Gestation pour autrui, se poser certaines questions…

Bonjour,
J’écris pour les vendredis intellos pour la première fois.
Mon blog, à la fois de maman, mais aussi de femme et de médecin, est ici, s’il vous intéresse…
Bonne lecture

Il y a quelques semaines, ou peut-être quelques mois, j’ai vu un film à la télévision qui m’a beaucoup touchée. Le film s’appelait « interdits d’enfants » et retraçait l’histoire vraie de la famille Mennesson.
Vous pouvez d’ailleurs le voir en intégralité ICI.
Un couple allé aux USA (en Californie pour être exacte, puisque tous les états-unis n’ont pas les mêmes lois concernant la GPA) pour avoir recours à la gestation pour autrui. La loi française ne reconnaissant pas la GPA, les petites n’ont pas reçu la nationalité française et les parents sont passés par un véritable parcours du combattant.
Le film était très touchant de vérité, et forcément, il a atteint son objectif avec moi, puisqu’il m’a fait réfléchir.

J’ai compris en faisant mes recherches pour écrire cet article qu’il était passé à la télé à ce moment parce qu’une nouvelle circulaire est sortie le 30 janvier pour donner la nationalité française aux enfants dans ce cas.

La circulaire précise que le seul soupçon de recours à une convention de GPA à l’étranger ne peut suffire à opposer un refus de délivrance.

Le principe (de la gestation pour autrui) est assez simple : une donneuse d’ovocytes (parfois il s’agit de la future mère), un père qui recueille son sperme, on mélange le tout et on met quelques embryons formés dans le ventre d’une mère porteuse. À ne pas confondre avec la procréation pour autrui, où la donneuse d’ovocytes EST la mère porteuse (et s’y rajoute un problème, puisqu’elle a à la fois porté l’enfant et l’a conçu, ça se rapporte à l’adoption, avec « préméditation »). Je ne parlerai ici que de gestation pour autrui, même si mon avis est plus ou moins le même pour la procréation pour autrui (en plus virulent).

Avant de se poser des questions, le mieux est d’en poser à l’ami internet, histoire de savoir un peu de quoi on parle. Et j’ai parcouru quelques petits articles qui m’ont suffi.

Parlons d’abord de faits purs et durs. Le principe médical, c’est quoi la GPA, quelles sont les implications physiques ?

Un petit article sur la fécondation in vitro, histoire de comprendre comment ça marche.

En fait on a d’abord un couple qui ne peut pas avoir d’enfants. L‘infertilité est féminine (c’est la femme qui est infertile, sinon trop facile, le recours au don de sperme). Que ce soit par insuffisance ovarienne ou par problème utérin, on n’a pas recours à la GPA si ce n’est pas une infertilité médicale définitive. Ce sont les règles dans beaucoup de pays, même si dans certains états l’infertilité sociale est acceptée (couple gay par exemple).

Ce couple veut quand même en avoir (évidemment, sinon pareil aucun problème).

On a donc recours à une fécondation in vitro, première étape. Ce qui nécessite une stimulation ovarienne (on ne se contentera pas de l’ovule mensuel délivré par l’ovaire, on lui en demande plus. Donc on le bourre d’hormone, il marche en accéléré, et nous fourni plusieurs beaux ovocytes qu’il n’y a plus qu’à prélever.)

Puis, plus facile, un dépôt de sperme, on met tout ce beau monde en contact et ça donne (ou pas, malheureusement), idéalement plusieurs embryons viables.

Deuxième étape, ces embryons sont introduits dans l’utérus d’une « mère porteuse », femme volontaire qui « prête » son corps pendant 9 mois. On espère qu’un embryon s’implantera correctement. Parfois et même souvent, comme on en introduit plusieurs pour qu’un seul s’accroche, finalement on va au-delà de nos espérance et on a une grossesse multiple.

Ce qui m’intéresse ici, c’est cette partie de l’article :

Quand l’AMP ne se passe pas bien

Il peut arriver que le processus soit interrompu pour diverses raisons (non réponse à la stimulation, absence ou problème de qualité ovocytaire ou embryonnaire, échec de la fécondation…).

Les effets indésirables

Des effets indésirables peuvent survenir en cours de traitement.
Ils sont assez fréquents mais transitoires et ne sont pas inquiétants (bouffées de chaleur, douleurs abdominales, prise de poids modérée, saignements…).
En général, on observe un taux légèrement plus élevé de poids de naissance inférieur à la normale et de naissances prématurées.

Les complications
Les complications liées au geste chirurgical de ponction (hémorragie, infection, problème anesthésique…) sont rarissimes. Celles qui sont liées à une réponse excessive à la stimulation ovarienne, appelée hyperstimulation, sont également rares. Elles se traduisent par un gonflement et des douleurs abdominales, une prise de poids brutale, des troubles digestifs et parfois une gêne respiratoire. Ces symptômes justifient une consultation en urgence dans un centre d’assistance médicale à la procréation ou un service gynécologique, car une hospitalisation peut être nécessaire.
Concernant les risques de cancer, aucune donnée ne permet aujourd’hui de mettre en cause les traitements liés à l’assistance médicale à la procréation.

L’article n’est pas alarmiste, ceci dit on peut mourir d’un syndrome d’hyperstimulation ovarienne, pour ne parler que de ça…

Et maintenant je me suis posée la question du point de vue des autres. Pourquoi la question fait-elle débat, quels sont les arguments avancés ?

Un article du monde qui résume le débat.

L’argument central contre la légalisation de la GPA serait la crainte de dérives vers la marchandisation du corps humain. Mais celles-ci n’existent par essence, qu’en l’absence de régulation.

Bon, en gros ça veut dire qu’une femme ne serait pas capable de choisir elle-même si elle veut prêter son corps ou non. Cet argument nie un petit peu la présence d’un cerveau dans ce corps « marchandé »… Ça rappelle douloureusement l’amalgame entre le don d’organes et le trafic d’organes. En effet, si on régule, justement si on légifère sur la question, les dérives sont moindres. Tant qu’on reste dans le flou, c’est la porte ouverte à la dérive…

Ce qui dérange aussi les détracteurs de la GPA est l’impossibilité de l’anonymat du don de gestation, qui contredit celui imposé au don de gamètes, en France. La gestatrice en effet continue, dans l’immense majorité des cas, à avoir des liens avec les parents et avec l’enfant qu’elle a porté.

Là j’aurais tendance à dire « Et alors ? ». Dans le film on voit un lien, en effet, entre la mère porteuse, la famille et les enfants. Et pour autant aucune dérive, aucune souci psychologique. Un passage particulièrement touchant est ce moment où les filles doivent faire un arbre généalogique à l’école et dessinent bien leurs parents, leurs grands-parents… Et quand on leur demande où est Mary (leur mère porteuse), elles expliquent bien qu’elle n’a rien à faire dans l’arbre, c’est une grande amie, leur « bonne fée », un peu, j’imagine, comme on verrait un docteur de PMA qui aurait permis une grossesse… Peut-être en un peu plus personnel, quand même…

Dans un autre article (le Nouvel Observateur), j’ai retrouvé d’autres arguments :

Parmi les arguments qui avaient fait pencher la balance en faveur du non, il y avait notamment le fait que dans les pays où la GPA est autorisée (Belgique, Danemark, Pays-Bas…), les femmes qui portaient les enfants le faisaient majoritairement pour des raisons d’argent.

On retrouve le risque de marchandisation de l’être humain, un peu plus documenté (il s’appuie sur des enquêtes révélant le bas niveau économique des mères porteuses volontaires).

Maintenant, mon avis personnel sur la question :

D’abord je suis assez choquée de voir que les arguments sont tous du style « liberté de l’être humain », « peur de la marchandisation du corps humain »… Alors que je pensais qu’on avait dépassé cette question depuis un moment déjà. Je vous ai fait plus haut la relation que j’y vois avec le don d’organes. Certes ici il y a mouvement d’argent, mais ça parait normal face à l’énormité du « sacrifice ». Il y a nettement plus de risques et de temps donné, si on ne compte que ça.

L’anonymat ? La question existe déjà dans le cas du don d’organes avec donneur vivant. Il est restreint à la famille proche, oui, mais dans ce cas pourquoi ne restreindraient-ils pas la GPA à la famille ou aux amis proches ? (je ne suis pas pour, je reste dans leur logique).

On pourrait aussi avancer l’argument pédopsychologique : l’enfant a besoin de connaître ses racines… Cette question est valable dans le cas de l’adoption, et on l’a déjà vue traitée de nombreuses fois, elle n’est en réalité pas problématique dès lors que rien n’est caché à l’enfant. Par ailleurs, le don de gamètes est parfaitement légal et personne ne s’est posé cette question là.

Je suis choquée, par contre, que mon argument à moi, qui m’éblouit comme un phare de voiture, personne (ou du moins personne que j’aie entendu ou lu) ne l’ait avancé…

Oui parce que je suis quelqu’un de très ouvert. Le mariage pour tous, je suis pour sans aucun argument contre. Je suis pour la parentalité pour tous également. Enfin tous… Tous comme on l’entend dans les débats actuels : famille monoparentale, homoparentale, « classique »… Pas vraiment tous dans le sens où les parents doivent être prêts, que la décision doit être mûrement réfléchie, afin de ne pas se retrouver comme dans le cas des animaux adoptés, avec des enfants « sur le bord des autoroutes ou à la SPA »…

Bref, j’étais persuadée, après avoir vu le film et avant de me poser réellement la question, que j’étais POUR la GPA.

… et en fait NON.

Je suis quand même pour légaliser les enfants issus de GPA jusque là, puis fermer la porte ensuite. Parce que les pauvres, ils n’y sont pour rien.

Mais je suis contre la GPA.

Pour plein de raisons.

Mais une raison principale : il y a déjà, partout dans le monde, des enfants en bonne santé, mais en manque de famille. Des enfants, dans le « meilleur » des cas, ballotés de famille d’accueil en famille d’accueil, avec ce sentiment que personne ne veut d’eux et que donc ils ne doivent pas valoir grand chose. Dans le pire des cas, des enfants abandonnés dans des toilettes publiques, des poubelles, qui s’ils ne meurent pas ou n’en gardent pas de graves séquelles, peuvent aussi bien grandir dans les rues. Des enfants qui ont bien plus de risques que d’autres de se tourner vers la petite délinquance, pour survivre, puis pourquoi pas vers la criminalité. Des enfants malheureux, qui ne vivent pas bien, se mettent en danger voire mettent en danger des autres. Voilà pour un côté de la balance.
Et de l’autre côté de la balance, nous avons des « parents » (car s’ils n’ont pas encore d’enfants, leur désir fait qu’ils sont déjà des parents, quand ils se préoccupent de la santé et du bien d’un petit être qui n’a pas encore de personnalité incarnée) en mal d’enfant. Qui voudraient prendre soin d’un enfant. Voire de plusieurs. Et qu’on voudrait soumettre aux risques d’une grossesse (ok, la grossesse n’est pas une maladie, mais qu’on ne vienne pas me dire que c’est parfaitement sans risque, j’aurais des arguments à vous balancer, en ne parlant que de diabète, d’éclampsie, d’HTA gravidique, de phlébite et d’embolie pulmonaire, voire de risques psychiatriques comme la décompensation d’une maladie psychiatrique non encore connue, ou la psychose puerpérale), d’une FIV, de stimulation ovarienne, une ou plusieurs fois (quand cela ne se passe pas comme on le souhaite), de grossesse multiple, de troubles psychiatriques en ne parlant que de la dépression si ça n’arrive pas comme voulu, et d’anxiété en attendant que ça arrive. On voudrait les y soumettre, oui, mais aussi d’autres : la mère porteuse, surtout (je comprends la prise de risque quand il ne s’agit que de soi, et on n’y pense même pas, je suis enceinte et je ne me suis jamais posé la question des risques avant de faire ce bébé, cela va sans dire), et les enfants. Naître est un risque aussi. Surtout quand on naît après stimulation ovarienne et qu’on grandit à plusieurs dans le ventre de maman (ou de pas-maman, justement). Bref, des « parents » malheureux, qui se mettraient eux et d’autres, en danger.

Et pourquoi ne pas relier les deux groupes par un pont, qu’on appellerait l’adoption ?
Parce que pour moi, tant qu’on peut avoir un enfant « à soi » génétiquement, biologiquement, oui. Mais quitte à en avoir un qui ne soit à soi « que » par le coeur (et c’est bien le lien le plus fort), pourquoi le fabriquer en prenant des risques pour tout le monde, plutôt que rendre tout le monde heureux en retirant des risques ?

Bref, je suis pour une facilité à l’adoption (qui est un vrai parcours du combattant) plutôt que la fabrication de bébés « surnuméraires ». La Terre est surpeuplée, elle va s’écrouler, soyons écolos, « recyclons », même les bébés.
J’espère que ma dernière phrase sera bien lue avec tout l’humour qu’il faut, et ne sera pas retenue contre moi.

Docnmama

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56 réflexions sur “Gestation pour autrui, se poser certaines questions…

  1. Merci pour cet article très fouillé, et bienvenue sur les VI !!
    J’aime beaucoup la progression de ta réflexion. Même si je ne partage pas fircément tous tes arguments, je suis comme toi, je suis pour et je suis contre… Donc je ne sais pas bien et c’est un sujet qui me préoccupe, parfois… Par contre, ce dont je suis sure, c’est que les arguments parfois virulents des anti et des pro me heurtent le plus souvent.
    Ravie de t’avoir lue ici !

    • C’est dur d’avoir un avis bien tranché, sur ce genre de pb. Pour moi aussi, et je suis certaine qu’il y aura bien, un jour, un cas particulier qui me fera changer d’avis.
      D’ailleurs j’ai la grande chance d’attendre mon premier bonhomme pour les jours à venir, et je ne sais pas du tout quelle serait ma réaction si justement, j’étais parmi ces femmes qui désirent un enfant sans pouvoir le fabriquer…
      J’espère être de celles que l’adoption comblerait, sans qu’on parle de génétique, mais qui peut savoir sa réaction si la situation était différente ? Parfois un sentiment sans argument, ça marche aussi…

  2. Bienvienue!

    Je suis assez d’accord jusqu’à ce que tu parles d’adoption. A mon avis la démarche est totalement différente d’une part, et d’autre part, des enfants à l’adoption, bin y’en a pas. Mais je suis peut-être un peu sensible sur la question vu mon passé d’infertile, et que des « t’as qu’à adopter », et « pourquoi t’adoptes pas », j’en ai pris des millions dans la tête, et que j’ai dû me justifier 1,000 fois. Et en ce qui concerne les couples homosexuels, quand j’avais fait des recherches sur leur recours à la PMA, j’avais lu une étude qui montrait que le recours à la PMA était le plan B, parce que l’adoption est impossible justement.

    Pour ce qui concerne la GPA, je suis d’accord quand tu dis qu’on considère que les femmes ne sont pas assez grandes pour savoir ce qu’elles font, c’est un argument qui m’agace un peu. C’est la même chose pour la prostitution: ce n’est pas parce qu’on ne l’envisage pas soi-même ou que l’on en serait pas capable qu’il faut porter un jugement moral sur ce choix ou considérer que personne n’a pu le faire en conscience. Je ne vois pas pourquoi certaines femmes ne pourraient pas préférer porter un enfant que travailler de longues heures derrière un bureau ou à un travail physique.

    Mais ce qui me gène un peu c’est l’imprévisibilité de la grossesse, le fait que rien ne peut être vraiment contrôlé. Certaines femmes pourront accoucher en deux heures, sans déchirure et sans grande douleur, et certaines auront des accouchements difficiles et leur corps sera marqué et endommagé à jamais. De la même façon, j’imagine que certaines pourraient probablement se détacher facilement de l’enfant, et que d’autres resteraient blessées à vie par cette séparation. Et il me semble très difficile de savoir à l’avance de savoir dans quel camps on va être? Comment fixer une indemnisation dans ce cas? D’un point de vue du droit, comment prévoir ce qu’il va se passer? Que faire si la mère porteuse part avec l’enfant? harcèle les parents? Ca me semble un casse-tête juridique quoi.

    • Pour ce que tu dis sur l’adoption, je te suis complètement. des enfants à l’adoption, il n’y en a pas. Mais des enfants qui pourraient l’être si les démarches étaient facilités, justement, il y en a. Plein. Donc Mon avis ne fonctionne en effet que si l’on allège les démarches, ya des lourdeurs dont on peut se passer sans aller vers le trafic d’enfants.
      Ca me gène justement que la PMA, et pire, la GPA, soit le parcours le moins embûché, que l’adoption ait tellement de frein. Et pourtant pas plus de risque de marchandage !

      Le problème n’est pas, pour moi, de marchander le corps humain, même si c’est un problème éthique qui reste là, ce n’est pas le plus gros. Le problème, c’est mettre en danger une femme, même volontaire, et mettre en danger un enfant à venir, alors que d’autres en bonne santé n’attendent que ça…

      Quant à savoir ce que je penserais si le problème se posait dans mon ventre, dans ma famille… c’est autre chose. Et je ne me permettrais pas de juger quelqu’un qui passe par là !
      Tu parles de « passé » d’infertile, j’espère que ça veut dire que ton désir de famille s’est rempli. Sinon bon courage.

      • Je ne sais pas, si certains enfants ne peuvent pas être adoptés, c’est qu’il y a une raison. Ma tante s’occupe de ces enfants, ils sont souvent très abîmés par la vie, donc pas prêts, ou alors leurs parents sont en très grande difficulté, mais le lien de filiation n’est pas rompu pour autant. Je ne pense pas que les embûches administratives soient totalement gratuites.

        Et pour certains, le lien génétique n’a pas d’importance, pour d’autres, si. Pour certains porter en enfant n’est pas une chose à laquelle il est difficile de renoncer. Pour d’autre devoir y renoncer est une souffrance insurmontable. Pour moi, avoir tenu mon fils nouveau-né dans mes bras a été un moment des plus intenses de ma vie, et j’aurais pu aller très loin pour le vivre. L’adoption ne le permet pas.

        Dans l’adoption il y a tellement de renoncement: renoncer à une grossesse, à un enfant petit, accepter un enfant qui sera moqué pour sa différence, accepter une fratrie, accepter un enfant malade dans beaucoup de cas, déraciné, toujours.

        Bref, L’adoption c’est pas simple et la suggérer à quelqu’un qui envisage la PMA ou la GPA c’est souvent très maladroit, parce que oui, on y a déjà pensé, et que pour des tonnes de raisons, que personne ne devrait se permettre de juger, ça ne nous convient pas.

        • Je ne parle pas ici de PMA.
          Dans la GPA, il ne s’agit pas de faire le choix de renoncer à porter un enfant. porter un enfant est impossible, d’où la mère porteuse. Et il n’y a pas non plus de lien génétique (ou rare, rares sont les cas où l’ovocyte provient de la mère), sauf pour le père.
          Un enfant bébé, ou nouveau-né, oui il y en a à l’adoption.
          Je ne la suggère pas, je ne juge pas. Je souhaiterais juste qu’en amont la GPA ne soit pas envisageable, je n’ai rien à priori contre la PMA, et je voudrais que l’adoption soit beaucoup plus simple (parce que si toutes les embûches administratives ne sont pas gratuites, certaines pourraient être adoucies).

          • Le procédé que tu décris est celui du don d’ovocyte, pas de la GPA – et le but de la GPA est justement de preserver un lien génétique quand la maman n’a plus d’uterus, je crois que c’est le cas de la famille dont tu parles. A tout le moins, si un don d’ovocyte est nécessaire (ce qui laisse un lien génétique avec le père), on choisit une donneuse qui a les mêmes caractéristiques que la maman.

            Bon moi de toute façon, je ferais mieux de ne pas commenter cet article vu que je suis dans une phase particulièrement sensible de ma vie, en train de faire le deuil d’un deuxième enfant. Donc bon, je suis bien trop subjective. Mais du coup, quand tu dis que tu es contre la GPA parce qu’il y a la possibilité de l’adoption, moi j’entends que tu dis à ceux qui pensent à la GPA: Tu ferais mieux d’adopter. A la limite si je laissais l’infertile aigrie qui est en moi parler, elle dirait: Puisque c’est si cool l’adoption, pourquoi t’es enceinte, toi? C’est juste les autres qui doivent recycler?

            • La GPA nécessite dans la grande majorité des cas un don d’ovocyte, ce qui est le cas de la famille dont je parle, où il s’agit d’une infertilité ovarienne ET utérine. Il reste, effectivement, un lien génétique avec le père. Mais aucun lien génétique avec la mère, aucune grossesse (de la mère).
              La GPA n’est pas seulement donner un coup de pouce à la procréation (ce qui est le cas de la PMA), c’est mettre en danger une autre femme (et un embryon) pour avoir un enfant. Volontaire ou non, ce procédé est quelque part un danger (qu’il y ait ou non don d’ovocyte, la grossesse en elle-même présentant suffisamment de danger, pour la femme enceinte comme pour l’enfant, et pour le coup je suis bien placée pour le savoir, arrêtée depuis mon 5ème mois pour risque de prématurité… et médecin, en passant). Là où la prostitution c’est se mettre en danger soi-même (puisque tu (je te tutoie en retour, si tu es d’accord) en parles plus haut), là où la PMA c’est se mettre en danger soi-même, la GPA, c’est mettre en danger autrui. Je reste médecin et ne peux l’accepter, si d’autres moyens sont possibles, et c’est là que pour moi intervient l’adoption. À faciliter, encore une fois.

              Mais le sujet vous est effectivement trop sensible, et je suis désolée réellement de ce que vous traversez. Croyez bien que ce n’est en aucun cas un jugement, juste une opinion.
              Quant à la dernière question, dois-je vraiment y répondre ? ;)

              Bon courage

              • Je dis habituellement tu sur les VI, en aucun cas ça ne traduit un manque de respect. Si le vous est de rigueur ce n’est pas un problème.

                Je suis tout à fait d’accord avec l’argument du risque, et c’est justement pour cette raison que je suis très réservée sur la GPA. C’est un risque qu’on ne peut pas connaitre à l’avance (bien que l’article me gène sur ce point puisqu’il souligne les risques en matière de don d’ovocyte, et pas de GPA).

                Mais je persiste et signe, pour moi l’adoption n’a RIEN à voir dans ce débat.

                • Ne vous inquiétez pas du tu, je le préfère aussi, j’ai juste déjà vexé une personne ainsi sans le vouloir sur internet, donc je me justifiais peut-être sans raison ;)

                  Pour le risque, la GPA nécessitant pour la plupart du temps un don d’ovocyte, oui j’en ai parlé. j’ai aussi parlé des risques d’une grossesse et d’une naissance, mais moins, car j’ai pensé qu’ils étaient plus connus.

                • Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi lorsque tu dis que l’adoption n’a rien à voir dans ce débat.
                  Lorsqu’il y a don d’ovocyte et ou de sperme, il faut aussi faire la démarche d’assumer une filiation qui n’est pas biologique. Et pour l’enfant,qui ne sera pas forcément préoccupé par ses racines, la même ignorance de ses antécédents médicaux.
                  Dans le cas d’une GPA, que ressent un bébé qui a grandi dans un ventre pour passer dans d’autres bras ?

                  Je suis d’accord avec toi sur le fait que choisir entre PMA et/ou adoption est une affaire très personnelle qui ne se discute pas.

                  Mais dans tous les cas il y a une filiation « non standard » à inventer.

                  • Oui, mais renoncer au lien génétique ou même à la grossesse est une chose (que je serais prête à faire facilement par exemple) mais l’adoption n’implique pas seulement cela. Merci à Prune de l’avoir rappelé de façon si détaillée et documentée.

                    En tout état de cause, pour moi, le fait qu’il existe une solution alternative qui est l’adoption, ne devrait pas dispenser de réfléchir sur la GPA. C’est pour cela que je dis que les deux doivent être débattus séparément.

                    • Merci à vous tout-e-s pour cette discussion riches de vos connaissances, de vos réflexions et de vos expériences, vraiment.

                    • En effet, on occulte beaucoup le fait qu’adopter un enfant,ce n’est pas seulement accueillir « des gènes différents », c’est toujours accueillir aussi ses blessures , et ce n’est d’ailleurs pas forcément plus facile avec un bébé qu’avec un « grand » .(autre idée reçue « avec un bébé c’est plus facile »)

                      Prune a bien expliqué le contexte de l’adoption aujourd’hui.
                      Du fait de la mise en oeuvre de la Convention de La Haye, les enfants proposés sont de plus en plus à « particularité ». Et c’est certain, quand on se lance dans cette aventure, il faut vraiment réfléchir à ses limites, à ce qu’on se sent capable d’assumer ou pas.
                      Je suis plus mesurée sur « l’intérêt supérieur de l’enfant » versus les crispations nationalistes des états , qui je trouve s’amplifient beaucoup ces derniers temps. Je n’ai rien lu sur ce que deviennent les enfants dans les orphelinats des pays de l’Est depuis que l’adoption s’y est réduite, par exemple.

                      J’avoue que personnellement, je suis très mal à l’aise avec la GPA.
                      Je ne suis pas sûre du tout qu’on ne génère pas chez l’enfant concerné des troubles similaires à ceux rencontrés dans l’adoption en lien avec les multiples ruptures affectives subies par les enfants.
                      Et je partage les réserves de docnmaman sur les risques encourrus lors d’une grossesse.
                      La position de Osez le féminisme est très radicalement contre.
                      A coté de ça, il existait des « dons d’enfant » traditionnels, comme par exemple en Polynésie, où il était courant qu’une famille confie un enfant à une famille amie stérile.
                      Il y a donc aussi beaucoup de conditionnement culturel …

                      Mais je me dis que dans tous les cas, quel que soit le mode de filiation, avoir des enfants , c’est un projet de vie qui engage pour toujours.

                    • Je partage complètement tes réserves.

                      Mais elles sont plus liées à la question du risque, physique et émotionnel auquel est soumise la mère porteuse. Le problème est qu’il me semble bien difficile à prévoir en amont. Personnellement je ne me suis jamais sentie plus animale qu’enceinte ou jeune maman, et ces émotions difficilement « raisonnables » m’ont vraiment prise par surprise.

                      Ceci dit, je ne sais pas s’il existe en Angleterre une « sélection » des mères porteuses, mais on pourrait imaginer, comme pour le don d’ovocytes, qu’elles ne puissent se rendre volontaires qu’après avoir eu un enfant elles-mêmes histoire de savoir un peu plus à quoi s’attendre? Mais enfin cela ne fait que limiter le risque (puisque chaque grossesse est différente) et c’est une question vraiment difficile, je trouve.

                      En général j’ai un peu de mal avec les positions d’Osez le féminisme, je trouve qu’ils ont parfois tendance à vouloir penser pour les femmes et imposer un point de vue empreint de morale (par exemple, sur la prostitution ou la chirurgie esthétique).

                      En ce qui concerne des éventuels troubles chez les enfants conçus par GPA (ou don de gamètes?), je ne sais pas. Il est vrai que certains psys considèrent qu’un enfant qui ne connait pas ses racines pourra en effet être troublé.

                      Mais il me semble que c’est peut-être attacher trop d’importance aux liens du sang? Si j’ai des critiques sur la théorie de Bowlby, je pense que les cassures dans l’attachement qu’a subies l’enfant dans ses premières années ont peut-être plus de chances de créer chez lui des troubles du comportement et de l’attachement, que le simple fait que génétiquement, il ne soit pas lié à sa mère? Parce que dans le cas de la GPA, l’enfant est tout de suite remis à ses parents à la naissance (en tout cas, c’est comme ça que cela se passe ici, même si le « parenting order » qui fait des parents les parents légaux ne peut pas être rendu avant que l’enfant ait 6 semaines). Donc les jours « cruciaux » selon Bowlby se passent en principe dans la continuité de l’amour? Ou est-ce que la séparation de la mère porteuse à la naissance peut aussi être la source d’un trouble?

                      Je pense aussi qu’une partie de la souffrance des enfants adoptés pourrait aussi résulter de leurs différences, puisque les enfants y sont très sensibles. Ma cousine adoptée a ainsi été pointée du doigt pour sa couleur différente de celle de ses parents. Or dans le cas du don de gamètes, cette différence, en principe, n’est pas visible à l’œil nu.

                      En tout cas, dans mon entourage il y a des adoptions et des enfants issus de dons de gamètes (couple hétéro ayant recouru à un don d’ovocyte ou don de sperme pour un couple de femmes), et s’il y a eu parfois de grandes difficultés pour les adoptions (même si au final c’est une formidable expérience avec beaucoup d’amour), pour l’instant, il n’y a pas eu d’accroc pour les dons de gamètes. Mais je ne sais pas si on a le recul nécessaire car les enfants n’ont pas encore atteint l’adolescence.

    • En tant que maman adoptante, j’appuie ce que dit Prune, qui expose une image sensée et réaliste de l’adoption aujourd’hui.
      Les 2 démarches ne sont pas comparables.Les comparer c’est rendre l’enfant « objet » (puisque avoir un enfant est le seul point commun entre GPA et adoption), enfin le limiter à celà (un « résultat »), ce qui bien sur n’est pas la volonté ici.
      Les enfants sont adoptés suite à un accident de la vie, une rupture, la GPA n’a pas cette dimention, puisque par principe l’enfant n’est pas « mis en route » pour celle qui le porte.

      « l’enfant a besoin de connaître ses racines… Cette question est valable dans le cas de l’adoption, et on l’a déjà vue traitée de nombreuses fois, elle n’est en réalité pas problématique dès lors que rien n’est caché à l’enfant.  »
      Malheureusement pas toujours, le fait de tout dire, de ne rien vivre comme un tabou n’entraine pas forcément l’absence de problème, de conflit de loyauté ou de question sur son identité.

      Parcours du combattant….je déteste cette image. La démarche est bien moins difficile que lme challenge qui suit son aboutissement : faire famille par l’adoption est un sacré défi.

  3. Merci de cet article et de ta réflexion.
    J’ai entendu un pédo-psy, pendant les débats sur le mariage pour tous et l’adoption, dire (et il était pour les deux) que le problème lors d’un don anonyme ou une mère porteuse (il me semble qu’il parlait des deux), c’est que l’enfant ne connait pas ses racines. Même dans une famille hétéro-parentale. Mais que, vu que c’était autorisé pour les uns, c’était normal de l’autoriser pour les autres.
    En gros, il est contre l’idée mais pour l’égalité.
    (c’était sur un C dans l’air)
    Au sujet de l’adoption, pour voir le cas des filles de mon beau-père, ce n’est pas franchement simple non plus. L’enfant est transplanté ailleurs, et c’est encore plus compliqué quand l’enfant vient d’un pays étranger.
    Il n’y a pas de réponse simple à ce désir d’enfant qui ne peut se faire biologiquement.
    Du coup, je préfère m’abstenir d’avoir un avis. (en gros, je suis pour et contre à la fois…)

    • Je sais que psychologiquement, la vie d’un enfant adopté peut ne pas être évidente. Mais c’est un moindre mal dans la vie de cet enfant : je pense que le côté psychologique du « on m’a abandonné j’ai pas de racines » est beaucoup plus gérable si on lui rajoute un « mais quelqu’un a voulu de moi et m’aime, génétique mise de côté ». Et contrairement au don de gamètes ou à la GPA, pour l’enfant adopté, on n’est pas capable de couper ce problème à la racine (ou de ne pas le créer, tout simplement).

      Pour et contre, on l’est tous, je suis sûre qu’un cas particulier serait capable de me faire changer d’avis, comme pour toutes les questions épineuses…

  4. Même si on peut comprendre un désir d’enfant, il ne faut pas pour autant tout autoriser. Et la GPA me fait personnellement hyper peur.
    Déjà, pour l’adoption, je suis assez mitigée, surtout quand l’enfant vient d’un pays étranger…

    Pour ce qui est de prendre des femmes pour des idiotes par rapport à leur corps, je ne suis pas d’accord avec toi. Car justement, l’argent rend complètement con, qu’on soit homme ou femme.
    Et Drenka qui fait le parallèle avec la prostitution… J’avoue que ça me laisse perplexe…
    Qu’une infime proportion de femmes fassent ça par choix, à la limite, mais la majorité non ! Et les mères porteuses, je pense que c’est pareil.

    • Bin tu me reproches le lien entre prostitution et porter un enfant pour autrui, pis à la fin tu dis que c’est pareil :) – C’est l’argumentaire qui est le même: Pour les féministes anti-prostitution, on ne peut PAS faire ce choix, ou alors seulement si on y est contrainte par une misère extrême. Alors que des milliers de personnes revendiquent ce choix – hommes et femmes (Morgane Mertueil en tête, qui défend les droits des prostitué(e)s). C’est un jugement moral en réalité. Si la majorité ne le font pas par choix, alors ce n’est pas la prostitution le problème, mais l’esclavage sexuel et la misère sociale.

      En plus, en ce qui concerne la GPA, elle n’a pas à être rémunérée, elle est d’aileurs autorisé ici (en Angleterre) pourvu qu’elle soit gratuite.

      • Pour ce qui est de l’adoption, c’est le trafic d’enfant qui vous fait peur ? Je le comprends, vraiment. Mais ce qui me fait peur, à moi, ce sont ces milliers d’enfants sans foyer. Surtout avec ces milliers de parents qui ne voudraient que ça, leur donner un foyer stable où grandir, s’épanouir, être aimés. Ca fait un peu guimauve, dit comme ça, et oui il faut une régulation pour éviter les dérives, mais c’est un peu ça quand même…

        Pour la prostituée, encore une fois « elle fait ce qu’elle veut, c’est son corps, c’est elle qu’elle met en danger ». La GPA met en danger une autre femme, d’où le problème, de mon point de vue. Mais ça reste différent du « elle ne sait pas ce qu’elle fait, l’imbécile » ;)…

              • Je trouve cet argument un peu de mauvaise foi dans le sens où le sacrifice n’est pas le même !
                Mais sur le fond, je suis quand même d’accord : j’ai d’ailleurs démissionné à 2 reprises parce que je ne me sentais pas respectée dans ces tafs. Et je trouve ça triste que beaucoup de gens s’enlisent dans un taf qui les dépriment pour une question d’argent…

                • En effet, pour beaucoup, le sacrifice n’est pas le même. Mais on peut s’interroger sur la question de savoir où se situe la différence et pourquoi il nous parait plus choquant de mettre son sexe ou son uterus au travail plutôt que ses bras ou son cerveau.
                  Est-ce que cette « sacralisation » du corps de la femme est bien fondée? Est-ce qu’en la défendant, on protège la femme ou alors est-ce qu’on la prive d’un choix qui concerne son propre corps, donc de liberté?
                  Pour la GPA, je trouve la question particulièrement difficile à trancher.

                  • Mais ça n’est pas seulement son sexe ou son utérus : elle risque quand même des complications médicales. A la limite, tu peux comparer ça à un métier dangereux qui met ta vie en danger, mais pas à n’importe quel métier.

                    Quand à ta réflexion sur la liberté, tu es une ultra féministe ? ^^
                    Je dis ça parce que je me considère féministe, mais pas du tout égalitariste. Et surtout, je ne pense pas que la liberté totale soit un but qu’on devrait atteindre.
                    Franchement, ça me laisse perplexe qu’une femme trouve ça génial qu’elle puisse fumer comme un homme, par exemple, qu’elle pense que c’est sa liberté. En fait, pour moi, elle est contente d’être libre d’être aussi idiote qu’un homme ^^
                    Pour moi, certains combats féministes rabaissent vraiment cette cause…

      • En fait, ce qui me rendait perplexe, c’est que je trouvais que ton argument allait contre ta démonstration. Mais, pour moi, c’est effectivement du même ordre d’idée s’il y a de l’argent en jeu.
        Et s’il n’y a vraiment pas d’argent en jeu, j’ai du mal à comprendre les raisons qui pourraient pousser une femme a porter un enfant et à le laisser à d’autres gens quand il naît…

        • Tu peux lire les témoignages (en Anglais) des mères porteuses ici – elles le font par altruisme, Quelques fois parce que dans leur entourage, quelqu’un a souffert d’infertilité. C’est le même principe que le don d’ovocyte en France.

            • J’ai du mal à avoir une position tranchée sur la question, car tout est question de limites à poser, et c’est toujours complexe.
              Mais je suis sûre que je serai capable, sans aucun problème (ce qui ne veut pas dire sans émotion) de porter un enfant et de le donner, à ma sœur ou ma meilleure amie, par exemple. Il y a des pays où ça se fait (ou ça se faisait), je crois qu’un commentaire en parle un peu plus haut.
              D’autant plus qu’avec l’haptonomie, il peut y avoir un lien in-utéro avec les futurs parents.
              J’aurai plus de mal sans avoir de lien du tout, par contre.

              La difficulté est plus professionnelle à mon sens ; étant à mon compte je gère comme je veux, mais imposer une grossesse pour autrui à un employeur et les congés qui vont avec, c’est un peu compliqué…

              Bon, j’adore être enceinte (j’étais très en forme pour mes deux grossesse, dès le début et jusqu’au dernier jour), et j’adore aussi accoucher (enfin surtout comme ma cadette, de façon complètement physiologique, rien que pour revivre un accouchement j’en veux un troisième !).

              • J’aime aussi être enceinte (même si je trouve ça trop long car j’ai hâte de rencontrer bébé ^^) et j’adore accoucher (de façon naturelle). Et d’ailleurs je veux plein d’enfants ^^
                Mais porter un enfant crée forcément des liens…
                En tout cas, personnellement, je tue la personne qui me prend mon enfant à la naissance ^^

                • Moi aussi, si c’est bien prévu que ce soit le mien ! :)
                  D’ailleurs, ça m’avait choquée qu’on demande à la mater avant d’accoucher si je voulais voir mon bébé à la naissance…

                  Ce n’est pas le sujet, revenons à nos moutons : je serai prête à porter un enfant conçu pour quelqu’un d’autre, surtout pour un proche. Et faire des cours d’hapto, rencontrer les parents un maximum pour que le fœtus connaisse leurs voix, etc. Et même (surtout) après avoir noué une relation très intime avec un bébé dans mon ventre, et donc en ayant pour lui beaucoup d’amour.
                  J’ai été fille au-pair, j’ai créé de forts liens d’attachement pendant des mois avec des touts-petits… puis je suis repartie. Je me suis investie pour ces petits, j’ai eu beaucoup de peine en les quittant, mais on ne peut pas s’occuper correctement d’un enfant sans s’investir aussi émotionnellement.
                  C’est la vie, tant mieux si elle n’est pas tiède !
                  Un enfant peut très bien le comprendre, et en être marqué sans pour autant être traumatisé.

                  Ça me semble même plus facile, et plus naturel que de donner une gamète.
                  Quitte à donner, je préfère donner de ma personne, en toute connaissance de cause des risques encourus. Et pas pour de l’argent, surtout, surtout pas pour de l’argent ! Être remboursée de tous les frais, oui, bien sûr. Mais pas être payée. Soit on donne, soit on se vend… et clairement, mon utérus n’est pas à vendre, ni à louer.

                  La GPA, je suis pour !

                  L’adoption, je connais le contexte décrit par Prune (famille travaillant dans le social) : pour moi ça n’a rien à voir. On peut souhaiter être famille d’accueil, ou adopter, tout en ayant des enfants « à soit ». Et on peut souhaiter avoir un enfant sans pour autant être prêt à adopter.
                  Ce sont deux démarches complètement différentes, même si elles peuvent être liées pour certains couples.

  5. J’ai un peu du mal à me prononcer sur la question de la GPA, par contre je connais assez bien le sujet de l’adoption et je ne suis pas du tout d’accord avec le postulat de base qu’il y aurait plein d’enfants en bonne santé en manque de famille de part le monde…

    Plein d’enfants, où ?

    En France, il y a un peu plus d’un millier de nouveaux enfants adoptables chaque année, pour environ 25 000 familles titulaires d’un agrément d’adoption…
    Malgré ça, tous les enfants adoptables ne seront pas adoptés. En particulier ceux qui ont des problèmes de santé (souvent lourds) et ceux qui sont plus âgés. Seulement 50% des enfants admis comme pupilles chaque année ont moins d’un an. Parmi ceux-ci, tous ne sont pas en bonne santé (il y a des abandons à la naissance en raison de handicaps, souvent lourds). Les enfants qui deviennent adoptables plus tard le sont généralement parce qu’il y a retrait d’autorité parentale (les cas les plus graves de maltraitance), mais c’est rare, ou déclaration judiciaire d’abandon (les enfants pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, placés et dont les parents ne vont progressivement plus se manifester, auquel cas on peut demander à la justice de les déclarer adoptables).
    (pour les chiffres, voir les rapports annuels de l’ONED sur la situation des pupilles de l’Etat)

    On a pas mal parlé ces dernières années de pouvoir déclarer adoptables plus facilement les enfants délaissés par leurs parents et qui vivent en familles d’accueil ou en foyer pendant des années, en ayant plus fréquemment recours à la procédure judiciaire d’abandon.
    Je suis d’accord avec pas mal des arguments avancés, notamment le fait qu’on a culturellement en France des difficultés à rompre le lien de filiation biologique, même dans les cas « désespérés », que c’est important pour les enfants d’avoir un projet, qu’ils seraient mieux dans une famille d’adoption que ballotés de familles d’accueil en foyers (en même temps, on essaie de ne pas les balloter hein, c’est rarement fait exprès)
    Sauf … qu’on a déjà des difficultés à trouver des familles d’adoption pour les enfants qui sont à l’heure actuelle adoptables suite à des déclarations judiciaires d’abandon. Ces enfants ont en moyenne 7-8 ans au moment où ils deviennent adoptables, ils ont eu une vie compliquée voire traumatisante jusque là, et ils ont souvent plein de séquelles psychologiques, de santé, de développement, etc. Ils font partie des enfants pour lesquels il est le plus difficile de trouver une famille. Les adopter, c’est un projet parental très spécifique, et on ne peut pas s’attendre à ce que tous les couples confrontés à une infertilité, qu’elle soit médicale ou sociale, soient prêts à ça. Il y a des milliers de couple qui rêvent d’un enfant certes, mais dans leur rêve il n’a pas forcément 9 ans, un retard de développement, des troubles de l’apprentissage et du comportement, et besoin d’un suivi psychologique régulier. Je grossis un peu le trait, mais c’est quand même l’idée…
    Certains couples sont prêts à accueillir ces enfants, et c’est tant mieux et il faut se battre pour que ces adoptions soient facilitées, mais ceux qui ne le sont pas, on ne peut pas leur forcer la main.

    A l’étranger, il y a aussi de moins en moins d’enfants adoptables, pour des tas de raison aussi :
    – on a progressivement beaucoup plus encadré l’adoption à l’international, en posant des règles. Parmi celles-ci, le fait qu’un enfant qui n’a plus de parents doit être prioritairement pris en charge par sa famille élargie (ce qui est très souvent possible). Ou alors adopté dans son pays d’origine, ce qui se développe de plus en plus dans les pays émergents, où l’on adoptait beaucoup il y a quelques dizaines d’années (l’Inde, la Chine, le Brésil, la Russie…). Au Brésil, on recense maintenant 10 fois plus de candidats à l’adoption que d’enfants adoptables (source : EFA).
    Les adoptions dans le pays d’origine, comme c’est le cas en France, vont concerner prioritairement les enfants jeunes et en bonne santé, les autres étant proposés à l’adoption internationale, avec toujours la question de savoir si cela correspond au projet parental des couples infertiles…
    – On a aussi beaucoup freiné les adoptions d’enfants dits « non accompagnés », « séparés », etc dans les situations de conflits ou de catastrophes naturelles, …
    Certains pays ont mis en place des mesures spécifiques pour lutter contre les trafics d’enfants, notamment un âge minimum pour l’adoption.
    Enfin, parmi les pays les plus pauvres de la planète, un certain nombre n’autorise pas l’adoption pour des raisons culturelles.

    Tout cela ne va pas dans le sens d’augmenter le nombre d’enfants adoptables, en même temps, peut-on raisonnablement déréguler l’adoption à l’international, et revenir à la situation d’il y a 20 ou 30 ans où certes on pouvait adopter plus d’enfants, mais au prix de quels abus ?
    Il y a évidemment des questions diplomatiques, des lourdeurs administratives dans les pays d’origine ou en France, etc., que l’on peut déplorer. Mais il faut être lucide, la plupart du temps, on n’y peut pas grand chose depuis la France.

    Au final, l’adoption relève du parcours du combattant, oui, en même temps, la plupart des « obstacles » à l’adoption sont des règles qui ont été posées pour préserver l’intérêt des enfants et éviter les trafics, ou des délais qui découlent du petit nombre d’enfants adoptables ET correspondant aux attentes des candidats à l’adoption.

    Dans les années à venir, je pense qu’on risque plutôt d’avoir un accroissement de demandes de GPA faute de perspectives d’adoption, que l’inverse…

    • Je suis très heureuse de lire ce que tu écris sur l’adoption à l’étranger. Car je trouve effectivement qu’il est préférable pour un enfant d’être pris en charge par sa famille même s’il n’a plus ses parents, et d’éviter d’être déraciné en étant adopté dans son pays.

      • En effet, quand c’est possible. J’avais dans l’idée que ça ne l’était pas toujours… pas souvent, même, quand la famille ne peut pas l’accueillir.

      • Ce sont les termes de la Convention de la Haye, qui date d’il y a 20 ans. Et pourtant ça ne parait pas forcément « évident » pour tout le monde.
        On voit aussi l’adoption à travers le prisme de notre propre culture, notre fonctionnement en famille nucléaire, qui nous fait penser qu’un enfant sans parents est un enfant sans foyer. Mais il y a des tas de pays où l’enfant vivait déjà avec des grands-parents, oncles, tantes, fratrie éventuelle … avant de perdre ses parents. La question de l’adoption ne se pose même pas.
        Après le tsunami en Asie par ex, il y avait plein de candidats à l’adoption des enfants orphelins, mais par ex en Thaïlande, on a décompté après la catastrophe 1709 enfants « non accompagnés » (sans aucun adulte pour les prendre en charge) ou « séparés » (pris en charge par un adulte qui n’a pas de droits parentaux/familiaux), et finalement 1605 ont pu retrouver leur famille proche. Pour la centaine restante, il n’est pas sur qu’ils aient été adoptés à l’international, ils ont pu être adopté en Thaïlande.
        Au final, derrière notre écran de télé, on risque de surestimer fortement le besoin d’adoption à l’international.

    • Merci pour ce témoignage. Puis-je demander comment tu as eu toutes ces infos ? Recherches personnelles, tu es famille adoptante ou tu travailles dans ce milieu ?
      En tous cas merci, je ne connaissais pas tous ces détails sur l’adoption.
      Je voudrais croire que le désir d’enfant doit être plus fort que le désir d’un enfant « de soi ». Mais il est vrai que c’est naïf, et que je ne peux pas raisonner rationnellement sur un sujet si émotionnel et viscéral.

      Je ne peux par contre pas me prononcer en faveur de la GPA, à cause du danger encore une fois.

      • Je termine des études pour devenir assistante sociale, et ça fait partie des domaines dans lesquels nous sommes susceptibles de travailler donc des thèmes abordés au cours de notre cursus. Et mon mémoire porte sur l’adoption (des enfants qui ne sont pas en bonne santé justement) ce qui m’a amenée à me documenter assez précisément sur la question.

        Après il ne faut pas s’en vouloir non plus, ça fait partie de l’imaginaire collectif cette idée qu’il y a plein d’enfants adoptables de par le monde, plein de gens pensent ça (il n’y a qu’à compter le nombre de fois où ça a été invoqué récemment dans le débat sur le mariage pour tous…).
        Mais c’est loin de la réalité. Et ce qui est d’autant plus dur pour les couples infertiles, c’est que souvent ils se sont renseignés sur l’adoption et sont conscients de ces difficultés. Alors pour eux entendre « vous n’avez qu’à adopter »…

  6. Moi à la base, je suis plutôt contre la GPA, mais j’avoue que j’ai beaucoup de mal à me faire une opinion.
    J’ai lu cet article intéressant dans le monde magazine il y a quelques temps sur le GPA en Ukraine :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/01/04/ukraine-ventres-a-louer_1812237_3214.html
    il relate des témoignages de mères porteuse.
    Elle sont tout à fait conscientes, et choisissent, mais c’est tout de même bien le besoin d’argent qui domine.

  7. Merci beaucoup pour ta contribution!!! Et bienvenue officiellement parmi nous!!!
    C’est un sujet difficile que tu abordes là et qui nous remue tout-e-s dans nos convictions, nos émotions et notre vécu face au désir d’enfant, à la naissance, à la filiation.
    Je ne reviendrai pas sur la question de l’adoption qui a déjà été traitée et bien mieux que je ne saurais le faire dans les commentaires précédents.
    A titre personnel, la GPA me fait effectivement peur pour une question de marchandisation du corps. Pour autant, je suis persuadée que la question n’est pas de savoir si il est acceptable ou non pour une femme de « donner » l’enfant qu’elle a porté: moi, je ne pourrais pas le faire mais je pense pas que mon expérience de « mère » suffise à faire de mon ressenti une vérité universelle. Dans de nombreuses cultures (tahitienne par exemple, mais pas que), le « don » d’enfant est quelque chose de socialement admis et de très commun (comment les enfants vivent-ils cela? ça je n’en sais rien… je souligne juste par là que ma représentation de la maternité et de la filiation est empreinte de ma culture d’occidentale). La marchandisation qui me fait peur est plutôt liée aux précarités économiques, en France et dans le monde. J’aurais du mal à accepter que des femmes, en grande difficulté économique, se retrouvent en situation de devoir outrepasser le respect du à elle même et à leur corps parce qu’une telle somme d’argent ne se refuse juste pas. Cette situation me fait penser à celle de ces femmes issues de pays pauvres qui viennent aux USA pour s’occuper des enfants des riches américaines tout en ayant laissé les leurs à la garde d’une grand-mère, d’une soeur, etc… D’où le fait, que je n’ai aucun arguments contre la GPA pratiquée telle que l’est actuellement en France le don d’organes avec donneurs vivants, au sein d’une même famille. Ce serait même une plutôt belle façon d’entrer dans la vie!

  8. Je suis plutôt pour la GPA, d’ailleurs je pense que si le cas ce présenterais je le ferais pour ma soeur ou mes deux meilleurs amies, et j’aurais bien conscience de n’être qu’un « four » (mais un four rempli de douceur et de bonnes intentions), mais pas pour des inconnus!!!
    Évidemment, cela ne peux pas se faire sans un encadrement très stricte pour éviter certaines dérives !!!
    Je comprend ton argument concernant l’adoption, mais comme là dit Prune, c’est très compliqué !!! Et puis je pense que bcp de parents veulent « leur » enfant avec leur gène ou du moins une partie et aussi découvrir la parentalité à travers un nouveau-né et non un enfant déjà grand (plus de quelques mois) !!!
    Bonne journée !!!!

  9. lectrice occasionnelle, c’est mon 1er comm’ ici, mais le sujet est tellement complexe et intéressant que je ne peux me retenir ! ;-) a priori, je suis contre la GPA et le don de gamètes et pourtant je suis pour sa légalisation en France… Je m’explique… Je suis pour l’égalité et j’ai du mal à comprendre que le don de gamètes soit autorisé et pas la GPA… Même si pour moi, les enjeux ne sont pas forcément les mêmes…. Pourquoi permettre à une femme de recevoir un don d’ovocyte et refuser à une autre une solution pour avoir, dans certains cas, son « propre » enfant (pas d’utérus, mais production d’ovocyte, par exemple) ?

    A la base, je ne suis pas pour le dons de gamètes… Tout comme l’adoption, la question des origines me pose un problème… C’est sans doute mon côté je réfléchis un peu trop et mon goût pour la génétique au collège mais je me suis toujours dit qu’en étant dans cette situation, en tant qu’enfant, je serais perturbée par le fait de pouvoir tomber amoureuse de mon « frère », par exemple !!! ;-) (oui, je sais, les chances sont infimes mais bon, on ne sait jamais !!!) En tant que parent, je me poserais surement des questions sur les caractéristiques du donneur…. notion d’acquis et d’inné… Est-ce que ce trait de caractère vient du donneur ? En cas de pathologie psychiatrique, par exemple, est-ce héréditaire ? Et en tant que donneur, je ne pourrais sans doute pas m’empêcher de me demander si la petite fille du parc qui a un vague air de ressemblance ne serait pas de moi…. Personnellement, je ne pourrais faire de don car je n’imagine pas avoir un petit bout de moi se baladant sur terre, sans même le connaitre…. Après, c’est ma relation à la génétique qui me donne ce ressenti et heureusement pour les parents qui en ont le besoin, ce ressenti n’est pas le même pour tous ! Il me serait plus facilement envisageable de prêter mon corps pour permettre à un couple de devenir parents que de donner mon matériel génétique….

    Après, l’article pose surtout la question du risque pour la mère porteuse et pour l’enfant… J’avoue que je n’y avais pas songé avant… mais il me semble que, bien réglementé, même si chaque grossesse est unique, ce risque pourrait être diminué… Pour l’aspect psychologique aussi… Une des 1ères mesures seraient de ne permettre cela qu’à des femmes ayant déjà eu des enfants…. Elles sont généralement plus au courant des risques, des enjeux…. Une évaluation psychologique semble également indispensable… Je pense également qu’une légalisation éviterait des dérives, financières par exemple… Un forfait à titre de compensation pour les frais engagés, oui ! une rémunération, non ! Après, il s’agit du choix de chaque femme de prendre le risque ou non…. Tout comme pour un don de rein ou un don d’ovocyte, par exemple, il y a toujours des risques ! Et pas que dans le domaine médical, d’ailleurs… Libre à chacun de prendre le risque de sauter d’un pont attaché par un simple élastique…. Le tout est d’être bien informé !

    Concernant le bien être de l’enfant, c’est là le point le plus mystérieux…. Oui, un enfant entend et reconnait l’odeur, la voix, l’environnement de la femme qui le porte et de son entourage… Mais si les futurs parents sont présents tout au long de la grossesse et dès la naissance, cette séparation sera-t-elle plus difficile à surmonter que lors d’une adoption ? Après tout, cet enfant aura été désiré, voulu et c’est peut être là le plus important ! Cette solution n’est certes pas la meilleure mais si c’est la seule possible pour un couple…. Au final, ce « pavé » m’aura finalement permis de pouvoir affirmer que je suis pour la DPA…. Et finalement bien plus que le don de gamètes…. Mais, ça, ce n’est que mon ressenti de femme ayant eu son 1er enfant sans difficulté et l’importance que j’accorde au lien génétique ! Après, je suis heureuse qu’il existe cette possibilité pour permettre à des couples de former une famille alors pourquoi ne pas permettre cette autre possibilité pour aider d’autres personnes atteintes de maux différents ?

    • Je suis en fait d’accord avec toi sur les risques! Si l’on est bien informée et que le consentement est « éclairé », ce qui peut-être en matière de grossesse implique de savoir de quoi on parle et d’avoir déjà porté un enfant, alors… de quel droit pourrait-on choisir pour une femme les risques qu’elle entend courir.

      Ce qui me chiffonne quand même pour la GPA, c’est comment gérer les risques d’un point de vue juridique (déformation professionnelle?). Un exemple concret: Ici en Angleterre, la mère porteuse a 6 semaines après la naissance pour se rétracter et décider de garder l’enfant: le « parenting order » qui donne officiellement aux parents le statut de parents, ne peut donc pas être rendu avant 6 semaines. Et là je me mets à la place des futurs parents: Quelle angoisse! « mon enfant », peut-être conçu grâce à mes ovocytes et le sperme de mon compagnon, pourrait ne jamais être à moi? Mais peut-être faut-il seulement s’inspirer des législations déjà existantes dans d’autres pays et voir comment ils ont pu résoudre les situations problématiques qui se sont présentées.

      En ce qui concerne le lien génétique, j’étais comme toi. Et puis j’ai cru que je n’aurai jamais d’enfants, puisque mes ovocytes sont de mauvaise qualité. Au début, je m’étais dit que je ne pourrais pas avoir recours au don d’ovocytes, à moins de demander à ma sœur d’être la donneuse… Et puis j’ai progressivement fait le cheminement dans ma tête pour me dire que finalement, le lien génétique, est-ce que c’est si grave? Aujourd’hui un don de gamètes ne me choque plus du tout!

      Mais c’est un cheminement tout à fait personnel, lié en partie à des discussions avec des copinautes infertiles, l’observation de personnes dans ma famille qui y ont eu recours… J’ai bien conscience que tout le monde n’est pas en mesure de faire ce cheminement! Et je trouve ça bien que tu dises que ce n’est pas parce que tu ne t’en sens pas capable ou que l’idée te gène que tu es pour l’interdiction des dons de gamètes. Voilà un débat tellement subjectif quel’on a parfois tendance à vouloir ériger son ressenti propre en loi.

      • Je suis absolument effarée d’apprendre que, en Angleterre, la mère porteuse a un droit de rétractation !!! Je trouve ça absolument inimaginable et totalement impensable ! Dès le départ, le contrat est de porter l’enfant d’une autre ! Pour moi, la mère porteuse n’a aucun droit sur l’enfant ! Eventuellement, on pourrait envisagé une priorité pour la mère porteuse en cas de mise en adoption de l’enfant porté par ses « parents », mais rien de plus ! Je pense qu’en « bétonnant » la législation sur la GPA, il est tout à fait possible de contrer d’éventuelles problèmes juridiques, en faisant un travail en amont sur les différents protagonistes, voir s’ils sont « sérieux » dans leur démarche, en établissant un contrat protégeant les parties, également. J’avoue ne pas du tout connaitre la législation mais pourquoi ne pas s’appuyer sur celle du don de rein de son vivant, par exemple ? Car les risques me semblent assez proches, même si évidemment, le temps engagé est beaucoup plus important pour une GPA. Et pourquoi ne pas reconnaître le futur enfant, dès la grossesse ? Il n’empêche qu’il me semble assez hypocrite de ne pas légaliser cette pratique, sachant qu’elle existe, qu’elle est pratiqué par des ressortissants français et que du coup, elle entraine de sérieuses dérives dans d’autres pays…. En légiférant, j’ai la naïveté de croire que cela éviterait bien des dérives dans les pays de l’Est, par exemple, même si, soyons réalistes, la rareté de personnes disponibles poussera toujours certaines personnes à se tourner vers des pays aux situations plus précaires….

        Concernant le don de gamètes, je me suis posée la question, lors de mon essai pour bb2, qui a mis du temps à arriver…. Je me suis dit que je ne pourrais pas…. Idem pour la FIV… Un coup de pouce, éventuellement, et encore…. Je me demande quand même qu’elles sont les conséquences pour un bébé, un enfant, un adulte, d’avoir été conçu de manière si peu naturelle… On prône le naturel, on rejette les OGM mais on conçoit de fabriquer un bébé dans une éprouvette ! Alors, oui, on touche à l’intime, au viscéral même, mais a-t-on assez de recul pour pouvoir affirmer que cela n’aura aucune conséquence sur sa santé future, son développement psychologique et émotionnel, etc ? Mais, bien entendu, c’était plus facile pour moi, ayant déjà un enfant…. Je ne suis donc pas pour, pour moi, en tout cas… Trop de questions en suspens…. Mais, je trouve cela bien de laisser le choix à d’autres personnes, de leur permettre de vivre une vie de parents… Libre à chacun de faire ses propres choix en connaissance ou non de causes, libre à chacun de prendre un risque, de décider que ces risques valent le coup d’être pris….

        • Alors, sur le plan médical, je pense qu’on a suffisamment de recul (35 ans?) pour dire que les enfants issus de FIV n’ont pas de problèmes médicaux particlulier, je crois qu’il y a plus de risques de fausses-couches au début de la grossesse, et de complications/ prématurité dues aux taux plus élevé de grossesses multiples. j’avais aussi entendu dire que les enfants nés de FIV auraient plus souvent des tâches de naissance, mais qu’on ne sait pas vraiment si c’est réel ou si c’est juste que ces enfants-là sont observés sous toutes les coutures. Enfin je peux me tromper mais je crois qu’il n’y a pas d’études qui mettent en évidence des problèmes de santé qui seraient dûs au fait que l’enfant a été conçu par FIV ou grâce à un don de gamètes. Après, dans le cas du don de gamètes, en cas de problème, on ne connait pas les antécédents familiaux, mais en principe les donneurs sont sélectionnés pour ne pas transmettre de problème héréditaire majeur?

          Pour ce qui concerne le développment émotionnel, je te renvoie à l’article du guest d’aujourd’hui. Il est possible que l’enfant se questionne sur ses racines? Mais il nait d’un acte positif de don, qui plus est au sein d’un couple qui a mûrement réfléchi son projet parental, ce qui a mon sens peut lui donner des fondations plus solides.

          Mon ressenti personnel de maman qui a un enfant né à la suite d’une FIV, c’est qu’une fois enceinte, on est rien qu’une femme enceinte comme les autres (peut-être plus angoissée?), et la façon dont cette petite graine s’est accrochée n’a plus vraiment d’importance. Et quand le bébé est là, c’est…. un bébé, avec le torrent d’émotions qui l’accompagnent. Je ne compte pas du tout lui mentir, mais je t’avoue que je n’ai même pas commencé à réfléchir à quoi dire, et comment amener le sujet, tant nos préoccupations sont à des années lumières de sa conception particulière.

          Ceci dit, j’aurais bien voulu avoir un deuxième enfant, mais cette fois-ci, j’ai plus de mal à envisager un don de gamètes (puisque mon mon premier enfant a été conçu avec nos gamètes), et une énième FIV (outre que je ne peux pas me le permettre sur le plan financier, ce qui fait que la question est réglée) me parait physiquement et émotionnellement totalement insurmontable. Ce n’est pas par rapport au futur bébé, c’est juste pour moi, personnellement et égoistement. Parce que oui, pour les mères, les traitements hormonaux ne sont pas anodins – crois-moi, on a pas le loisir de l’oublier.

  10. En fait, tout le début de ta démonstration est parfait, mais après, tu dérives toi aussi ! LaGPA n’a rien à voir avec l’adoption, car dans la GPA (tu l’as dit) la plupart des couples utilisent leurs propres gamètes (et donc l’enfant est biologiquement le leur, qui pourrait leur reprocher d’avoir envie de se reproduire, comme 99,99% des autres couples et d’avoir des enfants issus de leur patrimoine génétique, avec la ressemblance qui va avec et ?). Par ailleurs, tu aurais dû AUSSI te renseigner sur l’adoption et la soit-disante existence de « milliers » d’enfants à adopter » qu’on traîne de famille d’accueil en famille d’accueil » : si c’est le cas, c’est que ce sont des enfants NON ADOPTABLES, précisément, car leurs parents n’ont pas renoncé à leurs droits parentaux. Pour les VRAIS enfants adoptables, il y en a 800 par an en France contre 25 000 demandes environ. Quant à l’adoption internationale, elle n’est pas toujours éthique (on paie fort cher les intermédiaires) et pas régulée, et de toutes façons il y a de moins en moins de pays qui l’ouvrent à d’autres ressortissants que les leurs… ALors, dans ton « jeu » du « pour ou contre », il faut mettre tout dans la balance ! Moi je pense que tu fais preuve d’hypocrisie, et qu’en réalité tu étais CONTRE dès le départ. Et cela te regarde, mais ne fais pas semblant d’avoir changé d’avis !

    • On peut être partagée, hésitante, sans pour autant être hypocrite!! Ce débat est suffisamment complexe pour qu’on s’autorise à changer d’avis, voire même à ne pas être en mesure de trancher!
      Ceci étant sur l’adoption, je reconnais qu’on peut vite se fourvoyer par les apparences quand on n’y est pas directement confronté. Prune a d’ailleurs laissé (plus haut) un commentaire des plus intéressants pour repréciser la situation actuelle.

    • Pensez comme vous le souhaitez que je fais preuve d’hypocrisie… Mais je dois avouer que ça me choque.
      Je n’ai jamais dit que j’avais été pour, j’ai dit que je ne m’étais pas vraiment posé la question et que j’avais toujours cru être pour, avant de me poser réellement la question et de comprendre que je suis contre.
      Je suis par contre coupable, en effet, de naïveté. Je pensais sincèrement (et j’ai du mal à ne pas le penser encore, même si les arguments de Prune m’ont bien remise sur les rails) que certains enfants dits non adoptables pourraient l’être sans danger pour eux et avec plus de souplesse. Je suis contente d’en avoir plus appris sur le sujet. La discussion est également faite pour cela, apprendre, non ?
      Quant à la GPA, elle est faite avec les gamètes du père, mais dans la majeure partie des cas avec un don d’ovocyte. L’enfant n’est donc que peu relié génétiquement à ses parents, ce qui me la faisait rapprocher de l’adoption. Cela dit, je ne conçois pas du tout les deux approches comme identiques. Je misais juste sur le fait que, comme je suis contre la GPA (et ça n’a rien à voir avec l’adoption), il y avait heureusement d’autres moyens de satisfaire un besoin/désir de famille.
      Je reste contre la GPA comme un médecin : c’est faire porter trop de risques à une femme saine de corps et d’esprit (puisqu’on la sélectionnerait justement, heureusement), porter des risques évitables (je les ai résumés au-dessus… Les risques de la grossesse pour la porteuse, de la stimulation ovarienne pour la donneuse d’ovocytes, des risques psychiatriques pour la mère ET pour la porteuse). Je suis médecin et je n’ai pas été formée, et je n’ai pas conçu mon esprit, pour accepter de tels risques non indispensables…
      Enfin, je ne reproche à personne d’avoir l’envie, le désir de se reproduire, je ne reproche à personne d’avoir l’envie et le désir d’élever des enfants, de partager une famille, je me demande juste jusqu’où il faut suivre le désir des gens… Pour moi mettre en danger autrui va au-delà. Le don d’organe n’est pas pour épancher une envie ou un désir, mais pour sauver une vie. Il est donc bien plus acceptable à mes yeux. Si l’on réfléchit posément (et c’est quasi impossible dans ce débat émotionnel), la balance bénéfice-risque n’est absolument pas la même.
      Je ne fais pas semblant, je n’ai jamais fait preuve d’hypocrisie, merci, si vous n’êtes pas d’accord avec mes idées (ce qui est normal dans un débat comme celui-ci, où il est plus que difficile d’avoir un avis tranché, un débat qui fait appel à des pulsions émotionnelles et viscérales plus qu’au raisonnement pur), d’au moins les respecter, ou me respecter, sans insulter ma démarche.

  11. Beaucoup d’entre vous (et moi la première) ont comparé le don de soi de la GPA au don d’organe… Je souhaite tout de même pointer une différence énorme.
    Dans la balance bénéfice-risque, pour les deux on met d’un côté des risques évidents, peu fréquents mais présents… ce ne sont pas les mêmes risques, mais j’admets bien la comparaison.
    L’autre côté de la balance, par contre, est une envie d’enfant, d’un côté, et sauver une vie, de l’autre. D’un côté, renoncer équivaut à se créer une autre vie, d’autres envies, renoncer à un rêve. De l’autre côté, renoncer n’est pas envisageable, c’est renoncer à la vie, tout simplement.

    Je conçois que cet argument puisse choquer, et je ne compare pas une envie d’enfant à une envie de chocolat. Mais je ne la compare pas non plus à une nécessité absolue et vitale.
    J’espère ne pas avoir choqué ou blessé les femmes qui me lisent et qui ont ou ont eu des difficultés à devenir mères. J’essaye d’avoir la tête froide dans un débat où c’est particulièrement difficile.

    Je tiens aussi à remercier Prune sur ses éclairages sur l’adoption. Et oui, j’aurais dû me renseigner avant dessus.

  12. Pingback: L’homme descend-t-il de l’arbre? | Les Vendredis Intellos

  13. J’ai vivement apprécié ton article sur un sujet qui me touche aussi et à propos duquel je viens de publier des extraits d’un article de L’éécologiste ici : https://lesvendredisintellos.com/2014/10/17/le-marche-de-la-procreation-artificielle/

    Je rajoute juste que ta réaction finale m’a rappelé que les mères porteuses indiennes le font apparemment souvent pour nourrir leurs propres enfants, dont elles sont séparées le temps de leur grossesse qu’elles passent dans la clinique. Encore un autre paradoxe cynique à mon sens…

  14. Pingback: Loi bioéthique – à propos de la PMA | Les Vendredis Intellos

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