Relation parents-enfants : peut-on éviter les crises ? #Mini débrief

Tout d’abord, je voudrais remercier Mme Déjantée de m’avoir confié ce thème à traiter : la question de la gestion de crise est un sujet brûlant pour moi. Que voulez-vous, m’a fille vient d’avoir deux ans ( ça veut tout dire, non ?).

J’ai de plus en plus de mal à gérer ces moments sans crier, sans m’énerver. Le pire ? Le moment du change lorsqu’elle me donne des coups de pieds dans le bas ventre, j’en pleurerais ( sans doute les hormones…).

A certains moments, je sens ces accès de violence ( bien sûr, je pensais n’être jamais concernée) monter en moi, et j’ai peur d’éclater. la pire chose qui pourrait arriver ? La fessée sans doute. A ce sujet, Adventure môme nous explique très bien à quel point sa vie ( et celle de son enfant) a changé depuis qu’elle a abandonné cette « méthode éducative ». Un  petit point m’a cependant fait « tiquer » dans son développement lorsqu’elle cite Stéphane Clerget, pédopsy qui : « est contre la fessée mais tend à dire que l’éducation est faite pour apprendre à l’enfant à obéir, pour cela, il pense que nous pouvons avoir recours à d’autres moyens plus judicieux amenant l’enfant dans ses retranchements, comme le punir« .

L’éducation est-elle vraiment faite pour obéir ? J’ai un peu de mal avec cette conception des choses…L’enfance ne servirait donc qu’à être brimée ? Peut-on devenir un adulte heureux de cette façon ?

Vaallos nous propose une autre voie, une alternative à la punition grâce à la communication épanouie vue par Faber et Mazlish ( il a va vraiment falloir que je les lise). Sans doute qu’en modifiant notre perception des choses, en essayant de comprendre l’enfant et ce qu’il ressent la communication se fait plus facilement et la crise se désamorce d’elle-même.

Enfin, une mère ordinaire soulève la question des émotions refoulées et des réactions impulsives qui en découlent lorsque l’on se trouve en situation de crise avec l’enfant. Oui, je l’ai encore vécu pas plus tard qu’hier soir lorsqu’en me prenant dans le ventre les énièmes coup de pied de la journée, j’ai eu une vision : celle du visage de mon père s’emplissant de rage lorsqu’enfant, je faisais quelque chose qu’il jugeait être une bêtise. Et, j’ai eu peur de devenir comme ça, la maman que je ne veux surtout pas être. Mais, comme le dit très bien Isabelle Filliozat, il n’est pas suffisant d’avoir conscience de nos blessures, encore faut-il qu’elles puissent être exprimées et entendues. Tiens, tiens, écrire ne serait-il pas un bon moyen d’exprimer nos blessures Mesdames ( et Messieurs ?) les blogueuses ?

Sandy les bébous

5 pensées sur «Relation parents-enfants : peut-on éviter les crises ? #Mini débrief»

  1. moi aussi, c’est histoire d’obéissance me fait tiquer.
    C’est ce que j’ai le plus de mal à expliquer, dans ma famille : j’aimerais que mes filles coopèrent, pas qu’elles obéissent ! Chez moi ce n’est pas la dictature mais une démocratie, avec ses règles, donc (et pas l’anarchie).
    Enfin dans l’idéal, parce que dans les faits ça coince encore trop souvent…

    • Tiens, tiens. Remarque qui m’interpelle: coopérer au lieu d’obéir. N’est-ce pas illusoire de penser que dès leur naissance, ils vont coopérer? Moi aussi, j’aimerai que ma fille coopère mais nos désirs; nos intentions sont-ils toujours en adéquation? J’en doute.
      En tant qu’adulte, ne dois-je pas montrer la voie ou tout au moins une voie à ma fille? Cela ne va-t-il pas passer par l’obéissance?
      Ce commentaire ne porte pas de jugement. C’est le fil de ma réflexion. Je me parle à moi-même.

      • Je suis débutante en tant que mère et dans ces approches de la parentalité aussi. J’ai envie de croire que cela est possible, si l’enfant voit de l’intérêt dans la coopération, comprend ce qu’elle lui apporte, ce qu’elle apporte à l’ambiance de la maison. Nos désirs, nos besoins, nos envies ne sont pas les mêmes au même moment mais plutôt que de dire que l’un doit primer sur l’autre parce qu’il y a un adulte et un enfant, chacun exprime ce qu’il souhaite et on voit comment c’est possible de les accorder. Si ce n’est pas possible alors on traite le plus urgent. Il y aura toujours des déceptions et de la frustration bien sûr, mais j’espère qu’il est possible de vivre dans une certaine harmonie en s’écoutant plutôt qu’en s’imposant (et en y repensant, on aimerait bien que ça se passe comme ça dans certaines réunions de travail aussi :P)

      • C’est évident qu’à la naissance, quand un bébé a faim, il ne peut pas attendre. Mais est-ce pour autant que le parent « obéit » aux cris ? Ou est-ce que le parent n’a pas tout simplement envie de répondre au besoin de son petit ?
        La nuance est dans l’intention, l’enfant le sait bien.

        Et la conséquence est énorme, à l’âge adulte, ça se voit à l’échelle d’un peuple : dans les pays où l’autorité parentale est la norme, les adultes ne respectent le 50 km/h que s’il y a un radar à côté, les biens publics sont dégradés s’ils ne sont pas protégés, il y a des manifestations ou des débrayages dans les entreprises…
        Dans les pays où la fessée est interdite (symbole d’une autre forme d’éducation respectueuse de l’enfant), les limitations sont respectées parce qu’elles sont respectables, les trottoirs sont propres, les relations à la hiérarchie sont apaisées…

        Ce qui est le plus difficile, pour moi, pour réussir à mettre en place ce système à la maison, c’est de réussir à faire comprendre à mon entourage que je ne « perds » pas quand je respecte les besoins de mes filles. J’ai l’impression qu’on vit dans un monde où il faut forcément se positionner en « pour » ou « contre », il y a forcément une guerre avec un gagnant et un perdant. Merci Gordon d’avoir décrit « la 3é voie », c’est effectivement précieux aussi pour remettre les choses à leur place en réunion de travail (pour rebondir sur Vaallos) !

        Le 2e écueil, c’est de lâcher prise sur certains de mes désirs : dans l’absolu, j’aimerais mieux que ma fille s’habille pour aller à crèche. Si un matin c’est la crise et qu’elle veut rester en pyjama… OK, je la mets sous un plaid dans la poussette et je pars en avance, sans m’énerver (avec les vêtements dans un sac, pour la changer dans l’ascenseur en quelques seconde sa demande !). Mon besoin de partir à l’heure est respecté, son besoin de jouer plus longtemps et d’affirmer sa possession de son propre corps aussi.
        Ca veut dire travailler sur soit : qu’est-ce qui est vraiment de l’ordre de mes besoins (arriver au travail à l’heure), et de l’ordre de mes envies (une petite fille bien coiffée, bien habillée) ?
        Ce sont souvent les parents qui font des « caprices », en réalité !

        Mais le véritable parcours du combattant, c’est l’arrivée de BB2 (20 mois après la première) : quand les besoins de l’une et de l’autre ne sont pas compatibles, là je n’ai pas de solution…

  2. Merci Sandy pour ce mini-débrief, merci de nous livrer des petits bouts de ton expérience pour faire résonner à nos oreilles ces différentes problématiques!!
    Courage courage avec ta puce! (Si tu as le courage, tente le change debout… nous ça nous a changé la vie avec CMM)

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