Le Placenta – rituels et usages thérapeutiques, par Cornelia Enning

20130104

Partout dans le monde, les effets bénéfiques de la consommation de placenta en suites de couches, quel que soit son conditionnement, sur le rétablissement de la mère, ont été reconnus. Les femmes qui reçoivent des remèdes à base de placenta après leur accouchement se sentent plus fortes, sont de meilleur humeur et allaitent plus facilement. En cas d’œdèmes des jambes, de tension artérielle élevée ou de protéinurie (présence de protéines dans les urines indiquant une défaillance de la fonction rénale), le placenta est d’une grande utilité. L’œdème des mains et des jambes se résorbent en général après 6 semaines.
La médecine traditionnelle chinoise utilise le placenta afin de renforcer les reins. les sautes d’humeur liées à l’effondrement du taux sanguin de progestérone répondent de façon satisfaisante à un traitement à base de remèdes placentaires.
À travers le lait maternel, les nouveau-nés reçoivent d’importantes hormones comme les œstrogènes, la progestérone, l’ocytocine. Selon John Diamond, l’ingestion de placenta n’a pas seulement des effets bénéfiques pour la mère, mais également pour l’enfant. L’ocytocine est l’hormone dont l’homme a besoin pour renforcer sa capacité à aimer. Un bébé fait l’expérience de l’amour de sa mère grâce à la présence d’ocytocine dans le lait maternel.
Le placenta à terme est riche en ocytocine, les femmes dont le lait manque d’ocytocine à cause d’une toxémie, d’une maladie de la vésicule biliaire ou d’un stress à l’accouchement, peuvent compenser cette carence par l’ingestion d’un remède issu du placenta. Toutes les théories scientifiques insistent sur l’impact majeur, sur l’individu, de ses expériences premières, en particulier celles qui entourent la naissance, dont les conséquences sur le développement de la capacité à aimer sont cruciales.

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Voilà un extrait que je trouve assez représentatif du contenu de ce livre de Cornelia Enning, offert à la bibliothèque volante des Vendredis Intellos par les Editions du Hêtre.

Cornelia Enning est une sage-femme allemande qui s’est spécialisée dans les naissances aquatiques et la placentothérapie. Ce petit ouvrage est consacré au placenta. Lorsque Mme Déjantée l’a proposé, je me suis jetée dessus parce que je suis fascinée pas les médecines du monde. J’ai toujours rêvé de voyages ésotériques (je voulais partir faire une initiation chamanique, comme Corinne Sombrun), et c’est ce que je pensais trouver dans ce livre, un peu d’ésotérisme. Il y en a, mais pas que.

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La première partie du livre (les deux premiers chapitres) est en effet consacrée aux croyances attachées au placenta et les vertus que l’on a pu lui prêter aux temps anciens, ainsi qu’à la redécouverte de ses vertus aujourd’hui, avec de plus en plus de couples qui se soucient du sort du placenta de leur bébé.

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Les chapitres suivants sont plus pragmatiques.

Le troisième chapitre fait le point et  rassemble les résultats des études scientifiques sur les bénéfices tirés de la consommation ou l’utilisation du placenta comme remède. L’auteur sur ce point indique que malheureusement, ces études sont peu nombreuses. Elle affirme pourtant que ces bénéfices sont réels. Et j’ai choisi l’extrait ci-dessus pour appuyer mon scepticisme: je ne peux que recommander d’aller lire le chapitre 3 par vous-même, parce que je n’ai ni le temps ni les connaissances nécessaires pour aller lire les références et les études qui sont citées. Je ne doute pas que certaines sont pertinentes, mais ce que je lis sur l’ocytocine m’incite à penser que certaines de ces études pourraient être orientées [previoulsy on les Vendredis Intellos, mes lectures sur l’ocytocine, « hormone de l’amour », ICI et ICI!]. Et le ton que je trouve un peu catégorique me gène un peu. .

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Enfin, le quatrième et le cinquième chapitre sont techniques: Il s’agit des méthodes de récupération du placenta, et de recettes « de cuisine ». J’en cite une:

Boisson au placenta
– Un morceau de placenta frais
– Du jus de fruit ou des fruits frais
Mixez un morceau de placenta frais avec du jus de pomme, une demi-banane ou d’autres fruits de votre choix.

Une précision là-dessus: Comme l’auteur est allemande, le livre ne mentionne pas la règlementation française pour ce qui concerne le placenta et ses dérivés. En France, le placenta, comme tous les produits du corps humain, « ne peut faire l’objet d’un droit patrimonial » (c’est l’article 16-1 du code civil): En clair: on n’est pas propriétaire de son placenta, on ne peut pas en disposer!

L’avis 117 du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE), du 19 avril 2012, précise que si le placenta n’a pas été collecté à des fins thérapeutiques ou scientifiques (don anonyme de sang de placenta, par exemple):

En salle de naissance, le placenta et ses annexes, une fois leur intégralité vérifiée, sont placés dans un bac réceptacle spécifique (…). Le tout doit suivre un cheminement réglementé des DASRI, en vue de leur destruction par incinération contrôlée.

Il semble donc qu’il soit impossible en France de récupérer son placenta, à moins d’accoucher à la maison… Pour beaucoup d’entre nous, adieu donc, smoothies au placenta!

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En conclusion, voilà un livre que j’ai pris plaisir à lire, surtout pour la partie ésotérique / historique ainsi que les témoignages des femmes – mais qui ne m’a pas tellement convaincue ou alléchée à l’idée de consommer du placenta!

Drenka

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11 réflexions sur “Le Placenta – rituels et usages thérapeutiques, par Cornelia Enning

  1. personnellement j’ai pu récupérer mon placenta en hôpital, pour notre part c’était pour l’enterrer sous le cerisier planté à l’occasion de la naissance de notre fils… mais personne n’a fait obstacle à ce que nous le récupérions, nous avions pris une grande boite que nous avons ramené le jour même à la maison et congelé direct. Donc c’est possible même sis sans doute pas très légal vu ce que tu dis.

    • Merci, c’est bon à savoir! J’imagine que ça doit être possible si on tombe sur des soignants bienveillants et compréhensifs. Et autant je ne suis pas tentée par la consommation du placenta (sous forme fraiche ou de remède), autant enterrer le placenta sous un arbre planté à la naissance du bébé est une tradition qui me séduit beaucoup. Chez nous on a toujours planté des arbres à la naissance des enfants et j’ai bien regretté de ne pas l’avoir fait pour mon fils (nous n’avons pas de jardin privé). D’ailleurs l’introduction du livre est un beau conte sur le lien entre l’arbre et l’enfant! Et il est dit aussi que selon les croyances de certaines culures, le choix de l’arbre peut influer sur le caratère de l’enfant. Si ton fils est lié à un cerisier, nul doute qu’il sera un être généreux, doux et raffiné!

  2. Bonjour
    J’ai accouché à la maison en juin 2012 et ainsi pu disposer de mon placenta ! J’avais contacté un laboratoire allemand (avant, un labo français le faisait mais une décision judiciaire en à décidé autrement) qui prépare des dilutions homéopathiques à base de placenta (isotherapie placentaire). Ce labo m’a transmis un kit (tube, enveloppe…) et ma sage femme à fait le prélèvement . Une pharmacie allemande ma envoyé 2/3 semaines après, les dilutions et un tableau récapitulant les symptômes et granules à utiliser. Je m’en suis aussi servie pour moi et mes autres enfants.
    J’ai également gardé le reste de mon placenta (en cas d’envie de smoothie :) ou pour faire un rituel en l’enterrant sous un jeune arbre ) au congélateur.
    Bref, je ne sais pas si le livre que vous avez lu le mentionne mais j’ai également lu que le placenta était le seul tissu vivant pouvant être greffé sans aucun risque de rejet sur n’importe quel individu, c’est dire toute la puissance et le potentiel de ce tissu que je voyais pour la 1ère fois alors que j’en étais à mon 4ème accouchement , merci les protocoles en clinique !

    • Je partage la fin de ton commentaire : c’est lors de mon 2e accouchement en plateau technique que j’ai vraiment eu le temps de voir à quoi ressemblait mon placenta ! La sage-femme a pris le temps de le déployer devant nous, de nous montrer quel côté était arrimé à mon corps et lequel enveloppait le bébé, sa texture, son irrigation, etc. C’était passionnant ! La première fois, en clinique, je n’avais rien vu non plus, ç’avait été expéditif !!

      • En effet ça doit être intéressant! Moi j’étais tellement dans les choux (et sans lunettes) que je n’ai même pas bien vu mon bébé, alors mon placenta, tu penses!

    • Bonsoir,
      Quel laboratoire allemand ? Je vous en priiiiiiiiiiie. J’étais désespérée de trouver jusqu’à la lecture de votre témoignage. D’ailleurs mille merci !
      Je ne sais pas si j’ai l’autorisation mais je laisse mon mail au cas où : chene.louison18@gmail.com

  3. Merci pour cette intéressante plongée, pas si ésotérique que ça, dans ce que la nature semble avoir prévu pour aider les mammifères à se requinquer après avoir donné la vie. ;-)
    Je rigole mais je me souviens très bien de la fois où, petite, ma soeur, ma mère et moi avions assisté à l’accouchement de mon hamster, qui avait ensuite grignoté son placenta devant nos yeux. Et je me souviens de nos questions et de ma mère qui nous expliquait qu’elle le mangeait parce qu’il était « plein de bonnes choses » pour se remettre et faire le plein de fer, etc. Alors pourquoi pas nous, hein ?
    (mais en vrai, j’avoue que ça me tente pas trop non plus !!!)

    • La-dessus, je pense qu’il existe une controverse! Est-ce que c’est parce qu’il y a pleins de bonnes choses, ou parce que l’odeur pourrait attirer les prédateurs? Le placenta, c’est aussi un filtre, est-ce que du coup il ne concentrerait pas aussi bien les « mauvaises choses » que les « bonnes choses »? L’objet de l’homéopathie est parfois de « mitridatiser », de faire comme un vaccin: on consomme du poison à petite dose pour y être habitué et résistant le jour où l’on sera exposé au poison à haute dose. Et dans le livre, il est effectivement question remèdes homéopathiques à base des « mauvaises choses » qu’on trouve dans le placenta.

      Je ne dis pas que la consommation est nocive, hein, loin de là! Mais je dis que pour moi, les bienfaits de la consommation du placenta ne sont pas évidents, et si on n’en a pas envie, pour le moment il semble qu’il n’y ait pas vraiment de raison (scientifique) de se forcer!

  4. Pingback: Par delà nos croyances (mini-débrief) « Les Vendredis Intellos

  5. Je suis bien contente que mon post ait suscité tant de réactions chez vous! Blondystep, tu dis avoir fait l’isotropie en 2005, mais chez quel labo? Je n’en trouve aucun qui soit ok moi… J’ai contacté « Source Claire » mais ils ne le font plus non plus, la dame au téléphone m’a orienté vers le livre « Prendre sa santé en main » où il est expliqué comment faire sa propre isotropie mais ça me paraît trop compliqué…Pour ce qui est de l’autorisation d’en prélever un morceau à la maternité (CHU), mon gynécologue est tout à fait d’accord, même si bien entendu, en bon cartésien il pense que ça ne sert à rien..!Pour ce qui est de la vitamine K, je n’ai pas du tout envie d’en donner à mon bébé puisque c’est de la vitamine synthétique et donc pas du tout naturelle.Je pense que les bienfaits du placenta ne sont plus à démontrer, et en te lisant Rouline, mon idée a fait son chemin et je ne ressens plus d’appréhension à l’idée d’en avaler dans un verre de jus de fruits. Quelle quantité pour un verre en fait? Et les morceux que j’aurai découpé, tu crois que je les mets juste dans un flacon stérile et hop au congélo?

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