L’instruction en famille (IEF) : mode d’emploi

Avec la première rentrée scolaire de ma Zouzou, je vous avais fait part de mon questionnement sur la manière d’instruire son enfant autrement que par l’école, notamment à la maison.

Grâce aux Éditions l’Instant Présent qui ont gracieusement remis un exemplaire du guide de l’Instruction en famille à la bibliothèque volante des Vendredis Intellos, je reviens sur ce sujet qui en a intéressé plus d’un neurone aux VI.

Ce guide, d’une dizaine de pages, est la base pour tous les parents qui souhaiteraient faire l’instruction en famille ou qui se posent la question de ce que c’est et comment ça se passe. Pour se décider, s’informer ou se lancer, loin de faire de la propagande, il présente tout simplement l’IEF, des questions pratiques et légales qui se posent aux parents, au concret avec des témoignages non pas de parents, mais d’enfants qui ont été instruits à la maison. Des témoignages précieux « à la source », pour faire le point sur les bénéfices qu’une telle démarche peut apporter à son enfant à court terme mais aussi au long cours. Très enrichissant !

Après une première partie générale qui présente l’Instruction en famille, en répondant à de nombreuses questions telles que « est-ce que je saurai apprendre à mon enfant ? » tout en faisant le point sur les idées reçues ou les réticences que peuvent avoir les parents qui aimeraient s’engager dans ce choix d’instruction, le guide entre dans le dur en présentant la liberté de l’enseignement à l’épreuve des apprentissages informels. Cette partie reflète le cœur même de l’IEF : le choix pour un parent d’instruire son enfant en le laissant apprendre par lui-même. Choisir l’IEF n’est pas devenir enseignant mais bien accompagnateur des découvertes de son enfant.

Une philosophie résumée par la citation de Célestin Freinet reprise dans ce livret :

« Au lieu de considérer, comme le fait la scolastique, que l’enfant ne sait rien – ce qui est évidemment faux – et qu’ils appartient à l’éducateur de tout lui apprendre – ce qui est prétentieux et irréalisable – nous partons, pour notre enseignement des tendances naturelles, chez tout individu sain, à l’action, à la création, à l’amour du beau, au besoin de s’exprimer et de s’extérioriser… »

Un focus est également fait sur le fameux contrôle pédagogique auquel tout parent faisant le choix de l’IEF doit se soumettre. Dispositions légales, contenu du contrôle, le guide vous dit tout. Même que ce n’est pas toujours facile.

Vous trouverez aussi les coordonnées des trois associations françaises pour vous orienter ou vous renseigner sur l’IEF (LED’A, CISE, LAIA) et une petite bibliographie pour approfondir la question… et peut-être vous décider à faire ce choix pour votre enfant.

Un guide précieux vraiment bien fait et objectif ! A se procurer d’urgence !

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11 réflexions sur “L’instruction en famille (IEF) : mode d’emploi

  1. Merci … je vais me le procurer …. l’idée nous trotte régulièrement dans la tête, et même si la grande de la famille est en seconde, l’idée de passer le cap sérieusement reste d’actualité. Nous l’avons expérimenté par nécessité lors du CE2 de l’un de nos enfants … ça a été une année géniale !

  2. Merci beaucoup de ta contribution Kiki!!! Je pense effectivement que c’est un sujet qui intéresse et questionne beaucoup à l’heure actuelle… peut être aussi est-ce lié à la crise que traverse actuellement le système scolaire dans lequel de plus en plus de parents ont du mal à se retrouver…
    J’avoue que je reste un peu mal à l’aise avec l’affirmation selon laquelle tout parent est en mesure d’assurer l’instruction de son enfant: je la crois vraie dans son ensemble parce que chacun a en lui de très nombreuses ressources et connaissances (bien au delà de celles qui font l’objet de l’apprentissage à l’école), mais je me demande quelles ressources pourraient être proposées aux parents pour les aider et les soutenir dans cette démarche tout en respectant leur liberté pédagogique et permettre par là même de faire de l’IEF un système qui permette aussi de dépasser les déterminismes de la reproduction sociale (même si on peut arguer que la réussite sociale ne fait pas le bonheur…. mais cela est un autre débat!)

  3. Rha!! J’aime ton extrait et l’idéal de l’ief. Mais je ne m’en sens pas vraiment capable, et surtout, pas capable d’être femme au foyer. (sans compter qu’il faut avoir les reins solides pour supporter toutes les réflexions des proches et moins proches auxquelles je serais sûre d’avoir droit. ^^’)
    J’avoue que l’école me fait un peu peur, je dramatise sûrement mais j’ai peur qu’on « brise » mon tout petit pour le faire renter dans les cases si jamais il en dépasse un peu…
    Sujet compliqué si il en est quoi.

  4. Bonjour , Je suis une ancienne institutrice passionnée , mais j’ai démissionné. Ma fille a quitté les bancs de l’école avant ses 7 ans pour son plus grand bonheur. Je ne suis jamais pour autant devenue femme au foyer. parce que ça a été un des 1 ers points de discussion mise au clair avec mon mari très partant pour ce projet .Ca fait des années maintenant ,elle a 13 ans , et je ne suis pas femme au foyer. :-) Je ne l’ai jamais été.Les mamans IEF (instruction en famille ) qui le sont ,ne le sont que parce que eles e veulent bien ,parce qu’elles s’y sentent obligées ? Bref ,faut pas tout mélanger. Ne pas mettre ses gosses en école avec des horaires affreux ,des inconnuEs qui souvent ne vont pas t bien ,et un cadre non adapté aux enfants ,rien de neuf dans ce que j’écris là ,des banalités. Dont tout le monde se contente c’est vrai. L’école n’a officiellement pas pour but de permettre épanouissement et dév des individus. Mais de contrôler.C’est une grosse entreprise de contrôles à plusieurs niveaux.Au moins il faut le savoir ,pour scolariser en conscience. Et préparer les enfants ,non pas à être eux mêmes ,mais à accepter ce monde tel qu’il est actuellement . ce qui domine dans les gens qui hésitent à accompagner eux -mêmes leurs enfants dans leurs apprentissages ,ce sont des peurs.(Les autres , les autres ,les autres et moi/manque de confiance et d’estime de soi ) ce qui interroge : Ecole ou pas ,il parait important d’être mieux dans sa peu pour permettre aux enfants de l’être…justement…. :-) Ce n’est pas facile ? Oui ,et alors ? Les chemins de la facilité nous proposent quoi ,en général ? On le sait , de consommer , de peu penser , et de faire comme la masse. @ Mme déjantée , sur le point suivant :
    « ’avoue que je reste un peu mal à l’aise avec l’affirmation selon laquelle tout parent est en mesure d’assurer l’instruction de son enfant: je la crois vraie dans son ensemble parce que chacun a en lui de très nombreuses ressources et connaissances (bien au delà de celles qui font l’objet de l’apprentissage à l’école), mais je me demande quelles ressources pourraient être proposées aux parents pour les aider et les soutenir dans cette démarche tout en respectant leur liberté pédagogique et permettre par là même de faire de l’IEF un système qui permette aussi de dépasser les déterminismes de la reproduction sociale (même si on peut arguer que la réussite sociale ne fait pas le bonheur…. mais cela est un autre débat!) » C’est assez curieux d’écrire ça , quand on sait que l’école est a meilleure machine à reproduire les inégalités sociales …. Triste mais vrai (-Réf connus Bourdieu Passeron etc…) Bref…(Raté ! ) Ne pas choisir l’école pour son /ses enfants est possible , mais il ne faut pas attendre des bravos de l’entourage ou avoir besoin d’une reconnaissance perso.C’est vrai. Depuis que ma fille a 11 ans j’anime des ateliers , avant aussi mais bénévolement. Bref j’existe .Maintenant j’existe aussi de façon pro. Ceci dit , ça ne manquait pas plus que ça . Je le fais par conviction aussi. Le petit fascicule de claudia renau est peut-être bien , je ne sais pas ,je ne l’ai pas lu , je crois aussi que ce doit être une cheminement personnel ,familial important.Et ce qui manque ce sont des accompagnements des formations sur les projets d’IEF (instruction en famille)Certains n’en ont pas besoin, mais d’autres oui.Et c’est concevable. Ca commence à voir le jour . Très doucement en France…. Bon ,voilà ….il est possible de le vivre sans être enfermé(e)s chez soi sans devenir femme au foyer , c’est surtout cela que je voulais souligner ! :-) Je crois aussi que plus que des connaissances acquises scolairement ,les parents doivent avoir évacué la violence en eux à l’égard notamment de leurs enfants.C’est là pour moi l’essentiel.Pas de peur dans les rapports enfants/adultes donc enfants/parents. PArdon du « pavé » ! :-D Cordialement,

    • Et financièrement ? Comment fais-tu ? Parce que oui l’IEF est formidable face au système scolaire complètement inégalitaire et destructif (et c’est une instit qui parle !) mais il faut avoir les moyens financiers de le faire. Aujourd’hui avec un seul salaire tu ne peux plus vivre. Alors, effectivement tout le monde n’a pas les compétences « intellectuelles » et surtout pécunières de le faire. Et c’est là le hic !

      • Bonsoir , nous n’avons aucun salaire ,pas même un seul.On a débuté avec un seul.Puis ,de fil en aiguille , l’envie de vivre autrement , a fait que mon homme a changé de voie pro.Il a monté une auto entreprise donc très peu de sous pendant quelques années et si, on peut vivre ainsi.(Pas en grande ville ) Maintenant ça roule mieux ,mais on vit avec peu d’argent.Mais sans aucun crédit ! Quelle affirmation étrange de lire qu’avec un seul salaire on ne peut plus vivre ….Et bien je connais bien des gens qui vivent ainsi IEF ou pas …Attention ,vous tombez dans les clichés assorti de mépris….Il est nécessaire de revoir ses vrais besoins financiers ,et de moins consommer .Mais de hic ,je ne vois pas ,à part en effet ,votre comm le montre ,les peurs habituelles. Cordialement.

        • Bonsoir,

          Oui le choix de l’IEF ou pas se pose en général bien plus largement au niveau choix de vie. Il est fréquent de voir des familles IEF qui ont fait un choix de vie très en rupture avec « avant l’IEF ». Toutefois il est important de ne pas non plus idéaliser, la société dans laquelle nous vivons contribue a rendre un mode de vie quelque peu alternatif parfois rude et difficile. L’argent qu’on le veuille ou non est au coeur de notre société, alors vivre avec moins d’argent est loin d’être simple, mais c’est possible, il faut néanmoins parfois supprimer bien des choses, loisirs, vacances, confort auxquelles nous étions habitués. Mais cela s’inscrit aussi dans les priorités que l’on veut mettre en avant pour sa famille, ses enfants. Et franchement ça en vaut la peine !
          Vivre 24 heures sur 24 avec ses enfants, un autre point où il est important d’être bien informé, ce n’est pas forcément simple, surtout si l’enfant a été scolarisé et si la famille avait un mode de vie très séparatiste. Cela demande beaucoup de lacher prise, d’amour et de confiance en soi pour dépasser les heurts et ajuster ainsi la nouvelle vie :)
          Mon but n’est pas de décourager loin de là, mais j’ai vu tellement de parents débarquer dans l’IEF avec beaucoup de candeur et naIveté, comme si c’était la solution miracle :) il est important de savoir ce que cela implique et comment on peut s’y préparer.
          Ensuite viennent la question des apprentissages… mais là c’est un autre sujet ;)

          belle soirée,

  5. Merci Kiki !! J’hésitais à me procurer ce document, mais chaque ligne de ton article m’y incite. Chez nous l’instruction est un rêve que j’espère à notre portée. Avec beaucoup de questions, de craintes, mais aussi d’espoirs et d’envies ^^

  6. Pingback: Le parent enseignant [mini-débriefing] « Les Vendredis Intellos

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