Quand les enfants reviennent…

Je suis une « enfant boomerang », j’ai réintégré le domicile de mes parents, juste à la fin de mes études, après 6 ans de relative indépendance estudiantine. J’avais moins de 25 ans et à l’époque le RMI n’était accordé qu’a partir de 25 ans, je n’avais pas de boulot, plus d’appartement et je n’avais jamais vécu seule. La solution était toute trouvée, j’étais encore leur petite fille.

Quand j’ai lu l’article de floraO.il y a quelques semaines, son allusion à l’article de Courrier International « Ils jonglent avec leurs enfants boomerang » m’ a donné envie de le lire. Ce que j’en retiens, maintenant que j’ai ma vie d’adulte, et que je suis parent , je vois les choses différemment.

J’ai passé une année chez mes parents, je les ai aidé dans leurs travaux, j’ai participé aux tâches ménagères. Mais je n’étais pas chez moi! Mon père m’a toujours répété « Quand on fait des enfants, c’est pour qu’ils partent un jour du nid, qu’ils s’envolent; on ne fait pas des enfants pour nous. » Comme la citation de l’article de Jonas Saljk « Des bons parents donnent à leurs enfants des racines et des ailes  » Je savais que je ne resterai pas.

Or, si on fait abstraction du contexte très US de l’article, je me rends compte que le statut d’adulte des « adulescents » n’est pas pris en compte par leurs parents. « Si vous avez élevé vos enfants comme moi – une vraie mère poule -, c’est très dur de changer de mentalité quand ils reviennent vivre à la maison à l’âge adulte.(…) je fonctionne de nouveau à plein régime en mode maman.  » se plaint… une maman.

Je reste un peu dubitative. J’essaie d’apprendre à mon enfant l’autonomie. Jamais je ne l’arrete quand il veut m’aider dans les tâches ménagères, dans la mesure où il est capable de le faire, tout en l’accompagnant : il met le linge sale dans la machine, en trainant les paniers des chambres jusque devant la machine ; m’aide à détendre et plier le linge ou à débarrasser le lave-vaisselle. Balayer, laver sont des opérations plus délicates à trois ans!

Je me dis que je serais toujours là pour lui, quand il sera adulte : être une béquille, un trampoline en cas de coup dur pour mieux rebondir, comme le font mes parents avec nous 4, et comme mes grands-parents l’ont été avec mes parents. Cette entraide est importante, mais comme il l’ai dit dans l’article : il faut poser des limites!

Quand j’ai pu avoir le RMI, un travail à temps partiel, et l’opportunité d’un logement, je l’ai saisi. Pendant une année, j’ai habité à quelques kilomètres de chez mes parents; j’y allais parfois quand j’avais un coup de blue’s, pour partager un repas avec eux. Pendant un an, je n’ai jamais dormi chez eux, comme une obligation morale, jusqu’à mon déménagement pour le Sud-Ouest.

Au delà de l’anecdote, et des temps durs pour les moins de 30 ans (et pour les plus de 30 aussi, croyez moi), je crois que cet article pose la question de l’éducation et de comment tenir sa place d’adulte auprès des enfants : les couver et les maintenir dans une dépendance même une fois adultes ou bien être un tuteur bienveillant et leur permettre d’acquérir les bases de leur autonomie et de leur intégrité, les armer pour la vie, en somme!

Qu’en pensez-vous?

C’était mon retour comme neurone pour les Vendredis Intellos!

Muuuum

8 réflexions sur “Quand les enfants reviennent…

  1. Merci beaucoup pour ton billet, c’est une réflexion très intéressante. Je crois qu’il n’est pas toujours facile de trouver le bon équilibre entre prendre soin de son enfant et l’aider à partir. Même si c’est notre rôle de parent, ce n’est pas évident. Mais je suis d’accord avec toi, il y a des limites à poser.
    Il y a encore beaucoup à dire sur le sujet !

    • effectivement, je pense que les bonnes habitudes liées au respect et au vivre ensemble se prennent tôt, c’est à ce moment que les limites de l’intimité de chacun (de son chez-soi)sont à poser.

  2. Moi aussi je suis rentrée chez mes parents après un chagrin d’amour (pour arranger le tout j’avais aussi perdu mon travail!).
    J’ai été très bien accueillie et je ne pense pas m’être dit « Facile, je vais rester là », et à aucun moment il n’ont dû m’iposer des règles pour me donner envie de partir.
    De là, on est entre adultes, je ne sais pas s’il est nécessaire de poser des limites? Je pense quand même que rentrer chez ses parents c’est quelque part un peu un dernier recours et que dès qu’on peut faire autrement, on le fait, non?

    • Je suis d’accord : cette solution est un dernier recours, et quand les relations entre parents et jeunes adultes sont posées et saines, pas besoin de rappeler les limites. Mais l’article faisait justement référence à des cas où les jeunes adultes se comportaient comme « avant » aves leurs parents et réciproquement!

  3. Pingback: Avant, pendant, après [mini debrief] « Les Vendredis Intellos

  4. avec mon mari on a vécu à peu près 3 ans avec les beaux-parents. Au début ça se passait très bien mais ya 2 semaines ça a pété (ce n’était pas la 1ère fois) mais ce coup ci on est parti. Plus précisemment ce sont les bo parents qui m’ont JETE DEHORS!!!! Nous sommes chez mes parents pour quelques mois en attendant que la maison soit terminée.Alors un conseil: méfie toi. ce sont 2 générations différentes, chacun à sa façon de vivre et ce n’est vraiment pas facile de s’adapter à l’autre. Au début que nous habitions là quand quelqu’un nous demandait ou vivait on et qu’on répondait chez les bo parents, on nous disait bonne chance car un jour ou l’autre ça fini par péter.

    • Je vois que tu vis une situation un peu sensible. J’espère que votre maison sera fini rapidement. Moi, j’étais célibataire, et dès que j’ai eu l’opportunité de voler de mes propres ailes, je l’ai saisie. Je pense aussi qu’au delà de l’année passée chez mes parents, tout aurait été plus délicat à gérer. Bon courage.

  5. Pour moi c’est assez clair, le rôle du parent est d’élever, de rendre autonome. J’ai quitté mes parents à 21 ans parce que justement je voulais mon indépendance, ne plus avoir de comptes à rendre. Ma sœur a 25 ans est toujours chez eux alors qu’elle gagne sa vie. Les rapports changent quand on grandit, et le jeune adulte ne peut supporter de rester chez ses parents que si il n’a pas à se battre bec et ongle pour sa liberté, son intimité. Les enfants ont besoin d’être maternés quand ils sont bébés, la suite c’est un lent départ, ils explorent toujours un peu plus loin, ils viennent se rassurer et repartent jusqu’au jour où ils s’envolent pour de bon. Ils ne peuvent le faire en toute assurance que si les parents leur ont donné tous les outils nécessaires et leur ont montré comment s’est servir, c’est ça notre job !

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