L’apprentissage précoce de l’anglais ou autre langue

Tout a commencé : un jour où la petite main de GirlyMowgli a saisi un album anglais que j’avais lu à mes élèves : Meg and Mog d’Helen Nicoll. Elle me le tend et me dis : « Lis-le ».

Tout d’abord, je fus dubitative. Mais bon, pourquoi pas ?

Depuis très régulièrement, elle me demande « Meg and Mog ».

Comme le hasard n’existe pas, je tombe sur une émission sur France Inter concernant l’apprentissage précoce des langues. Et là, la révélation : GrlyMowgli doit écouter plus souvent de l’anglais et du vrai, pas celui teinté d’un fort accent du sud de la France.

Isabelle Hesling,  linguiste angliciste, estime important de « familiariser » tôt les enfants « avec la prosodie de la langue ». Selon elle, à partir de 10-12 ans, c’est trop tard, puisqu’ils sont alors atteints de « surdité phonologique ».

Un point de vue partagé par le célèbre linguiste Claude Hagège. « Onze ans est le seuil fatidique en raison de la sclérose des synapses » qui rend les élèves « moins capables d’apprendre à prononcer les langues étrangères par imitation », souligne-t-il. Mais C.Hagège estime cependant qu’en dessous de 3 ans, « c’est trop tôt car les structures de la langue maternelle ne sont pas encore en place »

http://www.cmonecole.fr/index.php

 

Un rapport d’une commission européenne donne des raisons pour l’introduction de l’apprentissage précoce des langues. Voici quelques exemples qui m’ont interpellé :

• Développer le potentiel multilingue latent de chaque enfant concernant l’acquisition naturelle d’une autre langue le plus tôt possible ainsi qu’un meilleur abord de l’autre langue étrangère une fois que l’enfant commence à comprendre au moins l’une d’entre elles.

• Favoriser des comportements positifs à l’égard de l’apprentissage des langues.

• Besoin d’améliorer le niveau de compétence communicative des étudiants dans notre système éducatif.

• Sensibiliser dès le plus jeune âge à l’apprentissage des langues afin d’inciter les enfants à apprendre des langues étrangères.

« Les grands principes pédagogiques sur lesquels se fonde l’enseignement des langues aux très jeunes apprenants «  Rapport de la commission européenne : commission Education et Culture Culture et Communication Politiques pour le multilinguisme

Durant l’émission sur Inter, il était évoqué le cas de la Suède, pays où les habitants parlent très bien l’anglais en majorité. Au-delà de l’enseignement très tôt de l’anglais à l’école, ils indiquaient que les enfants sont très tôt baignés dans la langue anglaise.

La société suédoise est assez fortement imprégnée de la langue par le biais de la télévision étrangère, du cinéma, de la musique, et de l’ordinateur. Les émissions de télévision étrangères sont sous- titrées en suédois; mais les très jeunes enfants ne sont pas en mesure de lire ces sous-titres: on peut donc en conclure que leur compréhension auditive de l’anglais va être assez bonne. (…) D’une certaine manière, la place que tient l’anglais très tôt dans la vie des suédois prépare les jeunes, sur le double plan linguistique et culturel, à apprendre cette langue.
Un apprentissage précoce: les jeunes apprenants et les langues vivantes en Europe et ailleurs publié par Marianne Nikolov et Helena Curtain

Je vais profiter que ma fille ait deux et demi pour commencer à lui faire écouter de l’anglais, voir des dessins animés en anglais (pas trop d’écran non plus !). Premièrement, ce qui me semble judicieux et simple à faire, c’est lorsque l’on regarde un DVD c’est de le mettre en version anglaise quand c’est possible. On peut trouver sur Youtube pleins des petites vidéos tirés d’albums anglais comme ceux d’Eric Carle.

Dans un deuxième temps, on peut acquérir une méthode. J’ai fait l’acquisition d’une méthode simple sur DVD First step to English vol 1.
Je n’en suis qu’à la première phase, la partie visible de l’Iceberg. Après il faudra faire écouter régulièrement de l’anglais au petit lardon.
Après il peut être intéressant de faire faire des jeux anglais sur ordinateur ou tablette numérique. Sur le site anglais Bristish Council http://learnenglishkids.britishcouncil.org/en/ , on peut y trouver des petites activités destinées aux enfants.

Je ne sais si je pourrai juger l’efficacité de cet apprentissage un jour.
C’est un pari sur l’avenir.

Mia M.

20 réflexions sur “L’apprentissage précoce de l’anglais ou autre langue

  1. Merci pour ton article. Ici, on parle espagnol à la maison (papa mexicain). Du coup je me demandais si t’avais lu qq chose au sujet de l’apprentissage de plusieurs langue ? Moi je me dis que déjà 2 ca va pas etre facile pour Mon P’tit Bout, alors je pensais plutot attendre qu’il les maitrise (genre vers le cp) pour attaquer une autre langue… T’en pense quoi ?

    • je vais te donner l’avis d’une enseignante ou plutôt son expérience. J’enseigne dans une école où les enfants ne rencontrent pas de difficultés majeures (non ce n’est pas une école bisounours). De plus, il y a une forte population anglaise. J’ai connu des familles où les enfants gérés très bien trois langues différentes (papa hollandais, maman allemande). Les enfants étaient baignés dans plusieurs univers de langue.
      Généralement, les enfants, même s’ils n’entendent pas le français à la maison, s’en sortent car ils côtoient le français partout ailleurs.
      Je ne fais pas d’angélisme car j’ai pu constater que pour diverses raisons, il y a des enfants qui naviguent pas toujours bien entre leurs différentes langues.
      Ton P’tit Bout parle déjà deux langues, c’est déjà pas mal.

  2. Je pense fortement à mettre la mini dans une maternelle ou l’enseignement est pratiqué en anglais (sauf la prelecture) donc je suis particulierement interressée par le sujet.

    • Avec mon mari, on se demande si on va demander à une étudiante anglaise ou américaine de venir récupérer à l’école notre fille l’an prochain.

  3. Article très intéressant, j’ai baigné dans le bilinguisme meme si très légèrement (beaucoup d’émissions à la télé étaient en anglais) et c’est vrai que cela m’a aidé à avoir ne serait-ce que la « phonalité » de la langue, même si je n’ai pas du tout apprit à la parler par ce biais, en comprendre la signification, la musicalité était acquis et c’est autant d’efforts en moins à fournir lors de son apprentissage à l’école.

    Cependant je me permets un petit bémol au sujet de la possibilité d’apprendre cette phonalité linguistique. Je serais moins rigide quant à l’âge maximum ou ca devient impossible. Je dirais plus généralement que l’adolescence est un seuil critique. Mais personnellement, je suis passée d’un accent québécois à un accent français en quelques mois, alors que j’étais âgée de 13 ans. L’apprentissage de cette « phonalité linguistique », même s’il s’agit de sa langue maternelle, peut se faire plus tard que l’âge fatidique annoncé de 11/12 ans visiblement, ou alors je suis un cas à part, ce dont je doute :)

    Et je reviens sur un des problèmes majeurs de la France quant à l’apprentissage d’une langue étrangere à l’école : il faudrait absoluement que les personnes enseignant ces langues aient un accent digne de ce nom, sinon bonjour la catastrophe pour leurs élèves ! Ca n’est pas en apprenant le « franglais » que l’on peut réussir à comprendre l’anglais plus tard et à le parler compréhensiblement, hélas.

    • je te rejoins totalement pour l’enseignement de l’anglais à l’école. Par économie, tous les prof d’école sont « apte » à enseigner, dixit l’institution. Je suis une enseignante qui fait de l’anglais avec ses élèves. J’essaye de leur faire écouter un maximum d’anglais autre que celui avec mon accent du sud de la France. Mais bon, c’est tout de même pas le top!

      • C’est bien souvent une histoire de « gros sous » ce genre de choses, donner les moyens a nos enfants d’apprendre dans de bonnes conditions, c’est les avoir en amont, visiblement ca n’est pas la priorité de nos politiques français, ou alors ils s’y prennent bien mal.

        Lors de mon arrivée en France, ma première « prof » d’anglais me faisait lire à sa place tous les textes à voix haute à la classe. C’était très bien pour les autres élèves, certes, bien que cela m’ait stigmatisé auprès d’eux.
        Le pire ayant été en classe de seconde, ou lors d’un devoir écrit, j’ai eut une faute mais lorsque j’ai vu où j’ai été sanctionnée, c’était en fait le professeur d’anglais qui s’était trompé et cette faute n’en était pas une, et j’ai dû lui « faire la leçon » pour lui expliquer son erreur, oups !

        Se donner les moyens, pas facile lorsqu’il s’agit d’école (j’ose dire publique, mais je suppose qu’au privé sous contrat le probleme est équivalent).

  4. Je parle l’anglais couramment et bien sur j’aimerais qu’il en soit de même pour mon fils de 2 ans. Actuellement il parle de mieux en mieux en français, et connaît une dizaine de mots anglais (à mon avis il ne doit pas faire la différence entre les deux langues). Nous avons aussi bien des livres en français qu’en anglais et quand je lui mets un dessin animé c’est uniquement en anglais. Et si c’était trop tôt? Est ce qu’on ne risque pas de « bloquer » l’apprentissage du français? Je précise que j’habite en france et que personne d’autre dans son entourage ne parle l’anglais, et j’ai moi même beaucoup de mal à lui parler dans cette langue puisque ma langue maternelle est le français. Bref, j’ai lu quelques livres sur le sujet, je viendrais sûrement en parler ici un prochain vendredi.

    • @flora
      La langue la plus forte s’occupe d’elle même. Si tu vis en France, que l’enfant est scolarisé dans une école fréquentée par des francophones, il est impossible que ton enfant ne parle pas français. Aucun risque de « bloquer » l’apprentissage du français. Je suis par contre circonspect sur ta capacité à incarner l’anglais si tu es seule dans son environnement. C’est un cas que je connais bien, car mes enfants sont également bilingues parce que je l’ai décidé et que nous avons construit leur bilinguisme de manière planifiée.
      Je partage sur mon blog des conseils et des témoignages vidéo. Voir http://blog-bilinguisme.fr/tour-monde-bilingue/

  5. Autant je crois que c’est bien d’offrir aux petits un « bain phonologique », autant je trouve que ce que mes enfants font à l’école en anglais, c’est déjà du bourrage de crâne . (verbes et mots à apprendre dès le primaire)
    J’ai l’impression que la méthode audio-visuelle qui était à la mode quand j’étais au collège était plus moderne !
    Et du coup ça leur fait encore une matière de plus , alors qu’ils ne maîtrisent pas vraiment les fondamentaux.
    Il y a tout de même 15% des enfants qui sortent du système scolaire sans savoir lire.
    Et les enseignants de notre école, nous ont dit en Conseil d’Ecole que très peu d’enfants arrivent à tenir un raisonnement qui permet de résoudre un petit problème même en CM2.
    (et là voir article suivant sur Stella Baruk, sur le sens de ce qu’on leur demande!)

    Il me semble que le plus important est d’apprendre à lire et d’apprendre à apprendre.

    Et est-ce qu’il faut leur apprendre l’anglais, ou plutôt développer leur oreille, par exemple par le biais d’une sensibilisation musicale adaptée ? (à part « L’oreille et la vie » d’Alfred Tomatis, qui s’est beaucoup consacré à la rééducation de l’oreille dans de multiples buts, j’avoue que je n’ai rien lu au sujet de l’oreille !)

    Et si demain c’était le chinois ou l’arabe qu’il fallait maîtriser ??

    • A l’école, on devrait être plus dans de la conversation sans passer pour autant par l’écrit. Mais le problème c’est que souvent nos compétences d’enseignant en anglais sont légères. A force de nous donner plein de choses à faire passer aux élèves (brevet d’anglais, brevet d’informatique, attestation de premiers secours, attestation de sécurité routière…), on ne peut pas être très performants sur les fondamentaux.
      Si j’étais ministre, je refonderais en profondeur le système scolaire. MAIS une bonne fois pour toutes!!!

      • Oui je suis d’accord avec toi.
        Pour les enseignants aussi ce serait mieux d’insister sur la pédagogie et les fondamentaux que de vous demander toujours plus de matières à assurer.

        Et pour l’anglais, leur faire chanter des chansons des Beatles (ou autre plus à la mode ?) avec des anglophones serait certainement mieux que leur faire anoner des mots à apprendre qu’ils ne comprennent pas .

        Mais ni toi ni moi ne sommes ministre… ;-)

        • Je suis assez d’accord avec vous deux…. je me dis juste que c’est dommage de ne pas profiter des aptitudes naturelles des jeunes enfants à apprendre les langues (bon, j’avoue, c’est un peu l’ex-ado-pas-douée-en-langues qui reste tapie au fond de mon cerveau qui parle.. ;) )

  6. Bonjour,
    Il y a quelques années, j’avais lu « L’enfant aux deux langues » de Claude Hagege que j’avais trouvé intéressant. Je voulais en savoir plus car je connais de nombreux enfants nés dans des couples bi-nationaux utilisant dans leur famille deux ou trois langues.
    Pour ma part, j’ai appris l’anglais et le français en même temps, vivant à l’époque dans un pays anglophone. Je ne le pratique plus autant mais je sais que cela revient vite. Du coup, aborder une autre langue m’attire toujours. Bien entendu, j’ai très envie que mon gamin ait autant de chance que moi sans pour autant le transformer en singe savant. Il me reste à trouver la manière la plus pertinente de faire :-)
    Vaste sujet, merci pour l’article qui permet de m’interroger !

  7. Pingback: L’apprentissage précoce de l’anglais ou autre langue | L'empreinte de mes mots

  8. Merci beaucoup et bravo pour cette première contribution!!!! Je n’ai pas grand chose à ajouter sinon que je suis contente que le sujet de l’apprentissage des langues revienne sur les VI (pour mémoire, voici le lien vers l’arbre de lien à la catégorie « Bilinguisme » http://www.pearltrees.com/#/N-s=1_4853746&N-reveal=5&N-fa=3225876&N-u=1_352289&N-p=40832894&N-f=1_4853746 ) j’espère qu’on pourra l’approfondir dans les semaines à venir!!
    Autre petit détail technique: lorsque tu mets le lien vers ton blog, pense à mettre plutôt le lien vers ton article (celui là donc: http://www.pearltrees.com/#/N-s=1_4853746&N-reveal=5&N-fa=3225876&N-u=1_352289&N-p=40832894&N-f=1_4853746 ) de façon à ce que d’ici quelques semaines les lecteurs ne peinent pas trop à lire la suite de ton propos… :-)

  9. Pingback: [mini-débriefing] « Les Vendredis Intellos

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