Depuis fort, fort longtemps c’est à dire d’aussi longtemps que j’ai envi d’être enceinte ( autant dire depuis toujours), je sais que je veux me passer de la péridurale pour mes accouchements.

J’ai quasiment réussi pour le premier.

Pourtant, en en parlant autour de moi, il est arrivé que l’on me traite de « folle » ( véridique). Très peu de femmes comprennent cette volonté, je peux les compter sur les doigts d’une main autour de moi.

Et, j’ai longtemps eu du mal à expliquer ce choix qui se situait plutôt au niveau du ressentit.

Et puis, j’ai compris.

J’ai compris que je voulais être actrice de mon accouchement et non pas « être accouchée« .

La péridurale implique, en effet, une certaine passivité au moment de l’accouchement : l’anesthésiste arrive, il te pique, tu ne sens plus grand chose, et puis on te dit de pousser, tu ne sens toujours rien alors tu obtempère. Le bébé sort comme ça, sans que tu n’ais rien senti, comme si la cygogne l’avait déposé entre tes jambes.

Bizarrement la douleur de l’accouchement ne m’a jamais fait vraiment peur.Même aujourd’hui, après un premier accouchement long et douloureux, je ne souhaite pas, autant que possible, avoir recours à l’analgésie péridurale.

Or, Maïtie TRELAUN dans son ouvrage « J’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur« , nous explique que « La majeure partie du temps la demande correspondra à une peur. Peur de se confronter à une épreuve, peur de ne pas y arriver, peur de craquer et de lâcher l’aspect « socialement correct », peur de mourir, peur de se perdre, peur de devenir folle, peur de crier, peur de devenir maman, peur de rencontrer son bébé... ».

Ce n’est pas que je sois plus courageuse qu’une autre ( certainement pas) mais j’assimile la douleur de l’enfantement à un évènement heureux, à une issue positive. Peut-être est-ce la raison pour laquelle cette douleur ne m’effraie pas.

« Bien souvent, l’analgésie péridurale est demandée en tout début de travail parce que la femme a peur de l’inconnu de l’accouchement, de la douleur, ou parce qu’elle ne voit pas l’intérêt de la vivre. Je me rends compte qu’au cours de mes séances de préparation à la naissance, les réponses apportées à leurs questions ou simplement le fait d’impulser une réflexion leur donne envie de tenter de vivre pleinement cette aventure. Elles sont alors demandeuses d’outils concrets qui peuvent les aider. Je ne peux que constater qu’une majorité d’entre elles parvient à mettre au monde leur bébé sans aide médicamenteuse. Elles en sont remplies de joie et de fierté« .

Il semblerait donc que les futures mères aient plus besoin d’écoute, d’être rassurée que de recours à l’analgésie. Or, c’est vrai qu’il est difficile, de trouver une oreille professionnelle attentive à ces questions :

Soit parce que l’on est suivie par un médecin obstétricien  qui souvent n’a pas le temps d’aborder des questions autre que purement médicales ( ou n’a pas de réponse à apporter à ces questions).

Soit parce que, même si l’on s’adresse à une Sage-femme, elle n’a pas été formée aux alternatives à la péridurale.

Je me souviens de la surprise des Sages-Femmes de l’hôpital où j’ai fait ma première préparation à l’accouchement ( tout ce qu’il y a de plus classique !), lorsque j’ai affirmé que j’envisageais de me passer de produit anesthésiant : surprises, étonnées mais également admiratives. Cette option n’était donc vraiment pas fréquente.

Pourquoi ?

Communique-t-on assez sur les alternatives à la péridurale ? Rassure-t-on les femmes sur leur capacité à accoucher sans ?

Pas suffisamment ( voire pas du tout) à mon goût…

Vous pouvez me retrouver sur mon blog perso à l’adresse suivante : lesbebous.over-blog.com

A très vite !

Sandy les bébous