Etre une maman qui travaille m’a toujours paru une évidence.

Dans ma famille c’est comme ça : tous mes modèles féminins ont toujours éduqués leurs enfants et travaillés. Lorsque moi même je me suis lancée dans la vie active, je ne pensais pas trop à la maternité. J’ai travaillé 40 h par semaine, et souvent parfois plus.

Et J’ai toujours été plutôt un bon élément. Polyvalente, dynamique, orientée client …. Bref, la parfaite consultante.

Et puis la maternité est venue me titiller. Enceinte de mon 1er enfant, j’ai travaillé toujours aussi dûr. Mais vers la fin de ma grossesse, le stress important engendré par mon poste dans le secteur de l’interim augmentait ma tension, ce qui devenait dangereux pour mon bébé. Mon gynécologue m’a donc conseillé d’arrêter un peu plus tôt que prévu ( 3 semaines avant la date prévue de l’accouchement ). Mon employeur n’était pas ravi-ravi , mais c’est plutôt bien passé.

15 pauvres petites semaines après , j’ai dû reprendre le travail . mon fils n’avait même pas 3 mois. Et je dirais que c’est là que les  » problèmes  » si je puis dire, ont commencé.

Car j’étais revenue, mais je n’étais plus la même. J’étais maman. Et ça changeait tout!

Travailler 9 heures , voir mon fils 1h30 par jour au plus et courir partout m’a semblé difficile. très difficile. Contre nature en fait. Mon fils passait plus de temps à la crèche qu’avec moi. J’avais l’impression de ne pas être vraiment maman.

Un jour , mon fils a fait 40 de fièvre un lundi matin. Entre mes parents et beaux-parents qui travaillent, ainsi que mes frères et sœurs et un mari militaire en Afganistan , je n’ai trouvé personne pour aller conduire mon fils chez le médecin. J’ai donc sonné à ma responsable, maman de 2 enfants, pour lui dire que mon fils avait beaucoup de fièvre et que j’allais chez le médecin avec lui. C’était sa 1ere maladie, j’étais donc, comme toutes les jeunes mamans, angoissée par cette hausse de température .

A ma surprise, la nouvelle a été très mal prise, me disant :  » c’est que de la température, et puis tu peux quand même le mettre à la crèche » . Sauf que la crèche n’accepte pas les enfants malades. Et puis il avait besoin de voir un médecin. J ‘ai donc pris ma journée.

A Mon retour, une petite remarque, un regard en coin, mais rien de plus.

Me rendant compte que ma vie ne me comblait pas, j’ai demandé un congé parental, en 4/5eme pendant 15 mois, qui est un droit bien établi en Belgique. Mon argumentaire :  » je ne me sens pas bien dans mon travail car je me sens trop loin de mon fils, un 4/5eme me semble idéal pour être une meilleure employée, plus à fond dans mon travail et en accord avec ma nouvelle vie. » L a réponse :  » oui ok, puisque tu y as droit , j’éspère que cela te permettra un bon équilibre  » Et ce fût le cas. Ressourcée de ma maternité un jour sur la semaine me permettais vraiment d’être meilleure, plus à fond dans mon travail. J’étais heureuse en tant que maman et en tant que femme active.

Quelques semaines plus tard, une note interne proposait un poste intéressant. Je postulais pour cet emploi en interne. Le poste m’est vu refuser car  » j’avais eu des absences les 3 derniers mois » . Oui en effet, un congé de maternité et un jour d’absence pour m’occuper de mon fils, malade.. Et mon 4/5eme  » Tu comprends, on a besoin de quelqu’un de flexible ».

J’hallucinais . Mise sur le côté pour cause de maternité. Je n’en revenais pas . J’ai continué à travailler, en serrant les dents je l’avoue.

Mais les choses se sont vraiment envenimées lorsque, 19 mois après la naissance de mon fils, je suis tombée enceinte de ma fille. Une surprise, mais une bonne surprise.

Le problème, c’est que j’ai contracté le symdrôme de Lacômme dés le 3eme mois de grossesse. Pas très courant, ce symdrôme dû aux hormones crée des distantions ligamentaires aigues dans le ventre, créant de grosses crampes douloureuses dans le ventre. Pas de problème pour bébé , dans la mesure où la maman est mise au « régime repos » absolu jusqu’à l’accouchement. Dans le cas contraire, la distantion arrive au col et le bébé risque très fortement de naître ( très) prématurément, voire trop tôt pour être viable. Mon gyné et moi-même avons donc pris les mesures nécessaire : le repos .

Et la, la Catastrophe ! On ne comprenait pas mon écartement, me traitant de  » carotteuse » voulant se faire des vacances. Et ma responsable de me répondre, « pour ma dernière grossesse, j’ai eu des contractions et beaucoup de problèmes, mon gyné voulait m’écarter mais je suis venue travailler » Bref, t’es qu’une petite nature ayant accepté trop vite le repos.

J’étais consternée. Ma maternité, on s’en fout ? Je ne suis donc rien pour qu’on accepte que je mette la vie de ma fille en danger tout ça pour leur chiffre d’affaire? Reprenant mes esprits, j’ai répondu à ma responsable :  » Tu as fait le choix de mettre ton fils en danger, mais moi je ne ferai pas le choix de mettre mon bébé en danger. Chacun à ses priorités. La mienne est de mettre ma fille au monde en bonne santé. Ils peuvent me virer, je retrouverai toujours un boulot…. mais si je perds ma fille , me la rendront-ils? ».

Ma grossesse s’est passée dans le repos, avec des douleurs ligamentaires, mais ma fille est venue au monde à 37 semaines, avec un poids de 3kg390. C’était ma Victoire à moi!

Je vous avoue que l’idée de retourner dans cette boîte ne m’enchantait pas . En plus j’aurais dû bénéficier d’à peine 9 semaines de congé de maternité. Car en Belgique, si tu es écartée, les 6 semaines avant l’accouchement compte comme congé de maternité, te laissant à peine 9 minces semaines pour apprendre à vivre avec bébé.

Heureusement, un nouvel employeur est venu me chercher, et j’ai pu commencer plus tard que prévu. Ma fille avait 3 mois et demi quand j’ai repris le boulot. Cet employeur prônait la famille, le travail dans le confiance, …. j’étais séduite ! Autant dire que j’ai signé à 2 mains!

Mais la réalité fut toute autre. Une de mes collègues, en difficulté pour avoir un bébé, a dû se faire opérer . la date de l’opération ne  » convenait pas à l’employeur » mais elle n’avait pas le choix, le médecin n’étant pas dispo à la carte . On l’a littéralement accusé de ne penser qu’à elle, et de ne pas prendre en compte l’équipe . Et quand ils ont appris qu’elle devrait avoir recours à une FIV, ils l’ont simplement poussée à s’écarter, prétextant  » qu’ils avaient besoin de personnes qui se donnent à 100%, et que la FIV l’obligerait à s’absenter.»

Encore une fois j’hallucinais, et je faisais ce constat :

 » Au jour du capitalisme, où ne compte que chiffres d’affaires et argent, que faisons nous de la maternité? N’a t-on pas le droit de penser à sa famille lorsqu’on travaille? Maternité et travail font-ils toujours bon ménage?  »

Et franchement , j’ai un goût amère dans la bouche. Je veux être une femme active, mais je suis aussi une maman. Et je ne veux pas  » oublier » mes enfants au profil de mon emploi, qui m’en demande toujours, en me prenant en compte toujours mois.

Alors quand je lis cet article de presse ( http://www.slate.fr/grand-format/licia-ronzulli-sa-fille-et-le-parlement-europeen-63927) et que je vois ces photos, de la députée Italienne Licia Ronzulli, qui amène sa fille au parlement, au début par instinct de maman, et qui maintenant est pour elle  » un moyen de défendre les droits des femmes et de militer pour une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle » je me sens un peu plus comprise et soutenue, moins seule .

Et je me dis que non, je ne suis pas la seule à ressentir une certaine « injustice » et  » discrimination » face à la maternité. Et elle me donne envie de vivre autrement.

Heureusement, ce n’est pas partout pareil. En quelques chiffres, la Suède octroie 75 semaines de congé de maternité, et multiplie les solutions pour que leurs citoyens concilient vie professionnelle et vie de famille. En république Tchèque, 35 semaines de congé de maternité sont proposées aux mamans, en Slovaquie 28 semaines , et Aux royaumes – Unis 26 semaines.

La Belgique, la France et l’Allemagne , ne proposent eux qu’entre 14 et 16 semaines. Autant dire que nous avons encore des progrès à faire !

Maman débordée

http://chroniquedunemaman.wordpress.com/