Aller vers la Lumière, critique littéraire

Voilà, voilà…

je suis arrivée à la fin, j’ai lu tout le bouquin prêté à la Bibliothèque volante des Vendredis Intellos par les édition L’Instant Présent « La violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines » d’Olivier Maurel.

Non qu’il soit difficile à lire. Son style est clair et plutôt didactique, malgré la présence de nombreux termes techniques liés à la psychanalyse et à la sociologie.

Non, je m’éparpille juste tous les jours entre mon rôle de maman, mon boulot, et diverses activités…M’accorder du temps pour lire, c’est grappiller quelques minutes par-ci et par-là, et une lecture suivie est parfois compliqué à obtenir!

Je vous livre donc ici ma critique non-scientifique de cet ouvrage. Je précise qu’il y a quelques semaines, un article a été publié par SupersParents pour les VI. C’est ICI.

Moi, je me sens vraiment attirée par une éducation pacifique des enfants. S’il est parfois difficile au quotidien de suivre la ligne, et que nous faisons des erreurs, j’essaie  de prendre du recul, de re-cadrer MON comportement, et offrir une enfance sereine à mon petit gars. Je suis convaincue qu’une éducation qui se construit dans la paix est pourvoyeuse de comportements pacifiques. Peut-être que l’ambiance de ma propre éducation y est pour quelque chose, puisque ni coups ni chantages affectifs n’étaient admis. Et d’ailleurs Olivier Maurel le précise page 83 « Où l’on voit que pour contester la violence éducative, il faut ne pas l’avoir subie« .

Thème sensible, je trouvais que l’angle scientifique était un bon moyen de l’aborder e ce Continent Ignoré qu’est la violence éducative. Olivier Maurel donne des exemples, des chiffres sur cette forme de violence. C’est parfois insoutenable. Mais l’essentiel de son livre nous invité à questionner les auteurs récents qui ont travailler sur les racines de la violence dans notre société. La violence éducative a-t-elle fait partie de ces études? Peu d’auteurs en parle ou évitent d’en parler. Pourquoi? Voilà le fond de ce livre.

Mais s’il est riche et étudie différentes disciplines des sciences humains, j’ai été interloquée par une faiblesse de l’analyse : Olivier affirme au fil des pages que OUI, la violence éducative est la principale cause des violences des individus adultes. « Ainsi, prendre en compte ce que vivent et ce que subissent les enfants de leur naissance à leur maturité, c’est adopter un point de vue privilégié pour comprendre le comportement des adultes. La violence éducative, par son intensité, par sa précocité et sa dureté, par la variété de ses effets sur des aspects multiples de la personnalité des enfants, contribue fortement à expliquer la plupart des aspects de la violence humaine, y compris dans ses pires déploiements, comme le nazisme. »

Or, il faudrait des études pour le prouver, et elles sont peu nombreuses… Dire que la violence éducative peut-être à l’origine de la violence des sociétés et des individus est une hypothèse. Donc, ce livre s’il explore les études sur la violence n’en n’est pas une. C’est plutôt un cri militant pour que cette forme de violence soit prise en compte dans les études, et que les scientifiques enlèvent les oeillères qui leur cache cette violence…

je retiens de ce livre surtout :

– la description du mécanisme d’enfermement généralisé des consciences faisant passer cette violence comme minime, mais aussi le processus de pacification de nos sociétés actuelles

-les exemples positifs et négatifs tirés des vies de grands hommes.

Ce livre est disponible dans la bibliothèque volante des VI, auprès de Clem notre bibliothécaire!

Muuuum

13 réflexions sur “Aller vers la Lumière, critique littéraire

  1. Merci beaucoup pour ton billet en cette semaine de fêtes et pour ta critique très intéressante. J’ai bien envie de lire ce livre mais j’ai peur de me reconnaître dans ces exemples de violence éducative… En ce moment, c’est plutôt compliqué pour moi alors je vais attendre d’avoir réglé certains problèmes.
    En tout cas, la thèse est intéressante et il est bon de voir les choses sous un autre angle que l’habituel « tout le monde a toujours fait comme ça ».
    En revanche, je suis troublée par la phrase « Où l’on voit que pour contester la violence éducative, il faut ne pas l’avoir subie. » Il me semble que c’est trop fataliste. On peut aussi l’avoir vécue et vouloir justement changer les choses. Mais peut-être qu’il me faudrait le contexte pour mieux comprendre son point de vue.

    • On se reconnait tous dans les exemples de violence éducative. Oui, effectivement, je cite le titre d’un paragraphe, mais son propos est plus nuancer. Heureusement que tous ceux qui font des efforts pour une éducation plus pacifique ne sont pas seulement ceux qui y ont eu droit dans leur enfance! Puis, ce n’est pas un livre qui juge les comportements personnels, mais bien pourquoi 80% des auteurs qui ont étudié la violence passent sous silence cette forme de violence, qui pourrait être le source de toutes les autres. Je t’envoie le livre, Clem! ;)

  2. A la lecture de ton article, je comprends que l’auteur explique toutes les violences par la violence éducative.

    Cela me paraît un peu simplificateur.

    Faire porter aux seules familles toutes les responsabilités de faits aussi en partie liés à des crises économiques, à des suites de guerres antérieures, c’est peut-être un peu simpliste.
    Y aurait-il eu le nazisme s’il n’y avait pas eu la crise de 1929 ? s’il n’y avait pas eu un armistice trop lourd pour l’Allemagne à la fin de la guerre de 14-18 ?

    Il me semble qu’il faut porter sur la violence un regard plus large, plus « sociologique ».

    J’ai envie de faire le parallèle avec la souffrance ou travail qui s’est traduite par une « psychologisation » des salariés qui se voient proposer des traitements à titre personnel, sans qu’aucun travail soit fait sur l’organisation et les codes comportementaux qu’elle génère.

    Le comportement d’une famille est aussi le fruit d’un conditionnement culturel et social.
    Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas travailler sur soi à titre personnel, mais cela ne suffit pas.
    Il faut aussi obtenir de nos gouvernants des politiques éducatives et sociales adaptées, soutenir les actions associatives qui développent du lien social, y a du boulot !!

    Mais je n’ai pas lu le livre …

    • c’est un peu aussi ce que je lui reproche, puisque peu d’études existent ou prennent en compte cette violence comme source de violence, comment être aussi affirmatif?
      Pour le nazisme, je te rassure, il donne aussi des explications sociologiques : l’Allemengne d’avant IIIe Reich aurait vu un engouement pour un système éducatif très stricte et violent, et du coup les allemands auraient été plus dociles à accepter un régime totalitaire. Bien sure je résume, le livre est plus précis, plus complet et développe mieux ce propos.
      Il voit aussi dans la prise en compte des maltraitances dans nos sociétés depuis la fin de la seconde guerre, une piste qui expliquerai une telle période de paix entre les états. Bref, tout n’est pas si simpliste. Veux-tu que je t’envoie le livre Phypa?

      • Je vois ta réponse seulement aujourd’hui !
        Je te remercie, mais je ne suis pas certaine d’avoir envie de lire ce livre.
        Je suis en train de finir « L’estime de soi, un passeport pour la vie » de Germain Duclos, gracieusement adressé par les Editions du CHU Sainte Justine, et en parallèle je lis « Purge » de Sophie Oksanen, il y a aussi « Laissez les enfants tranquilles » de Carl Honoré trouvé cet été qui m’attend …
        Mais sur la violence, je voudrais bien lire quelque chose plus orienté sociologie.

        • Pourquoi ne pas poser la question à Delphine Keppens, notre Guest des Rencontres? Je suis certaine qu’elle aurait des références à nous donner sur ce thème!

          • Oh mais des références de travaux sur la violence sociale produits par des sociologues et psychoquelquechose il y en a plein le livre! mais justement, seulement 3 parlent de la violence éducative et évoquent ses incidences sur la violence des individus dans la société!

        • pour ma part je viens de finir « oui la nature humaine est bonne. Comment la violence éducative la pervertit depuis des millénaires » du même auteur, et vraiment vraiment j’ai appris plein de choses. Même si parfois c’est dur de lire certaines choses, ce qu’il raconte m’a passionnée et je m’y suis pleinement retrouvée.
          Donc je le recommande +++

            • oui, j’ai pensé à écrire un article, voilà seulement en ce moment j’ai un blocage dans l’écriture… je n’y arrive pas. Donc si quelqu’un d’autre veut se lancer….

  3. Pingback: Education : avons-nous vraiment le choix ? [mini-debrief] « Les Vendredis Intellos

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  5. Pingback: Voir les choses du bon côté avec le Compliment Descriptif (Bibliothèque des VI) | Les Vendredis Intellos

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