Pourquoi on allaite si peu en France

C’est le titre d’un article paru dans le journal Aujourd’hui en France dimanche dernier, jour qui marquait le début de la semaine de l’allaitement maternel.


L’occasion de parler de ce sujet devenu oh combien polémique et de nous rappeler que selon les dernières données « notre pays est, en Europe, celui où on met le moins le bébé au sein… » Un petit diagramme nous indique en effet qu’en Norvège le taux d’allaitement au sortir de la maternité est de 99%, chez nous c’est 69 % pour tomber à 54% au premier mois du bébé, 32% à 3 mois…

Donc on nous dit qu’en France nous allaitons peu, scandale ! Et la première chose que j’ai envie de dire c’est : et alors ?

Pourquoi j’ai envie de dire ça ? Parce qu’on n’arrête pas de nous présenter ça comme un gros problème qui sous entend que ce n’est pas une bonne chose de ne pas allaiter ! Alors que si problème il y a, ce n’est pas que les femmes n’allaitent pas, NON, c’est que celles qui le veulent ne le peuvent pas toujours !!!! Quand on commencera à poser plus le problème en ce sens, que dans la culpabilisation de celles qui ne le font pas, on avancera à grands pas, parce que pour ma part je crois que ce qu’il faut en France ce n’est pas atteindre 99% de taux d’allaitement au sortir de la maternité ou même après un mois d’allaitement, mais bel et bien 100% de taux d’allaitement chez les mamans désireuses de nourrir leur bébé comme ça !

La grande tétée est évoquée, ce grand rassemblement de mamans allaitantes qui a pour but de prouver qu’on peut allaiter en toute liberté, que ce n’est ni « anormal, ni écœurant, ni aliénant », bref, qu’on peut en faire joyeusement le choix.

De là pour illustrer que l’allaitement n’est pas une évidence dans un pays qui porte aux nues la nature et la maternité (ah oui ?!), on nous rapporte les propos de l’organisatrice de ladite Grande tétée « L’industrie des laits artificiels est toute puissante, trop peu de professionnels sont formés à accompagner les mamans qui souhaitent allaiter et, le résultat, c’est que beaucoup de femmes qui en ont envie renoncent ou abandonnent vite… » Alors dans ces propos il y a une idée qui me semble essentielle, et le vrai cœur du problème, comme je le disais précédemment, il y a aujourd’hui des mamans qui souhaitent allaiter, mais qui ne rencontre pas le soutien qu’il leur faut pour y parvenir sereinement que ce soit dans les professionnels qu’elles sont amenés à rencontrer dans le cadre de leur maternité mais également dans leur entourage proche qui ne constitue plus à notre époque le bastion de la transmission par l’expérience. Il y a par contre quelque chose qui m’agace c’est qu’on veuille à tout prix rendre l’industrie responsable, l’industrie fabrique des laits artificiels (enfin moi je préfère dire des laits infantiles à base de lait de vache mais bon) et les vends, c’est donc de sa faute si les mères n’allaitent pas… Donc pour augmenter le taux d’allaitement on fait quoi, on interdit la vente de laits pour bébé ?

Et d’ajouter que la recommandation de l’OMS est un allaitement maternel exclusif pendant minimum 6 mois, nous sommes largement en dehors des clous que faut-il en conclure ? Nous sommes de mauvaises mères en France, qui n’apportons pas ce qu’il faut à nos enfants ?

Force est de constater en tout cas qu’en France on n’est pas aidé…

Il y a des médecins dont on relate les propos totalement inappropriés, ce pédiatre qui parle de « lait toxique » à une mère dont le bébé ne prend pas de poids, ce généraliste qui dit à sa patiente « vous allez nécroser les intestins de votre petit en lui donnant le sein aussi souvent »

Il y a cette maman qui a allaité 3 jours et qui dit « j’étais toute seule avec ce bébé qui pleurait, j’avais l’impression qu’il ne prenait rien à mon sein, qu’il avait faim. Quand l’infirmière de nuit m’a tendu un biberon, j’étais soulagée. Et j’ai eu l’impression que la maternité aussi : ma fille allait reprendre du poids et on allait libérer la chambre. »

Ce qu’a vécu cette maman, je l’ai vécu deux fois.

La première fois m’a causé un vif traumatisme, une crise d’angoisse énorme où j’ai cru mourir, et a fini tant bien que mal en allaitement mixte de fou sein/tire-lait/lait maternel et lait infantile au biberon, tout ça en même temps, oui en même temps… Absolument pas ce qu’il fallait pour que mon allaitement fonctionne, c’est donc resté comme ça et avec bébé nous avons fait ça presque 6 mois ! Je ne regrette pas, j’ai réussi à partager de doux moments avec ma puce mais aujourd’hui je sais que nous aurions pu y arriver si j’avais eu le soutien adéquat pour notre couple bébé/maman !

Oui parce que la deuxième fois, bien qu’ayant cette fois ci un bébé demandeur qui a tété dès sa première seconde sur mon ventre, tout est parti en quenouille aussi. Malgré l’expérience, malgré ma préparation, malgré tout. J’ai eu la pression énorme pour la perte de poids, le tire lait et les compléments (ce qui en soit n’est pas un problème si ils sont là pour permettre de soutenir le lancement de l’allaitement), mais surtout je n’ai pas eu le soutien qu’il me fallait, et j’ai eu de nouveau un vif traumatisme non seulement par culpabilisation mais aussi par défaitisme du personnel « oh ben y’a des fois où ça ne marche pas hein, c’est comme ça ». Et là tout de suite je peux me rendre compte que non ça ne foirait pas du tout contrairement à ce qu’on me disait, non c’était juste un début difficile, une mise en place comme il y en a tant. Heureusement pour moi j’ai pu trouver du soutien ailleurs (et bon sang comme je voudrai remercier à leur juste valeur toutes celles qui me l’ont apporté !!) et j’ai fini par lâcher prise, notre couple bébé/maman a su trouver un chemin au milieu du tumulte, mais je pense que bon nombre de femme qui voudrait allaiter n’ont pas cette chance et cède sous le poids de ce qui est alors une épreuve.

L’article nous rappelle qu’il y a aussi, malheureusement comme dans toute chose lorsque l’extrémisme met son grain de sel, des maternités qui mettent de force les bébés au sein et présentent le lait maternel comme une formule magique.

Dans un sens comme dans l’autre l’erreur vient du fait de vouloir contraindre des femmes à un modèle soit disant idéal qui n’est tout simplement pas celui auquel elles aspirent.

Non le problème aujourd’hui n’est pas d’allaiter ou de ne pas allaiter, le gros problème de notre société c’est qu’il n’y a de soutien ni pour les unes ni pour les autres, mais par contre elles ont droit au jugement et à la culpabilisation !

« Il faut cesser la propagande de part et d’autre, et faire enfin de l’information » J’insisterai moi sur le fait que cette information doit être dénuée de toute notion qui pourrait faire penser que l’une ou l’autre des façons de nourrir bébé est meilleure, parce qu’aujourd’hui c’est loin d’être le cas.

Il faut trouver les ressources pour apporter aux mamans les informations et le soutien dont elles ont besoin pour suivre le chemin qu’elles ont choisi, que ce soit celui du sein ou celui du biberon!

Pour finir laisser moi vous rapporter l’encart de l’article, les arguments de :

Celles qui allaitent :

–          C’est meilleur pour la santé

–          C’est une relation charnelle sans équivalent

–          C’est naturel, pratique

–          La composition du lait évolue chaque jour et prépare l’enfant à toute une palette de goûts

Celles qui n’y tiennent pas :

–          C’est du ressort de la liberté individuelle

–          Cela peut abîmer les seins

–          Cela peut être douloureux

–          La mère est toute entière à la disposition du bébé, ne peut pas sortir, boire, fumer

–          Le père ne peut pas participer à l’allaitement de son enfant les premiers mois, ni seconder la mère la nuit

–          Donner le biberon est aussi fort sur le plan affectif

–          Les enfants ne sont pas en moins bonne santé

Je me garde bien de commenter ces arguments, mais je pense qu’ils représentent assez bien ce qu’on peut entendre ça et là…

Chocophile

 

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22 réflexions sur “Pourquoi on allaite si peu en France

  1. Merci, merci, mille fois merci Chocophile pour cet excellent résumé de la situation ! Ouaouh ça fait un bien fou de lire ça… « Non le problème aujourd’hui n’est pas d’allaiter ou de ne pas allaiter, le gros problème de notre société c’est qu’il n’y a de soutien ni pour les unes ni pour les autres, mais par contre elles ont droit au jugement et à la culpabilisation ! »

    J’irai même jusqu’à penser que ton texte devrait être mis en les mains du personnel de toutes les maternités et PMI de France, m’enfin ce n’est pas de mon ressort.

    Et j’ajouterais, que perso, je pense qu’en plus ce soutien est indispensable à CHAQUE naissance, car d’un enfant à l’autre, d’un allaitement à l’autre, rien n’est pas pareil, et même si on croit être bien informée, mieux vaut ne jamais être seule face à ses questions (foi d’une maman qui pour bb2 a passé 5 jours avec des crevasses monstrueuses simplement parce que je ne savais pas ce que c’était et je m’étais convaincue que « moi des crevasses ? jamais ! » vu que j’en n’avais pas eu avec bb1)

  2. 100% d’accord sur le problème de fond qui est l’accompagnement et le soutien personnalisé de la femme avant, pendant et après l’accouchement, dans le respect des choix de chacune.

    Mais un bémol tout de même, sur un point qui me chagrine toujours : « cette information doit être dénuée de toute notion qui pourrait faire penser que l’une ou l’autre des façons de nourrir bébé est meilleure, parce qu’aujourd’hui c’est loin d’être le cas. »
    Il me semble quand même qu’on est sûr, dorénavant, que le lait maternel est meilleur dans la grande majorité des cas. Comme on est sûr que le bio est meilleur (pour la santé, la planète…). Comme on est sûr que les couches lavables, la coupe menstruelle… etc, sont « meilleurs ». Ce qui ne veut pas dire que tout le monde souhaite le faire… et alors ? Il me semble qu’il serait beaucoup plus sain de réussir toutes à assumer nos choix, sans culpabiliser à outrance ni tomber dans le « je suis une mère indigne – nananère » (voir http://www.poule-pondeuse.fr/2010/03/10/mere-indigne/).

    Nous avons toutes des besoins différents, un corps différent, un environnement différent, une vie différente (boulot, famille, couple…) et ce qui est vrai à un instant T, dans un contexte donné, peut devenir faux à un autre moment.

    Ce qui ne doit pour autant pas donner lieu à une épure de l’information pour ne blesser personne.
    Le soutien psychologique passe plus, selon moi, par une connaissance de soit, une recherche d’équilibre avec les autres membres de la famille, et la responsabilisation ( en clair : « j’assume en connaissance de cause »).

    Ainsi, j’ai galéré 1 mois à serrer les dents à chaque tétée pour BB1… mais je m’avais anticipé (tétons ombiliqués et peau très fragile). J’étais suffisamment motivée pour passer outre, sachant que les douleurs auraient une fin (une fois les tétons « tannés »), et que j’allais l’allaiter longtemps (pas de reprise de boulot contraignante). J’aurai dû reprendre un emploi au bout de 6 semaines, aucun doute : je serai passée au bib illico !
    Je n’ai donc pas à me vanter d’allaiter longtemps et facilement, ni à culpabiliser celles qui n’allaitent pas. Mais si j’entends une mauvaise information sur l’allaitement, je trouve normal de rétablir la vérité.

    Ainsi, le mythe du « c’est plus fatigant pour la mère » : pas forcément ! Car la lactation permet un sommeil très profond rapidement, très réparateur, en peu de temps. Je n’ai jamais aussi bien dormi que depuis que j’allaite et pratique le cododo (à 4 donc, maintenant), parole d’insomniaque depuis plus de 15 ans ! C’est même une des raisons qui m’ont fait aller jusqu’au sevrage naturel pour BB1 (soit 18 mois, jusqu’à la chute de lactation au 7è mois de grossesse de BB2). Et j’espère bien que BB2 ne fera pas ses nuits trop vite !
    Fin du http://www.maviemonoeuvre.com.

    Tout ça pour conclure qu’il y a une propension (française ?) à rejeter la faute sur autrui (les industrie, l’hôpital, l’éducation, la société, etc) quelque soit le sujet. Alors qu’être adulte, c’est assumer ses choix, aussi bien dans leurs bons que leurs mauvais côtés !

    PS : je m’interroge, car plus les années passent, et surtout avec l’arrivée des enfants, plus je me détache du regard des autres. Le poids du « qu’en dira-t-on » (inclus famille et copines) ne pèse pas un iotas dans mes décisions. Alors que j’ai l’impression que la majorité des mères vivent au contraire une pression décuplée… Je ne pense pas pour autant être obtus ; je me remets en question chaque jour et mes « principes » d’hier n’ont rien à voir avec ma pratique d’aujourd’hui. C’est le fait de ne pas avoir la TV ? Ou d’être une tête de mule depuis toujours ?

    • Je vais tenter une réponse à ton « bémol », parce que moi aussi c’est quelque chose qui me travaille notamment depuis que j’ai commencé à fréquenter la blogosphère de « parents »… Je ne pense pas détenir la vérité, simplement tenter d’expliquer où j’en suis dans ma réflexion…
      La question que tu poses (entre autres) est: puisqu’on sait que physiologiquement pour le développement de l’enfant le lait maternel est meilleur que les préparations lactées de l’industrie, pourquoi ne dit-on pas aux femmes clairement que celles qui décident de ne pas allaiter ne font pas le meilleur choix pour leur enfant?
      La première chose que je me demande est: que « sait »-on au juste?
      D’abord, il y a des postulats (c’est à dire quelque chose qu’on pose sans avoir besoin de le démonter comme vrai), par exemple: que le lait maternel est l’aliment naturel du petit homme, donc à ce titre, le plus adapté.
      Ensuite, il y a des études: celles qui montrent la richesse du lait maternel, ses différents composants (et nous laissent imaginer ceux qu’on n’a pas encore découvert). Et puis celles qui comparent les bébé nourris au LM avec les autres. Ces dernières sont quasiment systématiquement en faveur du LM. Les seuls trucs qui me titillent (scientifiquement parlant) c’est que bien souvent les études en question sont menées à la base par des personnes qui cherchent à démontrer les bienfaits du LM (donc pour l’impartialité, on repassera…), et aussi qu’elles portent rarement sur le long terme (mais bon, ça c’est plus moi qui regrette qu’autre chose).
      Après, allaitement au lait maternel ne veut pas dire allaitement au sein (Le LM peut être administré au biberon, à la pipette, au DAL, par la mère, le père, les grands parents, la nounou…). Donc quand on parle de « bienfaits du LM » de quoi parle-t-on? La plupart s’accordent sur la supériorité de la substance, et ce quelque soit le mode d’administration. D’autres insistent en plus, en positif ou en négatif d’ailleurs, sur la question du rapport mère-enfant lors de l’allaitement au sein (certains y voient la possibilité de tisser un attachement secure, d’autres au contraire craignent la fusion mère-enfant et l’exclusion du père).
      Donc on pourrait dire en définitive que ce qui fait consensus c’est qu’un biberon de LM est supérieur à un biberon de préparation lactée industrielle, toutes choses étant égales par ailleurs…
      Sauf qu’évidemment: toute chose n’est PAS égale par ailleurs…et c’est là qu’on plonge en pleine subjectivité! Car pour avoir un biberon de LM, à la base, il faut une mère qui tire son lait et entretienne sa lactation.
      Il faut donc: qu’elle ait reçu les informations adéquates au moment de la naissance et après, il faut qu’elle ait surmonté les douleurs du début, les inquiétudes de la reprise de poids de son bébé, qu’elle soit passée outre les éventuels freins liées à sa propre histoire familiale et à celle de son mari, il faut qu’elle se soit familiarisée avec le tire-lait, qu’elle soit soutenue par son pédiatre, par son mari, qu’à son travail on ne lui fasse pas trop de difficultés, que ses trajets quotidiens le permettent…. Beaucoup de femmes font ce choix (comme toi d’ailleurs!) surmontent quelques difficultés et se motivent avec les avantages qu’elles en retireront d’une façon ou d’une autre (Moi qui ai eu des allaitements très faciles, j’ai même toujours considéré que les biberons me créeraient beaucoup trop de soucis!). D’autres n’y parviennent pas (acceptons aussi d’ouvrir les yeux sur l’envers du décor: ses mamans qui pleurent toute la journée en se demandant pourquoi ELLES n’y arrivent pas, celles qui pleurent en ressortant de chez le pédiatre/ la PMI parce qu’on leur a dit que leur bébé ne grossissait pas et que c’était leur faute, celles qui pleurent à leur travail parce que le tire lait fait mal, qu’elles craignent d’être dérangées ou de ne pas réussir à tirer la quantité suffisante, celles qui toute à leur inquiétude n’arrivent plus à interpréter les pleurs incessants de leur bébé…). Pour celles-là, toute la délicatesse du monde est requise… car il s’agit de décrypter derrière leurs larmes ce dont elles ont le plus besoin: d’être encouragées, coachées? ou au contraire déculpabilisées, autorisées à renoncer? ou encore informées sur les alternatives?
      Et ma conclusion c’est quoi? Qu’au final, le bilan global de l’allaitement maternel VS allaitement artificiel, comprenant TOUS ces paramètres (et encore d’autres que je n’ai pas cité!) ben, personne (de scientifique du moins!) n’est réellement capable de le faire… Alors oui, je souhaite aux femmes de connaître le bonheur que c’est d’allaiter, je leur souhaite de trouver ça simple comme je trouve ça simple mais je pense qu’il appartient à chacune (et chacun! car les papas sont aussi de la partie) de faire ce fameux bilan comprenant tous les paramètres afin de choisir qu’elle est, pour eux, la meilleure solution.

      • Je suis bien d’accord que le débat lait maternel vs lait artificiel est bien plus large qu’une question de composition chimique.
        Mais je reste vraiment sur mon interrogation de fond : pourquoi n’arrive-t-on pas à assumer de façon simple (sans forfanterie ni se battre la coulpe) nos choix éducatifs, de vie, etc ?
        Qu’est-ce qui provoque vraiment toutes ses douleurs psychologiques, toutes ses larmes qui me paraissent un peu disproportionnées avec le problème de départ ?
        J’ai ainsi une « ex-copine » qui a coupé les ponts, parce que je « réussissais » là où elle avait « échoué » (accouchement physio, allaitement, etc), dixit une amie commune. J’en suis tombée de ma chaise. Y aurait-il une compétition de « mère parfaite » où je suis inscrite à mon insu ?!!

        J’ai vraiment l’impression que beaucoup de femmes ne sont pas libres de leur choix, non seulement pour une question d’information et de soutien, mais avant-tout parce qu’elles n’arrivent pas à assumer de ne pas être « parfaites » (quelque soit la définition de cette perfection).
        Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas mettre la barre haute, avoir des objectifs élevés à titre professionnels comme personnels. Ni qu’il ne faut pas se remettre en question, en matière d’éducation comme ailleurs. Encore moins qu’il faut minimiser les émotions ou les nier.

        Mais il me semble quand même qu’on va un peu loin dans la dramatisation sur beaucoup de sujets, et que le manque de confiance en soit devient une maladie chronique (dont je suis aussi atteinte, mais je tente de me soigner).
        N’y a-t-il pas un problème sociétal de fond, une pression sur les femmes notamment (mais pas uniquement), qui rend l’échec si difficilement supportable ? Et nous rend aussi faibles devant les médecins (gynéco ou pédiatre en premier lieu) ?

        Une image, histoire de me faire bien comprendre : si on créé une entreprise en France, et qu’on se plante, bonnet d’âne à vie. Au US, on en recréé une autre ou on repart salarié, avec une ligne en plus sur le CV. Point.

        Pourquoi donc faut-il toujours marcher sur des œufs sur tous les sujets liés à la nourriture, au sommeil ou à l’éducation ? Est-il vraiment impossible de dire que l’allaitement c’est mieux, mais le lait artificiel c’est pas dramatique (dans un pays où il y a de l’eau potable à profusion), sans mettre sur un piédestal les unes et ni culpabiliser les autres ?
        Une solution peut être la meilleure dans l’absolu, sans être la bonne pour une personne en particulier.
        On en vient à cette question, en fait :
        http://www.poule-pondeuse.fr/2010/02/01/informer-sans-culpabiliser/

        Ça me titille, cette question de l’information, du libre-arbitre…

        • une petite réponse au passage à ta question : traitée dans le dernier PEPS (magazine pour parents) dont le titre était : « sois parfait! ». Eh bien oui c’est cette injonction que nous avons souvent reçus petits, petites oserais-je dire même… pas étonnant que l’erreur soit considérée comme une mauvaise chose même quand on est parent, que l’on ne s’accorde pas d’empathie pour ses propres échecs, et que donc la pression est juste ENORME….
          Bref, éduquons nos enfants autrement et les futures mamans auront résolu le problème :-)

          • IL y a sûrement beaucoup de ça, effectivement.
            Récemment, une « connaissance » (rencontrée une fois à un mariage, et qui m’a demandé conseil pour son allaitement), était au bord de la déprime avec son nouveau-né. Un peu « d’écoute active » (merci Gordon, ça fonctionne même par mail !), et la solution fût… prendre une femme de ménage, laisser le repassage à belle-maman et demander à son homme de s’occuper d’au moins un repas sur deux (et P*card lui filer un coup de main pour ceux qui restent)…
            Comme quoi, les difficultés ne sont pas toujours où on les attend ! Elle n’arrivait pas à s’organiser avec un nourrisson qui tête très longtemps et très souvent (comme mon aînée). Forcément, c’est l’allaitement qui était responsable et pas l’obligation d’être une parfaite « femme d’intérieur »…

            D’une manière générale j’ai souvent l’impression que nous ne sommes pas faits pour rester en « famille nucléaire » à partir de l’arrivée des enfants dans un couple. Plusieurs générations sous un même toit, et tout devient plus simple (sur un plan organisationnel, pas forcément sur un plan relationnel…).

            Pour en revenir à sein vs bib, l’ostéo m’a dit pour chacune de mes filles, à la visite 1 moins après la naissance, qu’elle connaissait mon choix simplement en regardant le visage des miss. Apparemment, la succion est très différente, ce qui influerait sur les muscles et les os de la tête, la position de langue dans la bouche, la position de la machoir… Avec des conséquences esthétiques mais aussi de langage (prononciation), de respiration, de posture…
            Il y a tellement de paramètres !

            Ce qui ne change en rien mon postulat de départ : je crois qu’on fait fausse route en pensant déculpabiliser celles qui souhaitent donner du lait artificiel en leur disant que c’est équivalent au lait maternel. Car non seulement c’est une pierre dans le jardin de celles qui souhaitent allaiter, mais surtout ça diminue la prise de décision, ça infantilise, bref dévalorise la femme. Qui est capable, si elle est correctement soutenue et entourée (elle aussi) d’assumer son choix, tout simplement.
            De la même façon, les couches lavables, la coupe menstruelle, les produits bio, le vélo, les toilettes sèches… c’est « mieux » pour la santé et l’environnement que les couches jetable, les tampons, les pesticides, les 4×4 et les chasses-d’eau… Mais chacun fait comme il peut, et surtout comme il veut !
            Il me semble plus sain psychologiquement de donner à chacune le pouvoir de dire « j’assume », que « ben, c’est pareil, donc bon… »

            •  » je crois qu’on fait fausse route en pensant déculpabiliser celles qui souhaitent donner du lait artificiel en leur disant que c’est équivalent au lait maternel. »
              Je ne suis pas tellement d’accord avec ça: Le but n’est pas de dire que c’est pareil (genre de mentir juste pour déculpabiliser), mais que dans certaines situations, le biberon peut mieux convenir. Prends le cas d’une maman qui pour des raisons personnelles, n’a pas envie d’allaiter, ou d’une maman qui a des douleurs insupportables en allaitant. Il est bien évident que cela sera nocif pour la maman et pour l’enfant.
              Je ne trouve pas que le parralèle avec l’action écolo marche parce que dans le cas des « actions vertes », il y a des situations qui « excusent » le fait de ne pas pouvoir s’y soumettre, par exemple, il est plus facile de faire du compost si on habite dans une maison avec un jardin où le faire, que dans une chambre de bonne dans le 6ème arrondissement de Paris. Mais cela ne change rien au fait que c’est mieux de faire du compost.
              Dans le cas de l’allaitement (comme le dit très bien Mme Déjantée), parfois, ce n’est pas « mieux ». Parce que ce n’est pas seulement la composition du lait qui compte.
              Quant à la reflexion de l’osthéo, je n’y crois pas, et je trouve ça extrêmement culpabilisant. C’est un peu ce genre de méthodes que je reproche parfois aux associations de soutien à l’allaitement qui ont tendance à affirmer comme vérités des choses qui sont loins d’être scientifiquement prouvées et peuvent faire très peur (par exemple, dire que les enfants allaités ont un QI plus haut, ce qui est faux). Dans ces conditions, comment assumer un choix (et encore pire, si cela ne resulte pas d’un choix mais si c’est la nature qui l’a imposé) qui est décrit comme le mauvais choix pour son enfant?

              • Je rebondis juste à la question du QI parce que j’ai relu cette semaine « La nouvelle diététique du cerveau » de J.M. Bourre… Apparemment, il y aurait bien une histoire d’acide cervonique (il ne cite pas précisément les études, en fait juste un compte rendu…) qui serait présent uniquement dans le LM et qui aurait des effets sur le cerveau (à confirmer toute fois donc!). Bon après, ça reste d’un effet très fugace (de l’ordre de qq mois donc pas de souci pour l’entrée à Polytechnique! ;)) et puis ça veut surtout dire que les fabricants de préparations lactées ont peut être du boulot pour ajuster la nature et quantité des acides gras (dont on sait qu’ils sont essentiels au fonctionnement du cerveau) présent dans leurs produits (mais je crois que c’est déjà plus ou moins le cas vu comme ils bariolent les emballages de mention d’omega 3).

  3. 100% d’accord avec oops06. Les femmes doivent pouvoir choisir en toute liberté et connaissance de cause, mais je ne pense pas qu’on puisse dire que lait maternel et lait infantile sont équivalents. La preuve ? La mention obligatoire de la supériorité de l’allaitement maternel qui doit inscrite sur les conditionnements des substituts du lait maternel !
    Tout est prévu en théorie pour défendre l’allaitement maternel mais les pouvoirs publics ne font pas grand-chose pour que ce soit une réalité. Et je ne suis pas d’accord pour dédouaner les industriels, qui profitent de la (possible) faiblesse psychologique des jeunes mères, de celles qui justement n’ont pas de soutien, ou même pas la bonne info.
    A lire, l’édito de l’excellente revue Prescrire : http://www.prescrire.org/editoriaux/EDI25877.pdf (regardez la BD en bas, très drôle!!)
    Pour aider celles qui veulent allaiter, la première étape serait qu’elles aient vraiment accès à toute l’information.
    Quant à l’argument de l’aliénation, de la contrainte, voire de l’inégalité homme-femme, je le trouve contestable : les pays d’Europe du nord ont des taux d’allaitement proches de 100% et ce sont aussi des sociétés qui respectent le plus les droits des femmes, l’égalité avec les hommes et où les taux d’activité des femmes sont plus élevés que chez nous ! (http://insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPFPS03138)
    D’accord, les congés maternité et paternité sont aussi plus longs, ce qui fait une indéniable différence.
    Bref, vous l’avez compris, je suis à fond pro-allaitement, mais de toute façon, je respecte aussi celles qui font le choix du bib et je n’ai évidemment jamais porté de jugement. J’essaie juste autant que possible de discuter et de passer qq infos… même si c’est un sujet tellement polémique en France (mais pourquoi d’ailleurs?)

    • Je ne resiste pas a faire mon auto promo la-dessus: Dans mon article https://lesvendredisintellos.com/2012/08/26/the-new-feminist-agenda-de-madeleine-kunin-en-anglais/
      j’approuvais Madeine Kunin qui affirme que les féministes egalitaristes (qui pensent que la maternite est un asservissement) et les feministes differentialistes (qui pensent que la maternite est une force) devraient cesser un instant de se mettre sur la gueule et s’apercevoir enfin qu’elles ont un interet commun. Parce que tant que la maternite n’est pas facilitee au travail par 1/ un allongement du conge parental 2/ une meilleure indemnisation du conge parental 3/ une meilleure flexibilite (comme dans les pays nordiques donc), toutes les femmes, même si elles font le choix de ne pas être mère, seront pénalisees au travail par rapport aux hommes!

  4. Merci beaucoup Chocophile de ta contribution!!! Je partage tout à fait ton point de vue quant à l’accompagnement du choix de chacune et à l’absurdité d’un objectif aussi peu empreint d’humanité et d’empathie qu’une simple statistique…Je suis heureuse que tu aies pu trouver tes marques dans l’allaitement de ton Bébéchoco et t’y épanouir. :-)
    Je reviendrai simplement sur la question de l’accusation récurrente contre les filières industrielles. Je ne pense pas qu’ils soient « coupables ». Ils font leur business point! Le seul « problème » est que le lait maternel, gratuit et indéfiniment disponible, ne bénéficiera jamais des campagnes promotionnelles dont les préparations lactées font l’objet. De même que les visiteurs médicaux qui, de fait, participent pour le meilleur et surtout pour le pire, à la « formation continue » des médecins, ne feront jamais campagne pour un produit qui ne fera gagner d’argent à personne (ou presque!).

  5. Chocophile, tu as tout à fait raison.
    Il faut que les femmes qui désirent allaiter y parviennent, si besoin avec une aide adéquate et les bonnes informations.
    Et que celles qui choisissent de ne pas allaiter n’en soient pas culpabilisées.
    Comme je le disais ici (https://lesvendredisintellos.com/2012/10/12/lallaitement-aujoudhui-etat-des-lieux/), « chacune est libre de choisir si elle désire ou non allaiter, et le faire avec les infos dont elle dispose/ a la possibilité d’avoir. L’allaitement reste une affaire personnelle mais aussi (et surtout ?) de couple. »

  6. Merci pour cet article censé et bien amené.
    Ayant un an d’allaitement assez simple à mon actif (mais je n’ai pas repris le travail, je pense que ça a contribué à cette facilité!), je tente d’informer aux mieux mes amis sur les possibles difficultés des premières semaines, les positions adéquates, les pics de croissances, etc.
    Mais je me rends compte que les vieux contes ont la dent dure, et, véhiculés par le personnel médical, ne sont pas près de s’éteindre. Mais je n’irai jamais lutter contre le non désir d’allaitement d’une amie, c’est une question de respect de la liberté de chacun(notion oubliée par certaine blogueuse).
    Je m’interroge donc surtout sur la volonté des pouvoirs publics de faire cesser la désinformation. Est-il vraiment impossible d’intégrer dans les cursus des professionnelles de santé des heures d’études concernant l’allaitement?

  7. En effet la question du choix semble la bonne question, on mérite d’être accompagnée selon notre choix et non selon les convictions personnelles de la sage-femme ou du médecin!
    L’allaitement ne me paraît tout simplement plus culturel en France. on parle d’esclavage de la mère alors que pour moi c’est avant tout pratique (pas besoin de s’encombrer de biberon, eau minérale, etc…pour chaque voyage), pour les douleurs dont vous parlez, on ne dit pas assez que si douleur il y a c’est que quelque chose cloche (lors de douleurs dues à une candidose pour mon 1er, une puéricultrice me disait « c’est normal c’est le lait qui coule »!), et les généralistes sont trop souvent ignorant en la matière (un médecin que je consultait pour une crève, lui précisant que j’allaitais mon fils de 20 mois, m’a répondu, alarmé « mais il a des dents! »)
    Trop d’exemples comme ceux-ci malheureusement.

    Mais aussi un congé maternité de juste 10 semaines après la naissance. pas évident (malgré les tire-lait) d’allaiter en exclusif pendant 6 mois, quand on doit reprendre le travail avant 3 mois.
    Beaucoup de femmes cessent l’allaitement à la reprise du travail et ne pensent même pas pouvoir continuer en parallèle. Pourquoi serait-ce travail = sevrage??

    Que celles qui souhaitent donner le biberon le fassent par choix personnel, et que celles qui veulent allaiter puissent être soutenues par des professionnels informés!

  8. D’accord, d’accord, et RE- d’accord, ça fait vraiment du bien de lire un article comme ça!!

    Sur la supériorité du lait maternel, je rejoins complètement Mme Déjantée! La différence lait infantile / lait maternel ne se fait evidemment pas que sur le plan des qualités de la substance, et partant de là, je vois mal comment on pourrait décider pour tout le monde que l’un est meilleur que l’autre.
    J’ajouterais que malheureusement, la culpabilisation systématique survient même en l’absence concrète de choix! Car oui, l’absence de soutien et d’information fait que pour les femmes qui voudraient allaiter, l’allaitement peut « rater ». Mais pour moi une grosse partie du problème c’est que dans les faits, même si les femmes avaient reçu tout l’information, certaines ne pourraient pas se poser la question de l’allaitement compte tenu de leur situation socio professionnelle et de la duree du conge mat.

  9. Pingback: Allaiter, à tout prix? {mini-débrief} « Les Vendredis Intellos

  10. ous avez 100% raison quand vous dites que l’important c’est de soutenir les femmes qui veulent allaiter, pas de culpabiliser celles qui ne souhaitent pas. Il y a beaucoup de passion quand on parle d’allaitement (pour ou contre) et trouver le juste milieu n’est pas simple. Je viens d’une culture où les femmes allaitent (au moins à la naissance), j’ai un business de « vente de vêtements d’allaitement » et je fais partie d’une association de soutien à l’allaitement, des mamans qui souhaitent allaiter je rencontre souvent… Et malheureusement, je rencontre souvent de femmes qui voulaient allaiter ou allaitaient et ont arrêté pour mille raisons souvent liés au maque d’information (style je suis enrhumée il faut que j’arrête d’allaiter) ou au manque d’assurance… Puis elles regrettent ou culpabilisent de n’avoir pas pu vivre leur allaitement comme elles avaient souhaité… C’est ça l’important et vous le dites très bien. Ce n’est pas d’imposer l’allaitement à toutes… L’important est de donner une information fiable aux femmes, après c’est à chaque femme de décider avec son histoire et ses envies comment elle va choisir de nourrir son enfant.

  11. Euh soyons objectives: les raisons contre l’aillaitement listees (mis a part les cas medicaux) sont toutes egoiste. Peur de ne plus avoir de beaux seins, de ne plus sortir…? C’est le monde a l’envers. Comment faisaient vos ancetres on se le demande! De plus en France on culpabilise les femmes qui allaient plutot que l’inverse ce qui est aberrant. Ah! L’industrie des laits en poudre et pharmaceutique francaise vous aime!

  12. En tant que femme allaitante, plus le temps avance (3 mois), plus je me sens grave culpabilisée vraiment. C’est mon sentiment. Parfois je rêve d’être en Afrique, ou dans je ne sais quelle tribu où on répond sans cesse aux besoins de l’enfant…
    Chaque fois que j’allaite on me pose des questions (« tu fais à la demande? » « t’as pas trop mal »? « c’est pas bon là faudrait pas que t’arrête, il a ses anticorps! ») => j’en déduis que les idées préconçues se perpétuent et on me dit aussi :
    1) « j’avais pas assez de lait! comment voulais-tu que je continue »
    2) »mon pédiatre m’a dit que mon lait n’était pas assez riche » j’ai pris des biberons de complément…
    3) « j’avais des crevasses »
    4) « avec le biberon il a fait ses nuits »
    5) « l’allaitement c’est fatiguant »
    6) « il tétait tout le temps »
    ^Dans ma tête je réponds
    1) faire téter +++, pas de tétine
    2) tout le temps la même chose les Dr font marcher leurs laits
    3) 90pour cent des crevasses liées à malposition
    4) en gros je deviens parent sans vouloir en accepter les contreparties, pour moi être parent est un don de soi
    5) non si tu essaies te reposer pendant les tétées,
    6) pic de croissance?
    Maintenant, quand on me fait une remarque du genre: « l’allaitement… mais t’en es encore là??' » (dixit) « tu n’as pas fini l’allaitement? » « quand est- ce que tu passes au lait relais? », je réponds que je suis scrupuleusement les recommandations de l’OMS (6 mois d’allaitement exclusif) et voilà. S’ils insistent je dis que je ne veux pas faire marcher l’industrie (Nestlé et compagnie) et que je suis pour le développement durable. Enfin que je suis flemmarde et n’aime pas faire la vaisselle!!

  13. Pingback: Allaitement | Pearltrees

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