Erreur ou pas, notre fils Louis  (bientôt 16 mois),  a découvert la nourriture très tôt. Dès 4 mois, il a gouté de tout ou presque, et cela avec une délectation non dissimulée. Ses parents étaient fiers comme des poux, il faut l’avouer. Nous nous targuons d’être de fins gourmets, c’est notre  digne enfant. Mais ça c’était avant les fêtes…

Louis adooore le chocolat et nos familles ne se sont pas privées de l’en gaver. Et lorsque nous rentrons à la maison le soir, ce n’est plus mon chérubin si calme que je tente de coucher, mais bien un suppôt de Satan…Rendez moi mon fils !!

Par la suite, la majorité des gens à qui j’en ai parlé ont attribué cette excitation soudaine au sucre. Et d’un coup la fierté d’avoir engendré un gastronome, c’est transformée en légère culpabilité. N’aurions nous pas dû nous abstenir de lui faire gouter le sucré aussi tôt?

 

J’ai entrepris des recherches sur internet.  Je suis tombée notamment sur cet article :

http://demythificationscientifique.uqam.ca/presentDemyth3.php?id_demyth=137

Ce qui m’a surtout interpellé, c’est ce passage :

« Il est également probable que l’hyperactivité des enfants, observée après avoir consommé du sucre, puisse ne pas être en raison du sucre du tout, mais plutôt à cause de plusieurs facteurs comme : la difficulté à s’adapter dans un nouveau environnement, la permission spéciale de consommer les sucreries, l’excitation qu’entraînent des activités spéciales tels que les fêtes, les vacances et les périodes récréation. ».

Puis je me suis penchée sur une de leurs sources, une étude de 2008, publié par le British Medical Journal (http://www.bmj.com/content/337/bmj.a2769) dont voici un extrait :

« Si les enfants rêvent de Roudoudous et de fraises Tagada (Note: Les “sugarplums” sont une sorte de bonbons américains, des fruits secs enrobés de sucre), les bonbons terrorisent les parents qui se voient déjà en train de gérer la crise d’hyperactivité à suivre. Mais en dépit de ce que croient les parents, le sucre n’est pas responsable de ces crises des petits qui semblent devenir incontrôlables. Au moins 12 études randomisées en double aveugle ont examiné comment les enfants réagissent à des régimes contenant différents niveaux de sucre. Aucune de ces études, même celles qui observaient en particulier des enfants atteints de troubles de déficits d’attention ou d’hyperactivité, n’a montré de différences de comportements entre les enfants qui avaient consommé du sucre et ceux qui n’en avaient pas consommé. Cela inclut le sucre contenu dans les bonbons, le chocolat, ou le sucre issu d’aliments naturels. Même dans les études de ceux considérés comme « sensibles » au sucre, les enfants ne se sont pas comportés différemment après avoir été soumis à des régimes sucrés ou sans sucre.

Les scientifiques ont même étudié comment les parents réagissent au mythe sucre. Quand les parents pensent que leurs enfants ont consommé une boisson contenant sucre (même si en réalité la boisson n’en contenait pas), ils estiment le comportement de leurs enfants plus hyperactif.  La différence de comportement des enfants était toute dans la tête des parents »

 

Dans toutes les publications que j’ai pu lire, on y retrouve ce dénominateur commun. C’est l’environnement et non le sucre qui serait à l’origine de cette hyperactivité.

Alors je m’interroge :

Cette histoire de sucre, c’est encore une croyance de grand-mères ???

Sans vouloir donner dans la paranoïa, ces études sont-elles vraiment objectives (et non commanditées par des entreprises) ?

Et vous, vous avez lu des recherches expliquant le contraire ???

En tout cas je suis quand même mieux renseignée sur les risques de la consommation de sucre (obésité, diabète, etc), mais aussi sur les additifs qui accompagnent les sucreries, et qui eux, ne seraient pas anodins…

 Ceci est ma première contribution aux Vendredis Intellos. Merci  à Drenka pour la traduction du texte, et à Madame Déjantée pour son aide précieuse.

Natachaa