécessaire, tout en restant mobile et en gardant toutes mes sensations si je n’ai pas la main trop lourde… ;) ), ou pire, si je n’arrive pas à pousser correctement, si j’ai besoin de ventouse, de forceps, ou même d’une césarienne… Même médecin, je suis poussée par l’inconscient collectif des maternantes, qui veut que les technologies aidant les femmes à accoucher les infantilise.

    Et je tiens à faire part à toutes de la réponse de mon mari, pour celles qui comme moi, ont peur de ne pas être « à la hauteur » de ce que cet inconscient collectif nous demande : il m’a dit que j’avais porté son fils pendant neuf mois, que j’avais géré les nausées, les sautes d’humeur, la lourdeur de mon ventre, les douleurs de mon dos et de mon bassin, tout ça sans devenir la folle possédée qu’il s’imaginait, que j’allais lui donner un fils, que j’allais fabriquer un être humain. Et que l’accouchement n’était pas capable de modifier la fierté, l’admiration qu’il me portait. Il m’a même dit que si j’accouchait sans péridurale, après un long travail à supporter la douleur comme une chef, que je poussais idéalement et que tout se passait super bien, il n’était pas sûr de réussir à m’admirer plus que maintenant, parce qu’il m’admire déjà tellement…
    Et même si vos hommes ne vous le disent pas avec ces mots là, les filles, c’est pourtant vrai, et ils le ressentent, et il faut que vous le ressentiez pour vous-même aussi. C’est tellement important ! Péridurale ou pas.
    (je me suis un peu étendue, un peu sortie du sujet, mais pas tant que ça, je pense, c’est un peu la même chose pour l’allaitement maternel, quelque part)

    Par ailleurs, parlez-en bien à chacun de vos RDV, on voit des professionnels de santé différents pour un suivi de grossesse, et à des moments différents. Il y en aura bien qui seront capables ou auront le temps de vous écouter à ce propos, dans tous vos RDV… ;) Mon anesthésiste a été extra, même s’il m’a poussé à prendre la péri (pour une question de sûreté : peu de risques que ça se passe mal, mais si jamais, quand t’as pas de cathé péri, tu dois être sous AG, alors que si t’as déjà le cathé, on peut se contenter d’une rachianesthésie, et du coup c’est beaucoup moins risqué et beaucoup moins lours pour toi après), on est parvenu à beaucoup en parler, et à trouver un arrangement qui me convient très bien (j’en ai parlé plus haut).

    • Je trouve au contraire que c’est l’information concernant l’analgésie lors de l’accouchement qui est manichéenne, parcellaire et orientée.
      En effet, le processus induit par l’analgésie est avant tout là pour faciliter l’organisation : on pique à H-x, on perce la poche des eaux à H-y, on met une perf d’ocytocine à H-z… et on sait à quelle heure réveiller l’anesthésiste et le gynéco. Que la patiente de la salle 1 accouchera juste après celle de la salle 3, ça tombe bien, les chambres qui vont avec se libèrent au bon moment…
      C’est plus simple aussi pour l’ergonomie du gynéco : assis à bonne hauteur, éclairage au top pour recevoir le nouveau-né. Et pour couper. Et pour recoudre.
      C’est évident qu’on est loin de l’objectif une femme = une sage-femme, il faut bien gérer le manque d’effectif.
      On oublie « juste » la parturiente et le bébé dans l’histoire.

      Accoucher sans péri, c’est pas une fierté en soit, c’est plutôt la « norme » au regard du nombre d’accouchements sur la planète ! Un anesthésiste m’avait dit qu’on était à peu près à 80/20 : seule 20% des femmes dans le monde ont une analgésie. S’il y a forcément une « victoire » personnelle à l’échelle de l’individu (comme réussir à se mettre debout pour un bébé), il n’y a pour autant pas vraiment de quoi se vanter.

      Du coup, je te rejoins sur le parallèle avec l’allaitement et je comparerais avec l’étiquetage : pour faire un choix, pour être réellement libre, il faut savoir que la tablette de chocolat contient x% de sucre, et x% d’huile de palme. Mais si on en a envie, on a le droit, en connaissance de cause, et donc on peut assumer sans culpabiliser.

      Dans l’information, il manque surtout la physiologie de l’accouchement.
      Une fois endormie, on pousse quand le gynéco est là, et pas au bon moment pour le bébé et la mère.
      On pousse mal car très mauvaise position (celle du » poulet de Bresse » est la pire pour une voie basse), en bloquant la respiration et en contractant tout les muscles… Complètement idiot : pour démouler un cake dans un moule souple, vous l’écrasez ou vous l’étirez ? Merci le prolapsus 30 ans plus tard.*
      Donc il y a plus d’interventions (forcément, le bébé a plus de mal à passer), donc des suites plus difficiles.

      Dans l’information, il manque aussi les effets indésirables : tout le monde ne réagit pas de la même façon, mais pour toutes il y a au moins des conséquences sur la mobilité et la digestion les heures qui suivent.

      Et dans l’information, il manque un discours déstressant concernant la douleur. Est-ce qu’on demande à un grand sportif s’il souffre ? Vu la tête des grimpeurs du tour de France, les cris des tennismen, ça ne doit pas être une partie de plaisir !
      La douleur des contractions impose de bouger, beaucoup, de trouver la position qui soulage… et donc celle qui va favoriser la progression du bébé. Quand on est libre de ses mouvements, quand on peut s’appuyer sur son compagnon ou s’étirer et qu’il fasse contrepoids, quand on est en confiance dans une ambiance calme et une lumière tamisée, et qu’on peut entrer dans sa bulle, lâcher prise, débrancher sa raison et n’être plus qu’un corps… Quelle expérience sensationnelle ! Douleur n’est pas forcément souffrance.

      Ceci dit, se passer de péri mais tomber sur une équipe qui oblige à rester sans bouger sur le dos, c’est juste de la torture ! Il y a un véritable manque de formation. Ainsi, les TV (touchés vaginaux) ne sont absolument pas indispensables, ni pendant le suivi, ni pendant l’accouchement… et encore moins lors de la visite annuelle chez gynéco pour renouveler sa contraception, c’est même parfaitement interdit dans d’autres pays et considéré comme du harcèlement !

      • Pour avoir suivi des accouchements (en tant qu’étudiante, ce n’était pas moi qui les suivais, mais je suivais le suivi, si vous préférez) avec et sans péridurale, je peux vous affirmer qu’on ne sait pas plus prévoir le déroulement avec ou sans ! Ni de savoir quand on pique (en général vers 3 cm, parce qu’avant on ne sait pas si le travail ne va pas tout simplement s’arrêter, et que la demande se fait par là… Mais si c’est après, c’est après. Ca se fait peu après 8 cm, parce qu’on n’est pas sûr d’avoir le temps qu’elle agisse, c’est donc fonction de l’anesthésiste et de la patiente), ni quand on perce la poche des eaux (pratique absolument pas nécessaire, on ne le fait que quand on remarque une stagnation du travail, ou que le bébé ne descend pas, si la poche ne s’est pas rompue d’elle-même, ça permet de relancer la machine et donc d’éviter un travail trop long qui épuise maman et bébé), ni quand on réveille l’anesthésiste (à la demande de la patiente, quand on va lui demander la péridurale), ni quand le gynéco arrive (il n’arrive d’ailleurs pas systématiquement, seulement si ça ne se passe pas bien ou s’il y a une relation de patiente privée, dans ce cas c’est le gynéco qui l’accouche). une patiente qui a eu une péri posée avant une seconde n’accouchera pas forcément avant celle-ci, ce serait bien facile, mais ça ne se passe pas du tout du tout comme ça !
        Et encore une fois, la péri réussie permet à la patiente de pousser quand elle ressent le besoin, de ressentir le tout, et d’accoucher dans la position qui lui chante. Le seul souci dans les positions c’est que les sages-femmes ne sont pas toutes formées à toutes les positions, le matériel n’est pas toujours adéquat (tout ceci reste à changer, je vous l’accorde, mais il faut du temps) et qu’on pourrait préférer accoucher dans une position moins « à l’aise » et dans laquelle la sage-femme va savoir réceptionner le bébé, le tourner si une épaule coince… plutôt que dans la position qui nous convient avec une sage-femme paumée. (en attendant que celle-ci se forme).

        Quant au discours sur la douleur, je vous rejoins entièrement. Je le sers d’ailleurs à pas mal de monde en ce moment (je pense que je le dis d’ailleurs plus pour me l’entendre répéter, à quelques jours de mon accouchement, que pour vraiment informer, mais c’est une autre histoire ;) ), que je préfère avoir beaucoup mal avec du sens, qu’avoir une petite rage de dent qui ne sert à rien, le sens étant ce qui permet de se dépasser…

        • Rassure-toi: l’accouchement c’est bien moins douloureux qu’une rage de dents!! ;) (en vrai, je n’ai jamais eu de rage de dents donc je ne peux pas dire mais je me suis déjà fracturé le péroné et là, je t’assure qu’il n’y a pas photo!!)

          • Bin ça dépend des femmes et des accouchements je dirais! Moi j’ai eu bien plus mal en accouchant que quand je me suis explosé le genou au ski par exemple (plus longtemps surtout!!), et pourtant j’avais bien potassé mon Maïté et mon Chantal, hum -> déception!

            • Tu pouvais bouger pendant les contractions ? Parce que supporter sans pouvoir changer de position, ou pire en restant allongée sur le dos, c’est franchement pénible.
              Alors que tant qu’on peut danser la gigue, sauter sur le ballon, se suspendre, monter/descendre les escaliers, c’est tout à fait supportable, voir même pas si désagréable. J’imagine qu’entrer en transe doit faire le même type d’effet ; n’être plus qu’un corps…
              Mais il faut que le contexte se prête au lâcher prise et être totalement libre de ses mouvements jusqu’à l’expulsion !

              • Oui tout bien, j’avais beaucoup lu, j’y allais sereine persuadée que la douleur était supportable si on avait pas peur, je ne voulais pas de péri si possible, je pouvais bouger librement, et j’avais une sage-femme juste pour moi (enfin, 4 sages-femmes vu que l’accouchement s’est prolongé sur 4 shifts de 8 heures) avec qui nous avons essayé de trouver des positions analgésiques – c’est comme ça en Angleterre où on rechigne à faire des péridurales (trop cher).

                Mais parfois, ça se passe mal quand même…

                Là, la poche des eaux s’était rompue donc la douleur a été très soudaine, continue et insupportable d’entrée de jeu, c’était un accouchement par le dos, et pendant 12 heures, aussi violentes que pouvaient être les contractions, le travail n’a pas avancé. A ce stade j’ai fini par avoir de la morphine (pas de péridurale permise avant une dilataion à 4), le contraire de ce que j’avais souhaité à froid (pas bon du tout pour le bébé apparemment!) mais vraiment je n’en pouvais plus.
                Ce qui était dur, c’est de n’avoir aucun espoir d’amélioration, aucune avancée. Si au bout de 12 heures, on m’avait dit que j’étais à 6, j’aurais peut-être trouvé le courage de continuer (et encore pas sûr, c’était vraiment dur), mais là, non.

                Ceci dit, ça s’est terminé avec les forceps et je pense sincèrement que j’y aurais laissé ma peau il y a quelques années hein, je ne dis pas que c’est toujours aussi affreux.

                Mais je dis que moi, à force de lire toutes ces choses positives sur l’accouchement, bin j’étais absolument pas préparée à ça, d’où mon sentiment de déception (et limite d’avoir été arnaquée!).

                • Oui, c’est sûr que tu as eu la totale!!! Et puis si je me souviens bien du bouquin de Poitel que tu avais commenté, même en dehors d’un accouchement aussi long et pénible que ce que tu décris, il semblerait que les douleurs de l’accouchement soit « comparables à une opération chirurgicale à vif » pour environ 25% des parturientes. C’est donc bien de dire que c’est possible (et pas grave par chez nous puisqu’il existe des moyens de prendre en charge la douleur :-)) ) tout en ne restant pas majoritaire.

                  • Le sentiment d’avoir été arnaquée, je l’ai eu pour ma première, je vois très bien ce que tu veux dire (même si je n’ai pas du tout un vécu aussi douloureux que le tien).
                    Tu as eu un superbe accompagnement (ça fait rêver), chapeau d’avoir tenu si longtemps et de ne pas t’être entêtée : c’est sans aucun doute la catastrophe quand l’accouchement a été tellement mal vécu qu’il empêche un accueil serein du nouveau-né. Tout plutôt que casser le lien d’attachement !

                    Je te souhaite qu’un petit coup de pousse de la nature te permette de jouer une deuxième manche… :)

    • Merci à toutes pour vos commentaires très constructifs !

      Dans ma grande naïveté, je ne pensais pas que mon petit article susciterait autant de débats.

      Pour répondre à la critique ( constructive ) relative au côté « manichéen » de l’un des passage : J’ai sans doute un peu trop grossi le trait.
      Pourquoi ? Car c’est la raison pour laquelle une bonne partie des femmes de mon entourage souhaitent avoir recours l’analgésie lors de l’accouchement : lorsque j’en discute avec elles, elles ne souhaitent rien sentir. Et, elles ne souhaitent rien sentir pas parce qu’elles sont moins « courageuses » que moi, non, parce que dans leur imaginaire la douleur de l’accouchement est quelque chose d’atroce, une torture dont on peut se passer grâce à la péridurale ( dixit une de mes amies). J’ai donc sans doute été influencées dans mes écrits par cette vision un peu trop dure des choses.

      Oui, il y a des effets néfastes à la péridurale, ce n’est pas un geste anodin ( je voulais en parler dans un prochain article, mais vous avez presque fait le tour de la question dans vos commentaires : ce que vous êtes prolixe les filles !), on pourrait évoquer cette question durant des heures. Mais, ce que je souhaitais surtout évoquer dans cet article, c’est la mauvaise information des femmes au moment de la préparation à l’accouchement ( je n’ai pas assez insisté sur ce point) : ce serait vraiment bien si « dans le circuit classique » on pouvait leur préciser que la péridurale n’est pas inévitable, qu’elles ont le choix et que se passer de péridurale ne veut pas nécessairement dire qu’elles vont souffrir à outrance si tant est qu’on les oriente correctement ( par exemple sur les bonnes positions à adopter).
      Je ne suis ni une « anti » péridurale ni une « pro » tout naturel, je réclame simplement un droit à l’information pour que chaque personne, au moment d’accoucher, puisse faire un choix le plus éclairé possible.

      P.S.Docnmama : pour ce qui est de la rédaction de thèse, je sais ce que c’est, je suis en plein dedans !

      • Je suis une mauvaise élève, je n’ai suivi aucun des cours classiques proposés en France ou en Allemagne pour mes deux accouchements.
        Mais j’ai trouvé pour mon second accouchement des renseignements très complets dans le livre de Francine Chenelot « Se préparer à la naissance ».
        Dommage que je ne l’ai plus, un article à son sujet aurait été une bonne idée :)

        Tu as raison de dire qu’une femme devrait avoir toutes les options possibles, et c’est vrai que la péridurale étant la norme en France on élude probablement trop rapidement les autres alternatives (comme le gaz hilarant par exemple !).
        Pour accoucher mieux et sans péridurale, ou au moins avoir le choix de, il faudrait que la sage femme reste tout au long du travail aux côtés de la mère pour la guider, la conseiller, l’épauler. C’est ce qu’on voit lors des accouchement à domicile en France.
        C’est aussi comme ça que j’ai accouché à l’hôpital en Allemagne (alors que j’ai eu une péridurale au final).
        On en revient à des problèmes de sous : sous effectifs, manque de moyens.

  4. Pour ma part, j’ai eu un premier accouchement avec péridurale, mais suite difficile. Il faut savoir que c’est un médicament et que notre corps doit l’éliminer par la suite … pour moi mauvaise expérience car cela a duré 2 jours. Donc pour mon deuxième enfant j’appréhendais beaucoup, mais j’ai pas eu le choix, pas de péri, mon enfant est arrivé vite et là horreur c’est vrai ça fait vraiment mal !! mais miracle … juste quelques minutes ou quelques heures … 2h après l’accouchement j’étais en capacité de marcher, porter mon enfant, aller aux toilettes …
    Alors pour le troisième, quid d’une maternité pro-péridurale : 80% + 15% de césarienne. Au secours ! et finalement pour ma part je remercie de tout coeur le personnel soignant présent ce jour là : la sage-femme et l’aide soignante, elles m’ont aidé à surmonter la douleur, à en voir la fin rapide en continuant à aider mon enfant à sortir. J’ai vraiment accouché à mon troisième enfant, on ne m’a pas accouché !
    Quelle que soit la préparation (3 différentes, car dans 3 région différentes à chaque fois), avec ou sans le papa (il ne pouvait pas être là à chaque fois), le plus important se passe pour moi le jour J et la sage femme m’a affirmé signer de suite pour que tous les jours elle puisse aider des mamans comme moi, sans médicaments.
    Il me semble que l’on est pas assez rassuré avant ce jour J, non par des professionnels (j’étais horrifiée par l’aplomb des infirmiers anesthésistes lors de la réunion d’info à la maternité, qui affirmaient que s’ils accouchaient il prendraient la péri !!) mais par d’autres parents, les groupes de discussion se font rares (surtout en campagne où nous habitons).

    Merci pour l’article et le super travail des vendredis intellos.

  5. TAAAAC’est très juste ce que tu écris là.
    Je compte en parler bientôt sur mon blog mais en résumé : pour mon premier accouchement, j’ai effectivement eu la péri, qui a bien (trop bien même) soulagé la douleur.
    Elle a aussi beaucoup ralenti le travail et j’ai eu les forceps, une episio et un hématome qui m’a fait un mal de chien longtemps.
    Pour le second, je voulais aller le plus loin possible sans péri. Et au final, je n’en ai pas eu du tout. J’ai eu mal, j’ai flippé, j’ai tout senti, j’ai hurlé aussi. N’empêche que je suis bien contente. Les suites sont tout de même bien plus agréables, même avec une episio.

    Ce que dit carpediem est très vrai aussi. C’est bien plus facile pour l’équipe d’avoir une patiente sous péri, ça facilite les soins en particulier puisqu’on ne sent rien.
    Et puis ça standardise l’accouchement, a une époque ou tout est régi par des protocoles, ça rassure les soignants.

    J’ai eu la chance d’avoir une équipe très a l’écoute qui m’a beaucoup encouragée dans mon souhait. Je te souhaite la même chose, ça en vaut vraiment le coup.

  6. Super article et commentaires. Pour ma part j’ai accouché de mon premier enfant sans péridurale il y a 6 mois et demi.
    Par choix. Parce que pour tout un tas de raisons relatives à mon vécu, à ma santé etc. je n’en voulais pas. Et j’ai vraiment du me battre pour y arriver, au point de changer de clinique et de gynéco à un mois et demi de l’accouchement.
    Dans les cours de préparation à l’accouchement que j’ai suivi je passais pour une folle si j’évoquais ne serait-ce que la possibilité de le faire sans (au point que pour feinter les gens je demandais comment on gérait si l’anesthésiste n’arrivait pas à temps ou était retenu ailleurs… Réponse: dans notre usine à bébé ça n’arrivera pas)… Honnêtement les médecins, sage-femmes et cie rencontrés dans cette première maternité étaient vraiment très étroits d’esprit, mais c’était très insidieux et c’est vraiment sur la fin que je me suis rendue compte que ça n’allait pas être possible (je pourrais écrire des tartines sur le non-suivi que j’ai eu, avec grossesse considérée à risque quand ça les arrangeait, mais pas quand ça les arrangeait pas, aucune écoute etc….).
    L’histoire finit bien car après avoir menacé d’accoucher toute seule dans le jardin, j’ai changé de clinique sur le fil, eu ma première consultation gynéco de ma vie qui a duré 1h (à 34 ans!), rencontré une équipe géniale et eu l’accouchement rêvé.
    Par contre je me suis préparée, beaucoup, et je ne vais pas dire que ce n’était pas douloureux. J’ai très bien supporté les contractions, la poussée et l’expulsion un peu moins mais le problème n’était pas tant la douleur que le fait que je n’avais plus de forces (crise hépatique, eczéma géant pendant 5 semaines après). Notre fille est née après mini-épisio cause épaule un peu coincée, mais tout allait bien, 2heures de câlins peau à peau tétée, en suite de quoi je me suis levée comme une grande, ai pu aider mon mari à rassembler les affaires et une fois arrivée en chambre (en fauteuil, n’exagérons rien), j’ai pu vider ma valise, organiser mes affaires…
    L’équipe, gynéco comme SF, était géniale et très admirative (ma gynéco, enceinte, m’a redit lors d’une visite de contrôle qu’elle ne le ferait pas mais m’admirait de l’avoir fait!).
    Par contre, je me suis presque brouillée avec une « amie », du moins elle s’est brouillée toute seule, qui elle, nullipare, a insisté pendant toute la grossesse pour que je la prenne, et m’a dit que j’aurais du prendre la péri quand j’ai mentionné que j’étais fatiguée post-accouchement.
    Comme quoi ça suscite des réactions très viscérales et irrationnelles cette histoire.
    Et il n’est pas facile de trouver les bons professionnels: dans ma ville, il y a le choix entre 2 maternité niveau 2 et une niveau 3, pas de maison de naissance ni de plateau technique, pas de sage-femme faisant les accouchement à domicile. J’avais cru commencer à nouer une relation thérapeutique saine dans la première maternité et je me suis rendue compte sur le tard (mais grossesse difficile avec historique médical lourd derrière, donc difficile aussi de se rendre compte de ce qui est normal ou pas) qu’on me baladait et que mon accouchement physiologique je pouvais me le dessiner….
    Je suis heureuse d’avoir pu accomplir ce que je voulais, mais je ne suis pas plus femme parce que j’ai n’ai pas eu de péri. Je pense qu’on a chacune un seuil de résistance à la douleur différent, nos récepteurs ne fonctionnent pas de la même façon, chacune doit faire ce qui est le mieux pour elle, son corps, son bébé, sa famille, en étant informée
    Donc je suis d’accord: on ne nous informe pas assez sur nos capacités à accoucher (avec ou sans péri, on s’en fout finalement), sur les alternatives etc…

    • Une copine qui ne l’est plus parce qu’elle n’arrive pas à accepter d’autres façons de faire sans avoir testé elle-même, je connais aussi… C’est tristement irrationnel effectivement, on n’y peut pas grand chose. :/

      Pour avoir accouché une fois avec (je me suis rendue compte à la clinique que je n’aurai pas ce que je voulais, un peu tard pour changer, grrrr), et une fois sans péri (du coup j’avais demandé à une doula de me conseiller un gynéco, ça change tout !), une chose est sûre : c’est beaucoup, beaucoup moins fatigant d’accoucher sans !

      Comme toi, debout illico, sortie précoce de la mater (J+2) pour retrouver mon aînée, 20 mois qui me faisait déjà bien courir à l’époque.

  7. C’est vrai que l’équipe présente joue pour beaucoup et je pense effectivement que de moins en moins de sages-femmes sont préparées à accueillir une maman qui souhaite accoucher sans péridurale. Pour le mien, une étudiante était présente et je sentais bien qu’elle été impressionnée par ma souffrance.. Et si la sage-femme ne se sent pas à l’aise face à la douleur de la maman, son aide sera forcément limitée. Car pour ma part, c’est en partie la confiance que la SF de garde m’a porté – alors que j’étais au plus mal – qui m’a donné la force mentale de continuer.

    Et avant le Jour J, j’ai beaucoup apprécié les enseignements reçus lors de la préparation prénatale. L’idée était de nous faire comprendre que nous allions avoir vraiment mal, mais que la douleur serait une alliée.. Du coup, même si j’ai eu vraiment peur par moment, je savais quelque part que je n’étais pas en danger, que c’était normal quoi.. et j’ai vécu l’intensité des contractions plus sereinement. D’ailleurs, je suis certaine que si je n’avais pas été sensibilisée à tout ça en amont, j’aurais totalement paniqué face à la douleur ! J’aurais tout de suite demandé la péridurale, sans même avoir essayé…

    L’important serait que chaque maman qui le désire puisse tenter de se passer de la péridurale, quitte à la demander ensuite, sans éprouver regret. L’essentiel serait donc d’être libre de faire ce choix en étant suffisamment bien informé et entouré.

  8. Et bien je suis désolée de vous contredire mais j’ai accouché sous péridurale , en etant informée et c’etait mon libre choix ,, j’ai mis au monde , ma fille en quatre heures, et je n’ai eu aucunes difficultés a pousser , pas d’épisio ou quoi que se soit d’autres ,, et aucuns pbs en suite de couche ,d’autre part la poche des eaux c’etait rompue d’elle meme avant la peri ,, Comme le dit une de vous je ne me sens pas moins mere , ni moins fiere , je trouve qu’il y a peu de respect par raport aux femmes qui font ce choix , se serai bien que chacune quelque soit son choix se sentent respectées totalement,,
    je n’ai pas pianoter sur mon portable , je me foutais pas de mon accouchement,, et en plus je n’ai pas allaiter , je dois etre la pire des meres , mais je n’en avais aucune envie , çà n’empeche que j’ai une jeune fille de 10 ans en parfaite santé et équilibre ,, svp , que le respect des choix soit a double sens, , merci ,,a vous ,
    Eloise ,

    • Oui ça c’est bien vrai d’ailleurs ! Il n’y pas à culpabiliser de prendre la péridurale ou se sentir inférieure. Ce n’est pas un concours… D’ailleurs, pour ma part, je ne pense pas que j’aurais tenu beaucoup plus longtemps sans.

      Donc si c’était votre choix de départ, c’est très bien : vous avez pu choisir ! Mais le problème c’est que certaines mamans aimeraient essayer d’accoucher naturellement et on leur donne l’impression qu’elles n’en seront pas capables … c’est ça qui est grave aussi !

    • Je voulais juste préciser que ça n’est pas parce que ton accouchement s’est bien passé que tous les accouchements sous péri se passent bien. Selon les statistiques, un accouchement sous péri implique plus de forceps, épisio, césarienne, etc.
      C’est comme les femmes qui disent que l’allaitement n’a aucun bénéfice par rapport au biberon et donnent comme preuve que leur enfant nourri au biberon n’est jamais malade, alors que celui de la voisine nourri au lait maternel l’est : on ne fait pas une généralité de son cas particulier.
      Que tu aies choisi d’accoucher sous péri ou de ne pas allaiter, c’est ton problème, mais ça ne change pas les faits…

      • a Emilie si ta réponse est a mon intention,, je répond ,donc
        que je n’ai pas dit que c’etait une généralité mais je ne crois pas etre un cas particulier , , Je sens comme une petite agréssion dans ta phrase finale,, mon choix qui apparement n’est pas en accord avec le tien,, sans doute ,, deviens  » mon probléme  » et dans ce cas ,, en gros mon avis , mon vécu n’a pas d’interet ,, ( pour précision mon choix n’a jamais ete un pb pour moi , ) ,, bravo pour la capacité d’échange de tolerance et de respect du choix d’une accouchement, qui est different du tiens ,, voila une belle preuve d’ouverture ,,

  9. Nous ne sommes pas toutes égales face a la douleur.
    Pour mon 1er accouchement, j’ai été déclenchée, je n’ai pas eu de travail progressif qui permet de gérer les contractions. Après 26h de souffrance, je nepouvais plus bouger et la péri m’a aidé à me reposer pendant les heures avant la phase de poussée, j’étais exténuée et je venais d’essayer le gaz hillarant (méthode altnernative) qui m’avait transformé en légumes sans atténuer la douleur. La péri, elle, a atténuée la douleur, j’ai retrouvé mes esprits, je me suis sentie active de mon accouchement, j’ai poussé mon bébé hors de moi. Je les senti sortir de moi mais sans souffrir.
    Pour mon 2ème accouchement, j’ai pu avoir la péri plus rapidement et le travail s’est aussi fait plus rapidement mais avec l’aide d’une perf d’ocytocyne. J’ai géré toute seul les contractions avec des positions et respirations apprise au yoga… jusqu’à la péri arrivée au bon moment ou la perf commençait à bien fonctionner, là encore j’étais actrice de mon accouchement. J’ai poussé mon bb hors de moi, j’ai tout senti sans souffrir.
    Dans les 2 cas, je suis très fière de moi. Mettre au monde un enfant est une chose magnifique : je n’avais pas envie de souffrir alors qu’il existait un moyen de me soulager.
    Je comprend ta démarche mais sache qu’on peut être actrice de son accouchement tout en ayant la péri.

    • Même les professionnels qui comprennent et accompagnent les accouchements sans péridurale s’accordent à dire que lors d’un accouchement déclenché les contractions sont d’emblée beaucoup plus fortes et très difficiles à gérer. D’ailleurs ils sont sans doute une bonne part des péridurales dans les pays où elle est beaucoup moins systématique qu’ailleurs.
      Pour le fait d’être actrice de son accouchement je pense que ça dépend vraiment du dosage de la péridurale et aussi de l’état d’esprit de la personne qui la demande. Le fait d’être active ou passive dépend aussi beaucoup de la volonté de la parturiente.
      Tout n’est pas tout blanc ou tout noir. Mais les informations données sont en effet souvent très orientées et c’est dommage mais il semble que ce soit le cas pour à peu près tous les sujets ayant trait à la parentalité!

  10. Il y a un livre formidable qui s’appelle Une naissance heureuse et qui explique tout le processus de la naissance d’une manière incroyable. La sage-femme y incite les mamans qui veulent accoucher sans péridurale à justement embrasser la douleur et émettre des sons/cris graves. C’est exactement ce que j’ai fait pour ma part, et même si à la toute fin, j’avais l’impression hurler, il paraît que non, c’était raisonnable! :)
    Au Québec, les sages- femmes sont très rares et comme j’avais un suivi classique avec un obstétricien mais que je souhaitais accoucher naturellement, j’ai fait appel à une accompagnante à la naissance (doola en anglais) qui était là avant/pendant et après l’accouchement pour me donner des trucs et me rappeler l’essentiel le jour J. Bref, je recommande cette alternative à tout le monde!

  11. J’ai eu l’énorme chance, pendant ma grossesse, d’être informée sur la péridurale mais aussi sur l’accouchement sans péridurale et sur d’autres techniques de gestion de la douleur. Ca fait partie de l’accompagnement dans la maternité où j’ai accouché et ça a été renforcé par la sage femme avec qui j’ai fait la préparation à l’accouchement.
    J’ai finalement accouché sans péridurale, même si ce n’était pas par choix (accouchement trop rapide), et j’ai été très bien accompagnée et j’en suis finalement ravie. Sans l’information que j’ai eu, l’haptonomie, l’accompagnement de la sage femme habituée à accompagner des femmes accouchant sans péridurale, cet accouchement aurait été beaucoup plus difficile.
    Je suis donc persuadée de l’importance de ces informations et du libre choix de la femme (qui devrait cependant garder à l’esprit que le jour J, ça ne se passera peut être pas comme prévu sinon elle risque de vivre le fait de changer d’avis comme un échec).
    Mais le fait d’associer le fait de « vivre pleinement » son accouchement avec l’accouchement sans péridurale comme semble le faire Maïtie TRELAUN, je trouve ça franchement génant. Je ne vois pas en quoi j’ai plus vécu pleinement mon accouchement qu’une femme qui accouche avec une péridurale.

  12. j’aime beaucoup ton article.
    Pour mon accouchement, j’espérais me passer de péri. Mais j’avais quand même assurer mes arrières et fait le rv anesthésie. ^^
    Et lorsque le jour J est arrivé, on m’a collé un monito qu’on a du recommencer 3 fois. Plus d’une heure allongée, sans que personne ne m’encourage à bouger (mon mari était un peu perdu et n’a pas vraiment osé le faire. ^^’)
    Je me rapelle aussi le commentaire (qui se voulait bienveillant hein, et dit sur un ton très doux » quand j’ai commencé à gémir un peu (pour m’aider à gérer la douleur) : « ah non… montrez moi que vous gérez… » Ca m’a complètement coupé. Par la suite, je me suis étonnée (et j’ai regretté) que cette sage-femme, très gentille au demeurant, puisse considérer qu’exprimer ma douleur voulait dire que je commençait à lâcher prise, alors qu’au contraire, ça m’aurait aider.
    J’ai finalement pris la péri, parce qu’on m’annonçait encore de longues heures de travail, que la dilatation n’avançait que très peu et que je ne me voyait pas gérer ça aussi longtemps. Et je ne regrette que très peu car à partir du moment où on me l’a posé, j’ai pu me relaxer et ne plus aller à l’encontre des contractions. Et en une heure, j’étais à dilatation complète. (bien + vite que prévu donc. ;) )
    Je suis contente de mon accouchement, mais je reste quand même avec mes « et si… » (« . on m’avait encourager à bouger, marcher », « …on m’avait aider à gérer la douleur via des sons, au lieu de vouloir la cacher aussi vite ») et j’espère que pour le suivant, je n’aurai pas besoin de la péri. :)

    (PS : et je tiens à dire que l’anesthésiste n’a pas fait de remarque finaudes et a été très sympa et très pro. Et que la péri était super bien dosée (bon, je pouvais plus marcher) et que j’ai bien senti les contractions et tout, donc je ne me suis pas senti complètement passive.)

  13. Thème intéressant qui soulève toujours des débats, je voudrais juste intervenir sur 2 points :
    1/ la douleur de l accouchement si elle ne peut être négligée et quand même très dépendante des peurs comme tu le dis, mais aussi de l inconscient collectif. Or en France nous sommes dans une société ou « tu accoucheras dans la douleur ». Dans beaucoup de cultures et pas forcément très exotiques, les femmes n ont pas peur de l enfantement, c’est naturel pour elles et bizarement elles gèrent l accouchement bien mieux avec moins de technologie. Dans ces cultures, il faut aussi dire que les femmes se connaissent mieux (peut etre pas d un point de vue Scientifique mais connaissent bien leur corps) et Sont accompagnees de maniere plus soutenue.
    2/l accompagnement justement. Ici comme ailleur, certaines femmes se plaignent, mais pourquoi avoir accouche dans une maternite ou avec des professionnels qui ne les respectent pas? Des sages femmes entre autres se battent pour developper les maisons de naissances, le fameux une femme une sagefemme, propose des accompagnements globaux (une seule sagefemme qui vous suit de AaZ) le changement viendra des femmes elles memes et de personnes d autres, et cela commence par le fait de choisir des professionnels respectueux et ouvert et de boycotter les autres qui n auront plus d autres choix que de changer… d attitude ou de metier.
    Lisez michel odent entre autre… c est une heresie d accoucher dans une usine a bébé entoure d inconnus et de vouloir maitriser la nature pour le confort du grand gygy ou de je ne sais qui au lieu de la respecter.
    Enfin interrogez vous, la façon dont on met au monde nos enfants est le reflet de notre société et de leur futur : si une société anesthésie, soumise a la norme et aux contraintes économiques et organisationnel, presse, et vide du cote sacre de la vie est le futur… j ai très peur.

    • Je suis tout à fait d’accord avec ton dernier paragraphe !
      Perso, je comprends qu’on puisse prendre la péri parce que la douleur devient insupportable, mais dire qu’on ne veut pas du tout sentir la douleur, j’avoue que j’ai du mal à comprendre…
      Car cette douleur n’est pas là pour rien, elle a un sens, elle est utile. Pour 1000 raisons, et notamment pour ce que tu évoques.

  14. Article dont le fond m’intéresse puisque accoucher sans péridurale est également mon projet.
    Attention effectivement à ne pas « classer » les façons d’accoucher, chacun est libre de choisir son type d’accouchement et personne n’a à juger.
    Mais je suis d’accord qu’il reste sûrement des lieux et des personnes qui n’informent pas assez de façon subjective. Ou qui n’incitent pas à la réflexion… Ca peut sûrement être amélioré.

    Sur le fait que la péri « arrange » le corps médical, ça me fait penser à une info de notre sage-femme : s’ils ont à prioriser entre plusieurs accouchements, ils la poseront d’abord à celle qui a un risque de césarienne, puis celle qui a de la tension (…) et la péri « de confort » sera « servie » en dernier (ce n’est pas péjoratif). Du coup, ça serait utile que chacune ait des pistes de gestion de la douleur sans péri pour être moins « désorientée » si la péri tarde à venir…

    On pourrait aussi se dire que chacune a la possibilité de se poser des questions… Et que la « responsabilité » du manque d’info dont tu parles est « partagée »… (juste une piste de réflexion). Mais ok pour dire que parfois une « impulsion » est nécessaire, le « d’autres façons de faire existent, on ne vous les présentera pas mais vous pouvez vous renseigner »….

    De mon côté :
    – j’avais une idée sur la question en amont
    – je n’attendais rien du personnel de la maternité sur le sujet
    – j’ai choisi une sage-femme qui saurait m’accompagner avec une préparation « adaptée »
    – j’ai eu la chance de pouvoir choisir une maternité « ouverte » sur ma façon de voir les choses (voir les statistiques dispo sur le net) – chance car parfois on a une seule maternité à proximité (si on envisage pas l’AAD)

    Merci pour le lien sur le billet de Dr Samuel Leroy, je le lirai plus tard !

  15. Merci beaucoup de ta contribution!!! Merci également à tout-e-s pour vos témoignages et partages d’expériences!!! On a souvent évoqué ce sujet sur les VI et je constate néanmoins qu’il y a toujours beaucoup à faire en la matière!!

    Personnellement je ne me sens pas à l’aise avec un débat POUR ou CONTRE (je sais que ça n’est pas ton approche non plus mais j’ai le sentiment que ça le devient un peu au fur et à mesure des commentaires). D’abord parce que j’ai vécu les deux situations (pour l’APA et la Princesse, je VOULAIS une péri, pour les autres, je n’en voulais pas) et que je souhaitais être respectée dans mes choix, quelqu’ils soient (je m’étais même insurgée qu’on me demande 200 euros de dépassement d’honoraires parce que ma péridurale était jugée « de confort », comme si être en train d’accoucher était un prétexte suffisant pour ne pas m’accorder le droit à la prise en charge de la douleur qui figure dans la charte du patient hospitalisé) et aussi parce que vu les risques (réels mais modérés) de la péridurale, j’ai le sentiment que ce qui est en jeu c’est d’abord et surtout le vécu de la maman et du bébé. Donc dans l’ordre, je dirais: faisons déjà en sorte que les mamans bénéficient de la présence continue d’une sage-femme pendant le travail, qu’elles puissent suivre une préparation de bonne qualité, que les anesthésistes se mettent au service des femmes et des sages-femmes (comme c’était le cas pour notre Guest, le Dr Samuel Leroy) et la question deviendra obsolète! Certains y auront recours, d’autres pas (parce que nous ne sommes pas égales, devant la douleur, devant les aléas médicaux, etc…): mais un maximum de femmes auront la possibilité de vivre l’accouchement comme une épreuve renforçante dont elles sortiront fières d’elles même (et qui n’a finalement pas grand chose à voir avec le fait d’avoir ou non recours à la péri).

  16. très chère toi ta démarche est courageuse….. je n’ai jamais eu la péridurale pour mes 4 accouchements (trop peur de l’énorme seringue lol) Chacun a été différent et depend de l’état d’esprit de la maman aussi. Pour le première accouchement si la maman est angoissé , je recommande la péridurale, mais si après celle ci est prête à accoucher naturellement pourquoi pas depuis des millénaires ça se fait …… Pour ma part je ne suis jamais sortie spécialement fière de mes accouchements juste heureuse d’avoir mes bébés dans mes bras. Et je ne considère pas un accouchement sans péridurale comme un exploit …..mais comme un choix personnel !!!

  17. je suis comme Suzie, premièrement à cause de l’énorme aiguille qu’on te pique dans le dos – il n’en était pas question…et puis c’était mon premier et dernier accouchement, et je voulais le vivre vraiment : je ne suis montée sur la table d’accouchement que pour pousser à la fin, sinon j’ai pu marcher, m’assoir, prendre appui sur le ballon, sur mon mari etc…
    cela n’a pas été une partie de plaisir (surtout les suites….2 mois et demi sans m’assoir normalement suite épisio qui cicatrise pas…) et on n’oublie pas la douleur contraiement à tout ce qui se dit (je m’en rapelle encore bien 8 ans après!). Mais ce n’est pas insurmontable si on est entouré de personnel attentioné et compétent. J’ai eu plus mal avec mes sinusites maxilaires que lors de mon accouchemet….j’ai failli partir aux urgences de nuit…
    après il ne peut y avoir de débat pour ou contre, c’est un sujet trop personnel.
    Anne maman deux fois d’une perle d’Afrique, 13 ans (accouchement avec seulement douleur psychologique!) et d’un toubab de 8 ans (ouille-ouille qd même)

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