Conseils, critiques, mises en garde… qui n’a jamais été confronté à l’interférence de l’entourage face à ses choix parentaux ? Le bébé n’est pas encore né que déjà, chacun y va de son avis sur tout ce qui concerne de près ou de loin l’éducation du futur chérubin.

Face à ces intrusions généralement non sollicitées et parfois intempestives, il n’est pas toujours facile de savoir comment réagir, et encore moins comment se positionner. Certains optent pour la passivité, font la sourde oreille et attendent que l’orage passe, quand d’autres réagissent par la défensive avec une bonne dose d’agressivité. D’autres vont et viennent entre ces deux attitudes, avec toutes les nuances possibles, en fonction de leur humeur et de la sensibilité du sujet abordé.

Mais y a-t’il une « bonne » façon de réagir, une « bonne » méthode pour aborder ces situations ?

Dans un article [1] du journal The Attached Family du 2 octobre 2012, Naomi Aldort, auteur de Raising our children, raising ourselves, répond à la question d’une lectrice qui se demande comment réagir face aux critiques de ses proches qui n’adhèrent pas à l’attachment parenting. Elle se demande comment défendre au mieux ses positions tout en protégeant ses enfants des interventions de ses proches sur ses choix de maternage.

Voici l’avis de N. Aldort :
– si les critiques des proches nous posent problème, c’est parce que nous recherchons leur approbation, consciemment ou inconsciemment ;
– or nous n’avons pas besoin de cette approbation dont la recherche nous met dans une situation d’enfant face à eux.

Son conseil :
– écouter l’avis de nos proches avec empathie, en reformulant et validant leurs sentiments, sans tenter de défendre ni de justifier nos choix, mais sans modifier nos positions pour autant ;
– réagir avec agressivité ou vouloir convaincre à tout prix reviendrait finalement à reconnaître à nos proches qu’ils ont leur mot à dire sur nos choix éducatifs, que leurs opinions nous importent, et donc au final à leur céder du pouvoir sur des choix qui ne leur appartiennent aucunement.

Elle dit :

« Vos amis et votre famille peuvent avoir leurs propres opinions pendant que vous restez le parent que vous voulez être. Vous n’avez pas besoin de leur accord ni même qu’ils comprennent vos méthodes. Votre style de parentage n’a pas à faire l’objet d’un vote. »

Elle explique ensuite comment communiquer avec eux de façon empatique tout en les remettant gentiment à leur place. Il s’agit de montrer que l’on apprécie qu’ils se fassent du soucis pour nos enfants, tout en restant fermes dans nos positions et ne cédant aucun terrain.

Pour illustrer sa méthode, Naomi Aldort retranscrit à titre d’exemple une conversation téléphonique qu’une de ses auditrices a eu avec sa belle-mère, mettant en pratique ses conseils.

Voici la traduction de cette conversation :

La belle-mère : Danny devrait dormir dans son propre lit et dans sa propre chambre. Comment pourra-t’il jamais devenir indépendant ?

Teresa : Tu t’inquiètes de ce que Danny ne saura jamais dormir seul ni rien faire par lui-même ?

La belle-mère : Il est déjà incapable de dormir seul ! Qu’est-ce que tu attends ?

Teresa : Je comprends tes inquiétudes et j’apprécie que tu te préoccupes de Danny…

La belle-mère (coupant la parole) : Bien ! Alors achète-lui un lit et laisse-le être un enfant normal !

Teresa : Donc tu as peur que s’il ne dort pas seul à 4 ans, il va développer un problème de dépendance. Je peux comprendre cela.

La belle-mère : C’est évident qu’il aura des problèmes !!!

Teresa : Il est possible que tu aies raison, nous verrons bien. Merci pour ce partage. Tes opinions ont de la valeur pour moi.

(Remarquez que jusqu’ici, pas un mot de Teresa sur le cododo, elle ne cherche pas à se défendre, juste à établir une connection.)

La belle-mère (en colère) : Oh mon Dieu, tu fais tes expériences sur Danny ! Comment oses-tu ?

Teresa : Oh ma chère, tu vois mon mode d’éducation comme une expérimentation néfaste ? Cela doit te chagriner.

La belle-mère : Mais c’est le cas ! Tu viens de dire que nous verrons bien comment les choses évolueront.

Teresa : Oui c’est vrai. Je ne peux pas savoir avec certitude. J’aimerais bien savoir. C’est vraiment difficile à prédire à l’avance.

La belle-mère (sur un ton plus calme) : Hum… J’imagine que je ne sais pas non plus, en fait. Mais moi j’ai fait les choses normalement, j’ai reproduit la façon dont j’avais été élevée.

Teresa : Oui, cela rendrait les choses plus faciles. Choisir des chemins différents n’est pas toujours évident. J’essaye d’apprendre et d’appliquer ce qui me semble être le mieux, tout comme toi.

La belle-mère : J’aimerais que tu le laisses dormir seul, comme ça il pourrait venir dormir à la maison.

Teresa : Oui, je sais. J’aime que tu sois si proche de Danny.

La conversation a continué et Teresa n’a à aucun moment argumenté à propos du cosleeping. A la fin, elle a dit : « Je sais que tu veux le meilleur pour Danny et que mes méthodes ne sont pas facile à accepter pour toi. Est-ce que tu voudrais lire les choses qui m’ont aidée à avoir un avis positif sur le cosleeping ? »

Il est possible que sa belle-mère ne veuille rien lire, mais la porte reste ouverte et Teresa a établi clairement qui est en charge de l’éducation de Danny. Elle a également montré clairement à sa belle-mère qu’elle est appréciée et a renforcé leur relation.

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J’aimerais bien savoir ce que vous pensez de cette façon de gérer les conflits portant sur l’éducation des enfants avec les proches… Et aussi comment VOUS faites ?

Pour ma part, j’ai tout d’abord été séduite par les arguments de Naomi Aldort. Puis j’ai été déconcertée par la lecture de cet exemple de conversation téléphonique, censée illustrer sa méthode.

Enfants de l’avenir

[1] When relatives critisize : http://theattachedfamily.com/?p=3307