J’allaite et je me soigne !

Lorsque je parle Allaitement autour de moi, on me parle souvent de ses soi disant  « inconvénients » : Maman au service de bébé, coincée à la maison, nichons à l’air, bébé pot de colle … et médicaments ! Et oui, entre les autres bêtises que je peux entendre sur l’allaitement, dû entre autre à une désinformation alarmante, paraît-il que lorsque l’on allaite, on ne peut pas se soigner !

allaitement et médicaments

Je me souviens encore de ma grand-mère, horrifiée à l’idée que sa petite fille grippée  dépérissait dans son lit, sans pouvoir se soigner, alors que mon bébé devait sûrement s’en donner à coeur joie ! Il aurait alors fallu que je stoppe immédiatement l’allaitement, privilégiant ainsi ma santé et remettant ainsi « les choses dans l’ordre » !

J’allaite et je me soigne !

Je ne suis plus enceinte. Ce lien direct entre moi et mon bébé est rompu. Je soigne mon bébé indépendamment de moi. Mais je ne peux pas me soigner indépendamment de mon bébé. J’allaite. Mon lait, ce liquide si précieux que mon corps de mère fabrique pour mon bébé, avant d’être plein d’amour, est aussi rempli de bonnes choses pour mon bébé. Tout ce que je mange arrive dans mon lait. En plus de ce que lui apporte mon organisme (nutriments, vitamines, anticorps …), les saveurs des aliments s’y retrouvent … mais aussi le tabac, l’alcool et les médicaments que je peux prendre.

Evidemment, il va y avoir des substances médicamenteuses interdites, celles qui passent dans le lait et qui pourraient être mauvaises (ou sur-dosées)  pour mon bébé, celles qui vont rester dans mon lait, celles qui vont « s’auto-détruire » …

Je ne suis pas médecin.  Loin de moi l’idée de vous faire une liste non exhaustive des médicaments que l’on peut prendre ou non au long de l’allaitement. Je voudrai mettre le doigt sur l’amalgame qui est fait entre la femme enceinte et la femme allaitante.

Que cela soit clair, la grossesse et l’allaitement, ce n’est pas la même chose.

Je ne sais pas si c’est pour se protéger, une désinformation gravissime ou une grosse flemme, mais lorsque mon pharmacien ou mon généraliste me disent que je ne peux pas me soigner parce que j’allaite, au mieux je leur ris au nez, au pire j’estime qu’ils se foutent royalement de moi !

Alors quoi ?! La femme allaitante n’est pas suffisamment importante pour que l’on prenne le temps de s’intéresser à elle, à sa médication ?? On estime sûrement qu’elle n’a qu’à donner un biberon à son bébé et se soigner comme tout le monde ! Faire comme tout le monde, au lieu de compliquer la situation, de poser des questions, de gêner … de faire chier le monde !

Mon dentiste a mis le site du Crat dans ses favoris le jour où je lui ai simplement demandé s’il fallait tirer mon lait et le jeter après l’anesthésie ou juste attendre quelques heures avant de nourrir mon bébé. Question piège !! Il n’en savait rien. Parce qu’il ne s’était jamais posé la question. Peut être aussi parce qu’on ne lui avait jamais posé la question. Tout comme les 3/4 des femmes allaitantes ne savent pas qu’elles peuvent prendre de l’ibuprofène, elles n’osent pas non plus aller chez le dentiste.

Alors je dis Stop! au nez qui coule pendant une semaine, au mal de gorge qui fini par vous rendre aphone et tous ces « petits » maux qui semblent bien anodins pour Les Blouses blanches mais qui nous alourdissent bien le quotidien, entre les nuits hachées, les couches, les aînés …

J’ai envie d’hurler chaque fois qu’une maman me dit qu’elle a arrêté l’allaitement à cause d’une prise d’anti-bio, de la pression d’un médecin …

Je m’inquiète lorsqu’un médecin des urgences pédiatriques me demande combien de ml de lait ma fille boit à chaque tétées O_0 !!

Alors quoi ?! L’allaitement n’est pas assez important pour que l’on y porte un minimum d’intérêt ? Pour que les mères allaitantes puissent se soigner comme tout un chacun ?

Pour plus d’informations, je vous conseille le site du Crat, vraiment très bien fait, autant pour les particuliers que les professionnels  N’hésitez pas à en parler à vos médecins  Et bien entendu, le site de la Leche League, incontournable.

Mum addict

Le blog d’Okaasan

37 réflexions sur “J’allaite et je me soigne !

  1. Totalement d’accord avec vous. Le problème est, je pense, que les médecins d’un certain âge ne savent pas, pas qu’ils ne veulent pas savoir. Les plus jeunes ont reçu l’information (je peux le garantir) dans leurs cours, sur LeCrat, de là à l’appliquer, ça dépend de leurs stages et s’ils ne l’ont pas oubliée… C’est une question de personne, pour le coup. Pas de profession. (je n’aime pas entendre la généralisation « les médecins »)

    Par contre là où je voudrais modérer vos propos, c’est pour le fait que LeCrat soit pour les professionnels autant que les particuliers. Je répèterai la phrase qu’on entend dans chaque pub pour un médoc (pubs que je réprouve) : « parlez-en à votre médecin traitant ». S’il ne connaît pas le site, il vous en sera reconnaissant (comme votre dentiste), s’il le connait, il vous dira si l’info est valable pour vous (tout n’y est pas écrit, loin de là, seulement des informations complémentaires sur la grossesse et l’allaitement par rapport à ce que votre médecin sait déjà sur ce médicament), s’il est buté et qu’il refuse, c’est qu’il est un mauvais médecin, changez. Mais pas d’automédication !! Même avec le site, même avec internet ! Apportez des informations, renseignez-vous dessus, oui. Mais les infos que vous trouverez ne seront JAMAIS suffisantes à vous automédiquer. Vous n’êtes pas qu’une femme allaitante, vous êtes aussi une femme (avec ses indications, son passé médical, ses contre-indications qui se croisent et que vous ne connaissez probablement qu’en partie) et un bébé (idem).

    Je pense que vous sous-entendiez ça dans votre article, mais j’ai préféré l’écrire en toutes lettres…

    • Moi je trouve ça drôlement bien que l’information du CRAT soit ouverte aux particuliers, ne serait-ce que parce que les usagers sont indéniablement – par leurs questions, leurs revendications – les moteurs du changement. Je doute fort qu’autant de pharmaciens/médecins aient été au courant de l’existence du CRAT sans leurs patients :-)

      • Ah je ne dis pas qu’il ne faut pas qu’elle soit ouverte, surtout pas, heureusement qu’elle l’est et que les patientes comblent ainsi les lacunes de ceux des médecins/pharmaciens/dentistes et autres qui ne le connaissent pas.
        Je mets juste en garde contre le fait qu’elle ne doit pas suffire, et surtout pas servir à l’automédication. Ce n’est pas parce qu’un médicament n’est pas contre-indiqué dans l’allaitement, qu’il ne l’est pas pour vous, votre bébé, ou votre allaitement, parce que chaque patiente a ses antécédents, ses autres traitements, et comme en dehors de l’allaitement, il faut un médecin pour le gérer…

        • J’avoue avoir un peu de mal avec le discours actuel sur l’automédication. Le discours du corps médical que tu incarnes ici craint une dérive de surconsommation aveugle tandis que les pouvoirs publics ne cessent de la valoriser (médicaments en libre accès, pharmacies sur internet, etc…).
          Dernier point: le CRAT permet aussi à certains patients d’éviter les erreurs de leur médecin (oui, ça arrive, et c’est du vécu ;) ).

          • + 1 ! D’autant plus que vu l’arbre généalogique des médecins, il vaudrait mieux que la population prenne sa santé en main et ne consulte qu’en dernier recours. Il y a déjà de nombreux déserts médicaux en France et ce n’est pas prêt de s’améliorer…

            J’avoue que j’ai du mal avec « avec ses indications, son passé médical, ses contre-indications qui se croisent et que vous ne connaissez probablement qu’en partie » : comment ça, je ne connais pas mon dossier médical ?!! Il y aurait donc des renseignements vitaux, qui me concernent, et qui me seraient cachés ?
            Quid du suivi en cas de déménagement ? Comment circule le dossier médical en question ? Si c’est juste au premier RV qu’il se constitue, avec les informations données oralement par le patient (pour avoir déménagé souvent ces dernières années, c’est a priori comme ça que ça se passe, donc c’est purement déclaratif), il vaut mieux que le patient soit au courant de tout !

            J’ai tendance a être plutôt agacée par ceux qui consultent à tout bout de champs. Pire, quand ils vont aux urgences parce que c’est gratuit et qu’ils surfent sur leur portable dernier cri en attendant leur tour. Pour se faire prescrire du doliprane qu’ils auraient pu trouver tous seuls à la pharmacie du coin.

            On peut, on devrait être responsable de notre santé. Donc avoir toutes les informations sur nos particularités. J’attends de mon médecin qu’il m’informe, voir qu’il me propose plusieurs solutions. C’est moi qui choisit ensuite de me soigner (ou pas) comme-ci… ou comme-ça.

            • Vous avez totalement raison concernant son dossier médical. Vous pouvez le demander à votre médecin en cas de déménagement, pour que le médecin suivant soit au courant.
              Concernant les informations que vous ne savez pas, en terme d’automédication je n’ai pas d’exemple sous la main, mais savez-vous par exemple, si vous êtes allergique à la pénicilline, que vous avez 10% de risque d’allergie croisée aux antibios de la famille des céphalosporines ? On ne vous le dit pas, parce qu’on ne va pas réussir à vous donner toutes les infos qui existent sur tout ce qui peut vous concerner… C’est d’ailleurs pour ça qu’avant de prendre de l’ibuprofène, on vous demandera si vous avez déjà souffert de l’estomac.

              Et je suis consciente d’être un peu paradoxale, parce que je m’énerve aussi devant la consultation « doliprane »…

              Mais j’ai vu trop d’accidents d’automédication. Pour moi elle doit être guidée (par un pharmacien, par une consultation téléphonique, par une ancienne consultation DE VOUS, mais pas par une amie qui a comme vous, parce qu’elle n’a jamais comme vous, et pas par internet seul. Même de bons sites. Ils ne vous font pas le diagnostic.

              • Effectivement, prendre le médoc de « la copine qui elle aussi tousse beaucoup », c’est pas très malin… Je suis bien d’accord qu’on ne peut pas tout savoir, chacun son métier. Je consulte beaucoup mon pharmacien, j’appelle le SAMU pour être sûre que c’est bien utile d’aller aux urgences (parce qu’on a un médecin en ligne), et je n’hésite pas à aller voir mon généraliste en cas de besoin.
                Mais pour moi un rhume ou une petite poussée de fièvre ne méritent pas d’encombrer les salles d’attente ! Et s’être renseigné sur internet pour déblayer le terrain ou confirmer / infirmer un doute, ça responsabilise.
                J’ai trop souvent l’impression que le corps médical, en France, se considère au-dessus des patients, et pas en collaboration avec eux. Or il s’agit quand même de notre corps, de notre santé, c’est pas rien ! J’aimerais être partie prenante ; je cherche toujours un praticien qui me considère comme telle (c’est pas simple à trouver) et qui partage ses connaissances. Et je suis l’ordonnance, parce que j’ai bien compris la posologie et l’utilité de chaque produit.

                • Vous avez totalement raison et je vous suis parfaitement là-dessus.
                  Mais j’ai trop vu d’exemples de votre première phrase, et chat échaudé craint l’eau froide.
                  Je travaille en collaboration avec mes patients, et je leur explique bien à chaque fois en fin de consultation à quoi sert chaque médoc et comment l’utiliser. Je donne aussi des pistes d’automédication.
                  Le seul pb, c’est qu’internet est un outil extrêmement dangereux, et que j’y ai souvent vu, par exemple, un cas simple mais très grave : le petit qui fait une poussée de fièvre et des mamans qui recommandent de lui donner en alternance doliprane et advil. Ca ne choque pas au premier abord, mais imaginons que ce soit un début de varicelle (avant la poussée des boutons, donc ce n’est qu’une fièvre), l’advil peut déclencher un syndrome extrêmement grave (qui peut tuer). Je l’ai vu conseillé un jour dans un forum, puis d’autres fois sur des blogs… À chaque fois j’ai joué les empêcheuses de tourner en rond. Je me fais mal voir dans ces cas là, le médecin qui refuse que les patients s’entre-conseillent… Ce n’est pas mon habitude générale, mais pour le coup, je ne peux pas me taire.
                  Je suis donc contre les conseils internet, jusqu’au jour où on les interdira sans certaines mesures (seulement certains sites, vérifiés souvent par des équipes, avec risque d’ « exercice illégal de la médecine » si on donne ce genre de conseil sans avoir dit auparavant « mais je ne suis pas médecin » ou quelque chose du genre). Je suis consciente de l’impression que ça donne, oui. Mais tant pis si se faire mal voir doit être une partie ingrate de notre métier, pour le coup j’espère que vous comprendrez mes motivations. (et l’exemple donné n’en n’est qu’un, d’exemple. Je pourrais en donner quantité, un jour pourquoi pas, dans un article, mais là il est 6h30 :P).
                  Par contre téléphoner au médecin conseil du 15, oui, à SOS médecin aussi pourquoi pas (ils ne sont pas payés à la consultation mais à l’astreinte, il me semble, donc ont moins de réticence aux consultations téléphoniques), à votre médecin traitant s’il accepte les consultations téléphoniques (beaucoup les refusent par prudence, parce qu’on ne peut pas vous examiner et qu’il y a des cas de jurisprudence, et aussi par temps, parce que ça mange la consultation de celui qui est venu, c difficile pour lui), demander à votre pharmacien (qui ne fait pas de diagnostic par contre), ça c’est la bonne attitude.

                  • Je ne pense jamais à SOS médecin, bonne piqûre de rappel, merci !
                    Je n’appelle pas mon généraliste, n’appréciant moi-même pas du tout de gérer les miss déjà déshabillées, pendant qu’il « papote » pendant 20 minutes au téléphone (vécu)…
                    Il y aurait une secrétaire pour faire patienter pendant les consultations pourquoi pas, mais c’est un métier en voie de disparition !

                    L’automédication suite à un échange sur un forum, pour moi ce n’est pas le problème d’internet : les personnes feraient la même chose en demandant à leur voisine de pallier ou à leur copine. Effectivement, très dangereux !

                    La richesse d’internet fait qu’on peut se documenter de façon sérieuse… ou pas du tout ! Quelque soit le domaine. Le souci vient plutôt de la « formation » à l’usage d’internet. Et là, il y a du boulot…

                    • Mmh… Il est lus facile de débiter une grosse connerie sur internet parce qu’on ne risque pas que ça se retourne contre nous… La voisine dira plus facilement un conseil, peut-être mauvais, mais plus large, et probablement moins dangereux, d’autant qu’on connaît notre voisine, et elle aura beau avoir l’air à peu près sûre d’elle, on sait qu’elle n’est pas médecin. Les sites pas sérieux qui parlent médecine devraient fermer (doctissimo pour ne citer que lui. ok pour parler de ses pb quand on a besoin de parler, mais c là que j’ai recensé un lot énorme de conneries dangereuses, donc on devrait interdire les conseils médicaux sur des sites non protégés)

                    • Je pense que les gens qui dispensent des conseils sont (en grande majorité) des gens qui veulent aider (même s’ils font parfois mal de le faire ainsi) et pas des apprentis-médecins mégalomanes qui préfèrent sévir sur le net pour ne pas avoir de retour de bâton qu’auprès de leurs voisins!!

                    • oh oui bien sûr, ils veulent aider, mais sur internet ils ne sentent pas le poids de la responsabilité, et on ne sent pas leur incertitude… enfin c’est mon point de vue. tant qu’internet ne sera pas règlementé à ce sujet, je n’aurai pas confiance.

                    • Je vous comprends. Cela dit, est-ce de la censure si quelqu’un publie un livre sur lequel il est noté des conseils médicaux précis et totalement faux, graves et dangereux, et qu’on le sanctionne, et qu’on interdise le livre ?
                      Peut-être. Si oui, ça me fait bizarre de me dire que je suis pour la censure (c’est un mot tellement fort et désagréable à mes yeux), mais tant pis pour le bizarre, je suis pour. Je parle d’un règlementation d’un conseil médical publié, le livre et internet n’ont du coup plus grand chose de différent. Et je ne suis ni pour l’un, ni pour l’autre. Quand il s’agit de mettre en danger des vies.
                      Et j’utilise ces mots à dessein, et pas par emphase. J’ai lu, réellement, le conseil de donner de l’Advil, par exemple, à un enfant qui avait de la fièvre et des boutons.
                      Or PAS D’ADVIL SI RISQUE DE VARICELLE, c’est mortel, réellement, ça peut tuer.
                      Que faire ? Attendre l’éducation ? Et qui la fera ? Comment cela se fera-t-il ? Aurais-je dû, quand j’ai lu ça, me taire et me dire que la maman (qui avait dit merci, je vais faire ça) allait trouver une autre réponse autre part et ne pas mettre en danger inconsciemment son enfant, sous les conseils d’un inconnu ?
                      Non, j’ai dit ce que j’avais à dire, j’ai vexé au passage la personne pleine de bonnes intentions qui avait donné le conseil, je me suis fait vraiment mal voir, mais tant pis.
                      Est-ce que j’ai sauvé le gamin, est-ce qu’il aurait rien eu de grave ? J’en sais rien. Mais le conseil était trop grave pour que je ne fasse rien.
                      Depuis j’ai arrêté de participer à ce groupe dont je ne me souviens plus le nom, et quelque part je culpabilise. Parce que et si ça recommençait, qu’il n’y avait personne et qu’un gamin en pâtissait ?
                      Ce n’est pas de ma responsabilité, je n’ai pas le complexe de superman, mais je vois ce danger-là, et je pare au plus urgent.
                      Mais je suis d’accord, en principe je n’aime pas la censure, je préfère l’éducation, et je pense élever mon gamin à l’aide de « attention, tu risque de te faire mal » plutôt que « interdit de faire ça ! » (sauf peut-être pour manier la tronçonneuse à 2 ans :P).

                    • Non mais je ne parle pas de ta réponse sur ce forum ! :-)) Le fait est que quand on a des connaissances qui peuvent aider quelqu’un il faut les utiliser bien sûr!
                      La question que tu soulèves est celle du risque acceptable, elle n’est pas facile à trancher ni dans la vie ordinaire, ni dans la vie professionnelle (surtout j’imagine quand on est médecin, mais cela est aussi valable pour quelques autres professions). A partir du moment où on a dit que le risque 0 n’existe pas et qu’il n’est pas non plus question de ne rien faire, il s’agit de trouver le juste milieu.
                      Sur l’Ibuprofène, ce qui me gêne est qu’au final cette histoire de risque avec la varicelle n’est pas (à mon avis) suffisamment bien expliquée aux parents (certains pensent alors que l’ibuprofène est dangereux tout court, d’autres ne prennent pas en considération le lien avec la varicelle). J’ai eu la chance d’avoir une pédiatre qui n’envisageait pas son rapport aux parents sans éducation: elle m’a appris à reconnaître certains signes d’alerte, à regarder la gorge de mon enfant, à écouter sa toux, des détails mais qui contribuent les parents à devenir responsables. Elle gérait 3 maladies sur 4 par téléphone en nous donnant des fiches récapitulatives de quoi faire en cas de fièvre/rhume/diarrhée, etc… Elle permettait aux parents de devenir responsables et autonomes tout en garantissant la sécurité de leur enfant (car dans 90% des cas, ce sont les parents qui sont les premiers en mesure de constater l’état de leur enfant). Elle reste mon idéal en la matière j’avoue :-)
                      Sur la question des publications, j’avoue que je suis très partagée. Où commence et où s’arrête le conseil médical (je pense à une médecin sur twitter qui relayait une fiche exigée par une ass mat auprès des parents: elle demandait au médecin d’établir un « protocole en cas de rougeur du siège, protocole en cas de piqûre d’insecte, etc.. ».)? Quelle doit être la norme à laquelle rapporter un conseil médical et juger de sa validité (la HAS? l’OMS? l’ordre des médecins? les dernières publications scientifiques? les normes françaises? américaines?) ? Enfin, si on admet qu’un contrôle des « conseils médicaux » donnés par des non médecins via des publications soit nécessaire alors doit-on aussi l’étendre à toute forme de parti pris ayant un rapport lointain ou non avec la sécurité, pas sûre dans ce cas qu’on puisse encore publier sur un sujet ou un autre…?

  2. bravo pour ce coup de gueulle !
    une maman allaitante est une personne qui à choisi certes mais qui veut vivre sa vie, se soigner et en profiter… oui pour une information plus poussée du personnel médical et paramedical, allaiter et se soigner c est possible.

  3. Ma petite pharmacie de campagne parle du CRAT aux mamans enceintes et allaitantes, quelle bonne surprise !
    Merci pour cet article en tout cas !

  4. Le sacro-saint principe de précaution, les études non poussées sur les effets secondaires des médicaments de la mère allaitante, et comme tu le soulignes très justement « On estime sûrement qu’elle n’a qu’à donner un biberon à son bébé et se soigner comme tout le monde ».

    Merci pour cet article qui montre une autre forme de désinformation au sein du personnel médical concernant l’allaitement.

    • Les études non poussées… seriez-vous prête, enceinte, ou allaitante, à tester des médicaments dont on ne connait pas les effets sur votre bébé, juste pour voir s’ils sont aussi inoffensifs qu’on le pense, qu’on l’a testé in vitro ? Au risque que votre enfant en paie le prix ? Moi, personnellement, non. Et je pense ne pas être la seule. D’autant que les chercheurs ne sont pas prêts à vous laisser prendre ce risque. Voilà la raison de ces études non poussées… :s Difficile à outrepasser… ;)

      • oh là!!! Restons zen!!! :-)
        Tu me donnes vraiment envie de me renseigner sur les protocoles de test dans le cas des femmes allaitantes.
        Ceci étant, il est évidemment tout à fait possible d’analyser la composition du lait sans le donner à boire au bébé et donc d’analyser le passage ou non dans le lait maternel de composés chimiques sans avoir à observer les effets secondaires chez le bébé (sans compter que bien souvent, les médicaments administrés à la maman existent aussi sous forme pédiatrique, donc ont déjà été testé en tant que tel). Par ailleurs, les mères continuent à avoir du lait bien longtemps après avoir sevré. Alors se prêter à des tests durant cette période là, pourquoi pas?!!

        • Arf, j’ai toujours eu des difficultés avec la communication écrite, qui ne montre pas l’attitude… Je vous rassure, je suis parfaitement zen, j’ai même essayé de pallier avec ces difficultés avec un smiley…
          J’ai juste voulu faire passer un peu de concret.
          Les études montrant ou non la présence de la molécule ne suffiront jamais. Il suffit pour ça de se renseigner sur les études faites pour l’homéopathie, par exemple. Il n’y a aucune molécule active retrouvée dans l’homéopathie, et pourtant la théorie de la mémoire de l’eau, que personne ne comprend, permet de continuer à traiter de cette manière. On ne sait toujours par l’expliquer scientifiquement par les études moléculaires, et pourtant la pratique montre que quand même, ça fonctionne…
          Les essais cliniques se font en 4 parties après la théorie : in vitro, in vivo sur un petit groupe de volontaires sains, in vivo sur un petit groupe de volontaires malades, puis après le dépôt de l’AMM, sur vous et moi, par la pharmacovigilance. Là en ne se basant que sur l’étude du lait (ce qui est fait, et d’ailleurs indiqué dans le CRAT), on n’est qu’à des essais de phase I, bien insuffisants pour affirmer une innocuité. Les autres essais posent un problème éthique sur femme enceinte ou allaitante.

          • Prenons un antibiotique connu, la pénicillines : des études ont déjà été faites pour savoir quelles quantité maximum un bébé est supposé, par voie « normale » pouvoir absorber. Et elles ont été menées dans les cadres que tu indiques.
            Qu’est ce qui empêches de tester la quantité résiduelle dans le lait maternel lorsqu’une mère prend une dose adulte ? En quoi est-ce compliqué ?
            Ou tu suggères qu’il peut y avoir une transformation de la molécule ou que des effets secondaires nouveau peuvent apparaître étant donné le mode « d’administration » ?

            • Oui, ce qui passe dans le lait maternel a été métabolisé. Il peut y rester de la vrai molécule, du rien, et des métabolites, qui peuvent être bon ou mauvais. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Ce qu’on ne voit pas, par exemple justement la mémoire de l’eau, si tu crois en l’homéopathie, par d’autres biais sinon, ce qu’on ne voit pas peut encore avoir des effets, et ces effets ne sont visibles, justement que dans les essais de classes II, III et IV. Oui ce q’on voit, on le dit, mais avec parcimonie car justement on ne voit pas tout (trop facile, sinon on n’aurait jamais de retrait de médicaments du marché)…
              Mais le portail du CRAT répond avec tes arguments, justement, sans ces études, mais en disant « bon, ya peu d’études, mais ça fait 20 ans qu’on l’utilise et l’expérience a montré que ya pas à avoir peur », ou alors « bon, ya peu d’études et peu d’expérience, mais elles sont rassurantes. Préférez un autre médoc, mais si vous pouvez pas, rassurez vous, ça a l’air d’aller ». Quand on voit les réponses du CRAT, elles sont très modérées, toujours, et c’est pour cette raison. Maintenant ça fait quand même pas mal de problèmes résolus, avec la banque de médocs qu’ils ont à proposer sans trop de risque… Mais le risque reste là, et si on peut se passer de médoc, CRAT ou pas (et eux-même le disent bien), autant le faire.
              Je donnais ma réponse sur les nouvelles études, les nouvelles mises sur le marché, plus drastiques qu’il y a 20 ans et donc ne permettant pas le « pas d’études mais on l’a utilisé quand même et on voit que ça va »…

              • Le problème est que si on commence à parler mémoire de l’eau, je pense qu’on va avoir beaucoup de difficultés à maintenir l’innocuité des préparations lactées, voire même de la consommation d’eau du robinet.

                • de tout en fait, pourquoi s’arrêter à l’eau du robinet ? l’eau en bouteille n’est pas fabriquée, elle est épurée, mais de quoi, de tout, sûr ? Et du coup, le lait, fabriqué à partir de l’eau bue par maman, il contient quoi ?
                  C’est vrai qu’on peut assez vite dériver à la paranoïa. Mais il est sûr et certain que des analyses chimiques du lait ne sont pas suffisantes pour parler d’innocuité, il faut des essais cliniques qui sont éthiquement difficiles… J’en ai parlé en réponse à carpediem.

                    • Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi on a peur de ce qu’ingère la mère, et pas de ce qu’ingère la vache ? Les préparations infantiles sont faites avec du lait de vache qui reçoivent des doses affolantes de médoc en tout genre. On retrouve donc, dans la précieuse poudre blanche (comme dans la viande), des antibiotiques, des antifongiques et bien d’autres…
                      Sans qu’il n’y ait ni les anticorps, ni les hormones du lait maternelle qui permettent au corps de l’enfant de mieux se défendre contre les maladies de sa mère.

                      Le principe de précaution, il a quand même bon dos…

              • Je suis familière de la mémoire de l’eau pour l’homéopathie, mais je pensais justement que c’était réservé à l’homéopathie, j’ai pas pensé que ça pouvait s’appliquer aux molécules allopathiques…

                • ben c un principe chimique, pourquoi ça aurait un champ d’action limité ? Et puis je parle de mémoire de l’eau comme d’un exemple, juste pour dire qu’on ne peut pas se suffire d’analyses chimiques, on ne sait pas assez voir les choses, donc les essais cliniques sont nécessaires pour parler d’innocuité (et encore, on voit bien avec le gout actuel du scandale médical que c encore insuffisant)…

                  • Rappelons tout de même que la mémoire de l’eau est encore à l’heure actuelle une hypothèse très controversée (voir la page Wikipédia pour l’historique des controverses http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moire_de_l'eau).
                    Ceci étant, sa validation (ou non) ne confirme ni n’infirme le mode opératoire de l’homéopathie (même si on partait du principe que les résultats de l’homéopathie étaient incontestables, ils n’y aurait pas de lien de causalité directe avec la mémoire de l’eau uniquement une proximité d’intérêt pour l’infinitésimal qui en ferait une des nombreuses hypothèses explicatives possibles)

                    • Tout ce que je veux dire, c’est qu’on ne peut pas se réduire à « y a-t-il des molécules connues présentes ? »… Parce qu’on ne voit ni ne sait pas tout. C’est pour ça qu’il faut tester pour affirmer l’innocuité.

      • Mais on est pas obligé mettre la santé d’un bébé pour pouvoir mener ces expériences : il suffirait de tester le lait tiré après l’ingestion des médicaments.

        Il faudrait cependant trouver des personnes souhaitant entretenir une lactation, sans nourrir son bébé/bambin, et souhaitant prendre des médicaments pour voir comment il passe dans le lait.
        A la fin de mon allaitement j’aurais tout a fait pu faire ce type d’expérience pendant quelques jours, je ne vois pas en quoi cela est compliqué !

  5. S’il manque d’études concernant les femmes allaitantes, c’est probablement que la proportion semble trop faible pour les sociétés pharmaceutiques, et que comme la plus part des médecins, considèrent que l’alternative à un éventuel problème de soin pour la patiente, serait clairement un arrêt de l’allaitement.
    Mais avant de penser à des médicaments dont le dosage serait adapté à la femme allaitante, je pense que le principale problème est le manque d’information, et d’intérêt du corps médical face à l’allaitement. Il faut savoir que la plupart des médicaments sont compatibles avec l’allaitement. Simplement le pharmacien/médecin ne prennent pas la peine de chercher plus loin que le commun Et c’est encore plus flagrant lorsque l’on va voir son pharmacien, combien m’ont déjà dit que je ne pouvais pas prendre d’ibuprofène ! Pour eux, souvent, grossesse et allaitement vont de paire . On parle très souvent des généralistes qui devraient avoir une piqûre de rappel concernant l’allaitement, mais il faut considérer tout le corps médical, on ne consulte pas que son généraliste.

  6. Merci beaucoup de ta contribution!!!! Et ravie, plus que ravie de te relire parmi nous!!!!! :-))))
    Merci d’avoir poursuivit le débat autour de ce sujet qui me donne de plus en plus envie d’aller solliciter un Guest!!
    PS: la prochaine fois, tu nous mettras un tout-petit-minuscule extrait??? (dit la neurone-en-chef ;) )

  7. Pingback: Un seul interlocuteur ou… plusieurs ? [Mini-débriefing] | Les Vendredis Intellos

  8. Pingback: RETOUR SUR… MÉDICAMENTS PENDANT LA GROSSESSE/L’ALLAITEMENT : COMMENT ÉVALUER LES RISQUES ? L’INTERVIEW DU CRAT (GUEST) | Les Vendredis Intellos

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