Allaitement et médication : oui, c’est possible !

 

Quelle belle aventure que l’allaitement ! Oui, belle aventure, mais un brin compliqué pour la majorité des mamans…Entre les douleurs des premiers jours, les angoisses de la prise de poids et les conseils erronés des professionnels de santé, on comprend pourquoi bon nombre d’entre elles abandonne tôt. Et oui, si nous ne sommes pas correctement soutenues, et qu’en plus on nous met des bâtons dans les roues, difficile de mener à bien un allaitement.

 

En ce qui concerne les informations erronées données par les professionnels de santé, on peut citer la quasi interdiction de se soigner par une médication classique lorsqu’on allaite…J’en ai malheureusement fait les frais…

 

C’était aux environs des six mois de LB, j’ai eu de gros problèmes de tensions ( trop basse). Or, mon médecin généraliste ( qui avait elle-même allaité ses enfants…Quand je dis qu’il y a un problème de formation du personnel médical en matière d’allaitement dans ce pays…) m’a clairement dit « on n’aime pas prescrire des médicaments lorsqu’une femme allaite » et  me faisait comprendre que j’avais le choix : allaiter ou me soigner, génial !

 

Sauf que…C’est faux !

 

Ainsi, dans un article de la Leche League, intitulé « Vous devriez continuer à allaiter« , on apprend que :  » La présence d’une faible dose de médicament dans le lait maternel est presque toujours sans danger. En d’autres termes, la prudence recommande de continuer à allaiter, et non d’arrêter« .

« La plupart des médicaments se retrouvent dans le lait, mais en quantités minimes. Bien que quelques rares médicaments puissent, même en très petites doses, causer des problèmes chez le nourrisson, ce n’est pas le cas de la grande majorité d’entre eux. Les mères à qui l’on conseille de cesser d’allaiter pour prendre un médicament doivent demander à leur médecin de s’assurer que sa recommandation se fonde sur des sources fiables« . En France, la ressource fiable, c’est le CRAT ( Centre de Référence sur les Agents Tétratogènes), structure rattachée au service d’Embryologie et de génétique médicales de l’hôpital Armand-Trousseau.

Sur son site internetvous trouverez la liste des médicaments compatibles avec l’allaitement et ceux qui ne le sont pas. Si un doute subsiste, vous y trouverez également un numéro de téléphone, destinés aux professionnels de santé.

 

En conclusion : Si les médecins n’ont pas le temps ou la possibilité de se former, j’aimerais au moins qu’ils assument leur incompétence en la matière. Il suffirait simplement qu’ils disent « je ne sais pas » et qu’ils orientent les mamans allaitantes vers un personnel formé à l’allaitement…

Sandy les bébous

 

12 réflexions sur “Allaitement et médication : oui, c’est possible !

  1. Je préfère préciser que, même les médicaments acceptés par le crat, on préfère réguler une hypertension par un régime, du sport, d’autres mesures hygiéno-diététiques, on préfère conserver une hypertension légère à modérée pendant l’allaitement, que donner des anti-hypertenseurs… Vous remarquerez que sur la plupart des médicaments du crat, il est indiqué que les études menées sont peu nombreuses, mais rassurantes.
    Combien d’études sur le médiator avant le scandale ? (et ceci n’est qu’un exemple).

    Je suis d’accord avec vous, il ne fallait pas arrêter d’allaiter pour autant.
    Mais êtes-vous certaines du « sous-entendu » dont vous parlez ? En avez-vous parlé avec elle ?
    Je ne vous accuse en rien, mais j’entends tellement de « le médecin voulait dire que… », « Il n’a pas eu besoin de me dire que…, je le sentais bien »… Peut-être faut-il s’en assurer ?

    • Il s’agissait plutôt d’HYPOtension et oui, je suis sûre du sous entendu…Je suis sortie de son cabinet sans ordonnance. A la visite suivante, après avoir accepté le sevrage, elle m’a prescrit des médicaments.

  2. Je crois que la maman qui témoigne a souffert d’hypotension non d’hypertension, ce qui doit changer la donne en termes de modes de traitement.
    Je me permets d’évoquer mon cas personnel. Après l’accouchement j’ai immédiatement développé un eczéma monstrueux sur tout le corps. On m’a dit, je cite « Ah mais vous allaitez, on ne peut rien faire pour vous » tout en me proposant de m’étaler des corticoïdes sur tout le corps (!) dont on m’assurait qu’ils étaient inoffensifs pour le bébé, ce dont je doutais relativement et dont je doutais surtout de l’innocuité pour moi. De retour à la maison j’ai fini par appeler SOS Médecins et j’ai montré au médecin la page du CRAT sur les antihistaminiques prescriptibles pendant l’allaitement.
    Ce que j’en ai retenu c’est qu’il faut drôlement s’informer par soi-même, rester ferme, très facile quand on vient d’accoucher et qu’on ne dort pas à cause des démangeaisons…
    J’ai fini par me débarrasser de mon eczéma tout autrement mais cette expérience m’est vraiment restée en travers de la gorge…

    • Je crois que ça rejoins la question que l’on évoque souvent dans les VI : maintenir et développer notre confiance en soi lorsque l’on devient parent et ne pas se laisser infantiliser. Oui, nous avons le droit, lorsque c’est justifié, de nous opposer aux décisions qui nous concernent et qui ne nous conviennent pas ( je sais, plus facile à écrire, qu’à faire !)

  3. J’avais clairement mal lu, pardon.
    En ce qui concerne la formation des médecins en allaitement, je ne peux qu’être d’accord, elle est minable.
    Je dois reconnaître aussi que certains médecins ne s’informent pas assez d’eux-même.
    Vous avez eu raison de montrer ce que vous aviez trouvé à votre médecin. C’est exactement ce qu’il faut, un peu de communication. Et vous avez probablement contribué à aider d’autres femmes après vous, si votre médecin était assez sensible pour comprendre qu’il ne s’était pas assez formé et que, grâce à vous, il mettra le nez dans le crat pour la prochaine fois !

  4. Tout à fait d’accord avec ta conclusion ! C’est si difficile d’admettre qu’on ne sait pas tout ?
    Je préfère qu’on me dise je ne sais pas, je vais rechercher cette info que de m’assener des âneries avec aplomb. Ça mine la confiance.

    • Exactement ! Je comprends très bien que tous les médecins ne puissent pas nécessairement se former en matière d’allaitement, mais que l’on ne nous raconte pas n’importe quoi par peur de montrer que l’on ne sait pas !

  5. Merci beaucoup de ta contribution!!! Je suis quand même super contente de voir que le travail réalisé par le CRAT est de plus en plus connu et reconnu. Je me souviens la toute première fois où j’en avais parlé à mon pharmacien, c’était il y a 3 ans: il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Alors qu’aujourd’hui, c’est devenu un réflexe dans toutes les pharmacies où je vais: ils ne sortent plus le Vidal mais ouvrent la page du CRAT. VICTOIRE!!!!

  6. j’ai la joie énorme d’avoir une médecin qui connait le CRAT et qui a allaité. Donc quand je parle de mon enfant de 2 ans encore allaitée, je n’ai pas le droit à des gros yeux et à un traitement quand même en cas de soucis et ça c’est top! d’ailleurs je peux passer le nom de cette médecin (en message privée) si des gens sont sur strasbourg et en ont besoin.

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