Réussir son accouchement, c’est quoi ?

D’une grossesse à l’autre tout peut être différent et en effet cette grossesse-ci n’est pas identique à ma première expérience de nullipare. En mieux su certains points, en plus éprouvants sur d’autres, notamment parce que cette fois, j’ai une éventualité de césarienne que je vis plutôt mal. Aussi j’ai commencé à chercher des informations sur l’impact (ou non !!) de la césarienne sur l’attachement entre la mère et l’enfant et le blues postpartum. Je viens de terminer « La césarienne, une autre naissance » du Dr Guy Chevallier (éditions Horay). Et si à la première lecture du sommaire j’étais déçue (beaucoup d’informations techniques), un paragraphe dans le chapitre « Votre avenir après une césarienne »  m’a finalement émue :

On dit parfois que, pour certaines femmes, l’accouchement par césarienne est ressenti comme un échec, une incapacité à accoucher comme tout le monde. En fait, il faut faire sa place à l’imaginaire et comprendre que « réussir » son accouchement, sentiment nécessaire pour si’nsérer dans les générations et s’assimiler à sa propre mère, ne signifie pas accomplir un exploit, mais d’abord et avant tout mettre au monde un enfant que l’on aime. Grâce au ciel, aucune statistique n’a jamais montré qu’un enfant né par césarienne était moins aimé qu’un autre. On dit aussi qu’il y aurait après césarienne plus d’anxiété et de tendances dépressives. En fait les études faites après trois mois montrent que les chiffres sont absolument les mêmes quel que soit le mode d’accouchement.

Cette approche me semble très réconfortante, bien que finalement peu étayée, et pleine de bon sens. Il est vrai qu’il ne faut pas oublier qu’au-delà de l’accouchement, c’est le moment de la rencontre avec son bébé et la suite d’une relation déjà bien construite durant la grossesse. Et de partager encore et encore beaucoup d’amour.

Miniglobetrotteur

5 réflexions sur “Réussir son accouchement, c’est quoi ?

  1. Bonjour Miniglobetrotteur,

    merci pour ton article !
    pour ma part, après avoir vécu un accouchement très différent de ce que je rêvais, je dirais que cela dépend surtout de l’accueil que tu fais de tes propres émotions… ce qui peut parasiter la relation avec le bébé c’est surtout un deuil non fait de la naissance de qu’on rêvait, et on peut inconsciemment reporter sur le bébé de la colère ou autre chose, ce bébé qui nous indique sans le faire exprès que nous ne sommes pas une mère parfaite. Car, oui, devoir accoucher par césarienne alors qu’on voulait autre chose c’est un vrai deuil à faire, qui n’est pas évident du tout vu le temps imparti en général.

    Il y a la déception, la frustration de ne pouvoir être acteur et maitre de son accouchement, la colère de ne pouvoir rien y changer (impuissance), la culpabilité et la peur parfois de ne pas avoir « réussi » ou d’avoir fait quelquechose de mal (c’est faux biensûr mais souvent on se sent coupable quand même), la tristesse, enfin, de ne pas pouvoir accueillir son bébé dans les conditions qu’on souhaiterait… je trouve qu’il y a besoin de passer par ces émotions si on les éprouve, que quelqu’un nous aide à les écouter, les vivres en toute bienveillance, pour pouvoir ensuite être à nouveau présent à soi et son enfant, dans le présent.

    Belle fin de grossesse pleine de présence à toi même :-)

  2. Merci beaucoup pour ton billet ! C’est vrai qu’on ne parle pas beaucoup de césarienne. Les récits que j’ai entendus reflètent souvent ce sentiment d’échec mais c’est bien de le voir sous l’angle de la naissance en général (et pas de la façon dont l’enfant est né). C’est la mise au monde qui compte. Merci !
    Bon courage pour la suite de ta grossesse !

  3. Je partage l’avis de Clochette, ses mots sont justes et raisonnent en moi : déception, frustration, colère, tristesse, culpabilité et véritable deuil… voilà ce que j’ai ressenti. Et puis difficile de ne pas être suffisament au top les premières heures pour s’occuper de mon petit Ange; c’est le papa qui a fait le premier change, le premier bib, la première toilette….. et moi j’assistais à tout celà à travers une vitre, les yeux embués, allongée et branchée de partout. J’avais pensé que ma volonté suffirait à me faire mettre pieds à terre et profiter un maximum de mon rôle de maman…. mais il a fallu se résoudre aux propres limites physiques de mon corps et des suites de la césarienne. J’ai eu la chance de sortir le 5ème jour, et quand j’ai franchi le seuil de ma maison avec mon bébé dans les bras; tout a disparu, j’ai eu la sensation de le mettre au monde moi-même cette fois, de l’accueillir véritablement… j’étais en larmes mais des larmes de joie… au final le plus beau jour de ma vie de maman n’est pas celui de sa naissance mais celui-là. J’ai présenté sa maison à mon ptit loup, chaque pièce, je lui ai rappelé tout ce qu’on y avait fait ensemble quand il était dans mon ventre, on a retrouvé nos repères. Ce jour-là on a fermé la porte à clefs, on n’a pas répondu au téléphone, on a profité de nous 3, on s’est gardé ce tout-plein de bonheur juste pour nous !

  4. 2 grossesses, 2 accouchements très loin de ce que j’aurais pu espérer (une césarienne en urgence et une très très grosse hémorragie). Et ce sentiment d’échec pour la césarienne, ne de pas avoir pu mettre ma fille au monde « vraiment » et cette culpabilité en arrière fond : « si je n’ai pas pu c’est peut être que je n’ai pas voulu »… Et ce que j’ai pu lire ou entendre sur le net et ailleurs ne m’a pas réconforté bien au contraire. Que des paroles de colère, d’incompréhension, de frustration, et des dialogues de sourds : « le bébé va bien c’est l’essentiel, arrêtez les caprices » vs « j’ai eu peur/ je suis frustrée / j’ai été dépossédé de ce moment / je suis nulle … ». Alors qu’avec un peu d’empathie, ça se passerait tellement mieux, c’est important de pouvoir parler de sa tristesse mais aussi de comprendre que l’accouchement n’est pas uniquement l’aboutissement d’un grossesse mais surtout le début d’une magnifique histoire d’amour.
    J’aurais aimé lire le passage cité du livre du Dr Guy Chevallier à la naissance de ma fille , je le trouve très apaisant.
    Après la naissance de sa soeur, mon aînée (3 ans 1/2 à l’époque) était très curieuse de savoir comment ça c’était passé pour elle, je lui ai raconté qu’elle ne pouvait pas passer par la porte alors les médecins avaient ouvert une fenêtre spécialement pour elle ;) !
    Bonne fin de grossesse !

  5. Pingback: Avant, pendant, après [mini debrief] « Les Vendredis Intellos

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