Télévision pour bébé: alliée ou ennemie?

Quand on tape sur Google « télévision pour bébé » n’apparaissent que des résultats contre. Tout de suite, la télévision est diabolisée! Bien entendu qu’on ne va pas laisser larver bébé devant pendant qu’on a d’autres choses à faire (et pourtant vlà la liste!!). Bigre! Comme si la télé pouvait servir de baby sitter. Oh tu m’as bien vu? Et pourtant, les bébés américains, à l’âge de six mois, y sont déjà scotchés une heure et demie par jour.

Mais attends, tu ne crois quand même pas qu’elle est tout le temps éteinte cette boite noire? Haha, je suis une femme moderne, je vis avec mon temps et moi aussi j’ai mes séries à regarder et les infos à suivre. Alors justement, pour vivre avec son temps, au lieu de diaboliser la télé, ne ferait-on pas mieux de bien l’utiliserEst-ce possible et comment?

Bébé regarde des programmes que maman sélectionne soigneusement :-)
Bébé regarde des programmes que maman sélectionne soigneusement 🙂

La télé, c’est nocif (c’est pas l’info du siècle, je le conçois)

  • La télé ne permet pas à bébé de construire une relation. Par exemple, un acteur sourit et hop bébé sourit en pensant que… hé non c’est loupé, c’était pas pour toi.
  • La télé ne s’utilise pas comme un jouet. En effet, on ne touche pas à la télé! Ni à la télécommande d’ailleurs! Elle ne permet pas de palper, toucher, retourner… Face à elle on est assez limité dans ses gestes.
  • La télé n’incite pas bébé à bouger. En regardant la télévision, l’enfant n’utilise qu’un seul de ses sens, la vue, alors que l’éveil implique l’interaction de ses cinq sens.
  • La télévision fait moins travailler son propre imaginaire: elle donne tout de A à Z, des personnages, à l’histoire… Bébé n’a plus besoin de son imaginaire.
  • Enfin, grand risque d’identification :  » Même avant trois ans, un enfant peut s’identifier à des bonhommes de dessins animés. Ca ne se remarque pas forcément, mais quand il construit son identité, il est influencé dans son tempérament, dans sa façon d’être, par la personnalité des personnages de fiction « , explique le pédopsychiatre Stéphane Clerget.

Selon le pédopsychiatre Stéphane Clerget :  » La télévision est inutile, au pire néfaste. Tout ce qu’elle apporte peut se trouver ailleurs : dans les livres, au musée, sur Internet… « . Certes, mais un bébé d’un an au musée, c’est pareil: pas le droit de toucher. Un bébé d’un an avec les livres, c’est dans la bouche. Et en ce qui concerne Internet: cela reste un écran! Avec en prime l’utilisation du toucher (pour le clavier), ce qui peut poser des problèmes aux parents (ma fille a touché je ne sais quoi et j’ai du tout redémarrer, plus rien ne marchait!)

Il y aurait un risque également de dépendance:  » Le nouveau-né qui passe beaucoup de temps devant la télé en passera aussi beaucoup plus tard. Il y a des dépendances qui se mettent en place « , souligne Stéphane Clerget. Je n’en suis pas certaine. Tout est question de « qu’est-ce qu’on propose à la place? ». Là dessus j’ai des idées et notamment la lecture (des livres funs pas comme ceux imposés au lycée), le sport, bon défouloir et canalisateur…

Si on choisit les bons dessins animés avec une durée limitée, je ne pense pas que les points cités ci-dessus soit problématique: tout est question d’équilibre. Pour contre-carrer deux points contre ci-dessus: ma fille danse sur les génériques, elle bouge donc son corps et concernant le risque d’identification, quand il s’agit de Dora (que par ailleurs je n’aime pas) qui aime les animaux, en quoi serait-ce négatif?

Cependant, il existe de vrais dangers selon moi:

  • Les troubles de la concentration qu’elle engendre
  • La fatigue nerveuse qu’elle procure: la télévision peut avoir une fonction excitante qui perturbe le sommeil
  • L’influence des marques…

Il existe un autre point de vue (enfoui?) qui dit que la télé peut être bénéfique. Elle permettrait aux enfants avides de savoir et de réponses de combler ce besoin en leur apprenant par exemple beaucoup de vocabulaire.

Stéphane Clerget, auteur de Ils n’ont d’yeux que pour elle (Fayard) recommande :

  • « Il ne faut certainement pas dépasser des tranches de dix minutes »
  • « A exclure : l’heure des repas et juste avant le coucher. Les moments les mieux appropriés sont les milieux de matinée et d’après-midi »
  • « La présence d’un adulte est idéale », d’abord pour garder le contrôle sur ce que Bébé visionne, ensuite pour pouvoir discuter avec lui de ce qu’il a vu et ressenti.

Un point important: il ne faudrait pas garder la télé allumée, en fond sonore, cela aurait quand même un impact. C’est un peu moins point noir…

Et quand tout est éteint, que fait bébé? Il essaye de déverouiller l’Ipad!! Au secours!!

Bébé dévérouille l'Ipad avec les deux doigts! C'est sur ça va marcher...
Bébé déverrouille l’Ipad avec les deux doigts! C’est sur ça va marcher…

Et vous: pour ou contre la télé et comment?

The working mum

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6 réflexions sur “Télévision pour bébé: alliée ou ennemie?

  1. Je crois que ce n’est pas la télé en soi qui est nocive. c’est aussi une formidable fenêtre sur le monde.
    J’ai toujours lu que l’écran n’est pas adapté aux enfants de moins de 3 ans.
    Mais après, c’est aussi un outil formidable.

    Encore faut-il que la télé ne joue pas le rôle de nounou électronique.

    Nous on adore regarder des émissions ou des films ensemble et en parler après.

  2. Merci beaucoup de ta contribution!! Comme Phypa, je suis nuancée sur l’impact des écrans (pourtant, on a fait le choix de ne pas avoir de télé à la maison). C’est avant tout un outil, c’est l’utilisation que l’on en fait qui le rend bénéfique ou nocif. J’ai récemment lu notamment de surprenants résultats obtenus avec des tablettes dans le cadre de l’apprentissage de la lecture http://www.rue89.com/2012/11/01/apprendre-lire-sans-prof-les-enfants-ethiopiens-y-arrivent-236725 . A méditer donc!

    • Comme Mme Déjantée, pas de télé à la maison (je n’en ai plus depuis que j’ai quittée mes parents à 18 ans… et c’était une condition sine qua non pour que j’emménage avec mon compagnon : c’était la TV ou moi !). Car, entre autre :
      – ça (dé)limite l’espace (du salon) : mon canapé est en face de la fenêtre, avec vue sur la mer, et on peut passer des heures à la regarder, je préfère ! :)
      – ça (dé)limite le temps : manger en fonction de l’horaire de telle ou telle série et pas quand on a faim, aller se coucher après le film et pas qu’on a sommeil… pas du physiologique.
      – je préfère être avec les autres, et pas les uns à côté des autres : c’est la déprime quand je retourne chez mes parents et qu’on finit devant un film au lieu de profiter d’un trop rare temps de partage…

      Pour mes filles, c’est no way : pas de TV du tout ! Quand on arrive chez des amis qui la laissent tourner en bruit de fond, je demande tout simplement de l’éteindre. Je préviens avant de venir… et je suis prête à faire demie-tour en cas de refus (mes filles passent avant mes amis, ils le savent tous !).

      Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas mesurer l’impact de certaines images sur nos petits bouts. Un exemple : mon aînée avait alors 15 mois quand elle est tombée sur un magazine (Causette, pour ne pas le citer) laissé à portée de main par inadvertance. Elle l’a feuilletée, est restée bloquée sur une image, un dessin montrant un personnage les veines ouvertes sur le mode « adieu monde de machos ». Heureusement, elle est venue tout de suite me voir en traînant le magazine, et en répétant « bobo, là ». Du coup, je lui ai expliqué qu’effectivement, jouer avec des couteaux, s’était dangereux, on risquait de se couper, résultat un bobo avec du sang, aïe… et on est allé cherché des pansements pour qu’elle les colle sur le personnage, assorti d’un petit bisou et d’un câlin… Episode terminé… sauf qu’elle m’en a reparlé 3 mois plus tard ! Je ne sais pas si j’ai bien réagis, mais ça m’a marqué autant qu’elle.
      Si une image de type BD peut avoir autant d’impact, je n’ose imaginer celui du journal télévisé, ou de la pub, ou de n’importe quelle émission, même (surtout) aperçue de façon fugace. Car impossible pour l’enfant d’appuyer sur pause et de venir nous parler de son ressenti immédiat. En parler après quelques minutes de visionnage, c’est trop tard pour les tous-petits ; je ne vois pas comment ils peuvent décrire ce qui les a marqué.

      En revanche, mon aînée a su déverrouiller un iphone à 9 mois, et elle a eu (enfin mon homme, mais c’était son alibi ! :) un ipad à 14 mois : vive les applis pour les petits, un must pour la motricité fine, quelle dextérité ! Je précise que c’est une activité qu’elle ne fait qu’avec son père, elle sait très bien qu’avec moi c’est non. Donc c’est en anglais, et AVEC lui, jamais seule. Et ce n’est pas sa seule activité avec lui !
      Et elle m’épate : elle reconnait où sont les dossiers « enfants », et elle sait très bien quel jeu elle veut. Elle apprend plein de vocabulaire, découvre une certaine logique, et l’interface avec les écrans tactiles, le monde de demain…

      Bref, je crois pour ma part que la TV est nocive pour les tous-petits, même à toute petite dose !

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