Tempête sous un crâne (film)

Pas plus tard qu’avant hier, je suis allée voir ce film documentaire de Clara Bouffartigue, qui a suivi durant un an deux enseignantes dans un collège en ZEP, et qui fût tourné en immersion dans une classe de 4ième.

Pour nous qui, en tant que parents, ne pouvons que rester extérieurs à ce qui se passe dans l’enceinte de l’école lorsque nos enfants sont en cours, ce peut être un véritable choc.
Un choc générationnel.
Il est difficile de ne pas comparer ce documentaire avec ce que nous avons vêcu nous-même au collège il y a de ça quelques années (dizaines d’années ?) et cela peut laisser perplexe, mais pas que !

Tourné uniquement caméra au poing par sa réalisatrice, au coeur de la salle de cours, parfois dans les couloirs, cantine ou les bureaux administratifs, nous assistons à la lutte quotidienne de ces deux enseignantes qui cherchent à inculquer à ces élèves de 4ième bien énergiques leur savoir, tout en respectant à la fois ceux-ci, le calendrier scolaire et les objectifs de l’année dans la discipline qui est la leur, c’est-à-dire le français et l’art plastique.

Ne quittant jamais les bâtiments du collège, en immersion totale et en vase clos, l’univers qui nous est présenté est parfois oppressant, semblable au milieu carcéral. Violence des propos et des comportements, mal-être de certains élèves, désespoir de l’équipe enseignante, tout cela nous plonge dans une atmosphère lourde mais malgré tout régulièrement teintée d’un humour salvateur, d’espoir, et le courage mêlé à la volonté de fer de ces deux professeurs adoucit ce portrait de l’école et apporte une note positive à l’ensemble du tableau qui nous est présenté.

TEMPETE+SOUS+UN+CRANE+PHOTO1

Après le visionnage du film, nous avons eut la chance d’avoir à nos côté la réalisatrice de ce documentaire, Clara Bouffartigue.

Elle nous racontera qu’elle est restée toute l’année scolaire en immersion dans cette classe lors des cours de français et d’art plastique, s’intégrant au groupe d’une manière « fantomatique », en tant que présence silencieuse et détachée, afin que les élèves s’habituent à sa présence et ne « jouent » pas un rôle devant la caméra mais restent eux-mêmes.

La principale question abordée fut : pourquoi ce film ? Dans quel but ?
Ce à quoi elle répondit qu’elle souhaitait travailler sur le thème de la « Transmission », et qu’étant issue d’une famille d’enseignants sur trois générations, il était tout naturel que ce thème soit abordée sous l’angle de l’école et du métier d’enseignant. Et je peux vous dire que le pari est réussi de très belle manière. Je peux vous certifier  que ce film mérite d’être vu par la majorité, que ce vous soyez parents, avec ou sans vos adolescents, que vous soyez professeurs vous-même, avec ou sans vos élèves, chacun en tirera au moins une leçon de vie, celle qu’avec une méthode adéquate de transmission, passant entre autres par l’écoute, le respect  mais aussi la fermeté, nul n’est voué à l’échec et que l’on peut voir s’épanouir de beaux apprentissages dans un univers parfois bien hostile.

Je ne vous en dis pas plus, il ne vous reste plus qu’à chercher où passe le film près de chez vous, et venez en discuter avec nous !

Léona

4 réflexions sur “Tempête sous un crâne (film)

  1. Merci de ta contribution Leona!! Et pour un film si alléchant, je te pardonne la petite entorse aux règles des VI de n’avoir pas cité de texte….Allez va, je ne résiste pas à l’envie de mettre un petit lien vers un article de presse locale… http://www.ladepeche.fr/article/2012/11/05/1481879-caussade-rencontre-exceptionnelle-avec-clara-bouffartigue.html
    Je profite aussi de l’occasion pour rappeler le lien vers un autre article des VI posté il y a un petit moment maintenant sur le même thème si central de la transmission: http://des-lettres.over-blog.com/article-que-transmettons-nous-a-nos-enfants-84206406.html

    • Oh je suis navrée, oui j’ai oublié de citer un texte, encore emportée par les souvenirs du visionnage !
      Merci aussi pour le second lien, qui permet de mettre en perspective les deux visions.

  2. Pingback: Ce que les parents ne transmettent pas, d’autres le font [mini-débriefing] « Les Vendredis Intellos

  3. Le côté carcéral, oppressant, je l’avais bien ressenti moi (pourtant je n’étais pas du tout en ZEP!). Ça me brise le coeur d’ailleurs de savoir que mon bébé va rentrer à l’école et en prendre pour 20 ans de travaux forcé!

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