Un congé parental plus court et mieux rémunéré… Non merci ! (billet partial inside)

Pour des raisons personnelles, puis par choix, j’ai grandement profité de la possibilité de prendre un congé parental pour profiter des premiers mois de mes Doux. Je ne dis pas que le congé parental, tel qu’il existe est parfait, mais juste que dans notre cas, il nous convient plutôt pas mal. Pour moi, c’était un vrai bonheur d’avoir pu m’occuper d’eux à plein temps, puis d’avoir repris, à mi-temps,  en (relative) douceur depuis 6 mois grâce au coup de pouce des allocations familiales … C’est pourquoi le projet de réforme de ce congé, tel que j’ai pu le lire à gauche à droite (le débat a pas mal agité la blogo la semaine dernière), eh bien, il a le don de m’énerver….

Si j’ai bien compris le truc, le congé maternité passerait de 16 à 18 semaines, ce qui en soi, est plutôt une bonne chose. Le congé parental serait rémunéré environ 60% du salaire. Là où ça se gâte, c’est que la durée du congé parental serait réduite à 10 mois maximum, donc trois mois devant être pris obligatoirement par l’autre parent (comprenez le papa) . D’aprés un article du figaro  du 3/12/2012 : «  Jugé trop long et mal payé, le congé parental pourrait être réduit à un an et rémunéré à hauteur de 50% à 60% du salaire brut, soit 1500 et 1800 euros par mois, selon le quotidien Les Echos . De plus, une partie du congé serait obligatoirement attribué au père et serait non transmissible afin qu’il soit mieux réparti entre les deux sexes. Cette mesure permettrait «d’accroître le niveau d’emploi des femmes et de favoriser un meilleur partage des responsabilités parentales lors des premiers mois de l’enfant». »  

En lisant ça, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer :

C’est vrai, certaines personnes se trouvent obligées de prendre un CP par absence de mode de garde… Le congé parental, est pour eux une sacrée contrainte, qui coute cher et qui n’est pas forcément bien vécue. Mais, il serait plus logique de s’occuper d’abord du nombre de places de garde ! Et pas à la façon du décret Morano, normalement bientôt abrogé, de grâce ! Il existe aussi un petit détail tout bête : en crèche et chez les nounous, les places se libèrent en septembre, lorsque les« grands » rentrent en petite section. Si vous voulez un bébé, calculez donc la date de conception pour que votre congé parental prenne fin pile le 1er septembre… Du n’importe quoi, vous dis-je.

Et puis, non, désolée, la question du mode de garde ne résout pas tout, on peut choisir de retourner bosser aux trois mois de son gamin, pourquoi pas, mais on peut aussi CHOISIR de rester à la maison pour s’en occuper… On peut CHOISIR d’avoir moins d’argent, de mettre sa carrière de côté, parce que premiers sourires et premiers pas, eh bien ça ne s’achète pas. Un bébé n’est pas un fardeau dont il faut se débarrasser au plus vite, désolée. Et pour certains, donner son bébé à garder est un déchirement, pas une libération.

D’après ce que j’entends autour de moi, les personnes qui prennent des congés parentaux classiques en sont en général satisfaites de leur vie familiale. Celles qui ne le font pas invoquent surtout des obstacles financiers : bien des personnes trouvent leurs enfants bien plus intéressants que leur boulot.

Etre en congé parental, ne le cachons pas non plus, cela permet aussi de s’éloigner quelques temps d’un travail lorsqu’il représente plus une source de souffrance que d’épanouissement. Et pourquoi pas de réfléchir à une nouvelle carrière…  Vaut-il mieux être en congé parental ou sous antidépresseurs ? Le gouvernement s’est-il interrogé sur le peu d’enthousiasme des mères de familles à aller travailler ? A t-il pris des mesures significatives sur la santé et le bien-être au travail ?

Le projet nous vante aussi  un « meilleur partage des responsabilités parentales ». Là je n’accroche pas non plus : pendant 18 mois, je suis restée à la maison pendant que M. Doux allait bosser, dur, rapportant au passage de quoi payer la maison et remplir le frigo. Peut-on dire que M. Doux n’a pas exercé ses responsabilités parentales, qu’il est un père indigne préférant boire des bières avec ses collègues après le boulot plutôt que de s’occuper de sa progéniture ? C’est vrai que ce partage des tâches est traditionnel, mais est-il forcément rétrograde s’il correspond aux aspirations des deux membres du couple ? En outre, on a un peu du mal à imaginer l’atelier de M. Doux privé son responsable pendant trois mois, à vrai dire il me semble quasi-impossible que mon cher et tendre puisse prendre un tel congé, car les personnes qualifiées pour le remplacer ne voudraient jamais venir que trois mois… Alors que moi, fonctionnaire lambda, je demeure beaucoup plus facile à remplacer (d’ailleurs, ça fait partie des raisons pour lesquelles j’ai passé ce concours) … Si une telle mesure avait été mise en place, M. Doux aurait du y renoncer, (et Minidoux aurait perdu trois mois de « présence parentale »), ou bien donner sa démission… Bonjour l’insertion sur le marché du travail ! Ceci dit, je trouve que ménager du temps de congé pour le père demeure une bonne idée, mais pourquoi l’imposer lors de la première année ? Au cours de son enfance, l’enfant aura besoin de son papa à certaines périodes : par exemple, Grand doux se désole que son père ne puisse jamais venir le chercher à l’école. Pourquoi ne pas aménager sur une année civile quelques jours où un père devrait sortir plus tôt ?

Pourquoi aussi seriner les mères sur les bienfaits de l’allaitement si c’est pour les forcer à reprendre le boulot ? Oui, c’est vrai, on peut allaiter et travailler, mais pas toujours… Que les profs qui ont envisagé le tire-lait dans une salle de classe sans volet et sans serrure, lors de la pause méridienne, lèvent le doigt ! Et je ne parle pas de l’enthousiasme des employeurs pour appliquer la loi sur « l’heure d’allaitement » (qui au passage, ne s’applique que jusqu’aux un an de l’enfant, c’est bien connu, « à un an, plus un bébé ne tête, ma pauv’ dame, à cet âge, c’est de l’abus sexuel »… )

Chacun d’entre nous vit des situations différentes, nos conditions de travail, de vie, nos envies ne sont pas les mêmes…. Je ne vois pas comment un gouvernement pourrait décider de ce qui est bon pour nous dans une sphère aussi intime que la famille, à moins de nous prendre pour des demeurés.

Quant à la plus grande facilité de réinsertion professionnelle, j’ai des doutes. Quand Mme (ou M.) retournera bosser après avoir déposé son môme à la crèche (dans la situation où elle aurait des places), elle ou il aura peut-être changé : Fini les réunions à 19h, fini le temps où l’on ramenait du travail à la maison, l’enfant est là, il se fout que papa/ maman aient du travail urgent à terminer… Le problème c’est que les collègues des parents, sa hiérarchie et même la société tout entière, risquent de mal le juger : ne manque-t-il pas de motivation, ce salarié qui demande un temps partiel, c’est louche non ? Mais, les qualités que le parent aura peut-être développées pendant son congé parental, écoute, patience, empathie, organisation, seront-elles pleinement reconnues ? Ce n’est pas une simple loi qui suffira à changer des mentalités si bien ancrées, ce n’est pas une loi sur la famille qui réduira le culte de la « performance économique »…

Au passage, ça vous évoque rien, « un congé parental plus court et mieux rémunéré ». Ben oui,  il s’agit du Complément Optionnel de Libre Choix d’Activité (COLCA pour les intimes) , congé auquel ont droit les parents de trois enfants, et qui court jusqu’au 12 mois du petit dernier, à condition de renoncer au congé parental « classique » . Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette option n’est pas un succès, car il ne concernerait que 2% des parents (selon cette étude, ménée tout de même sur un échantillon très réduit), la majorité se déclarant non intéressée par cette option . Et une des raisons de son insuccès serait justement, une durée trop courte ! Pourquoi alors généraliser autoritairement un dispositif boudé par une majorité des familles…

Un autre truc que le projet ne nous dit pas, c’est ce que deviendra la possibilité de congé parental « à mi-temps », plutôt intéressant financièrement . Devrons-nous alors reprendre à plein temps ? Personnellement, je crois que j’envisagerais de changer de métier, même si j’aime le mien, pour une activité qui ne demande pas de travail à la maison (essayez ne serait-ce que de découper des formes géométriques pour préparer votre classe de Moyenne section en présence de deux jeunes Doux et vous comprendrez….). Celles qui le pourront choisiront peut-être de démissionner (ça été le cas d’une amie, mère de trois enfants, dont le temps partiel a été refusé), voire d’entamer une formation d’assistante maternelle pour compléter les revenus de la famille, mais où est le vrai choix là dedans ?

Bien sur que j’ai envie que la société évolue vers plus d’égalité, le problème c’est que ce projet de réforme fait porter le poids du changement sur les parents eux-mêmes, et sur les parents seulement (je dirai même, une fois de plus, surtout sur les mères qui sont celles qui en pratique verront leur possibilités rabotées). Comme je l’ai dit, à chaque famille ses choix, à chaque famille ses raisons légitimes, matérielles, affectives ou morales…. Cette réforme fera peut-être le bonheur de certaines familles, pourquoi alors ne pas étendre le dispositif du COLCA à ceux qui le souhaitent dès leur premier enfant et laisser les autres tranquilles ?

A moins que l’idée soit de nous faire bosser encore un petit plus, nous les feignasses de françaises.Et de faire quelques économies au passage…. Qu’on nous foute un peu la paix, à nous et à nos mômes !

Si vous avez un avis sur la question, je vous invite à vous exprimer et à mettre les liens vers vos billets. Sinon, quand le travail et les Doux me laissent un peu de temps, je bloggue ici.

Flo la Souricette

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38 réflexions sur “Un congé parental plus court et mieux rémunéré… Non merci ! (billet partial inside)

  1. Que dire de plus, si ce n’est que je suis complétement d’accord avec toi !!!
    Je crois que nos politiciens sont un peu trop coupé de certaines réalités !!!
    Et n’oublions pas que de seulement faire plus de place en crèche ne suffiras pas car quand on prend un long congé parental, on a des enfants à l’école et que si on reprend le travail, il faudra qu’il y ais de la place pour eux en péri-scolaire et à la cantine et qu’un grand nombre de commune de pourrait pas suivre cette demande !!!
    Bonne journée !!!

    • Merci. Et puis quand on voit comment se passe parfois les périscolaire, il y a de quoi se poser des questions…Ton <a href="billet de blog était je crois un des premiers que j’ai lu…

  2. Merci pour ce texte qui m’éclaire un peu, car je n’arrivais pas à comprendre pourquoi « tout le monde » ou presque était contre cette réforme!
    Je reconnais quand même à la ministre d’avoir eu le courage de s’atteler à une réforme à laquelle, je trouve, de mon point de vue, des aspect positifs non négligeables. La rémunération, d’une part, et le partage avec le père d’autre part.
    Mais ce qui me gène énormément, c’est que l’on remplace une formule PAR une autre (sous-entendu, l’autre est nulle et faut tout jeter) au lieu d’essayer de combiner les intérêts des deux.

    Je ne connaissais pas le COLCA, mais bon, 3 enfants, faut les avoir… On peut avoir envie de prendre un congé au 1er enfant (slt 6 mois auj) ou au 2 ème.
    Pour ma part, la question d’argent se pose car on ne pourrait PAS vivre sans mon salaire, ou alors pas longtemps. 500 € ne compenseraient pas la perte d’un de nos deux salaires (situation financiéro-familiale compliquée qui était censée être provisoire mais qui s’éternise).
    Et vu l’arrivée du 2 ème, j’avais bien envie de prendre un congé parental, histoire de souffler un peu les premiers mois de bébé et d’allaiter tranquille, sans contrainte de tire-lait. Mais j’hésite à franchir le pas. Pour ma part, encore une fois, 6 mois à un an me « suffirait » (mais peut-être qu’une fois qu’on y a gouté, on aimerait continuer?…)

    Enfin du coup, je pense qu’une combinaison des deux formules serait plus adaptée, afin de vraiment laisser un CHOIX aux parents: un congé d’un an bien rémunéré, à prendre pour partie par M. ou Mme, et les deux ans supplémentaires (fractionables, hein!) avec le complément sécu actuel.

    Comment on fait passer nos propositions au cabinet du ministre ? ;)

    • Oui, le fond du problème c’est que le projet actuel ne prend pas en compte la diversité des situations familiales. Beaucoup de personnes aimeraient comme toi semble-t-il prendre un COLCA pour leur deuxième enfant afin de prolonger un congé maternité riquiqui. Pourquoi le réserver au troisième enfant… Mystère.

    • J’étais comme Vervaine, je n’avais pas trop compris pourquoi tout le monde était contre cette réforme alors merci pour les explications ! Parce qu’à la base, j’aurais personnellement été plutôt favorable à un congé plus court mais mieux payé (parce que moi aussi, 1 an, ça me paraissait un compromis intéressant). Mais je ne comprends pas pourquoi c’est 1 an mais tu dis seulement 10 mois (au début de ton article), rémunérés à 50 ou 60% ? Et le congé mat est prolongé mais toujours payé à 80/90% lui, c’est bien ça ?
      En effet, généraliser le COLCA paraîtrait une bien meilleure idée, pour laisser le choix aux gens car il est certain qu’aucune situation familiale n’est identique, ni aucune envie maternelle concernant « le temps que l’on désire passer de façon privilégiée avec son enfant VS la perte de revenus que l’on peut se permettre »…

      • d’après ce que j’ai pu lire, mais ce n’est qu’un projet, le congé postnatal passe de 10 à 12 semaines, ensuite tu peux prendre un congé de 10 mois maximum dont trois mois intransférable doivent être impérativement pris par le conjoint sous peine d’être perdus. Cela te mène en gros jusqu’aux 1 an de l’enfant.

  3. merci pour cette belle article sur le projet de loi du congé parental!! Bonne idée que d’en parler avec les vendredis intellos, comme tu le sais je suis à 100% ok avec tout ce que tu dis, puisque ce sujet me tient à coeur, et j’invite d’ailleurs les lectrices qui sont contre cette réforme à signer la pétition :
    https://www.change.org/petitions/cong%C3%A9-parental-non-au-projet-de-loi-2013?utm_campaign=friend_inviter_modal&utm_medium=facebook&utm_source=share_petition&utm_term=permissions_dialog_false

    mais aussi à rejoindre la page facebook qui parle de ce projet de loi :
    http://www.facebook.com/home.php#!/CongesParentalEtProjetDeLoi

    merci d’avoir traité ce sujet!

  4. Si au lieu de remplacer ou de combiner les formules, on ajoutait cette nouvelle formule pour quelques années, le temps d’avoir un retour d’expérience et des statistiques fiables. Alors ça ferait un système de plus, mais au final, au bout de quelques années, on pourrait voir si ça prend ou pas. Et après on décide de ce que l’on fait.
    Au second enfant, pour notre part, le congés parental s’est tout de suite imposé. Ensuite, on a fait nos calculs financiers comme beaucoup pour savoir qui aller le prendre. Dans la situation de l’époque (il y a 5 ans), ce fut ma femme qui le prit. En comparaison avec aujourd’hui par exemple, il n’y a aucun doute, je serais en congés parental.
    Donc pour moi, c’est surtout de permettre le choix plutôt que d’imposer une seule et unique formule. Donner le choix, c’est aussi permettre l’épanouissement personnel quelque part, aussi bien pour les enfants que pour les adultes.
    Nous vivons en pleine campagne, donc pour nous crèche, halte-garderie et autre moyens de garde collectif sont très réduit (très très). La seule solution eut été une nounou, avec les problèmes cités dans l’article.
    Voilà, je crois que si on a le choix, en fonction de la vie que l’on mène, on est tout à fait apte à prendre des décisions. Ne vouloir qu’une seule formule et en l’imposant, on dénie la possibilité de choix à des adultes devenus parents, qui en général sont très responsables et réfléchis.
    Alors je ne suis qu’un homme, et bien sur je ne le vois qu’à travers mon prisme masculin. Comme depuis Août 2010 je suis au chômage, mon grand age commençant à être un obstacle sérieux à la reprise (44 ans en Juin prochain), je peux me servir de notre expérience passée et présente afin de donner un avis que j’espère équilibré.
    Bonne journée

    • J’aime bien votre avis, et votre façon de l’exprimer… Je ne peux pas dire mieux. Et c’est quand même dramatique pour la société qu’avoir 44 ans soit un obstacle sur le marché de l’emploi… Bon courage et bonne journée aussi.

  5. En Allemagne, si j’ai bien compris, le congé maternité est plus court, mais le congé parental est très avantageux : c’est environ 60% du revenu net (1650€ max de CP/mois) pendant 12 mois si un seul parent le prend, 14 mois s’il est partagé entre les deux parents…

  6. Quand je vois les difficultés auxquelles ont du faire face les hommes de mon entourage qui ont essayer de prendre du temps pour le passer avec leur enfant, je me dis que c’est une très bonne chose qu’une partie du congé parental leur soit réservé et que cela contribuera à faire évoluer les mentalités. Parce que tu dis : « C’est vrai que ce partage des tâches est traditionnel, mais est-il forcément rétrograde s’il correspond aux aspirations des deux membres du couple ? », ok, mais est-ce que vraiment on peut parler d’un choix libre étant donné le % de congés parentaux pris par les femmes ?

    En revanche, je trouve effectivement qu’on devrait laisser le choix entre les deux possibilités. Plus court et mieux payé ou dans les conditions actuelles.
    Pour moi, la nouvelle mouture serait plus intéressante (j’ai repris le travail juste avant les 6 mois de mon fils, et à temps partiel jusqu’à ses un an).

    • Je ne nie pas que certaines femmes se trouvent obligées de prendre un congé alors qu’elles souhaiteraient retravailler, mais d’autres font ce choix par goût et par envie…. Après où est la part du libre-arbitre, celles des pressions de la société, et celle de la biologie (c’est quand même pas demain la veille que les pères allaiteront, malgré tout !) ? Je ne peux pas te dire…. Dans mon cas, j’ai vraiment apprécié cette pause pour m’occuper de mes Doux, si nous en avions eu les moyens, j’aurai prolongésans état d’âme. jusqu’au troisième anniversaire du Minidoux… Le truc qui m’énerve, c’est qu’on nous enlève la possibilité de choisir comme s’il n’y avait qu’un mode de vie possible.

      • Pour donner quelques chiffres :
        98% des femmes prennent le congé parental,
        Parmi ces 98%, 70% le font avec un choix éclairé, le desirent, et veulent prendre ce CP
        28% souhaiteraient reprendre le travail mais ne le font pas car manque de place en crèche/nounou, ou mode de garde non adapté à leur souhait.
        Donc le CP n’est pas un soucis en soit, le problème devrait etre réglé aupres de ces 28% de femmes

        Quant au père en effet, ce serait bien de l’impliquer plus, parce que oui eux aussi ont droit de prendre ce CP (ils ont deja ce droit actuellement mais il est vrai qu’aupres de leur patron c’est mal vu), mais pas au dépend de ces 3ans? au dépends des besoins de l’enfant?

        • Oui, prendre le congé paternité n’est pas forcément bien vu… Pour Minidoux, mon mari n’en a pris qu’une partie, pour cause de trop de boulot. Quel dommage ! Il faudrait d’abord travailler sur l’application de ce qui existe, non ?

          • le seul soucis avec celui qui existe c’est que dans le fond, le fait que le papa ne soit pas « obligé » de le prendre c’est mal vu… ce n’est pas encore dans les moeurs que le papa pourrait souhaiter le prendre. Mais bon, pourquoi punir les mamans dans ce cas!

  7. J’ai écrit sur le congés parental et sa réforme, suis contre… Je n’ai qu’une chose à dire: ravie d’avoir pu le prendre avant cette réforme… Je me demande si elle verra vraiment le jour??

  8. Je ne comprends pas trop non plus pourquoi on ne laisse pas aux conjoints le choix de partager leurs congés .
    Je crois que l’idée qui prédomine est que les congés parentaux et/ou partiels des femmes ne sont pas choisis par elles.
    Il me semble qu’il faudrait plutôt appliquer la charte de la parentalité dans les entreprises
    http://www.observatoire-parentalite.com/la-charte.html

    • Oui,on présente les femmes comme de pauvres victimes alors qu’on ne facilite pas par ailleurs leur accès au marché du travail. Le vrai problème se situe ailleurs… Je vais aller regarder la charte. Tu nous en parles la semaine prochaine ?

      • Je crois que le vrai problème, c’est la stratégie de dumping social des entreprises et la « non-organisation » du travail.
        Alors qu’aux US 25 % des salariés font du télétravail , en France , on en est toujours à réclamer la disponibilité sur site. Il est pourtant prouvé que les télétravailleurs travaille plus. En plus ils ne stressent pas dans les transports et sont plus présents pour leurs familles.
        Bon ce n’est pas possible pour tous les jobs.

  9. Merci beaucoup de ta contribution!!! La réforme du congé parental est une sacrée question aux très nombreux paramètres, très nombreux intérêts, etc… en disant ça ne dit pas grand chose mais bon!
    Je n’ai pas encore eu l’occasion de me plonger correctement dans ce projet de réforme, ce qui m’apparaît en te lisant c’est d’une part le sentiment assez détestable que le choix soit fait de changer la société (en matière d’égalité homme-femme, de salariat des mères notamment) par la contrainte (limiter la durée du congé, contraindre les pères à une durée minimale) plutôt que par la liberté (proposer comme tu le soulignes plus de place en crèches, proposer des bilans de compétences, des possibilités de formation durant le congé parental, etc..). D’autre part, je regrette qu’une fois encore les propositions de réformes se fassent sur la base d’un pot pourri de ce qui est censé fonctionner ailleurs. Allonger la durée du congé mat, mieux rémunérer le congé parental, en rendre une partie obligatoire pour les pères… voici qui ressemble fort à ce qui est proposé dans les pays nordiques! SAUF que… la durée du congé mat restera bien moins importante, tout comme celle du congé parental et aucun chantier d’envergure ne semble entrepris en ce qui concerne l’accueil des enfants d’âge préscolaire. Bref, on recycle notre bon vieux système en piquant deux trois inspirations ailleurs, celles qui coûteront le moins cher et rapporteront le plus à l’économie… mais ceci n’est que mon sentiment à chaud et je pense qu’il serait bon d’approfondir (je m’en vais de ce pas chasser le guest?!).

    • Oui, on est bien d’accord, et pour finir la mixture proposée est bien amère… Si je devais avoir un troisième enfant et que cette réforme passe, j’envisagerai la disponibilité, donc je ne vois pas en quoi ça améliorerait mon accès à l’emploi… Quid aussi des possibilités de prendre un congé parental à mi-temps ? Bonne chasse de guests !

  10. Je ne suis pas du tout concernée, puisque à mon compte pour une de mes activités, et conjointe collaboratrice non rémunérée pour l’autre (et en plus j’emmène ma cadette avec moi, encore allaitée à la demande).

    Mais j’ai été employée, et je me retrouve dans la situation où on aimerait embaucher si ça ne coûtait pas si cher et si le système était plus souple… mais voilà : le Code du Travail compte plus de 3200 pages en France, une page de texte en plus tous les 3 jours, ça casse tout de suite l’ambition de créer un emploi. En Suisse, il ne compte que 90 pages !

    Dans les deux cas, employée comme employeur potentiel, on est coincé par des textes, qui en plus changent tout le temps. Pourquoi ne pas juste laisser plus de marges de manœuvres à chacun ? Pourquoi imposer un temps de travail ? Enfants ou pas, nous avons tous des besoins différents, qui varient au cours de notre vie. Certains aimeraient passer du temps en famille, d’autres ont des loisirs prenant, d’autres pourraient concilier un CDI avec un autre projet professionnel… On peut souhaiter s’investir beaucoup dans une carrière à un moment, ralentir ensuite, puis s’y plonger à nouveau. De même, les entreprises ont des besoins saisonniers, elles ont toutes des cycles et les services ne sont pas tous à la même cadence : le pic du marketing est en amont de celui de la production, les commerciaux ont encore d’autres contraintes, etc.

    Si seulement on pouvait se contenter d’un cadre, et laisser les gens négocier leur contrat de travail entre eux, ce serait quand même plus sain et plus simple. Car exiger un nombre d’heures figé, c’est vraiment prendre le problème de la productivité par le petit bout de la lorgnette. Nous n’avons pas tous le même rythme biologique, ni le même pouvoir de concentration. S’il faut bien des horaires d’ouvertures précis et réguliers pour la majeur partie des entreprises, on gagnerait sans aucun doute à pratiquer la CNV, là aussi, pour permettre à tout le monde de s’épanouir au travail et dans sa vie. Ce serait beaucoup plus efficace, donc beaucoup plus rentable !

  11. Le souci, c’est que c’est un peu un cercle vicieux: Si le congé parental est long (nous sommes le SEUL pays à avoir un congé parental si long), et compte tenu des obligations des employeurs pendant ce congé parental, cela conduit à une discrimination des femmes à l’embauche, qui par ailleurs progressent moins et sont moins rémunérées. Du coup, quand dans un couple, il faut choisir celui qui restera à la maison, comme c’est la femme qui gagne moins d’argent le plus souvent, le plus souvent il est plus rentable (ou du moins cela implique un moins grand sacrifice materiel) que ce soit la femme qui reste à la maison…. d’où une discrimnation des femmes à l’embauche…

    C’est pour cela que les rapports des groupes parlementaires rendus sur le sujet tendent à recommander un raccourcissement du congé parental, avec une meilleure rémunération parce que l’absence de rémunération semble être un obstacle majeur à la prise de congé parental par les hommes (par exemple, beaucoup plus d’hommes semblent prendre un congé parental depuis que l’indemnisation a été revue à la hausse en Allemagne).

    Donc le raccourcissement du congé parental semble a priori un outil de lutte contre l’inégalité au travail.

    Ceci dit, je te rejoins complètement (et Mme déjantée) sur le fait qu’imposer cette réforme par un système si contraignant, et alors qu’avant la maternelle (on peut au passage rappeler que nous sommes le SEUL pays à avoir la maternelle, i.e. un mode de garde de qualité, accessible à tous et gratuit à partir de 3 ans!!), tout le monde galère déjà pour trouver un mode de garde, c’est aller à l’économie, porter atteinte à la liberté de choix de beaucoup de parents, et aller au-devant de gros soucis pour beaucoup de foyer.

    • Concernant la discrimination à l’embauche, des femmes comme des personnes proches de la retraite, il y a une solution simple : que ce ne soit pas l’entreprise dans laquelle est la personne sur qui repose les indemnités, mais que toutes les sociétés cotisent dans un fond commun où seront prises les indemnisations maternité et retraite.
      Ça éliminerait le frein financier (enfin une bonne partie, il faudra quand même prévoir le coût d’un recrutement).

      Pour le problème lié à l’interruption lors d’une grossesse, et aux impératifs des parents (pas de réunions tard le soir ni tôt le matin, jours « enfant malade », etc), ce doit être faisable puisque les pays scandinaves s’en sortent bien au niveau de la parité. Mais c’est toute une mentalité à revoir, ça risque d’être long…

      • C’est une bonne idée, même si il resterait le casse-tête de l’organisation pour une employée absente durant 3 ans, voir plus si elle a plusieurs enfants.

        Dans les pays nordiques, sauf erreur, le congé maternité est d’un peu plus d’un an à partager entre les parents (et il n’y a pas de congé parental au sens Français je crois).

        L’autre avantage des pays nordiques, c’est que comme ils ont de l’avance, il y a plus de femmes aux postes à responsabilité, donc plus enclines à accorder des avantages à d’autres femmes et à accepter les aléas de la famille (pas de réunions tard le soir, possibilité de travailler de la maison, absences en cas d’enfants malades, etc.). C’est au contraire un cercle vertueux. Et ce dont il faut convaincre les employeurs ici, c’est que cela ne pénalise en rien la productivité de l’entreprise: au contraire, les études récentes montrent que plus il y a de femmes (et plus il y a de souplesse dans le management), plus les salariés sont personnellement impliqués et plus les entreprises sont performantes, même si le temps de présence semble a priori réduit.

        Je trouve qu’il y a aussi une autre différence assez fondamentale en France par rapport à beaucoup de pays: En France il y a un très très fort interventionnisme: l’employeur est tellement pressé comme un citron qu’il a déjà l’impression de se faire « avoir ». Donc il est peu enclin à « ajouter » des avantages à un package déjà très lourd pour lui. Résultat: l’employé aussi a l’impression de se faire avoir parce qu’il est très difficile d’obtenir de la souplesse lorsque le cas est un peu particulier.

        En Angleterre, c’est vraiment le minimum qu’impose la loi, mais parfois j’ai l’impression que c’est plus favorable à la négotiation individuelle.

        Je ne sais pas si c’est mieux ou moins bien, parce que ça ne fonctionne que si on tombe sur un employeur de bonne foi, et évidemment en période de crise, les employés sont facilement laisés puisque les avantages sont à la discrétion de l’employeur.

        • Un petit comparatif des systèmes :
          http://blog.plafonddeverre.fr/post/Le-cong%C3%A9-parental-dans-9-pays-d-Europe

          Entièrement d’accord sur le trop d’interventionnisme de l’État, et sur la pression trop forte sur les entreprises, qui pénalisent tout le monde, employé et employeur. L’État gère de façon autoritariste « pour le bien » du peuple, en le noyant sous des textes et des décrets, comme certains parents punissent « pour le bien de leurs enfants » et leur donnent de multiples contraintes. J’y vois vraiment un lien de cause à effet, et nous de jouer pour que l’avenir laisse plus de liberté (et la responsabilité qui va avec) aux adultes de demain, dans le respect de leurs besoins !
          Je ne connais pas le système Anglais, c’est peut-être l’excès inverse. La liberté ne se conçoit que dans un cadre où les plus faibles sont protégés, sinon c’est la loi de la jungle !
          Entre 90 pages et 3200 pages, il y a de la marge pour trouver un juste milieu et créer un Code du Travail plus souple sans laisser place à l’anarchie.

  12. Pingback: La solution idéale ? La tienne, la mienne, la votre… [mini débrief] « Les Vendredis Intellos

  13. D’accord avec l’ensemble de l’article sauf sur le fait que la mesure ressemble au COLCA. Le COLCA se limite à un an : et puis plus rien après. La mesure proposé semble proposer un congé parental avec cessation d’activité complete pendant un an mieux payé. Mais la différence viendrait peut-être du fait qu’on pourrait toucher une sorte de Complément d’activité pour un 80% à la suite jusqu’aux 3 ans de l’enfant… Ce serait l’idéal pour moi. Ce qui me freine avec le COLCA, c’est de ne pas pouvoir percevoir d’aide sur un 80% les 2 années d’après. Un an d’arrêt total d’activité me suffirait personnellement, la différence de ressources est trop importante sinon…

  14. complètement d’accord. Concernant le COLCA, je n’arrête pas de le dire (je suis mère de 3 enfants en CPE à 100%) et peu de blogs en parlent.
    En plus, il faudrait aborder le problème des femmes qui gagnent mieux leur vie avec le CPE qu’avec 60% de leur salaire !! Et oui, les femmes qui travaillaient à temps partiel gagnent mieux leur vie avec 388 € par mois (c’était le cas de ma soeur).

  15. Pingback: A-t-on vraiment besoin d’un congé paternité ? Réflexions sur les congés accordés aux parents à l’arrivée d’un enfant | Les Vendredis Intellos

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