Ne rentre pas dans les cases, chapître 2 : maman tôt.

En voilà un document qui tombe bien dites donc !

Si vous suivez ce lien ( http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1419 ) vous tomberez sur un document de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) concernant l’âge des femmes lors de leurs maternités.

Un petit résumé ?

En 2010, en France métropolitaine, les femmes ont en moyenne leur premier enfant à 28 ans, soit quatre ans plus tard qu’à la fin des années 1960. Le report de l’âge à l’accouchement ralentit toutefois depuis une dizaine d’années. Les femmes sont également plus âgées à la naissance d’un deuxième ou troisième enfant. Au total, l’âge moyen des mères à l’accouchement quel que soit le rang de naissance de l’enfant atteint 30 ans en 2010.

Plus le diplôme de la femme est élevé, plus le premier enfant arrive tard. Cela explique en partie que les femmes deviennent mères plus tard dans le sud de la France ainsi qu’en Île-de-France, où les parts des diplômées sont les plus élevées. Cela contribue aussi à expliquer que les femmes immigrées nées en Turquie ont leur premier enfant près de 4 ans plus tôt que la moyenne, et celles nées en Afrique 9 mois plus tôt.

En Europe centrale et orientale, les femmes donnent naissance à leur premier enfant plus tôt qu’en France, avant 27 ans. En Italie ou en Espagne, elles ont en revanche leur premier enfant après 29 ans.

En détail, l’on voit malgré tout que cet âge moyen de 28 ans au premier enfant donne un étalement de cette première naissance assez étendu : entre 25 et 30 ans à peu près (alors que dans les années 1970, l’âge moyen était de 22 ans avec très peu d’étalement).

Regardons tout ceci de plus près grâce à ce graphique :

graphique2_t
Les raisons annoncées pour ce phénomène sont principalement liées au nombre croissant de femmes diplômées (études supérieures) en France métropolitaine. Pourquoi ?
Parce que :
– l’obtention du diplôme retarde la rencontre avec « l’autre » qui deviendra père des futurs enfants (à croire qu’à la FAC il n’y a pas de vie sociale, ou qu’on ne rencontre que des loosers ?  Mais non je rigole… quoique ça serait à vérifier ah ah ah)
– les femmes, après obtention du diplôme, veulent s’assurer une place stable dans la vie active avant de se lancer dans l’aventure de mère
– les jeunes couples diplômés retardent de plus en plus l’arrivée du premier enfant pour profiter de leur vie à deux

Après ce constat, voilà encore des cases qui se mettent en place ! Damn it…

De ce fait, être maman tôt c’est bien souvent dans la tête des gens ruiner une probable carrière professionnelle (donc être inconscient et/ou stupide ?). C’est se mettre en couple trop tôt (ah si on pouvait choisir l’âge auquel on rencontre la bonne personne, ça se saurait !). C’est ne pas suffisement profiter de notre jeunesse (mais qui dit que ce qui est sous-entendu par « profiter de sa jeunesse » intéresse tous les jeunes gens ?).

Je récapitule ? Une maman « jeune » c’est une écervellée qui croit encore au prince charmant et qui très vite va se retrouver parent isolé coincée avec un (ou des, au secours !) marmot qui l’empêchera d’avoir une vie sociale et professionnelle décente.

Ca peut prêter à sourire dit comme ça, ou peut-être pensez-vous que j’exagère, mais hélas, c’est très souvent le raccourcit qui est fait. Et à nouveau hélas, souvent lors de cette première grossesse, la (très) jeune future mère en paye le prix fort, tout le monde y comprit le personnel médical suivant sa grossesse se permettant d’émettre des jugements et commentaires désobligeants, voire même à agir de telle manière qu’il ne le ferait pas avec une autre femme enceinte plus âgée (mais pas trop âgée non plus, car là, on tombe dans le travers inverse d’avoir un enfant « trop tard »… pff !).

Alors je me dénonce ! OUI je suis coupable (comme beaucoup) d’avoir eut des enfants « tôt » !
Ma vie professionnelle n’existe pas mais je m’en porte comme un charme et compte bien profiter d’un épanouissement professionnel quand mes enfants seront grands et que mes « collègues » de mon âge seront dans les couches par-dessus la tête et mises au placard après un congé parental de 30 à 36 ans (2 enfants, 2 congés parentaux, outch le retour a la vie active à l’approche de la 40 aine avec des enfants en bas-âge ! les miens seront autonomes…).
Ma vie personnelle est réussie, non rencontrer le père de ses enfants jeunes ne veut pas forcément dire séparation/divorce/parent isolé ! Le père de mes enfants est toujours à mes côtés depuis 13 ans, même si je l’ai rencontré à 17 ans… J’ai profité de mes enfants alors que j’en avais encore l’énergie (oui c’est fatiguant d’avoir des enfants, je l’avoue) et j’aurai encore de l’énergie lorsqu’ils auront quitté le nid (j’aurai 40 ans quand mon ainé quittera le foyer, sauf si j’ai fait un Tanguy, mais ça personne n’est à l’abrit), je pourrai profiter pleinement des plus belles années de ma vie et ne m’enquiquinerai pas avec des enfants quand mes forces s’épuiseront.
Je rajouterais que j’ai sans doute moins l’angoisse de mourrir en laissant derrière moi des enfants pas encore ou à peine autonomes.

Tout cela n’est pas fait pour montrer du doigt les femmes qui ont décidé (ou pas eut le choix) d’avoir des enfants dans la moyenne ou tardivement, pour ma part je respecte les choix que chacun(e) fait, mais uniquement pour la défense de toutes les femmes qui ont désiré avoir rapidement des enfants, qu’elles cessent d’être jugées à l’emporte-pièce sans raison valable !

 

EST-CE QU’ON RENTRE DANS LES CASES ?
– NON !
EST-CE QU’ON L’ASSUME ?
– PLEINEMENT !

 

Quand j’y pense, je n’en ai pas fini avec cette série de « pas dans les cases »…

Léona

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9 réflexions sur “Ne rentre pas dans les cases, chapître 2 : maman tôt.

  1. Merci pour ton billet. Cette étude est très intéressante, merci de l’avoir relayée. En effet, dès qu’on sort de la « moyenne », on est toujours un peu jugé du coup. Ton témoignage est important, il montre qu’on peut choisir d’être parent tôt, que ce n’est pas un accident et qu’on peut très bien s’en sortir. Il y a, comme tu le montres, des avantages et des inconvénients dans toutes les situations, l’important c’est de pouvoir faire selon son propre choix.

    • Oui, faire selon son propre choix, pas forcément possible dans certaines situations (infertilité, pas trouvé le bon partenaire, situation financière inadéquate), mais il serait tellement plus agréable de ne pas avoir à composer avec les laïus de ceux qui se croient permis d’apporter leur jugement, que ce soit dans le cercle familial, amical ou carrément des étrangers.
      Lors de ma première grossesse (et premier accouchement), le personnel médical nous a énormement manqué de respect à mon conjoint et moi-même, c’est une situation qui jamais ne devrait avoir lieu. Mais on ne choisit pas sur qui on tombe dans le milieu médical et bien des patients se font malmener par ce personnel médical se sentant tout puissant donc apte à émettre des jugements et imposer leur vision des choses. On trouve ce même sentiment de toute puissance chez certains employeurs, ou « ainés » dans nos cercles familiaux.

      Mille fois hélas !

  2. Tu dis respecter les choix des autres, mais tu fustiges néanmoins pas mal les femmes ayant eu des enfants à un âge « classique ». Avoir un enfant pose des avantages et inconvénients quel que soit l’âge… Tu penses qu’une femme prenant 6 ans de congé maternité (je pense qu’elles sont rares chez les femmes diplômées, mais passons) va se prendre une claque en reprenant le boulot? A mons avis moins qu’une femme commençant à chercher du boulot à 35 ans parce qu’avant elle « élevait ses enfants »…

    De plus, « avoir eu ses enfants tôt » n’est pas incompatible avec « avoir des enfants tard ». Une femme qui a son premier enfant à 18 ans peut très bien avoir le dernier à 42! ;-) C’est sans doute exceptionnel, mais, à notre époque, sans doute pas beaucoup plus qu’une femme ayant eu ses enfants jeune…

    • Ce sont des choix même si certains sont imposés car ne dépendant pas uniquement de nous (tomber sur le mauvais mec, ca peut arriver à n’importe quel âge, divorcer peut arriver à n’importe qui et refaire sa vie à 40 ans et donc avoir un enfant sur le tard parfois aussi, avoir un patron qui ne supporte pas qu’une femme fasse une pause professionnelle, etc).
      Mais je ne vois pas où je fustige quiconque en fait, ca me laisse coite… surtout concernant le congé parental, puisque si j’avais été dans une telle position (bon poste, stable qui m’attend au retour du congé mater) je pense que j’aurais été incapable de laisser mes nourrissons à quelqu’un d’autre 8h par jour 5 jours par semaine, ce serait au-dessus de mes forces alors que pour d’autres femmes, c’est de ne pas retourner travailler qui est au-dessus de leurs forces, et chacun devrait avoir le choix ! Je le répète : ce sont des choix, et l’important est de réussir à les assumer, ce qui n’est pas facile dans notre société tant celle-ci impose des standars à gogo.

      Mais je soulignais juste que peu importe nos choix, il n’y en a pas de bons ni de mauvais, mais les jugements seront toujours plus prompts et incisifs lorsque les cases ne sont pas respectées ;)

      • En fait je réagissais surtout à ce passage que je trouve un peu agressif envers les femmes « dans la norme » : « Ma vie professionnelle n’existe pas mais je m’en porte comme un charme et compte bien profiter d’un épanouissement professionnel quand mes enfants seront grands et que mes « collègues » de mon âge seront dans les couches par-dessus la tête et mises au placard après un congé parental de 30 à 36 ans (2 enfants, 2 congés parentaux, outch le retour a la vie active à l’approche de la 40 aine avec des enfants en bas-âge ! les miens seront autonomes…). »
        Mais sans doute ai-je mal interprété!

        Je te rejoins dans tes explications, il y a du bon et du mauvais dans toutes les situations, et personne n’est à l’abri d’un echec, quelque soit son âge! :-)

        Néanmoins, par rapport aux jugements, j’ai eu ma première fille à 19 ans, et si j’ai évidemment été jugée (d’autant que j’ai quitté le père et repris mes études, j’ai pris le combo gagnant!), j’ai aussi été bénéficiaire de nombreux encouragements et de bienveillance… Je n’ai jamais ressenti ma situation comme un poids ni comme une cause de jugement particulier…
        D’ailleurs, j’ai eu ma 2° fille à 28 ans, et je n’ai pas reçu moins de remarques, négatives comme positives. Les gens cons existent partout et quelques soient les situations et jugent à peu près tout et n’importe quoi (en ce qui me concerne, l’écart d’âge, le fait que j’ai deux filles, le fait que je n’ai pas terminé mes études, celui d’avoir choisi de m’occuper de ma fille en restant au foyer -comme toi, je n’imagine pas laisser mon bébé 8h/jour- , le fait que j’ai allaité plus de 6 mois, etc, etc…). Les gens bienveillants aussi. Le savoir aide à relativiser et à accepter plus facilement qui l’on est et ce que l’on fait! Et surtout à s’entourer des bonnes personnes! ;-)

  3. Pile dans la moyenne : 28 ans pour le 1er enfant, lol. Mais ça n’est pas par choix ! Si j’avais pu l’avoir plus tôt, je l’aurais eu plus tôt !
    Pour le reste, je sors des cases : j’ai rencontré le papa dans le cadre d’un stage d’études, et ma fille est née 2 semaines après que j’ai soutenu mon master. Donc, non, les études ne sont pas un moyen de contraception, lol.

    Sinon, j’ai une cousine qui a eu son 1er enfant à 20 ans. En même temps, elle était avec le papa depuis ses 16 ans et ils étaient tous les 2 en CDI. Alors pourquoi attendre ?
    Mais même sans les conditions idéales, le bon moment c’est celui qu’on choisit ^^

  4. Aaaargh, je ne rentre pas dans les cases ! J’ai pondu de bonne heure (22 ans) et j’ai fait des études (bac + 4) APRES. Des gens comme moi faussent les statistiques. On saisit d’ailleurs l’occise de s’excuser.

  5. Je suis attéré par le jugement que portent les gens – je me rappelle du témoignage de Mme Déjantée sur la question, avec la palme pour un médecin qui lui avait dit un truc du genre: Mademoiselle, à votre âge on vient pour un avortement, pas pour une grossesse… ARGH.
    D’autant plus quand je vois le nombre de réflexions à la minute que je me prends quand je parle de mon infertilité (bin aussi, pourquoi t’as pas commencé plus tôt!!) alors que je me trouve pas tellement en dehors des clous, mais brèfle.
    Y a une situation où on est épargnée par les jugements ou pas en fait??
    Moi aussi j’ai rencontré mon mari à 29 ans, si j’avais pu choisir j’aurais eu des enfant à 20 ans je pense… à 6 ans je passais la journée à me fiche des coussins sous le pull tant je rêvais déja de grossesse et de pti poupons à cajoler…

  6. Pingback: Le chemin de la maternité [mini débrief] « Les Vendredis Intellos

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