Quand la croissance s’emballe [mini-debrief]

Aujourd’hui, la plupart des parents sont très attentifs à la croissance des enfants. Nous y sommes d’ailleurs fortement invités par le carnet de santé, et ses points régulièrement reportés dans les courbes de taille et de poids.

Cela commence dès la naissance, et les mamans qui allaitent le savent plus particulièrement.

C’est ce dont nous parle Carpediem dans son article « les premières semaines d’un bébé (allaité) – poussée de croissance« . Elle nous explique que dans les premières semaines et mois de vie, le nourrisson a des poussées de croissance, et que ces poussées lui donnent faim. Il va donc se mettre à réclamer le sein beaucoup plus fréquemment.

C’est une période sensible de l’allaitement, car la maman est  tentée de compléter par des biberons, et peut se retrouver à le sevrer alors que ce n’était pas son souhait.

Carpediem nous explique aussi que la nature fait bien les choses, puisque ces têtées répétées favorisent la lactation, et permettent que le bébé ait ensuite la quantité de lait dont il a besoin.

Et il faut reconnaître que dans ce cas, le repas à heures fixes ne permet pas cette adaptation naturelle des corps.

C’est peut-être la première réflexion qui s’impose à moi : à force de tout vouloir faire rentrer dans des horaires, des normes, des schémas imposés, on finit pas ne plus savoir écouter son corps.

Est-ce le tribut obligatoire à payer au progrès médical et son suivi pédiatrique ? Est-ce un progrès de vouloir mettre tout le monde dans le même moule ?

La question qui vient ensuite est « qu’est-ce que le progrès ? » et là tout à coup, j’ai le vertige…

Allez aussi lire les commentaires des mamans expérimentées qui se sont exprimées sur l’article de Carpediem.

D’autres « surprises de croissance » peuvent survenir plus tard, lorsque l’enfant aborde la puberté.

C’est ce dont nous parle Drenka dans son article intitulé « puberté précoce : nos bébés deviennent grands de plus en plus tôt »  à partir d’un article de la revue Pediatrics, relayé par le journal Le Monde, et qui indique que les jeunes américaines atteignent la puberté de plus en plus tôt.

Ce fait a aussi été relaté dans le journal de l’environnement.

Les causes ne semblent pas connues avec certitude, mais le surpoids et l’influence des perturbateurs endocriniens tels que le bisphénol A sont évoqués.

Drenka résume très bien les facteurs déclenchants, et surtout aujourd’hui encore l’absence de certitude.

En faisant un recherche dans google, on trouvera quantité de documents destinés à la formation médicale (et qui font un peu peur par leur froideur).

Je retiens celui-ci, où on trouvera la description des différents stades de la puberté normale et ainsi que la définition de la puberté pathologique . Le traitement de la puberté précoce y est aussi expliqué, ainsi que son indication :

5) La prise en charge thérapeutique

Elle repose sur la prescription d’analogues du GnRH. Leur prescription n’est systématique que devant une puberté précoce évolutive risquant d’entraîner une petite taille adulte. L’évolutivité d’une puberté précoce s’apprécie sur un faisceau d’arguments:

– des manifestations pubertaires d’évolution rapide

– une avance de la maturation osseuse de plus de 2 ans

– un pronostic de taille inférieure à 150 cm chez la fille, 165 cm chez le garçon

Le traitement est poursuivi jusqu’à l’âge normal de la puberté.

Je crois qu’il ne faut jamais oublier que la puberté est du domaine de l’intime, et que chaque cas est particulier. La décision de traiter dépendra de chaque enfant.

Il me semble qu’outre les critères « purement cliniques », il faut prendre en compte la maturité psychologique de l’enfant et l’impact que cela peut avoir sur sa vie sociale.

Pour certains enfants et leur famille, cette précocité, si leur taille adulte projetée est acceptable, ne pose aucun problème.

Pour faire l’écho des commentaires sur le cas des enfants adoptés, il faut savoir que 25% des petites filles adoptées de plus de 4 ans sont concernées par une puberté précoce.

Là encore, les causes sont mal connues, on pense qu’il s’agit d’un phénomène lié à une malnutrition suivie brutalement d’une alimentation beaucoup plus riche.

Se reporter à l’article du Dr Jean-Vital de Monléon  ( un des premiers pédiatres à proposer une consultation spécialisée adoption) dans son blog de l’adoption, qui fait référence.

Ces histoires de croissances à deux âges fondamentaux de la vie me confortent bien dans l’idée que nous avons aujourd’hui beaucoup de mal à prendre la vie comme elle vient. Nous vivons l’immense paradoxe de ne sans doute jamais avoir été aussi libres d’agir et de penser, et pourtant de ressentir une immense pression des normes sociales, entre le bébé qui doit téter à l’heure, et le jeune être pubère ni trop tôt, ni trop tard.

Dans le même temps,  ce n’est pas une catastrophe interplanétaire de ne pas parvenir à poursuivre l’allaitement de son enfant, et  c’est une chance immense de pouvoir traiter la puberté précoce d’un enfant.

Chaque enfant, chaque famille selon son ressenti et son besoin .

Phypa

3 réflexions sur “Quand la croissance s’emballe [mini-debrief]

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