Une école à l’ancienne

hattemer

Je fais en partie écho à l’article de Clem issu du Nouvel Observateur.

Ici c’est un article du Journal Le Point qui date un peu (du 4 octobre 2012), mais c’est un peu le même marronnier.

On y vante une école à l’ancienne, disciplinée et autoritaire.

A première vue, ça fait peur, en préambule :

« A l’ancienne. Dictées quotidiennes, tableau d’honneur, réprimandes…A l’école des bonnes vieilles méthodes… »

« Bienvenue au cours Hattemer. Discrètement blotti derrière la gare Saint-Lazare à Paris, ce petit établissement privé, laïque et hors contrat, est un véritable ovni dans la galaxie scolaire : on y ressuscite, de la maternelle jusqu’au bac, une école qui n’existe plus, avec tableaux d’honneur, bouliers et dictées quotidiennes. La cour est grande comme un mouchoir de poche, sans arbres, la salle de gymnastique, elle aussi toute petite, est en sous-sol. On paie pourtant entre 5 ooo et 8 ooo euros l’année, on traverse bien souvent Paris et parfois l’Île de-France pour placer son enfant dans ce drôle d’îlot malcommode, miraculeusement préservé, espère-t-on, des allègements de programmes et de la déliquescence supposée de I’Education nationale. Le nom, Hattemer, est celui d’une préceptrice alsacienne dont quelques grandes familles parisiennes, à la fin du XIXe siècle, s’arrachèrent les talents. »

Voilà le paysage est décrit. Les principes appliqués sont ceux de Melle Hattemer. C’était une préceptrice alsacienne dont quelques familles parisiennes s’arrachaient les services, à la fin du XIXe sièlce , et qui a mis au point une méthode d’enseignement pas correspondance pour les enfants de diplomates. Elle a ouvert sa propre école en 1885.

Et les parents paient très cher pour inscrire leurs enfants au «cours Hattemer ».

« Ils ont 6,7 ans au maximum et iIs sont assis bien droit. Aucun ne chahute, à peine si quelques petites jambes balancent timidement sous les tables. Ils se succèdent au tableau noir, les questions fusent, sèches et rapides, les réprimandes aussi : << Vos lettres sont affreuses, retournez vous asseoir ! >> ;<< Comment, vous comptez sur vos doigts? Ici, on n’a jamais vu ça. >> Ce n’est pas l’institutrice, présente mais silencieuse, qui bombarde la classe de questions, mais une dame chargée du <<grand cours>>, cassante et solennelle à souhait. »

Oui dès leur plus jeune âge, les enfants sont vouvoyés, et doivent en retour vouvoyer l’enseignant et l’appeler Madame ou Monsieur.

A la maternelle, le temps qu’ils s’habituent un peu, on leur parle encore à la troisième personne.

Plusieurs raisons à ce vouvoiement : instaurer au plus tôt par le langage une certaine distance entre l’adulte et l’enfant. Et il paraît que les punitions et les problèmes de discipline sont rarissimes.

Mais ce n’est certainement pas la seule raison : les familles qui envoient les enfants dans cette école sont déjà eux-mêmes convaincus des vertus de la discipline, et j’imagine qu’ils pratiquent déjà strictement à la maison.

Je crois que c’est plutôt bien que les enfants apprennent qu’il existe différents niveaux de langage.

La vraie question, c’est quand sont-ils mûrs pour ça ?

Dans « La confiance en soi de vos enfants », l’auteur, Gisèle George s’inspire de Piaget qui considérait que l’affectivité avait un rôle essentiel dans les apprentissages :

« A la différence de nos microordinateurs, nos enfants ont besoin pour emmagasiner et connaître les informations qu’elles soient colorées d’une teinte chaleureuse ».

Est-on moins chaleureux , moins bienveillant, ou moins attentif quand on vouvoie ? Pas forcément.

Que l’enfant comprenne qu’il a une relation spéciale avec ses parents, et une autre relation tout aussi spéciale, mais très différente avec ses enseignants

Une autre pratique qui paraît plutôt aujourd’hui à la limite de la maltraitance, l’évaluation hebdomadaire publique.

« Une heure et demie d’interrogation orale que suit l‘impitoyable litanie du classement : cités du premier au dernier, ils glissent tous, lorsque vient leur tour, un  regard aux parents qui se tiennent dans le fond de la classe. Une dizaine sont présents ce jour-là – lundi, milieu d’après-midi -, conviés, comme chaque semaine, à assister à l’évaluation des enfants. »

L’évaluation est très théâtralisée, alors même que d’autres parlent de la supprimer.

Les anciens élèves en témoignent plutôt comme d’une épreuve.

J’avoue que cette pratique me laisse très perplexe.

Mon premier réflexe est de me dire « mais qu’est-ce que c’est que cette horreur qu’on fait subir aux enfants ? » .

Et je suis certaine que cela ne conviendrait pas du tout au miens .

Ce grand cinoche en présence des parents, je trouve ça idiot.

Pourtant, si je me réfère à mes expériences « des classes prépa », le fait d’être en permanence tous confrontés à des évaluations permanentes fait qu’on s’y habitue, et que ce n’est plus si terrible.

Moi qui étais au lycée tellement émotive en devoir sur table, la prépa m’a « blindée ».

Alors que je passais le DEUG en « cumulative » à la fac, je me rappelle être passée à la fac pour voir des horaires ou des résultats, avoir vu que j’avais une épreuve de math dans les 5mn, m’être dit « bon, je suis là, j’y vais », et alors que c’était un programme que je n’avais absolument pas vu, m’en être tirée avec une bonne moyenne.

Sans les interros intensives devenues banales de la prépa, je n’aurais jamais été capable de ça. C’est un peu comme un entraînement sportif.

En ce qui concerne les évaluations en elles-mêmes, tout dépend vraiment de la façon dont elles sont présentées et utilisées.

De toute façon les enfants se comparent entre eux, et avec les préjugés, les modes qui ont cours dans la cour de récré.

Et je me dis qu’une évaluation juste, où les règles sont connues, les mêmes pour tous, régulées par des adultes bienveillants, c’est sans doute plus structurant, meilleur pour l’estime d’eux-mêmes des enfants. En effet, savoir se situer objectivement est nécessaire à la construction de l’estime de soi.

Ce qui est important, c’est d’être très clair sur le fait que l’évaluation représente un niveau atteint ou pas dans un domaine, ce qui n’a rien à voir avec la valeur intrinsèque d’une personne.

Là il y a en plus l’aspect théâtral de l’évaluation publique, qui manifestement correspond à une tradition convenue entre parents et équipe enseignante, et ce qui en est décrit me paraît plutôt destructeur.

En revanche, des résultats présentés collectivement peuvent être l’occasion d’apprendre à tous un vrai respect mutuel, à condition de rétablir la valeur de l’erreur, d’avoir pour chaque enfant la même bienveillance. L’erreur est la façon de voir là où on a besoin de travailler. L’erreur de l’un peut servir à tous. Cela peut donc être un vrai travail pédagogique. Mais cela suppose une formation très pointue de l’enseignant, un travail sur ses propres préjugés.

La méthode pédagogique est aussi « à l’ancienne ».

La méthode ?

Un apprentissage hebdomadaire, tout le programme de l’année étant saucissonné d’avance en semaines, et une inlassable répétition du contenu, au prix d’interrogations orales et écrites quotidiennes: on revoit chaque matin ce que l’on a vu la veille, chaque lundi ce que l’on a vu dans la semaine écoulée, chaque début d’année ce que l’on a appris durant l’année passée. Impossible de gravir un échelon sans avoir parfaitement acquis le contenu de celui auquel on se trouve. « On dit qu’il faut oublier les choses sept fois pour les retenir, dit Mme de Mestiers, responsable pédagogique de la maternelle et du primaire. Eh bien nous les réapprenons sept fois. Nos classes comptent 20 à 30% d’enfants précoces, qui s’y sentent bien alors qu’ils sont souvent rétifs au système scolaire classique. »

J’avoue que je ne trouve pas idiot du tout l’idée de décomposer le programme en séquences simples.

Quand je vois qu’au début de l’année scolaire mon fils a vu le présent, l’imparfait et le futur de tous les verbes du programme en même temps plusieurs semaines de suite, et qu’il ne retient rien, je me dis que s’il avait fait deux semaines sur chaque temps, au bout de 6 semaines, il aurait peut-être retenu quelque chose.

Je ne trouve pas idiot non plus de ne pas passer à l’acquisition suivante tant que  celle en cours n’est pas installée.

Est-ce un résumé de la journaliste qui a écrit l’article ? J’ose espérer que les journées des enfants ne se résument pas à des successions de rabâchage. Sinon, comment apprennent-ils a réfléchir par eux-même ?

Dans cette école, beaucoup d’anciens élèves prestigieux, qui sont devenus, homme d’état, écrivains ou artistes de renom (depuis Jacques Chirac, en passant par Elisabeth Badinter et jusqu’à Patrick Dewaere, Michel Polnareff ou Christophe Dechavanne).

Il est clair que les parents qui y inscrivent leurs enfants  recherchent avant tout la performance. Ils sont dans la même logique que celle décrite par Gisèle George dans cette anecdote :

« Une conseillère municipale chargée de la petite enfance me racontait qu’il y a quelques années, les mères de famille venaient les voir pour qu’elles les aident à trouver une place en crèche, bienheureuses quand elles y parvenaient. Aujourd’hui, elles demandent une place dans une crèche bien précise censée mieux préparer les enfants à la bonne maternelle, qui prépare au bon primaire, qui fait de bons élèves pour le secondaire qui a le meilleur taux de réussite au bac. »

Et je ne suis vraiment pas en phase avec ça.

Ce qui est important est de trouver le cheminement d’apprentissage de chaque enfant, développer sa curiosité, lui apprendre à apprendre, lui donner le goût de l’effort , lui permettre de trouver sa voie.

Et je suis  d’accord avec Clem lorsqu’elle dit qu’il faut laisser nos enfants être des enfants, et ne pas les considérer que comme des adultes en devenir.

Ils ont eux aussi le droit de profiter d’ici et maintenant, des rêves et des joies de leur âge.

Cela n’empêche pas de les préparer petit à petit à faire face à la vie, en fonction de leur âge et de leur autonomie.

Phypa

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35 réflexions sur “Une école à l’ancienne

    • Souvent, ce sont les enfants eux-mêmes qui se comparent entre eux
      Je trouve que c’est mieux que ce soit objectivé par un adulte, c’est aussi l’occasion d’accepter la différence
      Mais en effet cela suppose beaucoup de recul de la part des adultes, et de ne pas accorder plus de valeur à une note que ce qu’elle a : une donnée instantannée
      J’ai lu quelques part que certains profs se sentent obligés de distribuer des mauvaises notes, même quand tous les élèves ont bien répondu…

      • Et bien un tel professeur devrait passer par la psychothérapie !!! LOL
        Cela revient à se saborder vis-à-vis des « exigences » du système actuel…et de la hiérarchie !

    • les deux sont intéressants et instructifs. Cela étant dit, les épreuves et le niveau de compétition doivent être adaptés aux niveaux et capacités (même seulement potentielles) des élèves. Il en résulte que l ‘Éducation Nationale devrait reconnaître et appliquer les conséquences du concept des classes dites « de niveau », même pour un programme donné, comme par exemple celui de la classe de 5°. Mais pour des raisons essentiellement idéologiques l’ Éducation Nationale se refuse à suivre officiellement cette voie … sauf et de façon parfaitement hypocrite par rapport à ses valeurs officiellement affichées.

  1. Je ne sais pas si le fait qu’on soit continuellement confronté à l’évaluation fait qu’on s’y habitue… Je suis aussi passée par la case prépa, et ça ne m’a pas blindée, ça m’a achevée. J’ai mis des années à m’en remettre, sur le plan de l’estime de soi, de la gestion du stress, et de ma santé physique…

    Alors quand perso, ce genre de pratique, je trouve ça flippant. Le problème ce n’est pas l’évaluation, c’est la comparaison entre les enfants, l’humiliation devant la classe et les parents, …

    • Oui, je sui bien d’accord, le problème ce n’est pas l’évaluation. En soi elle est nécessaire. Le problème c’est la façon dont elle est utilisée

      J’ai plutôt un bon souvenir des prépas : j’étais dans un lycée pas trop sélectif, les profs étaient impitoyables dans la notation, mais on savait tous que c’était une préparation aux concours, pas des règlements de compte, et nous étions très solidaires entre élèves

      • Ca dépend des gens sur qui tu tombes, j’ai eu une prof de maths en sup qui était plutôt vieille école (c’est un euphémisme…) et qui en plus avait un pb avec les filles. Après quand j’ai eu des cours de RH en école, j’ai appris que ce genre de comportement avait un nom en entreprise : harcèlement moral. Mais en prépa, on appelle ça : encourager les élèves à donner le meilleur d’eux-mêmes. Je reste dubitative…
        J’aurais été dans la classe d’à coté, ou j’aurais été un mec lol, ça aurait peut-être été différent. Il y avait de la solidarité entre élèves, heureusement… En spé ça allait mieux, mais le mal était fait.

        Mais de toute façon, je pense qu’on réagit tous différemment à ce type de stress, donc à contexte comparable, certains vont mal le vivre, d’autres s’en accommoder, et d’autres encore trouver ça stimulant… C’est pareil pour des écoles comme celle de l’article : peut-être que ça a contribué à la super carrière de certains anciens élèves, ça n’exclut en rien que ça ait pu aussi gâcher la vie d’autres élèves.

        • Oui, c’est pour ça que c’est très difficile de dire qu’un système d’éducation est « bien » ou pas dans l’absolu.
          On en revient toujours à « donner pareil, c’est donner moins ».
          Je crois qu’il va falloir que je penche de plus près sur les systèmes scolaires US et canadiens qui ont la réputation d’être plus « à la carte »

          Moi c’est en spe que j’ai eu un prof de math un peu barge, et qui avait un pb avec les filles. On évitait d’être la dernière en colle avec lui. Mais toute la classe rigolait de ses comportements et de ses lubies, qui malgré tout restaient dans des limites raisonnables.

  2. ça me fait froid dans le dos… quelle horreur, je suis sure que ce n’est pas une ambiance très épanouissante. Autorité et fermeté si besoin mais pas dans ce climat ci!!…. surtout si jeune…. beurk!

    • Je trouve qu’il n’y a pas que du négatif. Être exigeant vis à vis des enfants, c’est aussi croire en eux.
      Il faudrait plus de témoignages d’anciens élèves pour se faire une idée

      • je ne remets pas en cause l’exigence… j’en demande aussi à ma fille (enfin c relatif elle a 20 mois) c’est plus le climat et ce formatage. Bref ce ne sera pas pour elle!

        • C’est pas trop pour les miens non plus !
          Encore que le principe d’avoir le droit d’oublier 7 fois et d’apprendre 7 fois, je crois que ça leur manque un peu dans le système scolaire actuel avec la profusion de notions vues toutes en même temps, et au final, rien n’est su durablement.

          • Je suis entrer à Hattemer en classe de 10ème (CE1), je me souviens que ma mère pleurait après le premier Grand-Cours, que je me levais à 7heures à cause du long trajet quotidien, que l’apprentissage des lourdes leçons et dictées finissait souvent en larmes et que j’ai été forcée d’arreter le théatre comme j’avais école le mercredi matin… Pourtant, ces années de primaire furent de loin les plus belles années de ma vie, j’ai appris le gout du travail bien fait et d’une note méritée (dès lors je ne pouvais plus avoir la moyenne si je n’avais pas travaillée avant une composition), j’ai développée une vrai passion pour l’apprentissage et une soif de la découverte, et surtout je me suis fait de véritables et éternels amis. De la 10ème à la 8ème, ce fut quatre années intensives qui m’ont ancrées des bases solides, et le collège publique de l’année suivante m’a bien plus traumatisée que ces vieux locaux gris et bordaux et le silence troublant des Grands-Cours.

            • Cette école « à l’ancienne » ne vous a pas même permis d’apprendre la différence entre participe et infinitif : je suis entrer (sic), ni les accord du participe : j’ai développée (sic), qui m’ont ancrées des bases solides (lol), ni les accords noms-adjectifs : le collège publique (sic), et ne parlons pas des accents.
              Faire ses classes dans ce nid réactionnaire, sorti tout droit d’un cauchemar à la Dickens, pour un tel résultat, était bien inutile!!! Ce témoignage est si accablant qu’il pourrait passer pour un adroit fake.

  3. Merci beaucoup de ta contribution! Sur mes 5 années de primaire, 3 de mes instits sont parties à la retraite l’année après m’avoir eue en classe… ce qui fait que je vois tout à fait à quoi peut ressembler l’enseignement en vigueur dans cette école. Je me souviens aussi de terribles et constants maux de ventre, ainsi que des pleurs systématiques à chaque veille, avant veille et avant avant veille de rentrée. Quant aux prépas, elles m’ont visiblement moins efficacement blindée que toi. Les maux de ventre sont revenus, les pleurs aussi et je n’ai pas tenu plus d’une année et une semaine. Certains élèves s’adaptent, c’est évident, mais c’est malheureusement loin d’être le cas pour tout le monde…. et les dommages collatéraux ne sont pas non plus négligeables.

    • J’ai eu aussi en CE2 une dame dont c’était la dernière année. Petit tailleur en tweed, chemisier fermé par un camée. Je crois que tous les enfants l’adoraient . Je ne l’ai jamais entendue crier, elle ré expliquait autant de fois que nécessaire.

      Par contre il y en avait une autre ( que je n’ai pas eue) qui tapait sur les doigts des enfants avec sa règle.

      Je crois qu’on peut être exigeant et bienveillant, et que cela s’apprend

      • Oui, je suis loin de penser que le fait que mes anciennes instits aient été proches de la retraite ait pu être un problème dans l’absolu. L’une d’entre elles était semblable à ce que tu décris, les autres beaucoup moins. Je ne dis pas non plus qu’être un-e jeune instit soit gage de bienveillance, loin de là! Mais les dérives d’aujourd’hui ne prennent plus les mêmes formes.

  4. J’avoue que j’ai du mal à faire la part des choses comme toi!

    Le vouvoiement ne me fait ni chaud ni froid, mais l’évaluation publique et l’obsession du par coeur (c’est qu’il me semble comprendre quand on parle de rabachage) sont pour moi un concentré d’horreur…

    Personnellement, je suis très sensible à l’autorité et je m’en suis toujours mieux sortie avec des profs qui étaient connus (et détestés) pour leur autoritarisme, sinon j’avais beaucoup trop tendance à me disperser.

    En revanche, les évaluations, le par coeur et les interrogations publiques m’ont toujours fait perdre tous mes moyens. A tel point que quand j’étais en 3ème, une conseillère d’orientation avait conseillé à mes parents de m’inscrire en BEP ou CAP, qu’avec ma timidité je ne pourrais jamais mener à bien des études longues. Elle pouvait pas plus se planter, je suis devenue avocat et j »ai pris énormément de plaisir à plaider…

    C’était juste une question de malveillance des élèves entre eux donc une forme d’humiliation qui me détruisait, et la forme un peu trop synthétique de ma mémoire… que j’ai apprivoisée bien plus tard! D’ailleurs je n’ai pas été en prépa mais j’ai tenté une première année de médecine où je me suis plantée dans les grandes largeur! Impossible d’apprendre par coeur, par contre je passais des heures à faire des recherches complémentaires sur les sujets qui me passionnaient, la fille qui a rien compris au film quoi…

    • Oui on en revient bien toujours à la façon dont les évaluations sont utilisées.

      Et les évaluations publiques nécessitent une bienveillance que les adultes ne savent pas forcément mettre en place.
      Tout ce qui est prise de parole en groupe nécessite d’ailleurs le même travail de régulation bienveillante à mon avis.

      • C’est sur que quand tu maitrises le sujet, et qu’il y a de la bienveillance, c’est jouissif de parler en plublic, une fois surmonté l’appréhension première.

        Moi j’avais des sensations fortes quand je plaidais!

        Surtout que comme j’ai une tout petite voix et que j’ai normalement du mal à me faire entendre, la tu vois, j’entrais, et les gens murmurais « TAISEZ-VOUS ELLE VA PARLER », et après il m’écoutaient avec attention.

        Bonheur!

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  6. Pingback: Rythmes scolaires – du coté des enseignants « Les Vendredis Intellos

  7. J’ai inscrit mes deux enfants au cours Hattemer donc je peux vous faire part de mon expérience à ce sujet.
    Une première chose qui me choque dans vos propos est de parler systmatiquement des classes prépa conçues pour de jeunes adultes ayant un très bon niveau scolaire dans l’optique d’un concours. Le cours Hattemer n’est pas du tout dans ce cadre, c’est un système certes exigeant, mais conçu pour les enfants et qui essaie de se donner les moyens de réussir.
    J’ai inscrit mes enfants dans ce cours non pas pour les préparer à réussir Normale Sup (là, c’est surtout les gènes qui font la différence), mais dans l’espoir que toutes les bases de connaissances indispensables à un adulte soient maîtrisées à l’issue de leur scolarité primaire.
    De plus, il ne faut pas se leurrer: progresser implique d’une part une grande capacité de concentration et d’autre part, d’apprendre de ses erreurs en recommençant ce qui n’est pas su parfaitement. Réfléchir est une chose, réfléchir avec de la méthode permet d’aller plus loin et de comprendre en profondeur comment fonctionnent les choses.
    Evidemment, de telles qualités sont compatibles avec des études sélctives mais ce n’est pas une fin en soit. Ils seront libres de choisir leur voie, je veux simplement leur donner les moyens de réussir et d’exceller (s’ils le souhaitent) dans ce qu’ils entreprendront.
    Enfin, le temps de l’enfance est un espace prévilégié d’apprentissage. Les enfants ne demandent qu’à apprendre, le cours Hattemer nourrit leur soif de connaissances et je trouve cela très positif. Il n’y a pas de perte de temps à cause de problèmes de discipline, il n’y a pas de journées non travaillées à cause d’enseignants en grève, il n’y a pas de manque de respect envers l’équipe enseignante. Je pense au contraire que les enfants sont protégés dans un tel cadre, on respecte leur situation d’enfant, les adultes se positionnent en tant qu’adultes et assument pleinement leur rôle. L’apprentissage est facilité dans un cadre rassurant et serein.
    Le grand cours n’est pas un purgatoire, c’est un lieu de compétition ou chacun essaie de faire de son mieux. Les enfants aiment se confronter les uns aux autres: à qui courra le plus vite, à qui gagnera au dernier jeu de combat sur console…à qui sera devant l’autre au grand cours. Le mécanisme est le même. Aux parents de relativiser l’échec (bien que le mot me semble ici mal approprié) et de féliciter les succés (même relatifs).

    Pour finir, tout cela nécessite un enfant compatible avec ce type système exigeant. Si l’enfant réagit mal ou n’est pas à l’aise, cela ne sert à rien d’insister.

    • Merci de ce témoignage.
      Je pense en effet que la répétition de séquences simples permet à tous les enfants d’apprendre beaucoup de choses.
      Par contre, le grand cours, je suis certaine que beaucoup ne supportent pas.

  8. je crois beaucoup à ce système qui oblige l’élève à prendre conscience de sa vraie place d’apprenant .Pour pouvoir apprendre il s’agit d’abord d’accepter naturellement l’autorité de celui qui sait :l’attitude d’humilité que nombre d’élèves d’aujourd’hui décrient (parents compris).
    Le silence ,l’écoute ,l’obéissance ,la bonne tenue ,le travail bien fait et soigné ,toujours réviser ,quoi demander de plus?Pas étonnant qu’il y ait autant de bons résultats !
    Le maître sévère peut être un excellent maître par sa rigueur et sa discipline .Il a le souci de la réussite de ses élèves .L’autorité naturelle est souvent liée à de la compétence ,c’est un des critères de la vocation de l’enseignant ,sinon autant changer de métier .

    • Je crois aussi qu’apprendre une certaine rigueur est important, mais petit à petit au fur et à mesure de ce que l’enfant peut faire. Et en donnant l’exemple , sinon ça ne sert à rien …

  9. mon enfant est au cours hattemer depuis 2 ans, il est precoce et je dois dire qu’il n’y a aucune considération pour ces enfants là, leurs publicité est menssongère, il doivent subir la répétition dont ils n’ont nul besoin, et les punitions….

    • Merci pour ce témoignage.
      Si vraiment ce cours ne lui convient pas, il faut peut-être trouver un autre établissement qui prenne en compte ses besoins ?
      Je crois que ça peut être très bien pour certains enfants, insupportable pour d’autres.
      D’ailleurs cela n’aurait pas du tout convenu aux miens !

  10. Mes fils ont été à Hattemer et j’ai retiré le dernier l’an passé parce que la nouvelle direction est devenue trop commerciale. On ne fait plus cas des élèves mais des finances des parents. Du coup il n’y a que de mauvais élèves de riches parents et c’est devenu une boîte à fric avec des résultats au bac et au brevet catastrophiques. Aucune discipline. Les bons profs sont partis et il n’y a plus de qualité d’enseignement. Hattemer n’est vraiment plus ce que c’était. A éviter à tout prix, si je puis dire.

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